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Les bases biologiques d’une « bonne santé »

Communiqué | 16 janv. 2015 - 10h00 | Par INSERM (Salle de presse)
Technologie pour la sante

Que signifie, au sens biologique, « être en bonne santé » ? C’est à cette vaste question qu’est consacré le projet du Laboratoire d’Excellence Milieu Intérieur, coordonné à l’Institut Pasteur par le Pr Matthew Albert (unité Immunobiologie des cellules dendritiques, Institut Pasteur/Inserm) et par le Dr Lluis Quintana-Murci (unité de Génétique évolutive humaine, Institut Pasteur/CNRS). Les chercheurs de ce consortium viennent de franchir une étape importante, en analysant les premiers résultats générés à partir de la cohorte Milieu Intérieur – mille donneurs bien portants, première cohorte française du genre – dont l’étude devra servir à définir les paramètres d’un système immunitaire sain. Outre une application directe dans le domaine de la santé, les résultats de ce programme intéressent directement la communauté scientifique, en définissant un nouveau cadre de contrôle aux études menées chez des populations de malades. Ils devraient également permettre de mieux comprendre la variabilité entre individus, et ainsi fournir des outils de référence pour adapter les traitements, en vue du développement de la médecine personnalisée.

Bien que les réponses immunitaires soient particulièrement complexes et variables d’une personne à l’autre, les pratiques médicales et les politiques de santé publique reposent sur un modèle unique de prise en charge des maladies et de développement des médicaments. C’est sur ce paradoxe que le projet Milieu Intérieur s’est construit. Ce Laboratoire d’Excellence, réunissant une trentaine de scientifiques issus des principaux centres de recherche français[1], et coordonné à l’Institut Pasteur par le Pr Matthew Albert, directeur de recherche Inserm, et le Dr Lluis Quintana-Murci, directeur de recherche CNRS, a pour objectif de définir et de comprendre la notion de donneur « sain », afin de permettre au monde de la recherche d’étudier d’une façon sans précédent la relation entre génétique, immunité et environnement.

Les scientifiques viennent ainsi de publier les critères de recrutement d’une cohorte de donneurs sains, constituée de 500 Français et 500 Françaises en bonne santé, de 20 à 69 ans. Le projet a d’ores et déjà permis de constituer une bio-banque des différents prélèvements – sanguins, nasaux, selles et biopsies de peau. Les chercheurs ont par ailleurs collecté des informations médicales, nutritionnelles, sociodémographiques, et relatives au mode de vie de ces donneurs.

L’approche statistique suivie par les chercheurs a d’abord permis de retrouver la corrélation déjà connue entre certains profils biologiques et l’âge et le sexe des donneurs. Elle a notamment confirmé que le taux de cholestérol (LDL) augmentait bien avec l’âge, et que la créatinine (mesure de la fonction rénale) était plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Ces tout premiers résultats ont démontré l’intégrité et la puissance des données collectées, et validé la cohorte Milieu Intérieur comme une référence pour la population française.

Grâce à l’analyse des données biologiques et épidémiologiques, les scientifiques ont en outre observé l’impact de l’environnement, et notamment du tabagisme, sur le système immunitaire. Ils ont notamment pu établir un tableau de critères biologiques – augmentation des globules blancs en circulation dans le sang, diminution de certaines classes d’anticorps (IgG) etc. – identifiant les fumeurs parmi l’ensemble des donneurs de la cohorte. Ces travaux soulignent un impact plus général du tabac sur la santé, au-delà de la toxicité pulmonaire. Ils seront mis en perspective et interprétés une fois l’ensemble des résultats analysés.

Le projet Milieu Intérieur vise à terme à fournir un nouveau cadre de référence et de contrôle aux données des études menées chez les malades. En livrant une meilleure compréhension de la variabilité des réponses immunitaires d’un individu à l’autre, il devrait en outre constituer un premier pas vers la médecine personnalisée, pour individualiser les approches et les interventions thérapeutiques et développer des médicaments et des tests de diagnostic adaptés au profil génétique et immunitaire de chaque patient.

[1] Institut Pasteur, Institut Curie, Université Paris-Diderot, Université Paris-13, INSERM et CNRS

POUR CITER CET ARTICLE :
Communiqué – Salle de Presse Inserm Les bases biologiques d’une « bonne santé » Lien : http://presse.inserm.fr/les-bases-biologiques-dune-bonne-sante/17513/
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Voir les sources

The Milieu Intérieur study – an integrative approach for study of human immunological variance, Clinical Immunology, 8 janvier 2015. Stéphanie Thomas1,2,3, Vincent Rouilly1,4, Etienne Patin5,6, Cécile Alanio1,2,3, Annick Dubois7, Cécile Delval7, Louis-Guillaume Marquier8, Nicolas Fauchoux8, Seloua Sayegrih8, Muriel Vray9, Darragh Duffy1,2,3, Lluis Quintana-Murci5,6, Matthew L. Albert1,2,3,10, for The Milieu Intérieur Consortium   1 – Center for Human Immunology, Institut Pasteur, Paris France 2 – Laboratory of Dendritic Cell Immunobiology, Department of Immunology, Institut Pasteur, Paris France 3 – INSERM U818, France 4 – Center for Bioinformatics, Institut Pasteur, Paris France 5 – Laboratory of Human Evolutionary Genetics, Department of Genomes & Genetics, Institut Pasteur, Paris France 6 – CNRS URA3012, France 7 – PIRC, Institut Pasteur, Paris France 8 – Biotrial, Rennes France 9 – Unit of Emerging Diseases Epidemiology, Institut Pasteur, Paris France 10 – INSERM UMS20, France

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