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La lumière du soleil : amie ou ennemie ?

 

 

Crédit Herbert Goetsch

Herbert Goetsch © Unsplash photos

 

La France connaît des périodes de fortes chaleur ces dernières années, avec des canicules de plus en plus fréquentes entre juin et septembre. Cette période estivale est l’occasion pour l’Inserm de revenir sur les bienfaits mais aussi les dangers liés à la lumière du soleil.

Une exposition prolongée aux rayons UV favorise le développement du mélanome

L’exposition aux rayons ultraviolets du soleil est la principale cause de cancer de la peau, connu aussi sous le nom de mélanome. A chaque exposition, l’action des rayons altère les cellules de la peau. Les cellules disposent de mécanismes d’adaptation qui leur permettent de réparer les dommages qu’elles subissent, mais ils ne sont pas inépuisables : en cas d’expositions brutales et répétées, la peau ne parvient plus à se défendre contre les dégâts causés et des cellules cancéreuses peuvent se développer.

Lorsque le mélanome n’est pas traité à temps, il forme des métastases qui se disséminent dans les tissus et font diminuer les chances de survie.

  • En 2010, des chercheurs de l’Inserm dirigés par Alain Mauviel à l’Institut Curie ont identifié une protéine appelée GLI-2, qui interagit avec l’ADN et l’ARN pour favoriser le développement de métastases. Comprendre le rôle de cette protéine ouvre des pistes pour élaborer des stratégies thérapeutiques plus efficaces pour freiner l’évolution du mélanome.
  • En 2014, des chercheurs du laboratoire « Biomarqueurs prédictifs et nouvelles stratégies moléculaires » ont révélé qu’un complexe protéique appelé Eif4f était impliqué dans la résistance des métastases aux traitements. Cette découverte permet de mieux comprendre pourquoi ces traitements deviennent inefficaces et ouvre sur de nouvelles stratégies pour freiner le développement de ces tumeurs agressives.
  • En 2016, des chercheurs de l’Inserm en collaboration avec le service de dermatologie du CHU de Nice, ont révélé qu’une nouvelle famille de molécules, les Thiazole Benzensulfonamides (TZB), présentaient des propriétés anti-cancéreuses. En modifiant leur structure en laboratoire, les chercheurs sont parvenus à obtenir une molécule appelée HA15 qui induit la mort des cellules cancéreuses sans agresser les cellules normales. L’objectif à la fin des essais cliniques est d’utiliser ces molécules dans le traitement du mélanome mais aussi pour d’autres formes de cancers.

Ces avancées prometteuses ne garantissent cependant pas à ce jour une protection contre le cancer de la peau. Il est donc nécessaire de se protéger avant toute exposition au soleil.

 

La lumière influence nos fonctions cognitives et physiologiques

 

Pour fonctionner correctement, notre horloge biologique se base sur des signaux qu’elle reçoit de l’extérieur et qu’elle interprète comme des indicateurs temporels pour se synchroniser sur 24h. La lumière, en particulier la lumière naturelle, constitue un stimulant puissant pour l’éveil et la cognition. Elle permet notamment de lutter contre la somnolence ou le « blues hivernal ».

En 2014, des chercheurs de l’Inserm et du Centre de Recherche du Cyclotron de l’Université de Liège ont révélé que nous possédions une sorte de « mémoire de la lumière » (ou mémoire photique). Ils ont observé que notre cerveau pouvait mieux réaliser une tâche cognitive lorsque nous avons été exposés à la lumière quelques heures auparavant. Ce processus est possible grâce à la mélanopsine, un photorécepteur de l’œil sensible à la lumière qui transmet l’information lumineuse vers de nombreux centres du cerveau dits « non-visuels ». Sans ce photorécepteur, les fonctions non-visuelles sont perturbées, l’horloge biologique est déréglée et  l’effet stimulant de la lumière est amoindri.  

