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Prix Nobel de médecine 2020

Les trois lauréats du prix Nobel de médecine 2020. © d’après Niklas Elmehed, Nobel Media.

 
Les lauréats du prix Nobel 2020 ont été annoncés ce lundi 5 octobre 2020. Il s’agit du Britannique Michael Houghton et des Américains Harvey Alter et Charles Rice, récompensés pour leur contribution dans la découverte du virus de l’hépatite C.
 
L’hépatite C est une maladie du foie causée par un agent infectieux de la famille des flavivirus, le virus de l’hépatite C (VHC). Elle constitue l’une des formes les plus graves d’hépatite virale, capable d’engendrer une atteinte chronique du foie à risque de complications graves.
 
La France a adopté une politique de santé publique particulièrement proactive concernant le dépistage et la prise en charge de la maladie, ce qui explique la diminution récente et constante  du nombre de cas enregistrés. Ailleurs dans le monde, l’enjeu reste important : 70 millions de personnes seraient chroniquement infectées – soit 1% de la population du globe – et plus de 350 000 personnes décèderaient chaque année des suites de cette maladie.
 

 

Progression du moustique-tigre en France

Aedes albopictus©Fotalia

Absents jusqu’en 2004 en France métropolitaine, les moustiques-tigres représenteront un « risque sanitaire majeur » au cours des prochaines décennies sur le territoire, selon le rapport de la commission d’enquête présenté début août à l’Assemblée Nationale. Cette commission a été lancée fin 2019 dans le but d’enquêter sur les politiques publiques à mener dans l’Hexagone contre la propagation des moustiques Aedes albopictus ou moustiques-tigres. Les femelles peuvent transmettre une trentaine de virus parmi lesquels la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune, le Zika. Ce rapport propose de mettre en place « un plan régional de prévention contre le développement des gîtes larvaires » afin de limiter la propagation des moustiques-tigres.

L’expansion du moustique-tigre trouve ses origines dans le développement des échanges internationaux. Il s’est répandu dans tout le sud de l’Europe, suivant les grands axes routiers, avant de remonter vers le nord via le couloir rhodanien.

La dengue est une infection virale transmise entre humains par l’intermédiaire d’un moustique infecté.  Elle est le plus souvent bénigne, mais des formes sévères et imprévisibles surviennent dans environ 1% des cas, plus souvent chez les jeunes enfants. Plus de 55% de la population mondiale est aujourd’hui exposée au virus de la dengue. En raison de la circulation croissante du moustique vecteur de la maladie dans les régions tempérées, l’Europe n’est plus épargnée par le risque d’épidémie.

Covid-19: transmission par voie aérienne

© Manuel Lardizabal on Unsplash

Des chercheurs internationaux, dont des chercheurs Inserm, appellent à reconnaitre le potentiel de propagation aérienne du Covid-19 dans une lettre publiée le 6 juillet 2020 dans la revue Clinical Infectious Diseases.

Selon eux, il existe un potentiel important d’exposition aux virus par inhalation dans des gouttelettes respiratoires microscopiques. Ils préconisent l’utilisation de mesures préventives pour atténuer cette voie de transmission aéroportée.

Des études menées par les signataires de cet article et d’autres scientifiques semblent démontrer que les virus sont libérés lors de l’expiration, de la parole et de la toux en microgouttelettes suffisamment petites pour rester en l’air et présenter un risque d’exposition à des distances supérieures à 1 ou 2 m d’une personne infectée.

Journée Mondiale du Paludisme : la piste d’un vaccin pour les femmes enceintes

©Benoît Gamain. Le paludisme gestationnel est associé à un faible poids de naissance pour le bébé et à un sur-risque de mortalité néonatale.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la paludisme, le 25 avril, l’Inserm revient sur les travaux prometteurs d’une équipe de chercheurs Inserm et Université de Paris dirigée par Benoît Gamain, directeur de recherche CNRS. Le paludisme pendant la grossesse représente un problème de santé publique majeur dans les régions où la maladie est endémique, augmentant de manière substantielle les risques pour la santé de la mère et de l’enfant à naître. La pathologie est notamment associée à un faible poids de naissance pour le bébé et à un sur-risque de mortalité néonatale. Pour protéger cette population, les chercheurs ont développé un vaccin à l’Institut national de transfusion sanguine. Baptisé PRIMVAC, celui-ci a fait l’objet d’un essai clinique pour étudier la tolérance au vaccin et obtenir des données préliminaires sur sa capacité à induire une réponse immunitaire adaptée. Les résultats de cet essai clinique promu par l’Inserm[1] sont publiés dans la prestigieuse revue Lancet Infectious Diseases. 

