Menu

Surconsommation médicamenteuse des femmes enceintes en France

© Syda Productions/fotolia

La grossesse est une période sensible notamment durant les premiers mois. Il est ainsi fortement recommandé à une femme enceinte de limiter sa consommation de médicaments, dont certains ont encore des effets mal-connus. Cependant, une récente étude menée par des chercheurs Inserm de l’Unité 1181 « Biostatistique, Biomathématique, Pharmacoépidémiologie et Maladies Infectieuses », révèle que les Françaises sont parmi les plus grandes consommatrices de médicaments à travers le monde et se voient prescrire en moyenne, près d’une dizaine de médicaments durant leur grossesse. Ce taux est resté constant durant la période analysée (2011-2014).

Ces travaux mettent également en évidence que chez les 28 500 femmes étudiées, parmi les médicaments recommandés, la consommation des spécialités antianémiques surpasse largement la prévalence de l’anémie (72,5% pour 25% environ). Entre 2011 et 2014, la consommation des vitamines B9 et D, elles aussi recommandées, a augmenté de 10% tandis que le pourcentage de femmes vaccinées contre la grippe n’a augmenté que de 1%. Plus préoccupant, l’exposition à des médicaments fœtotoxiques (altérant la croissance ou le fonctionnement des organes fœtaux) ou tératogènes (entraînant des malformations), bien que faible est quant à elle encore trop élevée.

Enfin, selon les chercheurs : « la situation des femmes en milieu défavorisé est davantage inquiétante de par leur consommation en médicaments plus élevée que la moyenne et d’une prescription plus faible en vitamines. ».

Ces travaux font l’objet d’une publication dans la revue Pharmacoepidemiology and Drug Safety.

Les bénéfices de la vente d’antibiotiques à l’unité

© Fotolia

Entre novembre 2014 et novembre 2015, une étude menée par l’Inserm (Unité 912 SESSTIM – Sciences Economiques & Sociales de la Santé et Traitement de l’Information Médicale), l’Université Aix-Marseille, l’IRD, le CNRS et l’Observatoire Régional de la Santé PACA, a permis l’expérimentation de la délivrance à l’unité de certains antibiotiques à travers quatre régions en France. Sur 100 pharmacies volontaires, 75 pharmacies, tirées au sort, ont été choisies pour proposer une délivrance à l’unité de leur traitement, aux patients se présentant avec une ordonnance indiquant un ou plusieurs des 14 antibiotiques concernés. Les résultats de cette expérimentation, publiés dans PLos ONE le 19 septembre 2017, sont les suivants :

  • Acceptabilité de la délivrance à l’unité des antibiotiques (DAU) : 80% des patients s’étant présentés avec une ordonnance de traitement antibiotique concerné par l’expérimentation ont accepté la délivrance à l’unité.
  • Impact sur les volumes de médicaments dispensés : un déconditionnement a été nécessaire pour 60% des patients exposés à la délivrance à l’unité. Le mode de délivrance à l’unité permet une réduction d’environ 10% du volume de comprimés délivrés par rapport à une vente traditionnelle.
  • Bon usage des traitements : Le mode de délivrance à l’unité permet d’éviter le problème des comprimés non-correctement recyclés (c’est le cas pour 13% des prescriptions antibiotiques observées dans l’étude). Enfin, la délivrance à l’unité des antibiotiques est associée à une amélioration du suivi de la prescription par le patient, d’après une mesure ‘d’observance’ basée sur le nombre résiduel de pilules non consommées à l’issue du traitement.

Attentats du 13/11: une forte empreinte chez les jeunes

Un an après les attentats du 13 novembre, l’enquête « Conditions de vie et Aspirations » du CRÉDOC, dans le cadre du programme 13 novembre initié par l’Inserm, le CNRS et héSam Université, rend compte de l’empreinte forte des attentats sur la population française, en particulier chez les jeunes.

Un échantillon de 2000 personnes représentatif de la population française a répondu à une série de questions telles que « Pouvez-vous citer les actes terroristes commis dans le monde ou en France qui vous ont le plus marqué depuis l’an 2000? ; quelles sont les principales conséquences des attentats du 13 novembre 2015? « .

On apprend de cette enquête notamment que:

80% des français se disent marqués par les attentats du 13 novembre 2015 alors même que les trois quart n’ont aucun lien personnel avec les victimes ou les lieux concernés.
65% des 18-24 ans et 63% des 25-39 ans manifestent un sentiment de peur exacerbé, contre 54% de leurs aînés
L’existence de tensions culturelles et religieuses au sein de la société est la raison la plus souvent invoquée pour expliquer les attentats et pour près de 40% de la population, ce sont des actes inexplicables.
26% des Français ont un lien personnel avec les événements (victime, témoin, fréquentation des lieux) et 25% estiment qu’on parle trop du 13 novembre.