Au-delà des bénéfices cognitifs, sortir régulièrement dehors quand il fait beau au printemps et en été (sans toutefois s’exposer de façon prolongée) permet de garantir un apport suffisant en vitamine D, laquelle n’est pas synthétisée par notre corps et ne se retrouve que de façon très limitée dans les aliments.

 

Journée mondiale de la maladie de Charcot

Maladie de Charcot

Motoneurone en cours de dégénérescence © Inserm/Raoul, Cédric

 

Le 21 juin a lieu la journée mondiale de la maladie de Charcot, scientifiquement connue sous le nom de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Il s’agit d’une maladie neurodégénérative rare et grave dont on ignore encore l’origine. L’occasion pour l’Inserm de revenir sur les pistes de traitements qui s’ouvrent progressivement grâce à la recherche.

La maladie de Charcot se caractérise par la perte progressive des fonctions musculaires, qui entraîne le décès entre 3 et 5 ans après son apparition.  On sait que cette dégénérescence est causée par la mort des neurones chargés de contrôler les muscles (motoneurones) et des neurones chargés de contrôler le mouvement depuis le cortex moteur.  Cependant, on ignore encore l’origine de ce processus délétère.

 

Des causes multifactorielles

Certaines données suggèrent que l’environnement pourrait être un facteur déclencheur (tabac, sport de haut niveau, pesticides…) mais rien ne permet de le prouver formellement à ce jour. En revanche, on sait que dans 10% des cas, la SLA est d’origine familiale. Elle découlerait dans ce cas de l’altération d’un ou plusieurs gènes qui se transmettent des parents aux enfants. Les chercheurs ont identifié une trentaine de gènes dont les mutations  pourraient favoriser l’apparition de la SLA.

Au niveau cellulaire, les cellules gliales chargées de soutenir les motoneurones comme les astrocytes, ainsi que certains acteurs du système immunitaire, favorisent aussi le développement de la maladie. Les chercheurs ont en effet découvert dans des modèles animaux de la SLA un état inflammatoire chronique, dans lequel les cellules gliales jouent un rôle délétère. Comprendre le rôle précis de ces cellules dans le développement de la SLA pourrait ouvrir des pistes thérapeutiques.

Lire le dossier de l’Inserm sur la maladie de Charcot

 

Une piste de thérapie génique

En février 2020, des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut de Montpellier ont identifié que le stress calcique avait un effet délétère sur les motoneurones.  Ils ont découvert un canal membranaire appelé TMEM16F activé par le calcium, dont la perte de fonction pourrait protéger les motoneurones contre ce stress. Cette découverte permet de mieux comprendre les mécanismes de la SLA au niveau cellulaire, et donc d’ouvrir une nouvelle piste de traitement par thérapie génique.

La thérapie génique consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules pour soigner une maladie.

Consulter l’article « SLA : l’identification d’un canal membranaire ouvre la piste d’une thérapie génique »

 

Il ne faut pas confondre la maladie de Charcot avec les maladies de Charcot Marie-Tooth qui sont  aussi des maladies génétiques rares, mais dont les implications cliniques sont moins sévères. Elles se caractérisent entre autres par des atrophies aux extrémités des membres, un handicap à la marche et une perte de la sensibilité.

Journée mondiale des donneurs de sang

 

échantillons de sang

©Unsplash photos

Le 14 Juin a lieu la journée mondiale des donneurs de sang.  L’occasion pour l’Inserm de rappeler l’importance du don pour la qualité et l’espérance de vie des individus atteints d’hémopathie. 

L’hémopathie désigne l’ensemble des maladies qui affectent le sang en général : ses composants, sa production ou ses mécanismes.

A ce jour, le don du sang constitue la meilleure piste pour les individus atteints de  drépanocytose.

