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Mise au point sur l’expertise collective « Essais nucléaires en Polynésie française »

Tahiti

Tahiti © Kazuo Ota on Unsplash

L’Inserm peut-il être accusé de négationnisme sur le sujet des essais nucléaires en Polynésie française ?

Non. L’Inserm fait partie des très rares organismes de recherche à avoir publié dans des revues scientifiques internationales sur la question des effets des essais nucléaires réalisés par la France. Il s’agit notamment de l’étude de l’équipe du Dr. Florent de Vathaire, chercheur à l’Inserm, publiée en 2010 dans le British Journal of Cancer. Celle-ci est en faveur d’une augmentation du risque de cancer de la thyroïde avec la dose de rayonnement reçue par les polynésiens avant l’âge de 15 ans du fait des essais nucléaires atmosphériques. D’autre part, l’Inserm vient de piloter une expertise collective sur la question, qui est un très gros effort de synthèse.

Quelles sont les principales conclusions de l’expertise ?

Rappelons d’abord que pour garantir l’indépendance de l’expertise, les experts sont rigoureusement choisis en fonction de leurs publications sur le sujet, que tout lien d’intérêt éventuel est examiné, et que l’Inserm n’intervient pas dans les conclusions des experts. Il s’agit donc de leurs conclusions et pas d’une position officielle de l’Inserm. Après avoir revu 1200 publications, les conclusions des experts sont que de nombreuses pathologies peuvent être induites par les rayonnements ionisants, dont la plupart des cancers, mais aussi certaines pathologies cardiovasculaires ou la cataracte. Pour les cancers, l’effet des rayonnements ionisants se manifeste sans seuil, donc potentiellement dès les doses faibles, même si le nombre de cas attendu va croître avec la dose. Dans d’autres parties du monde où des essais nucléaires atmosphériques ont été menés, des liens avec le risque de cancer de la thyroïde après une irradiation dans l’enfance et le risque de certaines leucémies ont été observés, en population générale ou chez les militaires. Les quelques études réalisées en Polynésie sont cohérentes avec ces résultats. Tout va donc dans le sens d’un effet probable – les experts n’utilisent pas exactement ce terme – de ces essais nucléaires sur la survenue de cancers de la thyroïde en Polynésie.

Cela remet-il en cause la logique d’indemnisation des Polynésiens par l’État français ?

Cette expertise collective n’a pas étudié la logique d’indemnisation des victimes civiles et militaires mise en place par l’État français, assurée par le CIVEN (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires), logique qui ne peut donc être considérée comme étant critiquée ou remise en cause par l’expertise collective. Le CIVEN reconnaît actuellement une liste de 23 pathologies pouvant être radio-induites, essentiellement des cancers, de façon cohérente avec l’expertise collective. L’expertise recommande de surveiller les futurs travaux de recherche portant sur les maladies non reconnues comme étant radio-induites à ce jour mais qui pourraient le devenir.

Loi de bioéthique : chimères inter-espèces

Segment intestinal développé à partir d’échantillons embryonnaires chimères rat/poulet. ©Inserm/U61 

Dans le cadre de la loi de bioéthique votée en seconde lecture par le Sénat le 3 février, l’article 17 sur la question du chimérisme interroge et fait débat.

Les chimères inter-espèces sont des organismes vivants formés à partir de cellules issues d’organismes différents, obtenues à partir de cellules au stade embryonnaire.

Dans le cas des chimères animal-homme, des cellules souches humaines sont insérées à des embryons animaux.

L’un des objectifs est de développer ainsi des modèles animaux de pathologies humaines notamment pour les maladies neurodégénératives. A plus long terme, ces chimères pourraient favoriser la production d’organes chez l’animal pour permettre des xénogreffes sur l’Homme.

Enfin, avoir recours à ce processus permettrait notamment de mieux étudier comment s’effectue la différenciation des cellules dans un tel environnement, et donc, de valider ou non bon nombre d’hypothèses de recherche.

La loi de bioéthique prévoyait initialement, d’autoriser les chimères homme-animal, permettant ainsi de marquer une avancée pour la recherche. Le comité d’éthique de l’Inserm a rappelé l’enjeu pour le monde scientifique que représente la possibilité d’effectuer des recherches sur l’embryon animal, y compris celles susceptibles de modifier la descendance ou d’adjoindre des cellules d’autres espèces incluant les cellules humaines. Maintenant une commission mixte paritaire va essayer de trouver un texte commun aux deux chambres, si elle n’y parvient pas la loi sera étudiée à nouveau à l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot.