L’Organisation mondiale de la santé estime que le paludisme est responsable de plus de 400 000 décès chaque année. Si la lutte contre la maladie a progressé au cours des dernières décennies, certaines populations restent particulièrement vulnérables. C’est le cas des femmes enceintes.

Dans les régions du monde où le paludisme est endémique, les individus acquièrent une immunité contre la maladie tout au long de l’enfance. Lorsqu’ils atteignent l’âge adulte, ils sont donc généralement protégés contre les conséquences les plus graves du paludisme. Les femmes enceintes font néanmoins figure d’exception, car les globules rouges infectés par le parasite Plasmodium falciparum à l’origine du paludisme s’accumulent au niveau du placenta, favorisant l’anémie et l’hypertension maternelle. La maladie est aussi associée à un risque plus élevé de fausses couches spontanées, d’accouchements prématurés et de retards de croissance intra-utérin qui induisent une insuffisance pondérale à la naissance et un taux de mortalité infantile important. En Afrique Sub-Saharienne, 11 millions de femmes enceintes ont ainsi été infectées par le paludisme en 2018. Elles ont donné naissance à près de 900 000 enfants en insuffisance pondérale.

C’est pour lutter contre ce fléau sanitaire qu’une équipe de chercheurs Inserm et Université de Paris menée par le directeur de recherche CNRS Benoît Gamain travaille depuis vingt ans au développement d’un vaccin contre le paludisme gestationnel. Celui-ci a pour objectif de prévenir jusqu’à 10 000 décès maternels et 200 000 décès infantiles par an. « Développer un vaccin efficace à destination des jeunes femmes avant leur première grossesse est une priorité afin de réduire la mortalité liée au paludisme. La stratégie vaccinale efficace pourrait cibler une population similaire à celle ciblée par la vaccination HPV par exemple, avant le premier rapport sexuel », souligne Benoît Gamain.

 

Retrouvez le communiqué de presse dans son intégralité 

 

[1] L’essai est coordonné par le Centre d’Investigation Clinique Cochin Pasteur à Paris et la plateforme d’essais cliniques EUCLID/F-CRIN à Bordeaux en collaboration avec le Centre national de recherche et de formation sur le paludisme à Ouagadougou et European Vaccine Initiative (EVI). Financement : Bundesministerium für Bildung und Forschung, through Kreditanstalt für Wiederaufbau, Germany; Inserm, and Institut national de transfusion sanguine, France; Irish Aid, Department of Foreign Affairs and Trade, Ireland.

« Fake news » et désinformation autour du coronavirus SARS-CoV2

©M.Rosa-Calatrava/O.Terrier/A.Pizzorno/E.Errazuriz-cerda

Comme tous les sujets médiatiquement forts, le coronavirus SARS-CoV2 de 2019 n’échappe pas au sillon de la désinformation. Apparu dans la province chinoise du Hubei, l’épidémie provoquée par ce coronavirus – appelé désormais SARS-CoV2 et COVID-19 pour la maladie qu’il entraîne chez le patient–continue d’alimenter les médias, mais aussi le web et les réseaux sociaux, parfois dans de mauvaises directions. L’Inserm vous propose de revenir sur les différentes formes que prend cette vague de désinformation afin de couper court aux fausses informations et mieux se repérer sur l’océan médiatique.

 S’agissant du SARS-CoV2 et du Covid-19 (la maladie contractée chez l’Homme, à distinguer du virus), la désinformation prend plusieurs formes. De la simple approximation dans les chiffres à la théorie du complot en passant par les révélations sans preuves, de nombreux supports relaient des « fake news ». Les sujets sensibles à la désinformation, eux aussi, varient : traitant tantôt de la nature du virus, tantôt de son vaccin.