La drépanocytose est la première maladie génétique au monde, la plus fréquente en France. Il s’agit d’une anomalie génétique du sang, qui affecte les globules rouges, abîmant les tissus et les organes vitaux. La qualité de vie des patients en est fortement diminuée, avec de très fréquentes hospitalisations, des crises parfois très douloureuses, une plus grande vulnérabilité aux infections et un traitement médicamenteux lourd. Cependant, grâce aux dons du sang, les patients peuvent bénéficier une ou deux fois par mois d’une transfusion sanguine. Le patient reçoit alors le sang d’un donneur sain compatible, qui permet de diluer les globules rouges anormaux avec des globules rouges normaux.  En cas de complications graves, les patients peuvent également bénéficier d’échanges transfusionnels où une partie du sang du malade est remplacé par celui d’un donneur sain afin de diminuer la concentration en hémoglobine malade. Cela diminue aussi le risque d’occlusion dans les vaisseaux et donc les risques d’AVC. Cette méthode, rendue possible par les dons, est éprouvante pour le corps mais constitue la meilleure alternative à ce jour pour améliorer la qualité de vie des patients. 

Regarder la vidéo de l’Inserm sur la drépanocytose et l’échange transfusionnel 

 

L’importance des cellules du sang dans la réponse immunitaire

Une étude co-dirigée par Sandrine Sarrazin de l’Inserm et Michael Sieweke du CNRS en 2020 a montré que les cellules souches du sang gardaient en mémoire les traces des infections passées, pour déclencher une réponse immunitaire plus efficace par la suite. 

Par ailleurs, les cellules de notre sang sont chargées de nourrir, de nettoyer et de défendre nos tissus. Bien que leur espérance de vie soit limitée, le corps est capable de produire en temps voulu des cellules sanguines « remplaçantes » notamment en cas d’infection. C’est justement le rôle des cellules souches sanguines, qui se situent dans la moelle osseuse, et qui envoient quotidiennement des milliards de nouvelles cellules dans le flux sanguin. Ainsi, un sang de « qualité » est primordial pour vivre en bonne santé dans de nombreux domaines. 

Lire notre communiqué de presse « Les cellules souches sanguines ont une mémoire immunitaire et ouvrent des pistes dans la recherche sur le Covid-19 »

Lire notre communiqué de presse « L’étonnante capacité des cellules souches sanguines à répondre aux situations d’urgence »

L’Etablissement Français du Sang (EFS) collecte et distribue du sang chaque dans jour dans les hôpitaux. Le don du sang est donc primordial pour améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients. En 2020 et 2021, les français ont fait preuve de solidarité malgré la crise sanitaire et ont continué à participer aux collectes. Néanmoins, les réserves demeurent trop basses et l’EFS a lancé un appel à la mobilisation.

Pour aller plus loin…

Lire notre Canal Détox  « Les personnes appartenant au groupe sanguin O protégées contre le Sars-CoV-2, vraiment ? »

Journée mondiale du bien-être

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©Shutterstock Young Couple Runners Legs Running Sunrise : photo de stock (modifiable) 1262367928 (shutterstock.com)

Le 12 Juin est célébrée la journée mondiale du bien-être. Le bien-être est souvent associé à la satisfaction des besoins du corps et de l’esprit.  L’occasion pour l’Inserm de revenir sur ses réalités corporelles, psychologiques et sociales, qui sont au cœur de la recherche médicale.

 

Réduire sa consommation de sucre pour privilégier un bien-être sur le long terme

Le sucre est addictif, pas nécessairement au sens clinique du terme, mais dans la mesure où il est ancré dans nos habitudes alimentaires. On le retrouve dans la majorité des produits transformés que nous achetons au supermarché. Il est donc difficile de ne pas dépasser la dose journalière de 100gr recommandée par les autorités de santé. On a tendance à lire dans les médias que les aliments sucrés comme le chocolat noir ont des vertus anti-stress. Or, pour Léopold Feuzeu, épidémiologiste à l’Inserm, si le chocolat stimule bien le centre du plaisir de notre cerveau, et contribue donc à diminuer notre stress à court terme, ces bienfaits sont de courte durée : une tablette est composée à 50% de mauvais gras, sans compter le sucre. Et selon Mathilde Touvier, chercheuse Inserm en épidémiologie nutritionnelle, dépasser la dose journalière de 100gr de sucre est associé à des problèmes de surpoids, de tension artérielle, et de maladies cardiovasculaires. En outre, il a été démontré que les cellules tumorales se nourrissaient de sucre, par conséquent une consommation excessive est aussi liée à un risque accru de cancer.

