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Communiqués et dossiers de presse

Les symptômes du TDAH seraient associés à des comportements sexuels à risque chez les étudiants

12 Jan 2026 | Par Inserm (Salle de presse) | Santé publique

© Adobe stock

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement pouvant entraîner un retentissement significatif sur la vie quotidienne, scolaire ou sociale des personnes concernées. Souvent sous diagnostiqué, le TDAH est par exemple associé à une augmentation des comportements à risque, dont les comportements sexuels. Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Inserm, de l’université de Bordeaux et du centre hospitalier Charles Perrens, ont évalué cette association auprès de plus de 13 000 étudiantes et étudiants de la cohorte française i-Share. Selon les résultats, les symptômes de TDAH seraient associés à des niveaux plus élevés de comportements sexuels à risque chez les étudiants universitaires : âge plus précoce au moment des premiers rapports, moindre usage du préservatif, risque accru d’infections sexuellement transmissibles. Outre l’importance de mieux repérer le TDAH en milieu universitaire, ces résultats soulignent la nécessité d’explorer davantage les comportements sexuels de cette population vulnérable et de renforcer les stratégies de prévention pour mieux la protéger. Ils sont publiés dans la revue BMJ Mental Health.

Le TDAH se caractérise par des niveaux élevés d’inattention et/ou d’agitation et d’impulsivité. Son diagnostic[1] est essentiel, car une prise en charge adaptée permet de limiter les difficultés rencontrées et leurs répercussions sur la vie sociale, familiale, scolaire ou professionnelle. En effet, les personnes atteintes de TDAH sont plus susceptibles que la population générale d’adopter des comportements à risque entraînant des conséquences sur leur santé et leur parcours de vie.

Certaines études ont montré que les personnes atteintes de TDAH adoptent plus fréquemment des comportements sexuels à risque (cf. encadré ci-dessous). Dans une étude récente, des chercheuses et chercheurs de l’Inserm et de l’université de Bordeaux (Bordeaux Population Health), ont mesuré pour la première fois cette association au sein de la population étudiante française. Ce choix s’explique par le fait que, pour de nombreux jeunes adultes, l’entrée à l’université coïncide avec les débuts de la vie sexuelle, une période clé dans l’adoption de ces comportements.

C’est quoi un comportement sexuel à risque ?

Il s’agit de toute pratique sexuelle augmentant la probabilité de conséquences négatives sur la santé physique, psychologique ou sociale d’une personne. Cela inclut notamment :

  • les relations sexuelles sans protection (sans préservatif, par exemple) ;
  • un nombre élevé de partenaires sexuels, en particulier sans protection ;
  • le début précoce de l’activité sexuelle ;
  • la consommation d’alcool ou de substances psychoactives avant ou pendant les rapports ;
  • des rapports occasionnels non protégés ;
  • une faible communication avec le ou la partenaire sur les pratiques à moindre risque.

Ces comportements exposent davantage aux infections transmissibles sexuellement (IST), aux grossesses non désirées et à d’éventuelles répercussions psychosociales.

Cette étude est fondée sur les données de la cohorte Internet-based students health research enterprise (i-Share), l’une des plus grandes études épidémiologiques menées auprès d’étudiants français.

Au total, environ 13 000 étudiants français, âgés en moyenne de 20 ans, ont rempli des questionnaires. Ceux-ci ont permis, d’une part, d’évaluer la présence de symptômes du TDAH à l’aide d’un test standardisé[2], et d’autre part, de recueillir des informations sur leurs comportements sexuels.

Les étudiants présentant un score élevé de symptômes du TDAH (5,3 % de l’échantillon) rapportaient plus de comportements sexuels à risque que les autres.

L’association entre symptômes du TDAH et comportements sexuels à risque concerne :

  • un premier rapport sexuel précoce (à 15 ans ou avant) ;
  • une utilisation irrégulière du préservatif ;
  • un nombre plus élevé de partenaires sexuels ;
  • le fait d’avoir contracté une IST.

De plus, chez les étudiantes, un score élevé de symptômes du TDAH était associé au fait de ne pas utiliser de contraception, d’avoir eu recours à la contraception d’urgence et d’avoir pratiqué une interruption volontaire de grossesse.

