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Communiqués et dossiers de presse

Diabète de type 2 : de nouveaux sous-types identifiés pour mieux prédire l’évolution de la maladie

03 Sep 2026 | Par Inserm (Salle de presse) | Physiopathologie, métabolisme, nutrition

© Adobe Stock

Des chercheurs et chercheuses de l’Inserm, du CNRS, et de l’Université Paris Cité décrivent pour la première fois différents profils immunitaires chez les patients atteints d’un diabète de type 2. Facilement identifiables avec une simple prise de sang, les patients avec des cellules immunitaires en surnombre tendent à développer plus de complications cardio-vasculaires. Cette nouvelle classification constitue une avancée majeure dans la manière de comprendre le diabète de type 2 tout en guidant une prise en charge plus adaptée pour ces profils plus à risques de complications. Ces travaux ont été publiés dans Cell Metabolism.

Le diabète est une maladie métabolique qui touche aujourd’hui près de 589 millions de personnes dans le monde[1] avec une prévalence qui ne cesse d’augmenter. Il existe plusieurs types de diabète, mais le plus fréquent reste le diabète de type 2, comptabilisant plus de 90 % des cas. Causé par une perturbation du métabolisme des sucres, essentiellement liée au mode de vie, ce dernier apparaît de manière progressive, et s’accompagne souvent d’autres maladies cardiométaboliques (obésité, maladies cardiovasculaires…), avec des conséquences graves voire mortelles à long terme.

Pendant longtemps, tous les patients vivant avec un diabète de type 2 étaient regroupés en une seule catégorie. Néanmoins, depuis quelques années, les chercheurs et les médecins s’aperçoivent qu’il n’y a pas un diabète de type 2 universel et uniforme, mais bien différents sous-groupes de patients qui développent un diabète avec des mécanismes biologiques, des symptômes et des trajectoires différentes. Pour autant, les classifications actuelles ne rendent pas compte de la complexité clinique et biologique de cette maladie. Il manque des marqueurs capables de dresser des profils cliniques assez détaillés et stables pour prédire en amont les risques de complications, afin d’adapter les traitements pour une prise en charge plus personnalisée et précise.

Dans une nouvelle étude, une équipe de recherche à l’institut Necker-Enfants malades (Inserm/CNRS/Université Paris Cité) dirigée par Nicolas Venteclef, directeur de recherche Inserm, a identifié quatre sous-types de diabètes de type 2 distincts, chacun défini par un profil immunitaire différent, et associé à un risque différent de complications. Elle propose une nouvelle classification fondée sur des paramètres immunitaires simples et facilement accessibles :

  • SIND (Severe Inflammatory Diabetes): un diabète inflammatoire sévère avec des populations de cellules immunitaires globalement plus denses et des risques plus élevés de complications chez les patients ;
  • MIND (Mild Inflammatory Diabetes): un diabète inflammatoire léger ;
  • LYRD (Lymphocyte-Rich Diabetes): un diabète sans complications qui présente une population en surnombre de certaines cellules immunitaires, les lymphocytes, ce qui a un effet protecteur ;
  • LYDD (Lymphocyte-Deficient Diabetes): un diabète déficient en lymphocytes.

Pour identifier ces sous-groupes, les chercheurs et chercheuses ont développé, grâce à un algorithme, une équation prenant en compte le nombre de différents types de cellules immunitaires circulant dans le sang – principalement les populations de neutrophiles, lymphocytes et monocytes – prélevé chez plus de 1 500 personnes récemment diagnostiquées avec un diabète de type 2.  Leurs résultats montrent qu’environ 15 % des patients présentent une forme de diabète SIND à haut risque de complications et très inflammatoire, avec des cellules immunitaires en surnombre.