En savoir plus sur le SARS-CoV2 : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/coronavirus-sars-cov-et-mers-cov

 

Le virus en lui-même :

Nombreuses sont les interrogations autour de la nature de ce coronavirus et de ce que cela implique en termes de santé publique. Est-il sans danger de recevoir des colis ayant transités depuis ou par la Chine ? Le virus ne touche-t-il que les personnes âgées ? Certains aliments permettraient-ils de se prévenir d’une infection ? La période d’incubation a-t-elle été revue à la hausse ?

Bien qu’il y ait encore quelques zones d’ombre autour du SARS-CoV2, on sait que les objets (comme les lettres et les cartons) qui transitent sur de longues distances ne permettent pas au virus de survivre pendant le laps de temps qu’ils mettent à atteindre leur destinataire. Nous savons par ailleurs que le virus se transmet essentiellement de façon aérienne, via les aérosols ou les gouttelettes de salive projetées en toussant ou en éternuant. Ainsi, un individu asymptomatique, c’est-à-dire contaminé mais ne toussant pas ou n’éternuant pas à proximité d’une autre personne, a moins de chances de propager le virus que les individus symptomatiques, sauf dans les cas de contacts physiques proches et/ou prolongés. De plus, la transmission du virus peut avoir lieu par contact avec des surfaces contaminés si une personne porte ensuite ses mains au visage. Il faut donc se laver les mains très souvent. Qui plus est, l’origine géographique et ethnique n’a aucun effet sur la capacité du virus à infecter de nouvelles personnes.

Contrairement à ce qui a pu être dit ces dernières semaines, aucun aliment (ail, fenouil) ou produit d’hygiène (sprays, bain de bouche) ne permet de se prémunir du SARS-CoV2.  Enfin, la période d’incubation moyenne estimée est de 5 à 6 jours, avec pour la majorité des cas une période comprise entre 1 et 12jours. Les recherches se poursuivent pour clarifier tant les questions sans réponses que les affirmations sans fondements.

 

Un vaccin pour l’épidémie de Covid-19 ?

Pour ce qui est du vaccin destiné à prévenir la contraction du coronavirus SARS-CoV2, il n’existe pas encore. Les divers vaccins déjà existants permettant de prévenir des cas de pneumopathies bactériennes sont malheureusement inefficaces. Des équipes aux quatre coins du globe, dont une équipe lyonnaise de l’Inserm, sont mobilisés pour comprendre ce nouveau virus et chercher à le contrer au plus vite, même si cela prend du temps. Contrairement à ce que l’on peut lire sur des sites plus ou moins complotistes insinuant que le vaccin est déjà prêt et que des laboratoires spéculent sur la létalité de l’épidémie pour en faire grimper le prix, la mise au point d’un vaccin est encore à l’étude, raison pour laquelle rien n’est proposé aux populations saines pour se prémunir à part les gestes barrières.

 

Des théories du complot autour d’un brevet sur le coronavirus :

Les théories du complot sont aussi à l’honneur. Pêle-mêle, le SARS-CoV2 aurait été fabriqué dans le laboratoire P4 de Wuhan, des brevets auraient déjà été déposés par des laboratoires pharmaceutiques pour profiter de la vente d’un vaccin lui aussi prévu à l’avance mais qui ne serait rendu accessible qu’une fois atteints les millions de morts permettant à son prix de s’envoler. Les brevets dénichés en ligne et soutenant toutes ces théories sont cependant des brevets pour le coronavirus chinois de 2002 (le SRAS-CoV), qui fut logiquement soumis à l’étude par la suite pour permettre la mise au point d’un vaccin. Tout ceci est absolument faux.

