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Découverte, chez la souris, d’un mécanisme pouvant expliquer l’anorexie et d’un traitement efficace transposable à l’homme

Communiqué | 09 nov. 2020 - 22h00 | Par INSERM (Salle de presse)
Neurosciences, sciences cognitives, neurologie, psychiatrie

Récepteurs muscariniques de l’acétylcholine dans le cerveau humain. Coupe sagittale, marquage par radioautographie à l’aide de 3H-QNB. © Inserm/U339

 

Ce que l’on sait :

L’anorexie mentale est un trouble psychiatrique très sévère qui touche jusqu’à 4% de la population. De plus, c’est la maladie mentale avec le plus fort taux de mortalité (1% des personnes atteintes en meurent chaque année). À ce jour, il n’existe pas de traitement pharmacologique spécifique pour lutter contre cette maladie. Cela tient au fait que les mécanismes neuronaux impliqués dans l’anorexie mentale sont encore mal compris.

Récemment, l’équipe du Pr Salah El Mestikawy (Centre de recherche de l’Institut Douglas /UPMC) a montré le rôle essentiel d’un neurotransmetteur – l’acétylcholine – dans une partie du cerveau, appelée le striatum. Le striatum est impliqué dans la régulation de l’activité locomotrice ou de la recherche de récompenses. En revanche, sa fonction dans la formation de nos habitudes quotidiennes et de nos automatismes est moins bien connue.

 

Ce que l’on a découvert :

L’étude publiée dans la revue Journal of Clinical Investigation illustre comment une diminution d’acétylcholine dans le striatum entraîne la formation excessive d’habitudes qui peuvent conduire à une restriction alimentaire. Les chercheurs de GHU Paris, du Douglas Institute, de l’Inserm et du CNRS ont aussi découvert qu’on pouvait compenser le faible taux d’acétylcholine par l’administration d’un médicament couramment utilisé dans le cadre du traitement de la maladie d’Alzheimer. Ce traitement a pour effet d’abolir les comportements pathologiques des souris. Les chercheurs se sont alors rapprochés de l’équipe du Pr Philip Gorwood, chercheur à l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (Inserm/Université de Paris) et chef de pôle de la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale, GHU Paris/Sainte-Anne, spécialisée dans la prise en charge des personnes avec des troubles alimentaires, afin de pouvoir transposer chez l’homme les résultats obtenus chez les souris. Grâce à des tests neuropsychologiques, leurs investigations cliniques auprès de cohortes de patients ont déjà permis d’identifier les profils souffrant d’anorexie mentale sévère concernés par ces mécanismes dysfonctionnels liés aux habitudes. Ils ont élaboré un protocole basé sur l’utilisation de ce médicament. C’est un exemple original de collaboration directe entre recherche fondamentale et clinique.

 

Ce que cela change :

Alors qu’il n’existe pas de traitement médicamenteux avéré pour l’anorexie cette étude-passerelle entre le laboratoire et l’hôpital ouvre une piste de cible thérapeutique sérieuse. Une première étude pilote devrait commencer sous peu et les chercheurs espèrent obtenir des résultats cliniques d’ici un ou deux ans. Au-delà de l’anorexie, cette découverte pourrait également s’appliquer aux pathologies qui impliquent la création d’habitudes et de compulsions telles que les addictions ou les comportements obsessionnels et compulsifs (TOC).

POUR CITER CET ARTICLE :
Communiqué – Salle de Presse Inserm Découverte, chez la souris, d’un mécanisme pouvant expliquer l’anorexie et d’un traitement efficace transposable à l’homme Lien : https://presse.inserm.fr/decouverte-chez-la-souris-dun-mecanisme-pouvant-expliquer-lanorexie-et-dun-traitement-efficace-transposable-a-lhomme/41352/
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