Communiqués et dossiers de presse

VIH : la circoncision masculine bénéficie aussi aux femmes

Communiqué | 25 juil. 2014 - 9h18 | Par INSERM (Salle de presse)
Immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie

Efficace dans la réduction du nombre de nouvelles infections chez les hommes, la circoncision apparaît également jouer un rôle dans la réduction de l’incidence du VIH chez les femmes. Ces résultats sont issus de l’étude ANRS 12126 coordonnée par le Pr Bertran Auvert (Inserm U1018, Université de Versailles-Saint Quentin, Hôpital Ambroise Paré) et conduite dans le bidonville d’Orange Farm en Afrique du Sud. Ils feront l’objet d’une présentation orale par Kévin Jean (Inserm U1018) lors de la 20e Conférence internationale sur le Sida de l’IAS qui se déroule à Melbourne du 20 au 25 juillet 2014.



Depuis 2007, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA) recommandent de considérer la circoncision comme une stratégie complémentaire de prévention de l’infection à VIH chez l’homme. Ces recommandations sont basées sur l’étude ANRS 12165, menée dès 2002 à Orange Farm en Afrique du sud par le Pr Bertran Auvert (Inserm U1018, Université de Versailles-Saint Quentin, Hôpital Ambroise Paré) et dont les résultats ont été confortés par deux autres essais menés au Kenya et en Ouganda. Cette stratégie prévaut dans les régions où le taux d’infection à VIH par transmission hétérosexuelle est élevé et le taux de circoncision faible, à savoir principalement l’Afrique Australe et de l’Est.

Dans le cadre d’une étude menée ultérieurement (ANRS 12126), l’équipe du Pr Bertran Auvert a montré que la circoncision semble bien acceptée par la population masculine lorsqu’elle est proposée en situation réelle. En effet, à Orange Farm, de nombreux hommes se portent volontaires pour être circoncis (le taux d’hommes circoncis est passé de 12% à 53%) et le nombre de nouvelles contaminations chez les hommes circoncis diminuent (deux fois moins de nouvelles infections que chez les hommes non circoncis). Mais qu’en est-il chez les femmes ?

Kévin Jean  et Bertran Auvert avec leurs collègues du NICD/NHLS de Johannesburg présentent, pour la première fois, à l’occasion de la 20e Conférence internationale sur le Sida de l’IAS, les premières données sur l’effet indirect de la circoncision masculine auprès des femmes.

La circoncision permettrait, chez les femmes n’ayant des rapports sexuels qu’avec des hommes circoncis, de diminuer la prévalence (proportion de personnes infectées) et l’incidence de l’infection à VIH (taux de nouvelles infections) et ne favoriserait pas les comportements à risques (augmentation du nombre de partenaires sexuels, non-utilisation du préservatif).


Les données proviennent de la combinaison de trois études transversales menées en 2007, 2010 et 2012 auprès de 2452 femmes âgées de 15 à 29 ans. Prélèvements sanguins, données sur les comportements sexuels, statut de circoncision des partenaires sexuels masculins ont été collectés. Il s’agit dans un premier temps de comparer le taux de prévalence du VIH chez les femmes n’ayant que des partenaires sexuels circoncis avec le taux de prévalence du VIH chez les femmes ayant des partenaires sexuels non circoncis. Plus de 30% des femmes étudiées affirment n’avoir eu des relations sexuelles qu’avec des hommes circoncis. Le taux de prévalence du VIH chez ces femmes est de 17.8% alors qu’il est presque deux fois plus élevé chez celles ayant des relations sexuelles avec des hommes non circoncis (30.4%).

A l’aide d’un modèle mathématique, on estime, dans un second temps, le taux d’incidence du VIH chez ces deux groupes de femmes pour la même période. On constate que le taux de nouvelles infections chez les femmes n’ayant que des partenaires sexuels circoncis est 20% inférieur au taux de nouvelles infections chez les autres femmes.


Ces résultats viennent conforter la place importante des programmes de circoncision volontaire au sein des plans nationaux de lutte contre le VIH. 

 
L’étude ne s’arrête pas là et va se poursuivre avec une nouvelle enquête réalisée auprès de 3000 hommes adultes séronégatifs et circoncis.  Seize mois après leur intégration dans la cohorte ANRS 12285, on examinera leurs comportements sexuels (utilisation du préservatif, comportements à risques…) et on mesurera le nombre de séroconversions. Cette nouvelle étude permettra de mesurer l’effet, en situation réelle, d’un programme de circoncision à large échelle sur l’incidence du VIH chez les hommes et par extension de prévoir les effets des programmes de généralisation de la circoncision qui ont lieu actuellement en Afrique Australe et dans quelques pays de l’Afrique de l’Est.

POUR CITER CET ARTICLE :
Communiqué – Salle de Presse Inserm VIH : la circoncision masculine bénéficie aussi aux femmes Lien : http://presse.inserm.fr/vih-la-circoncision-masculine-beneficie-aussi-aux-femmes/13605/
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Voir les sources

HIV incidence among women is associated with their partners’ circumcision status in the township of Orange Farm (South Africa) where the male circumcision roll-out is ongoing (ANRS-12126).
20th international AIDS Conference, Melbourne, 20-25 juillet 2014, abstract n° FRAE0105LB

K. Jean1, P. Lissouba1, D. Taljaard2, R. Taljaard3, B. Singh4, J. Bouscaillou1, G. Peytavin5, R. Sitta6, S.G. Mahiane7, D. Lewis4,8, A. Puren4,8, B. Auvert1,9,10

1INSERM, UMRS-1018, CESP, Villejuif, France, 2CHAPS, Johannesburg, South Africa, 3Progressus, Johannesburg, South Africa, 4National Institute for Communicable Diseases, Centre for HIV and STIs, Johannesburg, South Africa, 5Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôpital Bichat – Claude-Bernard, Paris, France, 6University of Bordeaux-2, Bordeaux, France, 7The Johns Hopkins University School of Public Health, Baltimore, United States, 8University of the Witwatersrand, Faculty of Health Sciences, Johannesburg, South Africa, 9University of Versailles-Saint Quentin, UMRS-1018, Villejuif, France, 10Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôpital Ambroise Paré, Boulogne, France

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