En particulier, une vidéo conspirationniste virale mettant en cause l’Inserm et l’Institut Pasteur circule actuellement sur les réseaux sociaux. L’interprétation des documents présentés dans cette vidéo est totalement erronée et l’allégation selon laquelle l’Institut Pasteur aurait inventé le virus responsable du COVID-19 est fausse. Le brevet de 2004 présenté comme “preuve” dans cette vidéo ne décrit pas l’invention du coronavirus SARS-CoV2 responsable du COVID-19, mais bien la découverte du coronavirus SARS-CoV1 responsable du SRAS, et l’invention d’une stratégie vaccinale, suite à l’épidémie partie de Chine en 2002. Ce candidat-vaccin contre le SARS-CoV1 n’a pas été expérimenté chez l’homme car l’épidémie s’est terminée avant la mise en place des essais cliniques, l’absence de patients rendant alors ces tests impossibles. Les connaissances acquises lors de la lutte contre cette épidémie d’un virus cousin du coronavirus actuel sont activement utilisées aujourd’hui par les chercheurs concernés pour élaborer un potentiel vaccin contre le Sars-CoV2. Plus de détails sur le site de l’Institut Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/coronavirus-attention-aux-fausses-informations-covid-19-circulant-reseaux-sociaux

Les « fake news » et autres questions rectifiées par l’Organisation mondiale de la Santé (page en anglais) :https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/advice-for-public/myth-busters

 

Quelques définitions pour s’y retrouver dans les expressions utilisées par les chercheurs et relayées par les médias :

Qu’est-ce qu’une pré-publication (preprint) ? C’est une publication rédigée par des chercheurs n’ayant pas encore emprunté les chemins traditionnels de la publication scientifique (relectures, corrections et validation par les pairs), parfois très longs. Cela permet de partager entre scientifiques des travaux de recherche en temps réel, ici l’épidémie de SARS-CoV2. On en retrouve sur les sites Bioχiv et Medχiv (lire Bio Archive et Med Archive).

Que signifie le terme « inventeur » dans un document scientifique tel qu’un brevet ?

En recherche, la personne découvrant un virus, une molécule ou un gisement archéologique par exemple, est désignée comme son « inventeur ». La découverte elle est désignée comme « l’invention ». Dans le cas du brevet de 2004 mentionné plus haut, les personnes désignées comme « inventeurs » du SARS-CoV1 responsable du SRAS, sont les personnes qui l’ont découvert et décrit et non pas les personnes qui l’ont créé.

Comment définit-on les cas atteints par le Covid-19 ? 

La définition des cas suspects de Covid-19 évolue avec le temps et la propagation de l’épidémie. De plus, les critères varient d’un pays à l’autre. Dans l’Hexagone, les critères établis par Santé publique France sont régulièrement mis à jour.

Voir la page d’information mise à disposition par Santé publique France sur le SARS-CoV2.

Dois-je aller me faire prescrire un traitement antipaludique par mon médecin pour lutter contre le coronavirus ?

Il n’y a pour le moment aucune validation scientifique solide de l’efficacité d’un traitement antipaludique à base de chloroquine contre le coronavirus. Les travaux évoqués dans la presse concernent une étude de très petite taille dont la validité méthodologique est controversée.

Si la possibilité de pouvoir utiliser des traitements antipaludiques sûrs, déjà bien connus et peu coûteux chez les patients atteints de coronavirus est intéressante, il est primordial d’avoir une visibilité sur des données issus d’essais cliniques impliquant des patients infectés par SARS-Cov-2, publiées et donc rendues accessibles à la communauté scientifique internationale.

Un essai clinique européen destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le COVID-19 a démarré le 22 mars 2020. Coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium REACTing, cet essai inclura au moins 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19 : https://presse.inserm.fr/lancement-dun-essai-clinique-europeen-contre-le-covid-19/38737/

A noter également qu’aucune prise de médicament quel qu’il soit n’est anodine. Les antipaludiques ne sont accessibles que sur prescription médicale. 

Epidémie mortelle en Chine liée à une nouvelle forme de coronavirus

Carte des provinces chinoises affectées par l’épidémie, colorées en fonction du nombre de cas du virus, au 27 janvier 2020. Crédits Vittoria Colizza

L’Inserm est signataire de la déclaration internationale suivante, émise par le Wellcome Trust [1] :

Partager les données et les résultats de la recherche concernant l’épidémie de nouveau coronavirus (nCoV)

L’apparition du nouveau coronavirus en Chine (2019-nCoV) représente une menace importante et urgente pour la santé mondiale. Nous appelons les chercheurs, les revues et les bailleurs de fonds à veiller à ce que les résultats de la recherche et les données relatives à cette épidémie soient partagés rapidement et ouvertement afin d’éclairer la réponse de santé publique et de contribuer à sauver des vies.