Note : les entretiens ont été menés avant les attentats de Nice le 14 juillet et de Saint-Etienne du Rouvray le 26 juillet 2016.

Athlètes centenaires : des performances à toute épreuve ?

Alors que les JO d’été 2016 se tiendront prochainement, quelques athlètes centenaires seront en mesure d’observer cette compétition, parfois 80 ans après leur propre participation. Une étude de l’Inserm menée par des chercheurs de l’Unité 1093 « Cognition, Action et Plasticité Sensorimotrice » à l’Université de Bourgogne, a analysé les records des athlètes centenaires dans différentes disciplines en comparaison avec les records mondiaux, toutes catégories d’âge confondues. Le record du cycliste centenaire Robert Marchand avec près de 27 kilomètres parcourus en une heure, apparait comme le plus impressionnant car la réduction de ses performances est assez limitée compte tenu de son âge.

run1

(c) Fotolia

De précédentes études ont effectivement démontré que, dès 40 ans, et selon la discipline sportive, les performances déclinent régulièrement de 7 à 14% tous les 10 ans. A partir de données de sites d’associations et fédérations sportives, Romuald Lepers et ses collègues ont identifié 60 performances réalisées par 19 centenaires, dans 3 disciplines : athlétisme, natation et cyclisme. De manière générale, et même si ce sont de véritables prouesses, leurs résultats sont évidemment très loin des records mondiaux :   – 78% en moyenne chez ces centenaires par rapport au record du monde. La performance du centenaire Robert Marchand en cyclisme fait figure d’exception car il enregistre une réduction de ses performances de seulement 50,6% en comparaison avec le record du monde de l’heure de cette discipline, obtenu par Bradley Wiggins en 2015 avec plus de 54 kilomètres.

 

A titre de comparaison, Robert Marchand se déplace en vélo deux fois moins vite que le recordman de sa discipline, là où les autres athlètes centenaires courent ou nagent en moyenne quatre fois moins vite. Si ces écarts peuvent sembler importants, ils correspondent à de véritables exploits.

« Imaginez-vous réaliser ces performances à plus de 100 ans ? » insiste Romuald Lepers, principal auteur de cette publication.

Au-delà des caractéristiques physiologiques remarquables de Robert Marchand pour son âge, les chercheurs ont aussi mis en évidence un déclin des performances avec l’âge moins important pour le cyclisme en comparaison de l’athlétisme ou de la natation.

Ces travaux, publiés dans la revue Age and Ageing le lundi 4 juillet 2016, offrent de nouvelles perspectives pour mieux comprendre comment le corps humain peut lutter contre les effets délétères du vieillissement.

Dopage intellectuel : l’usage de psychostimulants par les étudiants en médecine

Soumis à une rude pression et à une charge de travail intense, les étudiants en médecine tentent de booster leurs performances par tous les moyens. Une étude de l’Inserm révèle qu’un tiers d’entre eux auraient recours à des psychostimulants.

Une population de 1718 étudiants en médecine français (âgés de 27 ans en moyenne, dont 37% d’hommes) a  été interrogée au sujet de son utilisation de psychostimulants. Les chercheurs de l’Inserm ont relevé les motivations ainsi que les caractéristiques socio-démographiques et académiques des participants.

Parmi les personnes interrogées, 33 % consomment des psychostimulants (29.7% prennent des produits en vente libre, 6.7% sur ordonnance, et 5.2% des drogues illicites).

Pour la plupart des utilisateurs de substances en vente libre (boissons énergisantes et comprimés de caféine), l’objectif est d’augmenter la mémoire et la concentration en vue des examens. Cet usage est toutefois prédictif d’une utilisation ultérieure de psychostimulants médicalement prescrits. Parmi ceux-ci, figurent en tête les corticoïdes (4.5%), suivi du méthylphénidate et du modafinil.

Les résultats de l’étude montrent que les recommandations de santé publique visant à restreindre les prescriptions de méthylphénidate et du modafinil sont très probablement efficaces.  Les étudiants en consomment donc moins mais se rabattent sur les corticoïdes plus faciles d’accès.  Pour les chercheurs il s’agit d’un nouveau problème de santé publique étant donné les effets secondaires sévères potentiels de ces substances.

