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Dry January : quatre idées reçues sur la consommation d’alcool

Le Dry January peut entraîner une réduction durable de la consommation d'alcool, selon les études.Le Dry January peut entraîner une réduction durable de la consommation d’alcool, selon les études (image d’illustration). Crédit : Adobe Stock

« Le Dry January ne sert à rien », « Un verre de vin par jour, c’est bon pour la santé », « Il existe des remèdes contre la gueule de bois »… Souvent entretenues par le marketing, les idées reçues sur l’alcool ont la vie dure.

Alors que certains se lancent le défi de stopper ou réduire leur consommation tout au long du mois à l’occasion du Dry January (Défi de janvier), la cellule Canal Détox, qui lutte contre les fake news en santé, passe au crible quatre idées reçues sur la consommation d’alcool et ses effets sur la santé.

« Le Dry January ne sert à rien »

Affirmer que le Dry January ne sert à rien ne résiste pas à l’examen des données scientifiques. Cette campagne de prévention, qui consiste à s’abstenir d’alcool pendant un mois, a été étudiée dans plusieurs travaux et montre des effets bénéfiques, au moins à court et moyen terme.

Une revue de la littérature scientifique indique que les personnes qui font le Dry January rapportent une réduction durable de leur consommation d’alcool, un bien‑être psychologique accru et une meilleure perception de leur santé, ainsi qu’une amélioration de la qualité du sommeil. [1] Les études montrent que les participants peuvent perdre du poids, diminuer leur tension artérielle, leurs taux de cholestérol et certains marqueurs sanguins du cancer, améliorer des marqueurs biologiques de la fonction hépatique et enfin diminuer leur résistance à l’insuline.

De plus, les recherches suggèrent que participer au Dry January peut entraîner une réduction durable de la consommation d’alcool. Par exemple, l’étude française JANOVER montre que, sur près de 500 participants ayant relevé le défi, 58 % continuent de boire moins jusqu’à huit mois après la fin du Dry January, avec une baisse à la fois de la fréquence et de la quantité d’alcool consommée. Beaucoup rapportent également une meilleure confiance pour refuser un verre, suggérant une relation plus consciente à l’alcool. [2]

« Un verre de vin par jour, c’est bon pour la santé »

La croyance selon laquelle un verre de vin par jour est bon pour la santé a été confortée dans les années 90 par le fameux « paradoxe français » : malgré une alimentation riche en graisses, les Français semblaient présenter une moindre mortalité due aux maladies coronariennes. Certains chercheurs ont alors suggéré que la consommation régulière d’alcool pourrait protéger le cœur grâce aux polyphénols, des antioxydants présents dans les fruits, les légumes et le vin rouge ou blanc.

Bien que cette hypothèse n’ait jamais été confirmée, le marketing et les médias l’ont rapidement présentée comme une certitude. Mais la science dit l’inverse. Une méta-analyse publiée dans The Lancet en 2018, compilant près de 600 études, montre qu’un seul verre de vin ou de bière par jour comporte déjà un risque pour la santé.

L’alcool augmente le risque de décès prématuré et de nombreuses maladies, telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, la cirrhose, les infections ou des troubles mentaux, et ce risque croît avec la quantité consommée. Boire un verre de vin n’est donc pas « bon » pour la santé : c’est simplement moins dangereux que d’en boire plusieurs !

En réalité, le « paradoxe français » repose en grande partie sur des études présentant d’importantes limites méthodologiques. Beaucoup d’entre elles s’appuient sur des questionnaires auto-déclarés. Or ces données sont connues pour être imprécises : les participants peuvent avoir des trous de mémoire, ou minimiser leur consommation.

Un autre biais majeur fréquemment identifié est celui de la causalité inverse : des personnes ayant arrêté de boire pour des raisons de santé sont parfois classées parmi les abstinents. Ce groupe apparaît alors artificiellement plus malade que celui des buveurs « modérés », donnant l’illusion d’un effet protecteur de l’alcool. À cela s’ajoutent des facteurs de confusion liés au mode de vie : un régime riche en fruits et légumes et une activité physique régulière ont un effet protecteur sur la santé, indépendamment de la consommation d’alcool.