« Pour que ces marqueurs aient une vraie valeur en clinique, il fallait qu’ils soient facilement mesurables, peu coûteux et qu’ils ne prennent pas de temps supplémentaire aux médecins, explique Nicolas Venteclef. Lorsque l’on réalise une prise de sang, le comptage du nombre de cellules immunitaires présentes dans la circulation sanguine est déjà utilisé pour informer sur la présence d’infections ou de cancers, par exemple. Nous avons émis l’hypothèse qu’il pourrait également signaler un dysfonctionnement chez les diabétiques en amont de l’apparition des symptômes. »

Pour juger de la stabilité de ces marqueurs, la répartition des cellules immunitaires circulantes chez les personnes atteintes de diabètes de type 2 a donc ensuite été analysée sur une période de 5 à 10 ans à partir de trois cohortes européennes indépendantes[2]  regroupant près de 8 500 volontaires, dont une grande majorité présentant un diabète de type 2. Les résultats montrent que les différents types de cellules immunitaires restent très stables en nombre dans le temps. Ces résultats ont ensuite été confirmés dans 5 cohortes nationales et internationales[3], regroupant plus de 70 000 personnes. Ils montrent que les marqueurs identifiés permettent de prédire le risque de complications cardiovasculaires et rénales liées au diabète de type 2, jusqu’à cinq ans avant leur apparition.

Un profilage multi-omique[4] des cellules immunitaires révèle que chaque sous-type représente un véritable profil biologique distinct et cohérent, avec des mécanismes inflammatoires différents, particulièrement importants dans les profils à haut risque de complications graves. Enfin, l’équipe de recherche est également parvenue à montrer sur 20 volontaires pré-diabétiques la réversibilité de ces états hautement inflammatoires, grâce à des traitements médicamenteux et chirurgicaux permettant de réduire les risques.

Ensemble, les résultats de cette étude ouvrent la voie à une nouvelle façon de classer le diabète de type 2 fondée sur le système immunitaire.

« Cette approche offre un outil précieux, simple, pratique et adaptable pour mieux prédire le risque pour chaque patient, distinguer les profils à risques et renforcer les efforts thérapeutiques pour ces derniers avec des traitements plus adaptés et personnalisés. Les patients avec des profils inflammatoires pourraient notamment bénéficier de thérapies anti-inflammatoires complémentaires à leurs traitements anti-diabétiques », explique Nicolas Venteclef.

Fondés sur ces conclusions, de nouveaux traitements, qui ciblent les dysfonctionnements immunitaires chez les patients avec un profil inflammatoire, sont en cours d’études cliniques (300 patients avec un diabète de type 2 SIND inclus).

[1] Chiffres : Fédération internationale du diabète

[2] Les cohortes françaises Desir et AngioSafe, et la cohorte allemande German Diabetes Study (GDS).

[3] GDS et AngioSafe, mais aussi les cohortes françaises Codia et Surdiagene, ainsi que la cohorte italienne VNDS.

[4] Un profilage multi-omique consiste à analyser simultanément plusieurs types de données biologiques à partir d’un même échantillon biologique pour comprendre les mécanismes cellulaires de manière globale.

Contacts
Contact scientifique

Nicolas Venteclef

Directeur de recherche Inserm

Unité 1151 Inserm

Institut Necker Enfants-malades (Inserm/CNRS/Université Paris Cité)

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Contact Presse

Inserm

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Sources

Immunometabolic Endotypes Define Distinct Clinical Trajectories in Type 2 Diabetes

Bao Tran Vuong,1,2,26 Chloé M Delépine,1,26 Jacqueline M Ratter-Rieck,3,4,26 Elisabetta Rinaldi,5,26 Jean-Baptiste Julla,1,6,26 Emma Creussot,1,7,26 Marc Diedisheim,1,8,26 Violeta Raverdy,9,10 Elise Liu,11 Justus S. Fischer,12 Matthias Hepprich,12 Fawaz Alzaid,1,13 Camille Blériot,1,14 Etienne Becht,15 Clémence Cornuot14, Joe de Keizer16, Macine-Bachir Abdelouahab17, Magali Chiral1, Rebecca Pfeil,4,18 Polina Lipaeva,4,18 Daniel Dörr,4,18 Oana P Zaharia,3,4,18 Théo Jolivet,11 Julie Alberge,7 Charline Potier,1,6 Kennan Khider,1 Frédérik Oger,9 Jean-Pierre Riveline,1,6 Tiphaine Vidal-Trecan,6 Florence Tubach,11 Candice Estellat,11 Judith Abecassis,7 Aymeric Silvin,14 Samy Hadjadj,19 Gael Varoquaux,7 Robert Wagner,3,4,18 Philippe Froguel,9,20,21 Amélie Bonnefond,9,20,21 Pierre-Jean Saulnier,16 François Pattou,9,10,20 Florent Ginhoux,14 Michael Roden,3,4,18,25 Maddalena Trombetta,5,26,27 Louis Potier,1,22,26,27 Christian Herder,3,4,18,26,27 Jean-François Gautier,1,6,26,27 Marc Y Donath,12,23,24,26,27 Riccardo C. Bonadonna,5,25,26,27 and Nicolas Venteclef1,27,28**