Nous affirmons notre attachement aux principes énoncés dans la déclaration de 2016 sur le partage des données dans les situations d’urgence en matière de santé publique, et nous nous efforcerons de faire en sorte que l’Organisation mondiale de la santé ait rapidement accès aux nouvelles découvertes susceptibles d’aider la réponse mondiale.

Plus précisément, nous nous engageons à travailler ensemble pour contribuer à garantir que :
– toutes les publications de recherche évaluées par des pairs et pertinentes pour l’épidémie soient immédiatement mises en libre accès, ou librement disponibles au moins pendant la durée de l’épidémie

– les résultats des recherches concernant l’épidémie soient immédiatement communiqués à l’OMS sur présentation de la revue, par la revue et avec la connaissance de l’auteur

– les résultats de la recherche soient mis à disposition en pré-print avant la publication de la revue, ou via des plateformes qui rendent les articles librement accessibles avant l’examen par les pairs, avec des déclarations claires concernant la disponibilité des données sous-jacentes

– les chercheurs partagent les données provisoires et finales de la recherche relatives à l’épidémie, ainsi que les protocoles et les normes utilisés pour collecter les données, aussi rapidement et largement que possible – y compris avec les communautés de la santé publique et de la recherche et l’OMS

– les auteurs indiquent clairement que les données ou les pré-print partagés avant la soumission ne préjugeront pas de leur publication dans ces revues.

Nous avons l’intention d’appliquer les principes de cette déclaration à des épidémies similaires à l’avenir, lorsqu’il y aura un avantage significatif pour la santé publique à garantir que les données soient partagées largement et rapidement.

Les coronavirus, qui doivent leur nom à la forme de couronne qu’ont les protéines qui les enrobent, sont une famille de virus dont le réservoir est traditionnellement animal. Dans certains cas, une transmission de l’animal à l’humain est possible, comme l’ont montré les coronavirus SRAS, MERS et probablement ce nouveau virus. 

Si ces virus sont majoritairement bénins chez l’humain, deux épidémies ayant entraîné des décès ont été recensées ces dernières années au Moyen Orient (MERS-CoV, 2012-2013) et en Chine dix ans plus tôt (SRAS-CoV, 2002-2003). Pour cette troisième épidémie, le foyer proviendrait d’un marché aux poissons et fruits de mer de Wuhan, où sont également vendus des animaux vivants. La recherche du réservoir et de l’hôte est en cours. 

En savoir plus sur les coronavirus : lire le dossier d’information de l’Inserm 

L’Inserm est d’ores et déjà mobilisé pour répondre à l’épidémie, sous l’action du consortium REACTing, qui rassemble des groupes de recherche français d’excellence. Plusieurs initiatives ont été lancées : 

  • La consolidation d’un « groupe modélisation » mis en place à la demande de REACTing, pour modéliser la propagation possible de l’épidémie en France et en Europe, et anticiper son impact sur les populations.

 

  • Le travail confié à Bruno Lina (Unité Inserm 1111 – Centre International de Recherche en Infectiologie, CIRI) pour proposer un projet de recherche sur les cibles thérapeutiques potentielles afin d’identifier des molécules capables d’agir sur plusieurs types de coronavirus

 

  • Un appui à la recherche clinique, à travers la diffusion auprès des partenaires français et internationaux de REACTing des bonnes pratiques en matière de protocoles de recherche / standardisation de la collecte de données.

 

Manuel Rosa-Calatrava, chercheur Inserm dans l’équipe VirPath au sein du Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI) est mobilisé aux côtés de ses collègues dans le cadre de REACTing, pour mettre au point plusieurs modèles d’infection in vitro et ex vivo du virus 2019 n-CoV, afin de tester des traitements antiviraux innovants.

Les chercheurs menés par Manuel Rosa-Calatrava travaillent également au développement et à la validation d’une stratégie de repositionnement de médicaments pour de nouvelles indications thérapeutiques antivirales. Ils avaient déjà repositionné in vitro deux molécules disponibles sur le marché contre des virus respiratoires, dont le MERS-CoV. L’idée est maintenant de tester ces deux molécules en lignée cellulaire et en modèle ex vivo d’épithélium respiratoire humain reconstitué contre le 2019-nCoV.