« Ces résultats invitent à mieux prendre en compte les étudiants présentant des symptômes de TDAH dans la prévention en santé sexuelle. Les services de santé universitaires pourraient, par exemple, renforcer le repérage du TDAH et proposer des actions d’information et d’accompagnement adaptées à ces étudiants », explique Cédric Galera, chercheur au Bordeaux Population Health (Inserm/Université de Bordeaux), professeur de pédopsychiatrie à l’université de Bordeaux et au centre hospitalier Charles Perrens et dernier auteur de l’étude.

« Par ailleurs, ces résultats soulignent l’intérêt de sensibiliser les professionnels de santé (infirmiers/infirmières, sage-femmes, gynécologues) à la présence possible d’un TDAH non diagnostiqué chez les jeunes adultes consultant pour des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles. À l’inverse, les professionnels spécialisés dans la prise en charge du TDAH (psychiatres, psychologues, médecins généralistes) gagneraient à être attentifs au risque accru de comportements sexuels à risque chez leurs patients. Une meilleure reconnaissance de ces risques pourrait permettre d’adapter les conseils préventifs et l’accompagnement des personnes atteintes de TDAH », conclut le chercheur.

 

[1]Le diagnostic de TDAH repose sur une évaluation clinique : plusieurs consultations sont nécessaires, auprès du médecin traitant puis auprès d’un médecin formé au diagnostic de TDAH.

[2]L’échelle d’auto-évaluation des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité de l’adulte (ASRS) est un outil conçu par l’OMS qui permet d’établir un score de symptômes de TDAH. Plus le score obtenu au test sur le TDAH est élevé, plus la probabilité de présenter un diagnostic de TDAH est importante.

Contacts
Contact Chercheur

Cédric Galera

Bordeaux Population Health

Unité1219 Inserm/Université de Bordeaux

prqevp.tnyren@h-obeqrnhk.se

Contact Presse

 

cerffr@vafrez.se

Sources

Attention Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD) symptoms and Risky Sexual Behaviours (RSB) in university students: the i-Share study

Claudine Offranc,a,  Charline Galesne,a Melissa Macalli,a Sherazade Kinouani,a,b Noelia Retuerto,a Sara Carucci,c,d Diane Purper-Ouakil,e,f  Sandra Kooij,g,h Samuele Cortese,i,j,k,l,m Christophe Tzourio,a,n Cédric Galéra a,o,p

a.Univ. Bordeaux, Inserm, BPH, U1219, F-33000 Bordeaux, France

b Department of general practice, University of Bordeaux, 146 rue Léo Saignat, F-33000 Bordeaux, France

c Department of Medical Sciences and Public Health, University of Cagliari, Cagliari, Italy

d Child and Adolescent Neuropsychiatric Unit, Pediatric Hospital “A. Cao”, Asl Cagliari, Cagliari, Italy

e Centre Hospitalo-Universitaire de Montpellier, Service Médecine Psychologique de l’Enfant et de l’Adolescent, Montpellier, France

f Inserm U 1018, Centre for Research in Epidemiology and Population Health, Psychiatry Development and Trajectories, Villejuif, France

g PsyQ Expertise Center Adult ADHD, The Hague, The Netherlands

h Amsterdam UMC, Vrije Universiteit, Amsterdam, The Netherlands

i Centre for Innovation in Mental Health, School of Psychology, Faculty of Environmental and Life Sciences, and Clinical and Experimental Sciences (CNS and Psychiatry), Faculty of Medicine, University of Southampton, Southampton, UK

j Solent NHS Trust, Southampton, UK

k Hassenfeld Children’s Hospital at NYU Langone, New York University Child Study Center, New York City, NY, USA

l Division of Psychiatry and Applied Psychology, School of Medicine, University of Nottingham, Nottingham, UK

m DiMePRe-J-Department of Precision and Regenerative Medicine-Jonic Area, University of Bari “Aldo Moro”, Bari, Italy

n CHU de Bordeaux, USMR, Inserm, U1219, F-33000 Bordeaux, France

o Centre Hospitalier Perrens, Bordeaux, France

p Research Unit on Children’s Psychosocial Maladjustment, Montreal, QC, Canada

Corresponding Author: Galera Cédric

BMJ Mental Health, 8 janvier 2026

DOI : https://doi.org/10.1136/bmjment-2025-302024

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