1INEM Institut Necker Enfants Malades, Inserm U1151, CNRS UMR 8253, Université Paris Cité, Paris, France.

2Department of Endocrinology and Diabetology, Simone Veil Hospital, Eaubonne, France.

3Institute for Clinical Diabetology, German Diabetes Center, Leibniz Center for Diabetes Research at Heinrich Heine University Düsseldorf, Düsseldorf, Germany.

4German Center for Diabetes Research (DZD), Partner Düsseldorf, München-Neuherberg, Germany.

5Endocrinology, Diabetes and Metabolism, Department of Medicine, University of Verona and Hospital Trust of Verona, Verona, Italy.

6Centre Universitaire du Diabète et de ses Complications, AP-HP, Hôpital Lariboisière, Paris, France; Inserm UMR25 S1151, CNRS UMR-S8253, Immediab Lab, Institut Necker-Enfants Malades, Université Paris Cité, Paris, France.

7Soda, Inria Saclay, Palaiseau, France.

8Clinique Saint Gatien Alliance (NCT+), Saint-Cyr-sur-Loire, France

9Translational Research for Diabetes UMR 1190, University of Lille, Inserm, Institut Pasteur Lille, CHU Lille, Lille, France.

10Department of General and Endocrine Surgery, Centre Hospitalier et Universitaire de Lille, Lille, France.

11Sorbonne Université, Inserm, Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique, Equipe PEPITES, AP-HP, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Département de Santé Publique, Centre de Pharmacoépidémiologie (Cephepi), F75013, Paris, France.

12Department of Biomedicine, University of Basel and University Hospital Basel, 4031, Basel, Switzerland; Clinic of Endocrinology, Diabetology and Metabolism, University Hospital Basel, 4031, Basel, Switzerland

13Dasman Diabetes Institute, Kuwait City, Kuwait

14Gustave Roussy Cancer Campus, Villejuif, France.

15Université Paris Cité, Centre de Recherche sur l’Inflammation (CRI), INSERM, U1149, CNRS, ERL 8252, Paris, France

16University of Poitiers, Inserm, CHU Poitiers Clinical Investigation Center CIC 1402, Poitiers, France.

17US 41 – UAR 2014 – PLBS Bilille, University of Lille, CNRS, Inserm, CHU Lille, Institut Pasteur de Lille, F-59000, Lille, France.

18Department of Endocrinology and Diabetology, Medical Faculty and University Hospital Düsseldorf, Heinrich Heine University Düsseldorf, Düsseldorf, Germany.

19L’institut du thorax, Inserm, CNRS, UNIV Nantes, CHU Nantes, Nantes, France.

20Université de Lille, Lille, France.

21Department of Metabolism, Imperial College London; London, United Kingdom.

22AP-HP, Bichat-Claude-Bernard Hospital, Diabetology – Endocrinology Department, Paris, France.

23Cantonal Hospital Baden, Baden, Switzerland

24Integrated Centre of Excellence in Metabolic Health, and Division of Endocrinology, Department of Medicine, and Recherche Centre, University of Montréal Hospital, Montreal, QC, Canada.

25Division of Endocrinology and Metabolic Diseases, University of Parma and Azienda Ospedaliera Universitaria of Parma, Parma, Italy.

26These authors contributed equally

27Senior Author

28Lead Contact

Cell Metabolism, 25 août 2026

DOI: 10.1016/j.cmet.2026.07.027

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