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(Français) Première initiative conjointe paneuropéenne dans le domaine des maladies neurodégénératives

Press release | 15 Apr 2010 - 17h05 | By INSERM PRESS OFFICE
Institutional and special event

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La première initiative paneuropéenne de programmation conjointe des activités de recherche s’attaque aux maladies neurodégénératives et en particulier à la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs imminents de toute l’Europe sont attendus aujourd’hui à Stockholm pour mettre au point une stratégie de recherche européenne destinée à lutter contre les maladies neurodégénératives comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.


alzheimer_cerveau hippocampe15042010

© Marie Chupin, Olivier Colliot, Groupe NEMESIS, Institut du Cerveau et de la Moëlle épinière, CRICM, CNRS UMR 7225, Inserm UMR_S 975
L’hippocampe est l’une des régions du cerveau les plus précocement atteintes par la maladie d’Alzheimer. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet de visualiser et de délimiter cette structure in vivo.


Il s’agit de la première des initiatives de programmation conjointe de l’Union européenne, dont le but est de relever les “grands défis sociétaux” auxquels l’Union européenne devra faire face dans les années à venir. Pour résoudre ces problèmes, les compétences et les ressources d’un seul pays ne suffisent pas. C’est pourquoi, l’Union européenne espère maximiser son potentiel de lutte contre ces défis communs en réunissant les chercheurs et les données de recherche existantes, et en mettant en commun les outils, techniques et autres ressources entre les Etats membres de manière plus efficace.

Récemment nommée commissaire européenne en charge de la recherche, de l’innovation et de la science, Máire Geoghegan-Quinn déclare : “C’est le premier exemple de programmation conjointe adoptée par l’Union européenne pour relever les ‘grands défis’ sanitaires, sociaux, technologiques et environnementaux communs à toute l’Europe. Grâce à cette initiative de programmation conjointe, les meilleurs chercheurs européens dans le domaine médical travailleront ensemble et mettront en commun leurs ressources pour aider les millions de personnes qui souffrent de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer. En améliorant l’efficacité de la recherche et en évitant les efforts redondants, cette initiative de programmation conjointe améliorera les perspectives de progrès véritables dans la prévention et le traitement de ces maladies. Les leçons tirées de cette initiative serviront ensuite de modèle aux efforts de recherche dans d’autres domaines”.

Les maladies neurodégénératives, en particulier la maladie d’Alzheimer, sont le premier domaine à bénéficier de cette nouvelle approche. Les maladies neurodégénératives sont fortement liées à l’âge et l’Europe connaît un vieillissement rapide de sa population. A l’heure actuelle, les plus de 65 ans représentent 16 % de la population, chiffre qui devrait passer à 25 % en 2030. En 2006, le traitement des maladies neurodégénératives aura coûté environ 72 milliards d’euros aux services de santé européens. Les traitements qui existent actuellement pour les maladies neurodégénératives sont limités et ciblent principalement les symptômes et non la cause. La prise en charge de la maladie d’Alzheimer est particulièrement lourde en raison de son apparition insidieuse, du handicap croissant qu’elle occasionne et de sa durée d’évolution. La maladie dure en moyenne 2 à 10 ans pendant lesquels les patients nécessitent une surveillance et une prise en charge spéciales qui pèsent de manière importante sur les soignants et sur la société en général.

L’ultime objectif de cette initiative de programmation conjointe consacrée à la lutte contre les maladies neurodégénératives est d’accélérer les progrès dans la compréhension des causes de ces maladies invalidantes, afin d’aboutir non seulement à un diagnostic précoce et au développement de nouveaux traitements et moyens de prévention, mais également à la mise en place de structures médicosociales efficaces pour améliorer la qualité de vie des patients et des soignants.



Pour atteindre cet objectif, 24 pays européens volontaires* partageant une vision commune ont décidé de travailler ensemble dans le cadre d’un programme collaboratif de recherche sans précédent visant à aligner leurs compétences scientifiques, leurs points forts dans le domaine médical et leurs approches sociales afin de relever ce défi.