Les expertises récentes, notamment une expertise collective de l’Inserm de 2021, concluent qu’il n’existe aucune preuve solide issue d’études de haute qualité montrant un effet protecteur de l’alcool sur la santé cardiovasculaire. [3]

À lire aussi : Magazine de l’Inserm n°66, septembre 2025, « Et si on arrêtait l’alcool ? », p. 46-47

« Il existe des remèdes contre la gueule de bois »

Eau pétillante, bouillons, vitamine C, bacon, jus de cornichon, café, sauna, paracétamol… De nombreuses astuces ont la réputation de prévenir ou de guérir la gueule de bois, mais elles n’ont rien de très scientifique. Une revue de 21 essais randomisés portant sur 23 prétendus traitements conclut qu’il n’existe pas de remède fiable pour contrer les maux de têtes liés à la consommation d’alcool. Le seul moyen de les éviter reste de boire moins d’alcool, plus lentement, et de bien s’hydrater (avec de l’eau) ![4]

Au passage, la gueule de bois n’est pas qu’un simple désagrément typique des lendemains de fête : c’est une véritable entité clinique, reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).[5] Elle survient une fois que l’alcool a été éliminé de l’organisme et se traduit par des symptômes physiques (maux de tête, nausées, fatigue), psychiques (anxiété, irritabilité, humeur dépressive, difficultés de concentration) et physiologiques (inflammation, hypoglycémie, perturbation du rythme biologique et des neurotransmetteurs).

Ces symptômes peuvent aussi s’accompagner de black-out (lorsque l’on ne se souvient plus de la soirée), et signaler un risque accru d’addiction. Chez les jeunes, la fréquence des gueules de bois pourrait même prédire un risque de dépendance future, selon une étude, surtout lorsque les symptômes n’entraînent pas une réduction de la consommation mais alimentent un cercle vicieux : certaines personnes boivent pour tenter de soulager leur gueule de bois…[6]

« Le binge drinking ne concerne que les jeunes »

Le binge drinking (ou alcoolisation ponctuelle importante, API) correspond à la consommation d’une grande quantité d’alcool en peu de temps : au moins 6 verres standards lors d’une même occasion chez l’adulte, ou 5 verres chez l’adolescent, selon l’Observatoire français des drogues et des pratiques addictives.[7]

Ce phénomène est très répandu chez les jeunes : l’enquête Escapad de 2022 révèle qu’un tiers des jeunes de 17 ans ont déclaré au moins une API au cours du mois précédant l’enquête.[8] Mais le binge drinking ne concerne pas que les adolescents : chez les adultes, les données collectées par Santé publique France en 2021 indiquent qu’environ 16,5 % d’entre eux déclarent avoir eu au moins une API chaque mois, soit près d’un adulte sur six.[9]

Chez les femmes en particulier, les tendances récentes montrent une évolution marquée : aux Etats-Unis, le binge drinking est aujourd’hui plus fréquent chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans que chez les jeunes hommes,[10] et il augmente également chez les femmes d’environ 40 à 60 ans, les générations actuelles déclarant davantage d’API que les femmes du même âge dans le passé.[11]

Réduire le binge drinking à un « comportement de jeunes » invisibilise cette pratique chez les adultes et retarde leur repérage et leur prise en charge.

Cet article a été écrit avec le soutien du professeur Mickael Naassila, directeur du groupe de recherche sur l’alcool de l’Université de Picardie et de l’Inserm et auteur du livre « J’arrête de boire sans devenir chiant », paru aux éditions Solar en février 2025, et Judith André, maîtresse de conférences, enseignante-chercheuse en neurosciences au sein du même groupe de recherche.

Sources

[1] Megan Strowger, Matthew K Meisel, Sarah Uriarte, Suzanne M Colby, A scoping review of Dry January: evidence and future directionsAlcohol and Alcoholism, Volume 60, Issue 5, September 2025

[2] Lespine, L.‑F., François, D., Haesebaert, J., Delile, J.‑M., Savy, M., Tubiana‑Rey, B., Naassila, M., de Ternay, J., & Rolland, B. (2024). Prevalence and characteristics of participants in Dry January 2024: Findings from a general population survey in France. Frontiers in Public Health, 12, 1466739.

[3] Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Réduction des dommages associés à la consommation d’alcool.

