Synthèse de presse

27 mars 2020

12h48 | Par INSERM (Salle de presse)

À ce jour, la synthèse de presse de l’Inserm est réalisée à partir de la lecture de l’ensemble de la presse quotidienne nationale et régionale, de la plupart des hebdomadaires et mensuels grand public et de la presse spécialisée, ainsi que des retombées radio-télévision. Une « synthèse de presse » n’est qu’un résumé des analyses et opinions des médias qui ont été lues pour la réaliser. Elle ne peut en aucun cas être interprétée comme reflétant le point de vue de l’Inserm.

 

Les médecins hospitaliers autorisés à prescrire de la chloroquine

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a autorisé la prescription de la chloroquine à l’hôpital, si le médecin le juge utile, sans attendre les résultats des essais cliniques en cours. Un décret a été publié en ce sens jeudi au Journal officiel. Il précise que « l’hydroxychloroquine et l’association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits, dispensés et administrés sous la responsabilité d’un médecin aux patients atteints par le Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile ». Le Pr Didier Raoult qui défend à l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection un protocole basé sur cette molécule et l’administration de la chloroquine assez tôt dans la maladie, a indiqué le 25 mars : « Sur le plan thérapeutique, ce que l’on est en train de voir c’est que les malades au moment où ils ont une infection respiratoire, où ils entrent en réanimation, ils n’ont presque plus de virus et souvent on n’arrive même plus à le cultiver, c’est donc trop tard pour traiter le germe par des antiviraux. »

Le Figaro, 27/03

Les malades du coronavirus plus nombreux en ville qu’à l’hôpital

Santé publique France a publié hier une première photographie précise de l’épidémie française de Covid-19, après des semaines de données éparses, indique Le Figaro. Selon le réseau Sentinelles, qui a commencé à surveiller le Covid-19 à partir du 17 mars, 41.836 patients infectés par le SRAS-CoV-2 ont consulté ou téléconsulté un médecin généraliste ou un pédiatre en ville du 16 au 22 mars, rapportent Les Echos. Les taux d’incidence pour 100.000 habitants les plus élevés ont été relevés principalement en Île-de-France, puis dans le Grand Est et dans les Pays de la Loire. En parallèle, les associations SOS Médecins ont rapporté 9.136 actes médicaux à domicile pour suspicion de coronavirus, représentant près de 15 % de leur activité totale. La semaine précédente, il n’y avait eu que 2.304 actes liés au virus, soit 3 % de l’activité totale. En outre, la semaine dernière, près de 16.000 passages suspects aux urgences ont été rapportés par le réseau Oscour, soit 10 % de l’activité totale, contre 2,5 % une semaine auparavant. Près de 36 % de ces passages ont été suivis d’une hospitalisation, contre 33 % sept jours plus tôt. Plus de deux tiers des plus de 65 ans qui se présentent avec une suspicion de Covid-19 sont directement admis en soins. Les épidémiologistes de Santé publique France ont étudié en détail 362 cas, dont 14 étaient des professionnels de santé, rapportés par 68 services de réanimation. Le nombre de cas rapportés illustre à quel point certains services sont débordés : dans le Grand Est, qui croule sous les malades graves, seuls 8 cas ont été détaillés, tandis que l’Île-de-France en a rapporté 23. L’âge moyen des patients est de 65 ans, mais un tiers (26 %) a plus de 75 ans. Près de 70 % des patients réanimés présentent au moins un facteur de risque de complication, en particulier le diabète (23 % des cas) et les pathologies cardiaques (22 % des cas).

Les Echos, Le Figaro, 27/03

En Bref

Le Figaro titre un article : « Les opérateurs télécoms prêts à partager les données géolocalisées ». Pour l’heure, en Europe, les principaux opérateurs historiques ont été sollicités. C’est ainsi le cas d’Orange en France. « Nous travaillons déjà avec l’Inserm, l’Insee, l’AP-HP et certaines préfectures », souligne Mari-Noëlle Jego-Laveissière. La directrice de l’innovation d’Orange rappelle qu’il s’agit « d’indicateurs statistiques et non de données brutes qui sont transmises ». Ainsi, Orange est capable de dire qu’entre le 13 et le 20 mars, l’Île-de-France a perdu 17 % de sa population. La région a perdu 1 million d’habitants et 100 000 touristes. Dans le même temps, l’île de Ré a vu sa population bondir de 30 %.

BFM-Business, Europe 1, France Info, 26/03, Le Figaro, 27/03

Dans une interview, le chercheur américain Andrew McAfee, spécialiste des technologies numériques, souligne l’importance des différentes stratégies (confinement, dépistage massif, tracking, masques) qui ont été mises en place dans les pays asiatiques pour lutter contre la pandémie de coronavirus et permettre à l’économie de continuer à fonctionner. La stricte mise en quarantaine de Wuhan (Chine) a inspiré certaines zones de Malaisie, des Philippines et d’Inde, tandis que Hong Kong, le Japon, Singapour et Taïwan ont adopté des approches moins intrusives.

Les Echos, 27/03

Le Monde brosse le portrait des onze spécialistes faisant partie du conseil scientifique Covid-19, qui a été créé le 10 mars pour éclairer l’exécutif dans la gestion de l’épidémie. Y figure le médecin et immunologiste Jean-François Delfraissy, qui en est le président. Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat-Claude Bernard (AP-HP, Paris), fait également partie du conseil scientifique.

Le Monde, 27/03

Jean-Danièle Lelièvre, chef du service d’immunologie et des maladies infectieuses de l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), évoque dans un entretien accordé à l’Humanité la nature du Covid-19, la mobilisation des personnels et la nécessité de changer notre vision du monde. Il indique notamment : « Pour qu’une épidémie s’éteigne, il faut que 60 à 70 % d’une population ait développé une immunité. Il est impossible aujourd’hui de laisser filer le virus. Mais il faudra tout de même atteindre une large immunité pour ne pas le voir rejaillir plus tard. D’où la nécessité d’un vaccin, notamment pour les populations les plus fragiles. Cela prendra entre un an et 18 mois ». Il estime que « notre modèle de société va se trouver bouleversé ». Et d’ajouter : « Ne pas changer complètement notre vision serait suicidaire. Nous nous attendions à la survenue d’une infection de ce type ; nous voyons à quel point nous n’y sommes pas préparés ».

L’Humanité, 27/03

Archives

Une « synthèse de presse » n'est qu'un résumé des analyses et opinions des médias qui ont été lues pour la réaliser. Elle ne peut en aucun cas être interprétée comme reflétant le point de vue de l'Inserm. Sont mis à disposition, dès lors qu'ils existent, les liens vers les articles de presse cités dans la synthèse.

Ces liens, actifs à la date de la mise en ligne de la synthèse, sont susceptibles de ne plus l'être quelques jours plus tard.





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