Résultats définitifs de l’essai JIKI

Les conclusions définitives de l’essai clinique JIKI visant à tester l’efficacité du favipiravir pour réduire la mortalité chez les personnes infectées par le virus Ebola en Guinée sont publiées dans PLoS Medicine cette semaine. Ces travaux ont été menés sous la direction du Pr Denis Malvy de l’Inserm accompagné d’une grande équipe de chercheurs internationaux. Si les conclusions sont nuancées, elles ont néanmoins permis de rassembler des données et des repères qui permettront aux chercheurs de baser leurs futurs essais sur des hypothèses et critères robustes.

 

La fièvre Ebola est une maladie extrêmement meurtrière pour laquelle aucun traitement spécifique n’a prouvé son efficacité. En septembre 2014, pendant le pic épidémique, l’Organisation mondiale de la santé a diffusé une liste réduite de médicaments appropriés pour les études sur la maladie à virus Ebola (EBOV) , avec notamment le favipiravir, un médicament antiviral développé pour le traitement des formes sévères de la grippe. Une équipe internationale de chercheurs sous l’égide de l’Inserm a réalisé une étude appelée JIKI (ce qui signifie « espoir » en langue Malinke) en Guinée. L’étude avait pour but de tester la faisabilité et l’acceptabilité d’un essai réalisé en urgence dans le contexte d’une grande épidémie de maladie Ebola et de recueillir des données préliminaires sur l’innocuité et l’efficacité du favipiravir dans la diminution de la mortalité et de la charge virale chez des patients atteints de la maladie à virus Ebola. En raison des circonstances exceptionnelles de la récente épidémie de fièvre Ebola, l’étude était un essai pilote, de preuve de concept, non randomisé, multicentrique, avec un groupe de comparaison dit historique, dans lequel les 126 participants ont reçu du favipiravir en plus du standard des soins de base.

D’après les résultats de l’étude, il est peu probable qu’une monothérapie de favipiravir soit efficace chez les patients présentant une virémie très élevée, mais la molécule mérite de continuer à être évaluée chez les patients présentant une virémie intermédiaire à élevée. Cette conclusion se base sur deux résultats, les taux de mortalité observés et la dynamique de la charge d’ARN EBOV sous traitement.

Chez les patients présentant une virémie très élevée, la mortalité était 7 % supérieure à la valeur d’avant l’essai et les charges virales n’ont pas diminué. Ceci suggère qu’il est peu probable qu’un futur essai démontre un bénéfice du favipiravir chez ces patients.

Chez les patients présentant une virémie moins élevée, la mortalité était 33 % inférieure à la valeur d’avant l’essai et la virémie a diminué rapidement sous traitement. L’essai était non randomisé et l’intervalle de confiance à 95 % de la mortalité incluait la valeur d’avant l’essai. Par conséquent, ce résultat ne prouve pas que le favipiravir fût efficace chez ces patients, mais il indique que la question reste ouverte et il donne des indications sur la manière de mieux l’aborder.

Les auteurs concluent « Au milieu d’une crise sanitaire telle qu’une épidémie de fièvre Ebola, les chercheurs peuvent être confrontés à un contexte tel que le fait de randomiser les patients pour recevoir des soins habituels ou des soins habituels plus un médicament expérimental n’est pas acceptable du point de vue éthique. Dans ces circonstances rares, il peut être décidé de ne pas réaliser un essai et d’attendre des conditions plus favorables, ou de réaliser un essai non randomisé. Dans cette expérience pilote, nous avons choisi cette deuxième option. Nos conclusions sont nuancées. D’un côté, nous ne pouvons pas conclure sur l’efficacité du médicament, et nos conclusions sur la tolérance, même si elles sont encourageantes, ne peuvent pas être aussi définitives qu’elles ne l’auraient été avec une randomisation. D’un autre côté, nous avons beaucoup appris sur la manière de définir et de réaliser un essai dans de telles circonstances inhabituelles, en relation étroite avec la communauté et les organisations non gouvernementales. Nous avons intégré l’activité de recherche dans les soins, de manière à ce qu’elle les améliore, nous avons rapidement généré et partagé avec la communauté scientifique les données intermédiaires utiles pour concevoir des études sur la fièvre Ebola et nous avons rassemblé des preuves qui permettront aux chercheurs de baser leurs futurs essais sur des hypothèses préliminaires et des critères solides. »

Séniors : Travailler son équilibre et pratiquer le renforcement musculaire est efficace contre les blessures

Un programme d’exercices physiques basés sur l’équilibre et le renforcement musculaire, permet de réduire de près de 20% le risque de blessure consécutive à une chute chez des femmes âgées de plus de 75 ans. Cette étude menée par Patricia Dargent-Molina (Unité Inserm 1153  » Epidémiologie et Biostatistique ») vient d’être publiée dans The British medical journal.