Le groupe a ainsi l’intention de répondre à l’appel européen coronavirus-2020 en proposant leurs approches de repositionnement de médicaments.

 

Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’Institut immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie à l’Inserm et chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat AP-HP (Paris) fait le point sur l’épidémie de coronavirus partie de Chine, et sur ce que l’on sait déjà du nouveau virus 2019-nCOV.

Que sait-on sur le virus à l’heure actuelle ?

On sait qu’il s’agit d’un virus qui appartient à la famille des coronavirus. Au départ, il a probablement été transmis de l’animal à l’homme dans un marché à Wuhan, au centre de la Chine. Ensuite, il y a une transmission d’homme à homme qui a été à l’origine de la présence de ce virus chez des patients en Chine, au Japon, en Thaïlande, aux Etats-Unis.

 Quelles sont les interrogations qui subsistent ?

Il y a des questions qui restent encore en suspens. Même si on sait que le réservoir vient probablement du marché de Wuhan, on ne sait pas encore quel est l’animal à l’origine de la transmission. Par ailleurs, même si on sait qu’il y a une transmission de personne à personne, on ne connaît pas encore la durée d’incubation, c’est-à-dire le délai entre la rencontre avec le virus et l’apparition des symptômes. C’est un point important pour mettre en place des interventions afin d’arrêter la maladie. Ce qui est bien, c’est qu’on a déjà des outils diagnostics, mais on n’a pas encore de traitements ou de vaccins.

Quelle est la capacité du virus à muter ?

Au début, c’est probablement un virus qui existait chez l’animal et qui a un peu muté pour devenir adaptable à l’homme. Les coronavirus ont une capacité à muter, mais on ne sait pas si ce sera le cas ici et je ne suis pas sûr que ce soit la question pressante aujourd’hui. La grande question c’est d’identifier les malades, et de les isoler pour essayer d’arrêter la transmission. Ensuite, il faut continuer à surveiller pour s’assurer que nos outils diagnostics continuent à fonctionner.  

 Comment a-t-on développé les outils diagnostics ? Cela a-t-il nécessité un envoi du virus en France par les Chinois ?

Des séquences du virus ont été isolées en Chine et transmises à l’ensemble des chercheurs dans le monde. A partir de là, des outils diagnostics ont été développés. Ce n’est pas le virus entier qui a été envoyé, mais les séquences ARN, et apparemment il serait difficile de le cultiver.

 Quels sont les symptômes à surveiller ?

Les symptômes principaux sont de la fièvre, un syndrome pseudogrippal, des maux de têtes, des douleurs dans les articulations et les muscles dans un premier temps. Dans un deuxième temps, des signes respiratoires, toux, crachats et essoufflements, jusqu’à des pneumonies qui peuvent être sévères dans les cas les plus graves. En sachant que l’on peut aussi développer seulement ce qui s’apparente à un simple rhume.

 Quel est le dispositif de prévention mis en place en France à l’heure actuelle ? Pourquoi certains dispositifs mis en place dans d’autres pays n’ont pas été adoptés ?

 La France a mis en place l’information des passagers via des messages dans les avions et des affiches. Pour le moment, elle n’a pas mis en place des mesures de contrôle de température, mais il faut savoir que ce dispositif de surveillance est très débattu. Tout le monde n’est pas d’accord qu’il s’agit d’un outil très sensible et spécifique pour essayer de détecter les malades. 

 Quelles précautions en France pour les voyageurs arrivant de Wuhan ?

En revenant de Wuhan, si on a de la fièvre et des problèmes respiratoires, il faut appeler le centre 15, qui redirige vers les infectiologues. Ensemble, ils décident si vous devez être hospitalisés ou pas, afin de rechercher le virus.

Au niveau individuel, quelles sont les mesures barrières recommandées ?

La transmission d’homme à homme se fait par voie respiratoire et aussi par contact entre les mains. Il faut donc mettre un masque et se laver fréquemment les mains.