[4] Roberts E, Smith R, Hotopf M, Drummond C. The efficacy and tolerability of pharmacologically active interventions for alcohol-induced hangover symptomatology: a systematic review of the evidence from randomised placebo-controlled trialsAddiction. 2022; 117: 2157–2167.

[5] Organisation mondiale de la santé (OMS), ICD-11 for Mortality and Morbidity Statistics.

[6] Piasecki, T. M., Sher, K. J., Slutske, W. S., & Jackson, K. M. (2005). Hangover Frequency and Risk for Alcohol Use Disorders: Evidence From a Longitudinal High-Risk StudyJournal of Abnormal Psychology, 114(2), 223–234

[7] Observatoire français des drogues et des pratiques addictives, Binge Drinking.

[8] Observatoire français des drogues et des pratiques addictives, Les drogues à 17 ans : analyse de l’enquête Escapad 2022.

[9] Santé publique France, La consommation d’alcool des adultes en France en 2021, évolutions récentes et tendances de long terme.

[10] Shuey B, Wen H, Suda KJ, et al. Sex-Based Differences in Binge and Heavy Drinking Among US Adults. JAMA. 2025;333(20):1831–1833.

[11] Adams RS, McKetta SC, Jager J, Stewart MT, Keyes KM. Cohort effects of women’s mid-life binge drinking and alcohol use disorder symptoms in the United States: Impacts of changes in timing of parenthood. Addiction. 2023 Oct;118(10):1932-1941. doi: 10.1111/add.16262. Epub 2023 Jun 20.

Canicule : boire de l’alcool pour se rafraîchir, vraiment ?

L'alcool perturbe nos centres de régulation thermique et brouille les signaux dans notre cerveau : la sensation de soif est masquée, et on oublie de se rafraîchir (image d'illustration). Crédit : Adobe stock.L’alcool perturbe nos centres de régulation thermique et brouille les signaux dans notre cerveau : la sensation de soif est masquée, et on oublie de se rafraîchir (image d’illustration). © Adobe stock.

Quoi de plus tentant qu’une bière bien fraîche en terrasse quand il fait 35 °C ? Pourtant, loin d’aider notre corps à supporter la chaleur, l’alcool fait exactement l’inverse : il dérègle les mécanismes naturels qui nous aident à nous rafraîchir.

Alors qu’on a l’impression de se détendre, on ne réalise pas toujours qu’on transpire moins et qu’on se déshydrate plus vite. La cellule Canal Détox de l’Inserm, qui passe au crible les idées reçues sur la santé, décrypte ce qu’il se passe vraiment dans notre corps quand on boit sous un soleil de plomb.

Pourquoi boire de l’alcool n’est pas une bonne idée pour se rafraîchir ?

Quand il fait très chaud, le corps fait tout pour éviter la surchauffe : il transpire, nos vaisseaux sanguins se dilatent (c’est pourquoi certains ont les joues qui rougissent !), et l’activité musculaire est ralentie. Mais en buvant un cocktail ou un verre de vin, tout se complique.

L’alcool bloque la sécrétion de l’hormone antidiurétique (l’ADH) dont le rôle initial est d’augmenter la quantité d’eau réabsorbée dans les reins et de réduire la production d’urine. Résultat, si cette hormone est bloquée on va davantage aux toilettes, et on se déshydrate plus vite. Problème : sans eau, le corps ne peut plus produire assez de sueur pour se refroidir.

En plus, le corps est moins efficace pour évacuer la chaleur. En effet, l’alcool perturbe les centres de régulation thermique situés dans l’hypothalamus, au cœur de notre système nerveux central. Concrètement, le thermostat interne du corps ne réagit plus correctement aux signaux de surchauffe, notre organisme ne sait plus quand il faut transpirer et dilater nos vaisseaux sanguins.

Enfin, l’alcool brouille les signaux dans notre cerveau : on ne sent pas venir le coup de chaud, la sensation de soif est masquée et on oublie de se rafraîchir jusqu’à ce qu’il soit trop tard, au risque de faire un malaise.

Pourquoi ce n’est pas non plus une bonne idée pour se réchauffer ?

