Synthèse de presse

18 septembre 2013

12h34 | Par INSERM (Salle de presse)

Le mésusage des médicaments

Un rapport sur « la promotion du bon usage du médicament en France », commandé par la ministre de la Santé et rendu public hier, rend compte des « dérapages médicamenteux ». Selon les professeurs Dominique Costagliola et Bernard Begaud, auteurs du rapport, « la moyenne des prescriptions inappropriées et de l’usage irrationnel des médicaments » est de 20% dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Les deux experts soulignent : « Pour les principales classes de médicaments, la France apparaît comme le pays le plus fort consommateur, mais aussi celui dans lequel la prescription semble le plus fréquemment s’éloigner des recommandations et des données de la science ». 10 000 chutes graves chez le sujet âgé sont liées à une mauvaise consommation de benzodiazépines. 114,3 millions de boîtes sont vendues chaque année en France, soit presque deux par habitant : 30% de ces prescriptions ne sont pas justifiées. Par ailleurs, compte tenu de la forte consommation d’antibiotiques, « la France se classe largement en tête pour la fréquence de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques de première intention », souligne le rapport. Les auteurs préconisent six mesures telles que « la création d’une structure regroupant et analysant l’ensemble des données de santé sur l’utilisation des médicaments et produits de santé », « la mise en place de programmes de surveillance ciblée » et « une meilleure information des professionnels de santé et du grand public au travers d’un portail d’information unique dédié ». 

Libération, 18/09

Avancées dans la reprogrammation cellulaire

Des chercheurs espagnols ont obtenu, in vivo, des cellules souches iPS chez la souris, rapporte Le Monde. Les travaux de l’équipe de Maria Abad et Manuel Serrano (Centre national de recherche sur le cancer, Madrid), publiés dans la revue Nature du 12 septembre, « marquent (…) une nouvelle étape dans l’exploration du potentiel des cellules iPS (induced pluripotent stem cells) », souligne le quotidien. Les souris génétiquement modifiées avec facteurs de reprogrammation ont développé, en deux semaines, « des tératomes, c’est-à-dire des tumeurs contenant, sous une forme plus ou moins organisée, tous les types cellulaires ». Selon les chercheurs, « la présence de telles tumeurs signifie qu’il y a bien eu reprogrammation en cellules pluripotentes ». Manuel Serrano, chercheur senior de l’équipe, indique : « On peut imaginer pouvoir un jour réparer un organe en induisant une reprogrammation in vivo transitoire, éventuellement localisée, mais on en est encore loin ». Jean-Marc Lemaître, directeur de recherche Inserm, à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier, souligne : « C’est une belle étude dont j’aurais bien aimé être l’auteur. Le plus révolutionnaire, et le plus inattendu, c’est que cette reprogrammation in vivo permet de remonter encore plus loin dans le compte à rebours cellulaire. Ce ne sont pas encore des cellules totipotentes, mais on n’en est pas très loin ».  Et d’ajouter : « Il n’est pas très étonnant de voir apparaître des tératomes avec un tel procédé, mais on peut imaginer que leur développement est fonction de l’environnement tissulaire, et qu’on pourra un jour le contrôler (…) ».

Le Monde, 18/09

En Bref

Le Monde dresse le portrait du diabétologue André Grimaldi qui « rappelle aux médecins qu’ils ont des devoirs vis-à-vis des malades ». Il a lancé, le 25 août, une pétition « Pour un débat public sur la santé » (cf synthèse de presse du 26 août) et a réussi à rassembler les signatures de plus de 2 000 personnalités, politiques et chercheurs de toutes disciplines. Le Monde, 18/09

L’Express publie un entretien avec Siddhartha Mukherjee, qui « incarne une nouvelle génération de cancérologues ». Ce médecin américain, diplômé de trois universités les plus réputées au monde (Stanford, Oxford et Harvard), auteur de l’ouvrage « L’Empereur de toutes les maladies. Une biographie du cancer », souligne : « La modernité n’a pas causé le cancer, mais, en allongeant la durée de vie, elle lui a donné davantage d’occasions de se manifester ». Il ajoute : « Grâce à la génétique, on a compris que la cellule cancéreuse se comporte comme une voiture folle, hors de contrôle ». Selon lui, « faire disparaître le cancer paraît une utopie. Notre ambition : repousser l’échéance aux confins du grand âge ». L’Express, 18/09

Dans une tribune, intitulée « Plan Alzheimer 2020 : la mémoire et la continuité » et publiée dans Le Monde, le Pr Joël Ménard, qui a préparé le plan Alzheimer 2008-2013, estime que « l’effort national entrepris en 2001 » doit se poursuivre. Il présente « quatre thématiques et sept réflexions [qui] peuvent orienter les choix à faire (…) ». Selon lui, il faut miser encore davantage sur la prévention de cette maladie neurodégénérative : « L’Alzheimer n’est pas qu’une neurodégénérescence : c’est une maladie neurovasculaire évitable par la prévention cardiovasculaire primaire, secondaire et tertiaire ». Le Monde, 18/09
 

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