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Canal Détox

Les antennes 5G sont-elles dangereuses pour la santé ?

Le 10 Juin 2026 | Par Inserm (Salle de presse)

La multiplication des antennes 5G suscite des inquiétudes. À ce jour, les données scientifiques disponibles ne permettent toutefois pas d’établir de lien de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et la survenue de cancers aux niveaux habituellement observés dans la population.

À l’instar des générations précédentes de téléphonie mobile, la 5G utilise des ondes électromagnétiques pour transmettre des informations (image d’illustration). Crédit : Adobe Stock

Téléphones portables, Wi-Fi, antennes, objets connectés… L’essor des technologies sans fil s’accompagne d’une exposition croissante de la population aux ondes électromagnétiques, ce qui alimente régulièrement des interrogations sur leurs effets à long terme sur la santé. Certains craignent notamment une augmentation du risque de cancers ou d’autres effets liés à cette exposition.

D’où viennent ces inquiétudes, et que dit la science ? Canal Détox, la cellule de l’Inserm qui lutte contre la désinformation en santé, décrypte les données disponibles.

Qu’est-ce que la 5G ?

Comme les générations précédentes de téléphonie mobile (2G, 3G, 4G), la 5G utilise des ondes électromagnétiques pour transmettre des informations. Ces ondes appartiennent au domaine des « radiofréquences », des rayonnements dits non ionisants : contrairement aux rayons X ou aux UV, elles ne possèdent pas assez d’énergie pour ioniser la matière, c’est-à-dire arracher des électrons aux atomes et ne peuvent donc pas casser directement l’ADN.

À forte intensité, ces ondes peuvent produire un effet thermique, autrement dit un échauffement des tissus. Mais aux niveaux d’exposition réglementaires, cet effet reste très faible.

À lire aussi :  Quel est le vrai danger des ondes électromagnétiques ?

D’où viennent les inquiétudes ?

Les inquiétudes liées aux radiofréquences utilisées par les technologies mobiles, dont la 5G, s’inscrivent dans un débat scientifique ancien sur les effets des téléphones portables. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a ainsi classé[1] les radiofréquences comme « cancérogènes possibles ». Cette classification repose sur des données limitées chez l’humain suggérant une possible association entre usage très intensif du téléphone portable et certains cancers cérébraux.

Les études expérimentales chez l’animal et in vitro n’ont, de leur côté, pas permis d’identifier de mécanisme cancérogène clair ni de résultats suffisamment robustes pour conclure à un lien de causalité.

Finalement, ce classement reflète avant tout une incertitude scientifique : certains résultats ont soulevé une interrogation, mais les données disponibles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet.

Que disent les données scientifiques les plus récentes ?

Après avoir analysé l’ensemble des données disponibles sur les effets biologiques et sanitaires des radiofréquences, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) conclut, dans son avis actualisé[2] d’octobre 2025, que les connaissances actuelles ne permettent pas d’établir de lien de causalité entre l’exposition aux ondes et la survenue de cancers aux niveaux d’exposition couramment observés dans la population.

Ces conclusions s’appuient sur l’analyse de grandes études épidémiologiques internationales, telles que Cosmos[3] et Mobi-kids[4], menées avec la participation d’équipes de recherche françaises, dont celles de l’Inserm. Lancée en 2007, l’étude COSMOS suit environ 310 000 volontaires dans six pays européens afin d’évaluer les effets à long terme de l’usage des téléphones mobiles. À ce jour, elle n’a pas mis en évidence d’augmentation du risque de tumeurs cérébrales associée à cet usage, y compris parmi les participants les plus exposés.

De son côté, l’étude MOBI-Kids a comparé des jeunes âgés de 10 à 24 ans atteints d’une tumeur cérébrale à des jeunes du même âge sans tumeur cérébrale. Elle n’a pas mis en évidence d’association entre l’usage du téléphone portable et le risque de tumeur cérébrale chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

L’ensemble de ces résultats ne permet donc pas, à ce jour, d’établir de lien de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et la survenue de tumeurs cérébrales.

L’Anses souligne toutefois que l’évolution des usages numériques mobiles (streaming, consultation de contenus vidéo, usages en mobilité) peut contribuer, selon les situations, à faire évoluer l’exposition de la population aux radiofréquences.

Dans ce contexte, l’Anses recommande de poursuivre les recherches pour mieux documenter les effets des radiofréquences sur la santé à long terme et suivre ainsi l’évolution globale de l’exposition de la population.

En bref, que faut-il retenir ?

Les études disponibles ne mettent pas en évidence de danger avéré de la 5G pour la santé aux niveaux d’exposition actuels.

L’évolution des usages numériques s’accompagne toutefois d’une augmentation des niveaux d’exposition aux radiofréquences, ce qui justifie la poursuite des recherches.

Dans ce contexte, l’Anses recommande un usage raisonné des technologies sans fil, en particulier chez les enfants : limiter l’usage du téléphone, éviter de s’en servir quand la connexion n’est pas bonne, se connecter à la Wi-Fi plutôt que sur les réseaux mobiles en intérieur ou encore privilégier le kit mains libres ou le haut-parleur pour éloigner le téléphone du corps.

Ces gestes simples s’inscrivent aussi dans une approche plus globale de prévention des effets néfastes des écrans sur la santé : un sommeil de moins bonne qualité à cause de la lumière bleue, ou encore une sédentarité renforcée, en particulier chez les jeunes.

Cet article a été écrit avec le soutien de Julien Modolo et Anne Canovi, chargés de recherche au Laboratoire traitement du signal et de l’image (LTSI U1099) de l’Inserm et de l’université de Rennes, dirigé par Mireille Garreau, dans l’équipe Cinetyks. Julien Modolo est également vice-président de la section Rayonnements non-ionisants de la Société française de radioprotection (SFRP), et dirige le groupe de travail international sur les Rayonnements non-ionisants de l’Irpa (International Radiation Protection Association).

Sources

[1] Centre international de recherche sur le cancer, Le Circ classe les champs électromagnétiques de radiofréquences comme peut-être cancérogènes pour l’homme, mai 2021

[2] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Radiofréquences et cancer : rapport d’expertise collective, octobre 2025

[3] Centre international de recherche sur le cancer, Étude de cohorte sur l’utilisation des téléphones portables et santé

[4] Registre national des cancers de l’enfant, Mobi-kids

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