Au passage, l’alcool n’est pas un meilleur allié pour se réchauffer en hiver. En effet, lorsqu’il fait froid, les vaisseaux sanguins proches de la peau se contractent pour garder un maximum de chaleur autour des organes vitaux, tels que le cœur et le cerveau.

Mais l’alcool interfère directement avec ce processus. Les vaisseaux se dilatent et le sang afflue vers la peau. De façon trompeuse, cette pulsation sanguine nous donne l’impression d’avoir chaud, alors qu’en réalité, le corps est en train d’évacuer la chaleur.

La température centrale chute alors sans qu’on n’en ait conscience, car l’alcool altère aussi la perception du froid et empêche de réagir, par exemple, en mettant un manteau, ou en rentrant se mettre à l’abri. De plus, l’alcool empêche aussi le foie de produire assez de glucose : or, le corps a besoin de sucre pour déclencher les frissons qui servent à se réchauffer.

En bref, que faut-il retenir ?

Que ce soit par froid intense ou forte chaleur, l’alcool donne des signaux contraires à ceux que le corps devrait recevoir pour s’adapter. C’est d’autant plus trompeur que les sensations immédiates ne reflètent pas la réalité : quand il fait chaud, on a l’impression de se rafraîchir, quand il fait froid, on croit se réchauffer… Le tout avec une agréable sensation de détente, qui altère notre vigilance et retarde les bons réflexes.

Dans les deux cas, le corps est mis en difficulté alors même qu’il tente de faire face à un stress. Et dans les deux cas, l’alcool affaiblit sa capacité à se défendre. Notre organisme s’épuise, et c’est là que les accidents arrivent.

En cas de forte chaleur, mieux vaut boire de l’eau, rester à l’ombre et éviter les efforts intenses. Car l’alcool ne nous rafraîchit pas plus qu’il ne nous réchauffe en hiver. Il trompe. Il affaiblit. Et il met en danger, que ce soit sous la neige ou sous le soleil. Le corps humain est conçu pour survivre à des extrêmes, mais pas avec un verre d’alcool à la main !

Cet article a été écrit avec le soutien du professeur Mickael Naassila, directeur du groupe de recherche sur l’alcool de l’Université de Picardie et de l’Inserm et auteur du livre « J’arrête de boire sans devenir chiant », paru aux éditions Solar en février 2025, et Judith André, maître de conférences, enseignante-chercheuse en neurosciences au sein du même groupe de recherche.

Des effets bénéfiques du champagne sur le cerveau, vraiment ?

Le champagne contient des acides phénoliques, composés organiques étudies dans de nombreux travaux scientifiques. Crédits : Adobe Stock

À l’approche des fêtes de fin d’année et du défi sans alcool du mois de janvier (Dry January), certains sujets de santé se retrouvent régulièrement sur le devant de la scène. De nombreux articles se penchent ainsi sur les effets à long terme sur l’organisme d’une consommation élevée de boissons alcoolisées. Certains sujets sont aussi consacrés à la consommation de boissons festives, comme le champagne, sur la santé cardiovasculaire et neurologique.

La plupart des études portant sur les effets du champagne sur la santé s’intéresse au rôle des acides phénoliques (dont des flavonoïdes). Ces composés organiques, présents dans les vins et le champagne mais aussi dans des aliments comme le cacao et l’huile d’olive, favoriseraient la santé cardiovasculaire d’après plusieurs études épidémiologiques. Les mécanismes biologiques ne sont pas encore entièrement élucidés, mais ces composés auraient un rôle dans le maintien de l’intégrité des tissus vasculaires (artères, vaisseaux, capillaires) ainsi que des propriétés anti-inflammatoires et anti-oxydantes. Des limites méthodologiques ont cependant été rapportées dans plusieurs travaux de recherche sur le sujet.

Des rats et du champagne

C’est le cas d’une étude parue en 2013 menée à l’université de Reading. Celle-ci fait régulièrement parler d’elle à l’approche de noël sur les réseaux sociaux : ses résultats suggèrent en effet que le champagne pourrait être bénéfique pour la mémoire et même avoir dans certains cas des effets protecteurs contre des maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer.