Le professeur Philippe Amouyel, Président du Conseil de la Programmation conjointe sur les maladies neurodégénératives, commente : “Nous partageons tous l’opinion que c’est en regroupant les connaissances, les infrastructures et les financements, ainsi qu’en créant une masse critique avec des approches cohérentes et multidisciplinaires, que nous obtiendrons les meilleurs objectifs et réponses scientifiques. C’est ainsi que nous réussirons. Cette approche permettra d’optimiser l’investissement de la recherche dans les maladies neurodégénératives à travers toute l’Europe.”

L’initiative de programmation conjointe sur les maladies neurodégénératives commencera par :

  • le développement d’un programme de recherche stratégique pour les maladies neurodégénératives englobant la recherche fondamentale, médicale et en sciences humaines et sociales ;
  • la mise en oeuvre du programme en proposant des méthodes novatrices pour regrouper les expertises et les ressources afin de résoudre le problème de la fragmentation et de la duplication des efforts de recherche actuels.

Un conseil scientifique composé de 15 éminents chercheurs d’Europe et d’ailleurs** dans le domaine des maladies neurodégénératives a été formé pour guider l’élaboration du Programme de recherche stratégique et sa mise en oeuvre. Ce conseil scientifique va commencer sa mission dès aujourd’hui.

Le professeur Amouyel ajoute : “C’est une occasion formidable pour l’Europe de prendre l’initiative en s’attaquant à l’un des plus grands défis socioéconomiques auxquels nous devrons faire face à l’avenir. Par rapport à d’autres domaines comme le cancer ou les maladies cardiovasculaires, les maladies neurodégénératives ont toujours reçu un soutien financier moindre malgré leur impact négatif majeur sur la santé. Ce programme va nous permettre de changer cela et d’agir de manière opportune et stratégique pour lutter contre cette maladie. Lors de la réunion prévue aujourd’hui à Stockholm, quinze des plus grands chercheurs d’Europe et d’ailleurs vont réfléchir à une stratégie pour mettre en oeuvre cette approche de recherche coordonnée de façon optimale.”

Pour André Syrota, Président d’Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé), “cette programmation va permettre pour la première fois à tous les pays d’Europe qui le souhaitent de financer, avec leurs crédits nationaux, les recherches sur les maladies neurodégénératives sur la base de l’expertise d’un conseil scientifique unique”.

* Albanie, Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie.

** Le conseil scientifique comprend les professeurs Jesus Avila de Grado (Espagne), Henry Brodaty (Australie), Stefano Cappa (Italie), Jesús de Pedro Cuesta (Espagne), Bruno Dubois (France), Laura Fratiglioni (Suède), Thomas Gasser (Allemagne), John Hardy (Royaume-Uni), Leszek Kaczmarek (Pologne), Martin Knapp (Royaume-Uni), Martin Rossor (Royaume-Uni), Philip Scheltens (Pays-Bas), Bart de Strooper (Belgique), Bengt Winblad (Suède). Un chercheur est encore en cours de sélection dans le domaine des SHS.

L’Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé (Aviesan) a été créée en avril 2009. Elle regroupe aujourd’hui 9 acteurs de la recherche française : le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), le CNRS (Centre national de recherche scientifique), l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et automatique), l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’Institut Pasteur, l’IRD (Institut de recherche pour le développement), la CPU (Conférence des Présidents d’Université) et la Conférence des directeurs généraux de centres hospitaliers régionaux et universitaires. Aviesan a pour but de développer, au plus haut niveau dans tous les domaines de la recherche en sciences de la vie et de la santé, un continuum allant des recherches fondamentales à leurs applications. Aviesan est organisée en 10 Instituts Thématiques Multi-Organismes, organes fonctionnels de la coordination des recherches, qui ont notamment pour rôle la réalisation d’un état des lieux de la recherche française par grandes thématiques.

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