Sport seniors activités physique

©fotolia

Les chutes sont très fréquentes chez les personnes âgées puisqu’ environ une personne de plus de 65 ans sur 3 fait au moins une chute par an. Les blessures qui en découlent entraînent souvent le recours à des soins médicaux, une altération significative de la qualité de vie et un déclin fonctionnel accéléré pouvant conduire à une perte progressive d’autonomie et à l’entrée en établissement médicalisé.

Au total, 706 femmes âgées de 75 à 85 ans (moyenne 80) vivant à leur domicile et ayant des capacités d’équilibre et de marche diminuées ont participé à l’essai Ossébo dans 20 centres d’étude répartis à travers la France. Les participantes ont été réparties de façon aléatoire en 2 groupes : un groupe qui bénéficiait du programme d’exercice et un groupe ‘témoin’ sans intervention.

Le programme d’exercice[1] comprend des séances hebdomadaires en petits groupes supervisées par un animateur, complétées par des exercices à faire à la maison au moins une fois par semaine, le tout pendant 2 ans.

Sur les 2 ans d’étude, les participantes du groupe « avec intervention » ont eu significativement moins de chutes traumatiques (chutes qui ont entraîné des blessures modérées à graves, le recours à des soins médicaux ou une gêne pour effectuer les activités de la vie quotidienne pendant au moins 3 jours) que les participantes du groupe témoin. Elles ont également de meilleurs scores aux tests cliniques d’équilibre et de marche, et se perçoivent en meilleure santé sur le plan physique que les participantes du groupe témoin.

[1] Conçu et mis en place par le groupe associatif SIEL Bleu (www.sielbleu.org).

A Paris, les habitants des territoires défavorisés sont plus vulnérables aux effets de la pollution atmosphérique

Dans une nouvelle étude parue dans la revue Plos One, des chercheurs de l’Inserm et de l’EHESP ont analysé les causes de 79107 décès survenus à Paris chez les habitants de plus de 35 ans entre 2004 et 2009. Leur objectif était d’explorer si une combinaison de caractéristiques de voisinage (profil socio-économique et exposition quotidienne à la pollution) modifiait ou non le risque de mortalité lors des épisodes de pollution comme, par exemple, ceux que la France a connus au début de l’été 2015 lors de la canicule.

Le choix de la ville de Paris ne s’est pas fait au hasard puisque la capitale est caractérisée par des concentrations moyennes de pollution qui varient énormément selon les lieux ainsi que par une variété de quartiers accueillant des populations aux profils socio-économiques variés.

Deux cartographies des quartiers de Paris ont été réalisées. Sur la première, on peut voir la répartition des populations selon le statut socioéconomique des quartiers de résidence (unités appelées IRIS). La seconde répertorie les concentrations moyennes annuelles de dioxyde d’azote sur la période d’étude (NO2). A Paris, le NO2 dans l’air extérieur est principalement associé au chauffage des bâtiments et au trafic automobile.

Carte de Paris catégories socio-pro

Les habitations hébergeant les personnes les plus défavorisées (catégorie 3) sont principalement localisées à l’est et au nord de la ville, tandis que les catégories 1 et 2 sont retrouvées dans le centre et la partie Ouest de Paris.

Carte de Paris pollution

Les zones les plus polluées sont observées à proximité des grandes voies de trafic, le long du périphérique, de la Seine et dans le Nord-Ouest de Paris. (sources des données et de la modélisation: Airparif)

Les résultats de l’étude montrent que les variations à court terme de la pollution et la mortalité sont globalement associées et qu’un réel excès de risque de décès est présent lors des pics de pollution.

Ces résultats montrent également que les sujets résidant dans les territoires défavorisés sont plus vulnérables aux épisodes, même brefs, de pollution atmosphérique. Ils indiquent surtout que, si elle est exposée (comme d’autres) chroniquement à des niveaux élevés de dioxyde d’azote, cette population subit un risque encore plus élevé lors des pics de pollution.

« Nous sommes face à un effet de fragilisation en continu des populations due à la pollution chronique. Les gens ainsi fragilisés sont alors « emportés » par les pics de pollution et les catégories sociales modestes en sont les principales victimes » explique Denis Zmirou, co-auteur de l’étude.

En 40 ans, les français ont adapté leurs comportements au changement climatique

Dans le contexte de réchauffement planétaire actuel, la relation entre la température et la mortalité est en train de prendre une importance toute nouvelle. S’acclimate-t-on à la hausse des températures au cours des années ? C’est la question à laquelle des chercheurs de l’équipe «  Épigénétique et environnement » de l’Unité Inserm 1169 (Inserm/CEA/Université Paris-Sud) tentent de répondre. En analysant le lien entre la mortalité des personnes âgées et la température quotidienne en France sur 42 ans,  les scientifiques apportent une preuve de notre capacité d’adaptation aux changements de température dans le temps. Ces travaux sont publiés dans Environmental Health Perspectives.