Les chercheurs Inserm Irène Aksoy et Pierre Savatier (U 1208, Institut Cellule souche et cerveau) font partie de la seule équipe en France et en Europe à travailler sur le chimérisme.

Dans de récents travaux, nos chercheurs se sont attachés à démontrer la difficulté scientifique de réaliser de telles chimères et, à expliquer les mécanismes et les verrous à lever pour y parvenir. Ils sont à la disposition des journalistes pour évoquer leurs résultats et éclairer les débats actuels autour de la loi de bioéthique et de son article 17.

Création d’une nouvelle agence de recherche sur les maladies infectieuses émergentes

@Unplash : population confinée lors de la 1ère vague de covid-19 en France 

C’est officiel. Annoncée conjointement par la Ministre de la Recherche, de l’enseignement supérieur et de l’innovation et par le Ministre de la Santé et des solidarités, une nouvelle agence de recherche sur les maladies infectieuses émergentes verra le jour, au sein de l’Inserm, au début du mois de janvier 2021.

Combinant l’expertise scientifique et la réactivité du consortium Inserm-REACTing avec l’expérience et la capacité opérationnelle de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS, la nouvelle agence sera dédiée à la coordination et au financement de la recherche scientifique sur les maladies infectieuses émergentes, sur le sida, les infections sexuellement transmissibles et sur les hépatites virales.

« Cette nouvelle agence décidée par l’État, et placée au sein de l’Inserm, constitue un élan d’importance pour nos capacités de réponses scientifiques à l’épidémie actuelle de Covid-19, et accroît notre préparation aux prochaines maladies émergentes qui pourraient survenir. Notre recherche s’en voit renforcée et je me réjouis que dès le début d’année 2021 l’agence soit en capacité de piloter les premiers projets en matières de recherche sur les maladies infectieuses émergentes. C’est une arme de plus au service de la science biomédicale, et donc de la santé de toutes et tous ». déclare Gilles Bloch, Pdg de l’Inserm

Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse ici

14 projets de rénovation immobilière de l’Inserm bénéficieront de France Relance, pour un montant de près de 8 M€

Neurocentre magendie

Fort d’une mobilisation de l’ensemble des collaborateurs et de la volonté publique, dans le cadre du plan France Relance, d’améliorer la qualité environnementale des bâtiments de recherche, l’Inserm recevra le financement de 14 projets prioritaires.

Entre autres projets validés, l’Institut de Neurosciences de Montpellier va bénéficier d’une réfection complète de ses installations de traitement d’air. L’Institut François Magendie à Bordeaux connaitra une véritable optimisation de ses installations thermiques. A Lyon, les unités de recherche implantées sur plusieurs sites bénéficieront d’une gestion technique de bâtiment optimisée et de campagnes de rénovation des dispositifs d’éclairage.

Ces quatorze projets participent tous à une baisse rapide des consommations d’électricité et de chauffage, à une baisse significative des émissions de gaz à effets de serre associés, tout en contribuant à améliorer le confort des occupants.

« C’est un élan très porteur pour l’Inserm qui est rendu possible par ces financements conséquents, et je m’en réjouis ; et ce sur tout le territoire car les projets qui seront financés se déploieront dans plusieurs régions. Au-delà de l’amélioration de la qualité environnementale des bâtiments, ce sont de nouvelles possibilités qui s’ouvrent pour l’ensemble des collaborateurs, des équipes et bien sûr, des projets scientifiques concernés. Cette impulsion nous apporte un atout de plus, au service de notre ambition commune, celle de la Science pour la santé. » indique Gilles Bloch, Président-directeur général de l’Inserm.

Progression du moustique-tigre en France

Aedes albopictus©Fotalia

Absents jusqu’en 2004 en France métropolitaine, les moustiques-tigres représenteront un « risque sanitaire majeur » au cours des prochaines décennies sur le territoire, selon le rapport de la commission d’enquête présenté début août à l’Assemblée Nationale. Cette commission a été lancée fin 2019 dans le but d’enquêter sur les politiques publiques à mener dans l’Hexagone contre la propagation des moustiques Aedes albopictus ou moustiques-tigres. Les femelles peuvent transmettre une trentaine de virus parmi lesquels la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune, le Zika. Ce rapport propose de mettre en place « un plan régional de prévention contre le développement des gîtes larvaires » afin de limiter la propagation des moustiques-tigres.