Menée sur des rats, l’étude montre que les animaux qui avaient reçu du champagne quotidiennement pendant 6 semaines avaient une meilleure capacité à s’orienter dans un labyrinthe et à mémoriser le chemin pour accéder à une récompense alimentaire par rapport à ceux qui avaient reçu un autre type de boisson alcoolisée (sans acides phénoliques) ou une boisson sans alcool. Les chercheurs ont également observé des modifications de l’hippocampe cérébral chez les rats qui avaient consommé le champagne, témoignant d’une neuroplasticité accrue.

Toutefois, cette étude souffre de plusieurs biais méthodologiques. Il est d’abord très difficile d’extrapoler des résultats obtenus chez l’animal à l’humain et de tirer des conclusions à partir d’exercices de mémorisation sur la pathologie d’Alzheimer et la prévention des maladies neurodégénératives. De plus, les rats ayant reçu le champagne semblaient obtenir de meilleurs résultats que les autres mais la différence n’était pas statistiquement significative. Autrement dit, cette étude n’est pas en mesure de démontrer que les acides phénoliques contenus dans le champagne sont bien responsables des effets observés sur la mémoire des animaux.

L’alcool impliqué dans le développement des démences

Par ailleurs, de nombreux articles sensationnalistes ou billets sur les réseaux sociaux qui vantent les mérites de l’alcool sur le cerveau, en s’appuyant ou non sur cette étude de 2013, occultent les risques avérés et largement documentés d’une consommation excessive d’alcool. Le champagne, même s’il contient des composés pouvant avoir certains effets bénéfiques, reste une boisson alcoolisée dont les effets sur l’organisme peuvent être délétères. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime ainsi que la surconsommation d’alcool est responsable d’environ un décès sur vingt dans le monde – liés à des maladies mais aussi à des accidents, blessures ou homicides se produisant sous les effets de l’alcool.

Les maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer, arrivent d’ailleurs en tête des pathologies pour lesquelles la consommation d’alcool joue un rôle défavorable. Une étude publiée par le Lancet Public Health en 2018, portant non pas sur des animaux mais sur les données de 57 000 personnes atteintes de démences précoces (avant l’âge de 65 ans) dans les hôpitaux français entre 2008 et 2013, souligne que la surconsommation d’alcool était impliquée dans près de la moitié des cas constatés.

Ces résultats sont confirmés par une autre large étude de cohorte dans BMJ coordonnée par l’Inserm et publiée la même année, qui a suivi sur une période de 23 ans plus de 9 000 personnes âgés d’environ 50 ans lors de la mesure de la consommation d’alcool. Elle montre que la consommation excessive d’alcool à long terme est associée à une augmentation du risque de démence. Au-delà de la limite de 10 verres[1] par semaine, tous les 7 verres par semaine supplémentaires (équivalent à 1 verre par jour) augmentaient le risque de démence de 20 % pour atteindre un risque pouvant être multiplié par 4 chez les plus gros buveurs.

Plus récemment, des travaux menés par ces chercheurs de l’Inserm publiés dans JAMA ont aussi mis au jour un lien entre perte de connaissance suite à une consommation excessive d’alcool et risque accru de développer la maladie d’Alzheimer à plus long terme. Ce risque était évident, que la consommation habituelle d’alcool soit modérée ou excessive, soulignant le rôle propre d’une forte consommation d’alcool en une seule et même occasion, qui peut amener à une perte de connaissance.

Le respect des recommandations officielles des autorités sanitaires joue un rôle majeur dans la prévention à long terme des maladies chroniques et des pathologies neurodégénératives, tandis qu’à court terme, il permet d’éviter les accidents et les intoxications liées à une surconsommation d’alcool. Pour rappel, les recommandations françaises soulignent qu’au cours d’une semaine, il est conseillé d’avoir plusieurs jours sans consommation d’alcool, de ne pas boire plus de deux verres dits « standards » les jours où l’on consomme de l’alcool, et de ne pas consommer plus de dix verres standards par semaine.

Texte rédigé avec le soutien de Séverine Sabia, chercheuse Inserm au CENTRE DE RECHERCHE EPIDEMIOLOGIE ET STATISTIQUES – UNIVERSITE DE PARIS (CRESS).

[1] Un verre « standard » équivaut environ à 25 cl de bière à 5°, à 12,5 cl de vin de 10° à 12° ou encore à 3 cl d’alcool distillé à 40°.

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