Communiqués et dossiers de presse

Epidémies d’Ebola en 2018 : où en est la recherche vaccinale ?

Communiqué | 14 août 2018 - 10h51 | Par INSERM (Salle de presse)
Immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie | Institutionnel et évènementiel | Santé publique

©Inserm/Delapierre, Patrick, 2018

Une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, la seconde depuis mai 2018, touche depuis juillet dernier la République Démocratique du Congo. Une nouvelle campagne de vaccination a débuté dans la région concernée du Nord-Kivu pour tenter d’enrayer l’épidémie. Dans ce contexte, les chercheurs du consortium PREVAC (Partnership for Research on Ebola VACcination), signent un état des lieux des avancées sur les vaccins contre Ebola dans la revue The Lancet et pointent la nécessité de poursuivre les essais cliniques.

Depuis la fin du mois de juillet 2018, la République Démocratique du Congo fait face à sa deuxième épidémie d’Ebola de l’année, après celle survenue en mai. Ces deux épisodes, qui s’ajoutent à celui de 2017 dans ce pays et à ceux de 2013-2016 en Guinée, Libéria et Sierra Leone, montrent à quel point le risque de réémergence du virus Ebola est réel. Si à l’heure actuelle il n’existe aucun traitement ni vaccin homologué pour lutter contre la maladie à virus Ebola, certains vaccins ont atteint un stade avancé de développement. La recherche vaccinale contre Ebola doit continuer car, associée à des mesures efficaces de santé publique, elle est un élément essentiel dans la prévention et la réponse à de prochaines épidémies.

L’Inserm et ses partenaires d’Aviesan ont mis en place en 2013 REACTing, un consortium multidisciplinaire rassemblant des équipes et laboratoires d’excellence, afin de préparer et coordonner la recherche pour faire face aux crises sanitaires liées aux maladies infectieuses émergentes. Dans ce cadre, en 2015, l’Inserm, National Institute of Allergy and Infectious Diseases et la London School of Hygiene & Tropical Medicine, en collaboration avec les autorités sanitaires et les scientifiques de 4 pays atteints par Ebola (Guinée, Libéria, Sierra Leone et Mali) ont constitué le consortium international PREVAC (PArtnership for Research on Ebola VACcination) et ont lancé un essai clinique à grand échelle portant sur trois stratégies de vaccination contre le virus Ebola. Cet essai dont sont également partenaires les universités de Bordeaux et du Minnesota ainsi que l’ONG ALIMA, et trois compagnies pharmaceutiques Janssen Vaccines & Prevention, B.V., une des entreprises Janssen Pharmaceutical de Johnson & Johnson, Bavarian Nordic et Merck Sharp & Dohme Corp (MSD en dehors des Etats-Unis et du Canada) vise à identifier les stratégies de vaccination les plus prometteuses pour protéger les personnes d’Ebola.[1]

Deux vaccins prometteurs sont à l’essai  dans le cadre de PREVAC dont le vaccin rVSVΔG-ZEBOV-GP qui est utilisé depuis le 9 août 2018, en réponse à la nouvelle épidémie en République Démocratique du Congo. Le second vaccin, Ad26.ZEBOV (nécessitant un rappel 8 semaines plus tard avec le vaccin MVA-BN-Filo), est également en cours d’évaluation, notamment dans le cadre du projet EBOVAC dont l’Inserm  est partenaire.

Les chercheurs du consortium PREVAC signent le 10 août 2018 dans The Lancet, un état des lieux de la recherche vaccinale contre Ebola dans lequel ils estiment qu’il reste encore des paramètres clés à étudier à travers différentes stratégies vaccinales. Au cœur des préoccupations des chercheurs une meilleure compréhension de la réponse immunitaire aux vaccins anti-Ebola, la question de la rapidité et de la durabilité de la réponse immunitaire (et donc de la protection) des personnes vaccinées, l’innocuité et la capacité du vaccin chez les enfants à déclencher une réponse immunitaire, ainsi que la nature des réponses chez les personnes immunodéficientes et les femmes enceintes.

Selon l’équipe de recherche de PREVAC, différentes stratégies vaccinales et scénarios doivent être étudiés pour identifier la réponse la plus efficace pour prévenir et répondre à de futures épidémies d’Ebola.

La vaccination post-exposition, la vaccination préventive ciblée destinée aux personnes ayant été en contact avec des malades, ainsi que les campagnes de vaccination préventive chez les populations à risques comme les soignants et éventuellement les résidents des zones régulièrement touchées par les épidémies font partie des stratégies à étudier.

Répondre à ces enjeux nécessite la poursuite des partenariats collaboratifs autour de la recherche contre Ebola mais également le renforcement de la confiance des communautés vis-à-vis des campagnes de vaccination et des vaccins. En effet, l’adhérence des personnes recrutées et l’engagement communautaire tout au long du processus d’un essai clinique est fondamental pour la réussite de ce dernier. Amener les sciences sociales dans la recherche clinique permet d’améliorer la confiance de la population et son implication dans les essais.

[1] Toutes les informations sur l’essai clinique PREVAC sont disponibles en ligne sur page Inserm dédiée :

https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/ebola-plus-2-000-personnes-deja-incluses-dans-essai-vaccinal-prevac

POUR CITER CET ARTICLE :
Communiqué – Salle de Presse Inserm Epidémies d’Ebola en 2018 : où en est la recherche vaccinale ? Lien : https://presse.inserm.fr/epidemies-debola-en-2018-ou-en-est-la-recherche-vaccinale/32181/
Voir les sources

Prevention of Ebola virus disease through vaccination: where we are in 2018

 

Yves Lévy, Clifford Lane, Peter Piot, Abdul Habib Beavogui, Mark Kieh, Bailah Leigh, Seydou Doumbia, Eric D’Ortenzio, Claire Lévy-Marchal, Jerome Pierson, Deborah Watson-Jones, Vinh-Kim Nguyen, Heidi Larson, Julia Lysander, Christine Lacabaratz, Rodolphe Thiebaut, Augustin Augier, David Ishola, Stephen Kennedy, Geneviève Chêne, Brian Greenwood, James Neaton, Yazdan Yazdanpanah

 

French Institute for Health and Medical Research (Inserm),Paris, France (Prof Y Lévy MD, E D’Ortenzio MD, C Lévy-Marchal MD, C Lacabaratz PhD, R Thiebaut PhD, G Chêne MD, Y Yazdanpanah MD);

National Institute of Allergy and Infectious Diseases, Bethesda, MD, USA (C Lane MD, J Pierson PhD);

London School of Hygiene & Tropical Medicine, London, UK (P Piot PhD, D Watson-Jones PhD, H Larson PhD, D Ishola MD, B Greenwood PhD);

Centre National de Formation et de Recherche en Santé Rurale de Mafèrinyah, Mafèrinyah, Guinea (A H Beavogui MD);

Partnership for Research on Ebola Virus in Liberia (PREVAIL), Monrovia, Liberia (M Kieh MD, J Lysander MSc, S Kennedy MD);

College of Medicine and Allied Health Sciences (COMAHS), University of Sierra Leone, Freetown, Sierra Leone (B Leigh MD);

University of Sciences, Technique and Technology of Bamako, Bamako, Mali (S Doumbia MD);

Graduate Institute of International and Development Studies, Geneva, Switzerland (V-K Nguyen MD);

The Alliance for International Medical Action, Dakar, Senegal (A Augier MSc);

and School of Public Health, University of Minnesota, Minneapolis, MN, USA (J Neaton PhD)

 

 

The Lancet : dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31710-0

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