 Quelles sont les priorités de recherche et comment l’Inserm est-il impliqué ?

L’Inserm et le réseau REACTing a réuni les chercheurs. Nous avons identifié les questions de recherche. La question du traitement bien sûr. Des chercheurs français, notamment l’équipe de Bruno Lina à Lyon qui ont des candidats pour le traitement qu’il faut maintenant évaluer. Mais aussi la question de toute la partie diagnostique qui est en train d’être développée pour obtenir des tests plus rapides, ainsi que celle de la surveillance des mutations. Enfin, des chercheurs Inserm et Pasteur qui suivent la dynamique de l’épidémie avec des modélisations. 

 

[1] Liste des signataires : Academy of Medical Sciences, UK; African Academy of Sciences; Assistant Secretary for Preparedness and Response / Biodefense Advanced Research and Development Authority, USA; Austrian Science Fund (FWF), Bernhard Nocht Institute for Tropical Medicine (BNITM); Bill & Melinda Gates Foundation; BioRxiv; Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC), UK; Bulletin of the World Health Organization; The British Medical Journal (BMJ); Calouste Gulbenkian Foundation – Gulbenkian Science Institute; Canadian Institutes of Health Research; Centers for Disease Prevention and Control (CDC), USA; Chinese Centre for Disease Control and Prevention; The Department for International Development (DFID); DG Research & Innovation, European Commission; Dutch Research Council (NWO); eLife; EcoHealth Alliance; EMBO; Epicentre – MSF; European Respiratory Journal ; ERJ Open Research; F1000 Research Limited; Fondation Merieux; Food & Drug Administration, USA; French National Research Agency (ANR); The Global Health Network; Global Virus Network; GLOPID-R ; Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), France ; The Institut Pasteur; International Severe Acute Respiratory and emerging Infection Consortium (ISARIC); International Society for Infectious Diseases (ISID); Japan Agency for Medical Research and Development (AMED); Johnson & Johnson; The Lancet Luxembourg National Research Fund (FNR); Medical Research Council (UK); Médecins Sans Frontières/Doctors Without Borders (MSF); MedRxiv; Merck Research Laboratories; Microbide Limited National Academy of Medicine, USA; National Institutes of Health (NIH), USA; National Institute for Infectious Diseases Lazzaro Spallanzani, Italy; New England Journal of Medicine; Office of Global Affairs, Department of Health and Human Services, USA; Portland Press; PLOS; The Research Council of Norway; The Royal Society; Science Europe; Science Foundation Ireland ; ScienceOpen; South African Medical Research Council Takeda; Taylor & Francis; ZonMW – The Netherlands Organisation for Health Research and Development

Une étude fait le lien entre exposition des enfants aux écrans et troubles du langage

boy and girl standing in front of laptop

Une étude à laquelle l’Inserm a participé et relayée dans le BEH a montré que les enfants qui étaient exposés aux écrans le matin avant l’école, et qui discutaient rarement ou jamais du contenu de ces écrans avec leurs parents, étaient environ six fois plus à risque de développer des troubles primaires du langage que les enfants qui n’avaient aucune de ces deux caractéristiques.

Des études de cohorte prenant en compte ces deux variables significatives pourraient être intéressantes.

L’exposition aux écrans chez les jeunes enfants est un problème de santé publique et les professionnels de santé de la petite enfance ont un rôle important à jouer dans la prévention en informant les parents sur les risques encourus.

Lire l’article du BEH en intégralité.

Diarrhées aiguës : activité forte en augmentation en France

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Les médecins du réseau Sentinelles de l’Inserm surveillent le nombre de cas de diarrhées aiguës vus en consultation.

Concernant la surveillance clinique : en France métropolitaine, la semaine dernière (2020s01), le taux d’incidence des cas de diarrhées  aiguës vus en consultation de médecine générale a été estimé à 326 cas pour 100 000 habitants, en augmentation par rapport à la semaine précédente.

Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en régions Nouvelle-Aquitaine (462), Grand-Est (426) et Pays de la Loire (415).