Au cours des dernières décennies, la hausse des températures a déjà été observée en France. En outre, les modèles climatiques prévoient que ce réchauffement continuera dans les années futures. Ce constat ouvre la question de nos capacités d’acclimatation à ces changements.

Lorsqu’on trace l’évolution de la mortalité en fonction de la température sur un jour donné, la courbe obtenue présente une allure générale parabolique (en forme de « U »). Le point le plus bas de cette courbe est atteint pour une valeur donnée : la température de mortalité minimale (TMM), soit la température pour laquelle la mortalité est la plus faible. C’est sur ces observations et sur l ‘analyse de 16 000 000 certificats de décès[1] entre 1968 et 2009 que Nicolas Todd et Alain-Jacques Valleron ont basé leur analyse.

Courbe

Exemple d’une courbe montrant l’évolution du risque de mortalité en fonction de la température. Lorsque le risque relatif de mortalité est égal à 1, la mortalité est minimale. S’il est égal à 2 pour une température donnée, le risque de mortalité à cette température est deux fois plus élevé.


« Cette étude du lien entre température et mortalité couvre non seulement la plus longue période (42 ans) mais aussi le plus grand nombre de décès jamais étudiés sur le sujet », souligne Alain-Jacques Valleron, professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie, et membre de l’Académie des Sciences.

Pour visualiser l’évolution de cette relation, les chercheurs ont divisé  cette période en 3 : 1968 à 1981, 1982 à 1995 et 1996-2009. Rapidement, ils découvrent que la température de mortalité minimale et la température moyenne suivent la même tendance sur ces périodes. Pendant la période de 1968-1981 (température moyenne de 17,6°C) la TMM s’élève à 17,5°C. Parallèlement, entre 1982 et 1995 alors que la température moyenne s’élève à 18,6°C, la TMM atteint 17,8°C. Enfin de l’année 1996 à 2009, la TMM a suivi l’augmentation de la température moyenne (19.2°C) en atteignant 18,2°C. Ces résultats suggèrent que la population a effectivement été capable de s’adapter au changement climatique.

« Bien que les mécanismes qui expliquent cette adaptation ne soient pas l’objet de cette étude, ils sont probablement plus liés à l’amélioration de l’isolement des maisons, de la climatisation et des messages préventifs émis pendant les vagues de chaleurs qu’à une adaptation physiologique » explique le chercheur, aussi ancien directeur de deux unités Inserm.

[1] Recueillis par le CépiDc de l’INSERM avec autorisation de la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL)

Absence de consensus sur les pratiques obstétricales entre les pays de l’Union Européenne

Le taux de césariennes varie considérablement à travers l’Europe selon une nouvelle étude issue du projet EURO-PERISTAT, publiée dans le BJOG : An International Journal of Obstetrics and Gynaecology.

On sait que la probabilité d’accoucher par césarienne est plus grande chez les femmes dont c’est la première grossesse, quand celles-ci ont déjà eu une césarienne, ou quand les bébés sont jumeaux ou se présentent par le siège. Cette étude montre pour la première fois que ces différences ont des ampleurs très variables d’un pays à l’autre. Par exemple, moins de 50% des naissances multiples en Norvège, en Islande, en Finlande et aux Pays-Bas ont lieu par césarienne, alors que ce pourcentage atteint 90% à Malte et à Chypre. De même, moins des trois-quarts des accouchements avec présentation du siège en Norvège et en Finlande ont été réalisés par césarienne, contre plus de 90% dans la République tchèque, l’Allemagne, l’Italie, Chypre, le Luxembourg, Malte, l’Écosse, l’Islande et la Suisse.

La France se situe dans une position moyenne par rapport aux autres pays, avec un taux global de césarienne plutôt bas, de 21 %.

Selon les conclusions de l’étude, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les raisons de ces différences, notamment en étudiant l’impact des différences internationales dans l’organisation et le financement des systèmes de santé et dans les attitudes des parents et des professionnels vis-à-vis des soins au moment de l’accouchement.
Le projet Euro-PERISTAT (http://www.europeristat.com/) est une collaboration entre 26 États membres de l’Union européenne, ainsi que la Norvège, l’Islande et la Suisse. Il est sous la responsabilité de Jennifer Zeitlin, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, Equipe EPOPé (http://www.epopé-inserm.fr/).

fermer