L’expansion du moustique-tigre trouve ses origines dans le développement des échanges internationaux. Il s’est répandu dans tout le sud de l’Europe, suivant les grands axes routiers, avant de remonter vers le nord via le couloir rhodanien.

La dengue est une infection virale transmise entre humains par l’intermédiaire d’un moustique infecté.  Elle est le plus souvent bénigne, mais des formes sévères et imprévisibles surviennent dans environ 1% des cas, plus souvent chez les jeunes enfants. Plus de 55% de la population mondiale est aujourd’hui exposée au virus de la dengue. En raison de la circulation croissante du moustique vecteur de la maladie dans les régions tempérées, l’Europe n’est plus épargnée par le risque d’épidémie.

Covid-19: transmission par voie aérienne

© Manuel Lardizabal on Unsplash

Des chercheurs internationaux, dont des chercheurs Inserm, appellent à reconnaitre le potentiel de propagation aérienne du Covid-19 dans une lettre publiée le 6 juillet 2020 dans la revue Clinical Infectious Diseases.

Selon eux, il existe un potentiel important d’exposition aux virus par inhalation dans des gouttelettes respiratoires microscopiques. Ils préconisent l’utilisation de mesures préventives pour atténuer cette voie de transmission aéroportée.

Des études menées par les signataires de cet article et d’autres scientifiques semblent démontrer que les virus sont libérés lors de l’expiration, de la parole et de la toux en microgouttelettes suffisamment petites pour rester en l’air et présenter un risque d’exposition à des distances supérieures à 1 ou 2 m d’une personne infectée.

Une étude fait le lien entre exposition des enfants aux écrans et troubles du langage

boy and girl standing in front of laptop

Une étude à laquelle l’Inserm a participé et relayée dans le BEH a montré que les enfants qui étaient exposés aux écrans le matin avant l’école, et qui discutaient rarement ou jamais du contenu de ces écrans avec leurs parents, étaient environ six fois plus à risque de développer des troubles primaires du langage que les enfants qui n’avaient aucune de ces deux caractéristiques.

Des études de cohorte prenant en compte ces deux variables significatives pourraient être intéressantes.

L’exposition aux écrans chez les jeunes enfants est un problème de santé publique et les professionnels de santé de la petite enfance ont un rôle important à jouer dans la prévention en informant les parents sur les risques encourus.

Lire l’article du BEH en intégralité.

Diarrhées aiguës : activité forte en augmentation en France

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Les médecins du réseau Sentinelles de l’Inserm surveillent le nombre de cas de diarrhées aiguës vus en consultation.

Concernant la surveillance clinique : en France métropolitaine, la semaine dernière (2020s01), le taux d’incidence des cas de diarrhées  aiguës vus en consultation de médecine générale a été estimé à 326 cas pour 100 000 habitants, en augmentation par rapport à la semaine précédente.

Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en régions Nouvelle-Aquitaine (462), Grand-Est (426) et Pays de la Loire (415).

Concernant les cas rapportés, la semaine dernière, l’âge médian était de 36 ans (de 2 mois à 100 ans), les hommes représentaient 49% des cas. Les tableaux cliniques rapportés par les médecins Sentinelles ne présentaient pas de signe particulier de gravité : le pourcentage d’hospitalisation a été estimé à 0,3%.

Diarrhées aiguës : activité forte en augmentation en France

 

 

Les médecins du réseau Sentinelles de l’Inserm surveillent le nombre de cas de diarrhées aiguës vus en consultation.

Concernant la surveillance clinique : en France métropolitaine, la semaine dernière (2019s52), le taux d’incidence des cas de diarrhées  aiguës vus en consultation de médecine générale a été estimé à 289 cas pour 100 000 habitants, en augmentation par rapport à la semaine précédente.

Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en régions Grand-Est (656 cas pour 100 000 habitants), Occitanie et Nouvelle-Aquitaine.

Concernant les cas rapportés, la semaine dernière, l’âge médian était de 34 ans (de 1 mois à 95 ans), les hommes représentaient 48% des cas. Les tableaux cliniques rapportés par les médecins Sentinelles ne présentaient pas de signe particulier de gravité : le pourcentage d’hospitalisation a été estimé à 0,7%.

L’Inserm vous souhaite de joyeuses fêtes!

L'Inserm vous présente ses meilleurs voeux pour l'année 2020

Découvrez une nouvelle année de recherches en images​

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