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Sept fausses idées sur les vaccins

Alors que la nouvelle campagne de vaccination contre la grippe et la Covid-19 débute le 14 octobre en France, l’Inserm revient sur sept fausses idées courantes sur les vaccins.

Le 13 Oct 2025 | Par Inserm (Salle de presse)

© Pexels

C’est un rendez-vous important pour les personnes les plus à risque de développer une forme sévère d’infection virale à influenza (virus de la grippe) ou SARS-COV2 (virus de la Covid-19). La campagne de vaccination contre la grippe, ainsi que contre la Covid‑19 (dont les cas repartent à la hausse depuis la rentrée), débute le 14 octobre pour la saison hivernale 2025-2026 dans l’Hexagone, aux Antilles et en Guyane. À Mayotte, elle a déjà commencé depuis le 9 septembre 2024. Comme le virus SARS-Cov2, qui a connu plusieurs formes depuis le début de la pandémie, le virus de la grippe évolue chaque année rendant la vaccination annuelle indispensable pour se protéger.

Pourtant, de nombreux Français hésitent encore à se faire vacciner. En 2018, un sondage de l’Institut Gallup pour l’ONG Wellcome révélait qu’un tiers d’entre eux doutaient de la sécurité des vaccins, plaçant la France en tête des pays les plus vaccino‑sceptiques parmi 144 étudiés.

Cette méfiance repose souvent sur des idées reçues qui persistent malgré des preuves scientifiques solides. Voici sept fausses idées sur les vaccins, et ce que dit la science.

  •  “Les vaccins qui ne sont pas obligatoires ne sont pas vraiment utiles”

Certains vaccins sont fortement recommandés, comme ceux contre les papillomavirus (HPV), le rotavirus ou la grippe, en particulier pour les personnes fragiles (déficits immunitaires, traitements immunosuppresseurs, personnes âgées,). Ils sont plus récents que les vaccins obligatoires, mais ils visent également à prévenir des maladies graves ou mortelles.

Par exemple, le vaccin contre les papillomavirus protège contre des infections sexuellement transmissibles qui sont le plus souvent bénignes, mais qui peuvent provoquer certains cancers. Chaque année, plus de 6 000 nouveaux cas de cancers liés aux HPV sont diagnostiqués en France, dont la moitié concerne le col de l’utérus.

Pourtant, face au papillomavirus, la vaccination a fait ses preuves. En Australie, où un programme de vaccination systématique a été lancé en 2007, les cas de condylomes génitaux (des verrues bénignes causées par certains types de HPV) ont chuté de 90 à 95 % chez les personnes vaccinées, selon Santé publique France.

Et si la grippe peut sembler être une maladie bénigne, elle présente aussi des formes graves : chaque année, entre 290 000 to 650 000 décèdent de la grippe dans le monde, selon l’organisation mondiale de la Santé (OMS).

  •  “Il vaut mieux être immunisé par la maladie que par le vaccin”

Cette idée est ancienne mais dangereuse. Si le corps peut parfois se défendre seul contre certaines infections, les maladies les plus meurtrières de l’histoire, telles que peste, variole, grippe espagnole, sida ou Covid-19, ont tué des millions de personnes. La réponse d’un système immunitaire « non entrainé » n’est donc pas suffisante pour prévenir toutes les maladies graves. Le vaccin est un entrainement du système immunitaire qui lui permet d’avoir ensuite une réponse immunitaire suffisamment efficace.

  •  “Le vaccin contre le ROR donne l’autisme”

Cette idée reçue persiste malgré de nombreuses études de grande ampleur qui l’ont clairement démentie, dont une datant de 2002 portant sur plus de 650 000 enfants danois.

Elle trouve son origine dans une étude frauduleuse publiée en 1998 dans The Lancet, qui prétendait établir un lien entre le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et l’autisme. Basée sur seulement 12 cas, cette recherche présentait de graves problèmes méthodologiques. Une enquête a révélé que certaines données avaient été falsifiées et que le premier auteur, Andrew Wakefield, avait des conflits d’intérêts : il avait été rémunéré par des avocats préparant un recours en justice contre les laboratoires ayant commercialisé le vaccin et projetait de commercialiser un test pour une prétendue « entérocolite autistique », une forme d’inflammation intestinale associée d’après lui au vaccin ROR, dont l’existence réelle n’a jamais été prouvée.

En 2010, l’article a été rétracté et Andrew Wakefield radié de l’ordre des médecins. Cependant, la désinformation avait déjà semé la panique, poussant de nombreux parents à ne pas vacciner leurs enfants et à les exposer inutilement aux maladies.

