C'est dans l'air

Utilisation massive du téléphone portable & tumeurs cérébrales

13 mai 2014 - 16h57 | Par Le service de presse de l'INSERM | France

Mise au point autour de l’étude sur l’utilisation du téléphone portable et le développement de tumeurs cérébrales parue dans le journal Occupational & Environmental Medicine

L’effet des radiofréquences électromagnétiques chez l’Homme reste controversé. Les chercheurs de l’Unité Inserm 897 « Epidémiologie et Biostatistiques » (ISPED) à Bordeaux ont analysé l’association entre l’exposition aux radiofréquences du téléphone mobile et les tumeurs cérébrales du type gliomes et méningiomes chez les adultes.

Les chercheurs révèlent les résultats de l’étude multicentrique cas-témoins CERENAT, publiée dans le journal Occupational & Environmental Medicine, menée dans 4 endroits (Gironde, Calvados et Manche, Hérault) en France et initiée en 2004. Au total, les données d’exposition au téléphone mobile et les données médicales de 1339 personnes âgés de 59 ans en moyenne, ont été étudiées : 253 présentaient une tumeur cérébrale de type gliome, 194 de type méningiome (diagnostiqués entre 2004 et 2006) et 892 ne présentaient pas de tumeurs. Concernant le téléphone mobile, les chercheurs ont demandé aux personnes leurs utilisations sur l’ensemble de leur vie. Le temps moyen passé au téléphone de l’ensemble des individus est de 2.7h/mois. Dans l’échantillon, seuls 12% des individus étudiés ont utilisé leur téléphone sur une période égale ou supérieure à 10 ans.

« Nous montrons que l’utilisation massive du téléphone portable, supérieure ou égale à 896h d’appels dans une vie serait associée au développement de tumeurs cérébrales. Chez ces personnes, le risque d’avoir une association positive entre l’utilisation du téléphone et le développement de tumeurs cérébrales est augmentée pour celles qui téléphonent plus de 15h par mois. explique Isabelle Baldi, coauteur de ces travaux.

Cependant, il est important de souligner qu’il s’agit d’une association et non d’un lien de cause à effet. Cela ne signifie donc pas qu’une personne utilisant massivement son téléphone portable développera une tumeur au cerveau »

 ajoute la chercheuse.

Note aux rédactions:

Les auteurs de ces travaux rappellent également qu’une exposition supérieure ou égale à 896h d’appels dans une vie n’est pas équivalente à 15h/mois ni à 30 min par jour. Ce chiffre est une extrapolation qui induit une confusion. Lorsque l’on parle de 30 min par jour, tout le monde se sent concerné parce que cela arrive à tout le monde un jour mais pas tous les jours.
Ils soulignent également que le nombre d’appels n’est pas associé aux tumeurs.

Mobile phone use and brain tumours in the CERENAT case-control study, Occupational & Environmental Medicine, 9 mai 2014

Lire le livret d’aide à la compréhension des études épidémiologiques cas-témoins

POUR CITER CET ARTICLE :
Salle de Presse Inserm Utilisation massive du téléphone portable & tumeurs cérébrales Lien : http://presse.inserm.fr/utilisation-massive-du-telephone-portable-tumeurs-cerebrales/12519/



Contacts médias
Contact Chercheur

Isabelle Baldi
05 57 57 12 34 / isabelle.baldi@isped.u-bordeaux2.fr

Gaelle Coureau
05 57 57 11 51 / gaelle.coureau@isped.u-bordeaux2.fr

Roger Salamon 
roger.salamon@isped.u-bordeaux2.fr

Ghislaine Bouvier
05 57 57 13 93 / ghislaine.bouvier@isped.u-bordeaux2.fr

Voir les sources

Mobile phone use and brain tumours in the CERENAT case-control study

Gaëlle Coureau,1,2,3 Ghislaine Bouvier,1,2 Pierre Lebailly,4,5,6 Pascale Fabbro-Peray,7,8 Anne Gruber,1 Karen Leffondre,2 Jean-Sebastien Guillamo,9 Hugues Loiseau,10 Simone Mathoulin-Pélissier,2 Roger Salamon,2,3 Isabelle Baldi1,2,11

1Laboratoire Santé Travail Environnement, Univ. Bordeaux, ISPED, Bordeaux, France
2INSERM, ISPED, Centre INSERM U897-Epidémiologie-Biostatistique, Bordeaux, France
3CHU de Bordeaux, Service d’information médicale, Bordeaux, France
4INSERM, UMR1086-Cancers et Préventions, Caen, France
5Univ. Caen Basse-Normandie, Caen, France
6Centre François Baclesse, Caen, France
7Laboratoire d’Epidémiologie et de Biostatistiques, Univ. Montpellier, Institut Universitaire de Recherche Clinique, Montpellier, France
8Département d’informatique médicale, CHU de Nîmes, Nîmes, France
9Département de neurologie, CHU de Caen, Caen, France
10Service de Neurochirurgie, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France
11Service de Médecine du Travail, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France

Occupational & Environmental Medicine, 9 mai 2014

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