Concernant les cas rapportés, la semaine dernière, l’âge médian était de 36 ans (de 2 mois à 100 ans), les hommes représentaient 49% des cas. Les tableaux cliniques rapportés par les médecins Sentinelles ne présentaient pas de signe particulier de gravité : le pourcentage d’hospitalisation a été estimé à 0,3%.

Diarrhées aiguës : activité forte en augmentation en France

 

 

Les médecins du réseau Sentinelles de l’Inserm surveillent le nombre de cas de diarrhées aiguës vus en consultation.

Concernant la surveillance clinique : en France métropolitaine, la semaine dernière (2019s52), le taux d’incidence des cas de diarrhées  aiguës vus en consultation de médecine générale a été estimé à 289 cas pour 100 000 habitants, en augmentation par rapport à la semaine précédente.

Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en régions Grand-Est (656 cas pour 100 000 habitants), Occitanie et Nouvelle-Aquitaine.

Concernant les cas rapportés, la semaine dernière, l’âge médian était de 34 ans (de 1 mois à 95 ans), les hommes représentaient 48% des cas. Les tableaux cliniques rapportés par les médecins Sentinelles ne présentaient pas de signe particulier de gravité : le pourcentage d’hospitalisation a été estimé à 0,7%.

L’Inserm vous souhaite de joyeuses fêtes!

L'Inserm vous présente ses meilleurs voeux pour l'année 2020

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Épidémie de cryptosporidiose : l’Inserm étudie des pistes thérapeutiques

Structure 3D de l’enzyme avec la molécule AN3661 sur fond de l’intestin d’une souris immunodéficiente infectée par Cryptosporidium. ©Fabrice Laurent et Christopher Swale

Éviter de boire l’eau du robinet : c’est ce que recommande l’Agence Régionale de Santé PACA, alors que de nouveaux cas de cryptosporidiose ont été diagnostiqués dans le secteur de Grasse. Au total, une quarantaine de personnes aurait été infectée par cette maladie diarrhéique depuis le mois dernier.  

La pathologie est causée par un parasite microscopique, Cryptosporidium, qui se développe dans l’intestin de nombreux mammifères, notamment dans celui de l’homme. Ce parasite intestinal se propage principalement par la contamination d’eau de consommation mais aussi dans les eaux de baignade (il peut survivre plusieurs jours dans les eaux chlorées), ou encore par le contact avec des animaux infectés. Le jeudi 21 novembre, les habitants de la région de Grasse ont donc été invités à « consommer de l’eau embouteillée ». L’ARS recommande également de « faire bouillir l’eau du robinet pendant deux minutes avant de l’utiliser pour la préparation des aliments », en particulier pour les personnes les plus fragiles. 

Traitement potentiel de la maladie 

La cryptosporidiose provoque des diarrhées aiguës, parfois fatales chez les populations les plus vulnérables comme l’enfant en bas âge souffrants de malnutrition, ou les patients immunodéprimés (par exemple ceux infectés par le VIH). Les moyens thérapeutiques sont actuellement très limités et dans certains cas inefficaces pour éliminer ce parasite.

À l’Inserm, l’équipe de Mohamed-Ali Hakimi (Institute for Advanced Biosciences – Inserm U 1209 / CNRS UMR 5309 / UGA) en collaboration avec Fabrice Laurent (INRA) s’est récemment penchée sur cette maladie souvent méconnue du public, afin d’explorer de nouvelles pistes de traitement. Les chercheurs ont découvert un nouveau candidat-médicament pour contrôler la maladie. Appelée AN3661, cette molécule réduit drastiquement l’infection de Cryptosporidium mais également celle de Toxoplasma, le parasite responsable de la toxoplasmose.

Les chercheurs ont par ailleurs étudié le mécanisme d’action de cette molécule en résolvant la structure tridimensionnelle de sa cible, appelé CPSF3, chez Cryptosporidium. AN3661 se lie au cœur de l’enzyme CPSF3 et empêche ainsi la maturation des ARN messagers, un processus essentiel à la survie du parasite. Des essais précliniques en modèle murin montrent une efficacité remarquable in vivo avec des traitements de l’infection en dose unique chez des souriceaux ou des souris immunodéprimées.

Les travaux de Mohamed-Ali Hakimi et de ses collègues sont publiés dans Science Translational Medicine.

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