  • “Le vaccin contre l’hépatite B donne la sclérose en plaques”

Cette rumeur a été contredite par plusieurs études indépendantes, européennes ou américaines. De fait, les coïncidences parfois observées sont strictement temporelles : la sclérose en plaques se déclare le plus souvent chez les jeunes adultes (au moment de la vaccination contre cette maladie), mais il n’y a pas plus de cas de sclérose en plaques après avoir été vacciné contre l’hépatite B qu’avant (ni chez les vaccinés par rapport aux non-vaccinés).

  • “Les sels d’aluminium contenus dans les vaccins sont dangereux”

Cette idée a été répandue après la publication d’une étude qui a fait le lien entre l’aluminium contenu dans les vaccins pour stimuler la réponse immunitaire et l’apparition d’une lésion, un peu comme une cicatrice sur les muscles, appelée la « Myofasciite à macrophages ».  Ce constat est réel et reconnu par la communauté scientifique.

En revanche, l’équipe de recherche qui a publié cette étude avance également l’idée que cette lésion serait responsable de symptômes tels que fatigue chronique, faiblesse musculaire ou troubles de l’attention, une hypothèse qui n’a jamais été prouvée. Les données existantes proviennent d’une seule équipe de recherche et ne permettent pas de confirmer un lien de cause à effet.

Plusieurs grandes institutions, comme l’Académie de médecine, celle de pharmacie et le Haut conseil de la Santé publique  ont passé en revue l’ensemble des études disponibles et concluent que l’aluminium des vaccins n’est pas toxique et que la myofasciite à macrophages n’entraîne pas ces symptômes.

Entre 2002 et 2017 (au 15 septembre), le centre régional de pharmacovigilance (CRPV) en charge de ce dossier a reçu seulement 515 notifications de MFM-maladie, selon le site vaccinationinfoservice.fr.

  • “Les vaccins à ARNm modifient notre ADN”

Non, c’est impossible. Pendant la pandémie de SARS-CoV2, certains ont affirmé à tort que les vaccins à ARNm (acide ribonucléique messager) pouvaient altérer notre ADN ou provoquer des effets transmis à nos descendants. En réalité, l’ARN messager ne pénètre pas dans le noyau des cellules, où se trouve le matériel génétique. Il reste dans le cytoplasme, où il est simplement utilisé pour produire la protéine vaccinale, avant d’être dégradé en quelques heures à quelques jours. Toutes nos cellules produisent des milliers d’ARNm à chaque instant pour fabriquer les protéines nécessaires à nos cellules. Si ces ARNm s’intégraient dans notre ADN, il y a bien longtemps qu’il serait altéré.

  • “Certains vaccins sont commercialisés avant même d’être testés sur des humains”

C’est faux. Avant d’être autorisés sur le marché européen, les vaccins sont soumis à des essais cliniques rigoureux sur des humains. Les essais de phase II incluent généralement des centaines de volontaires, tandis que les essais de phase III rassemblent des milliers, voire des dizaines de milliers de participants, afin d’observer que les bénéfices l’emportent sur les risques, en comparaison avec un placebo ou un autre vaccin déjà existant.

Cette surveillance continue après la mise sur le marché pour détecter d’éventuels effets indésirables très rares qui n’auraient pas été observés pendant les essais. C’est aussi la raison pour laquelle certaines recommandations peuvent évoluer, comme cela a récemment été le cas pour le vaccin contre le chikungunya.

En bref, que faut-il retenir ?

Avec du recul, les données scientifiques montrent que les bénéfices des campagnes de vaccination surpassent très largement leurs risques. Entre 1974 et 2024, les campagnes mondiales de vaccination ont permis de sauver au moins 154 millions de vies, selon une estimation publiée dans la revue scientifique The Lancet. Face aux rumeurs et aux idées reçues, il est crucial de s’appuyer sur des preuves scientifiques : se vacciner reste le meilleur moyen de protéger sa santé et celle de ses proches.

Cet article a été écrit avec le soutien de Marie-Ghislaine de Goër de Herve, ingénieure de recherche à l’Inserm spécialisée en immunologie au sein de l’unité mixte de recherche Immunologie intégrative des tumeurs et immunothérapie des cancers (U1186), et Frédéric Rieux-Laucat, directeur du laboratoire d’Immunogénétique des maladies auto-immunes pédiatriques à l’institut Imagine.

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