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Épidémie de cryptosporidiose : l’Inserm étudie des pistes thérapeutiques

22 nov. 2019 - 11h06 | Par INSERM (Salle de presse)

Structure 3D de l’enzyme avec la molécule AN3661 sur fond de l’intestin d’une souris immunodéficiente infectée par Cryptosporidium. ©Fabrice Laurent et Christopher Swale

Éviter de boire l’eau du robinet : c’est ce que recommande l’Agence Régionale de Santé PACA, alors que de nouveaux cas de cryptosporidiose ont été diagnostiqués dans le secteur de Grasse. Au total, une quarantaine de personnes aurait été infectée par cette maladie diarrhéique depuis le mois dernier.  

La pathologie est causée par un parasite microscopique, Cryptosporidium, qui se développe dans l’intestin de nombreux mammifères, notamment dans celui de l’homme. Ce parasite intestinal se propage principalement par la contamination d’eau de consommation mais aussi dans les eaux de baignade (il peut survivre plusieurs jours dans les eaux chlorées), ou encore par le contact avec des animaux infectés. Le jeudi 21 novembre, les habitants de la région de Grasse ont donc été invités à « consommer de l’eau embouteillée ». L’ARS recommande également de « faire bouillir l’eau du robinet pendant deux minutes avant de l’utiliser pour la préparation des aliments », en particulier pour les personnes les plus fragiles. 

Traitement potentiel de la maladie 

La cryptosporidiose provoque des diarrhées aiguës, parfois fatales chez les populations les plus vulnérables comme l’enfant en bas âge souffrants de malnutrition, ou les patients immunodéprimés (par exemple ceux infectés par le VIH). Les moyens thérapeutiques sont actuellement très limités et dans certains cas inefficaces pour éliminer ce parasite.

À l’Inserm, l’équipe de Mohamed-Ali Hakimi (Institute for Advanced Biosciences – Inserm U 1209 / CNRS UMR 5309 / UGA) en collaboration avec Fabrice Laurent (INRA) s’est récemment penchée sur cette maladie souvent méconnue du public, afin d’explorer de nouvelles pistes de traitement. Les chercheurs ont découvert un nouveau candidat-médicament pour contrôler la maladie. Appelée AN3661, cette molécule réduit drastiquement l’infection de Cryptosporidium mais également celle de Toxoplasma, le parasite responsable de la toxoplasmose.

Les chercheurs ont par ailleurs étudié le mécanisme d’action de cette molécule en résolvant la structure tridimensionnelle de sa cible, appelé CPSF3, chez Cryptosporidium. AN3661 se lie au cœur de l’enzyme CPSF3 et empêche ainsi la maturation des ARN messagers, un processus essentiel à la survie du parasite. Des essais précliniques en modèle murin montrent une efficacité remarquable in vivo avec des traitements de l’infection en dose unique chez des souriceaux ou des souris immunodéprimées.

Les travaux de Mohamed-Ali Hakimi et de ses collègues sont publiés dans Science Translational Medicine.

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