Les bénéfices à court terme associés à la consommation de sucre (regain d’énergie, sensation de plaisir…) sont donc inférieurs aux risques encourus pour la santé. Attention toutefois, les experts ne préconisent pas un arrêt complet du sucre, car certains aliments sucrés contiennent des nutriments vitaux.  Ils recommandent plutôt une consommation avec modération, en surveillant notamment la composition des produits à l’aide d’indicateurs comme le Nutriscore.

Regarder les Canal Détox    « Une vie sans sucre, vraiment ? »

                                                 « le chocolat, c’est bon pour la santé, vraiment ? »

 

L’importance de l’activité physique dans le traitement des maladies chroniques

Aujourd’hui, un français sur quatre souffre d’une maladie chronique, trois sur quatre après 65 ans. Ces maladies limitent grandement la qualité de vie et l’autonomie.

Les maladies chroniques sont des affections non transmissibles de longue durée, parfois permanentes, et qui évoluent avec le temps. On retrouve parmi les plus fréquentes le diabète, les pathologies cardiovasculaires, et les cancers.

Quatre facteurs de risques favorisent le développement d’une maladie chronique : le tabac, l’alcool, une mauvaise alimentation et l’inactivité physique. L’impact de l’activité physique dans le développement et le traitement des maladies chroniques a fait l’objet d‘une expertise collective à l’Inserm, sollicitée par le Ministère des Sports en 2019.  L’enjeu de cette expertise était surtout de réfléchir à la meilleure façon d’intégrer l’activité physique dans le programme thérapeutique des patients. En février 2019, elle publiait entre autres les recommandations suivantes :

  • L’activité physique doit être systématiquement prescrite dans le parcours de soin.
  • Ces activités doivent être adaptées au cas par cas, selon la pathologie du patient et ses caractéristiques physiques et psychologiques.
  • Proposer un programme que le patient pourra appliquer à domicile ou à proximité de son lieu de vie.
  • Articuler le programme d’activité physique à un programme d’éducation thérapeutique afin d’ancrer l’engagement du patient sur le long terme.

 

Comment limiter l’impact de la pandémie de covid-19 sur notre santé mentale ?

Selon une étude réalisée par le centre de recherche Inserm Bordeaux sur la cohorte MAVIE,  la santé mentale perçue s’est fortement dégradés dans la population depuis le début de la pandémie, en particulier chez les femmes et chez ceux qui habitent un logement de moins de 30m².

Les confinements successifs ont également affecté la santé mentale des enfants. Des chercheurs de l’Inserm et de l’Ined ont révélé en avril 2021 que 13% des enfants de 8 à 9 ans ont été concernés par des troubles socio-émotionnels pendant le confinement. Par ailleurs, 22% d’entre eux ont rencontré des troubles du sommeil.  Une étude sur la cohorte TEMPO mise en place par l’Inserm a montré que 24,7% des enfants issus d’un échantillon de 432 ménages présentaient des symptômes d’hyperactivité et d’inattention pendant le premier confinement. Cette même étude a identifié plusieurs facteurs de risques : la pauvreté, la taille du logement, et l’absence d’un des deux parents. Par ailleurs, le mal-être des parents est un facteur de risque à ne pas négliger dans l’apparition de troubles émotionnels chez l’enfant. C’est pourquoi il est aussi nécessaire d’accompagner les parents en souffrance durant cette période.

 

L’alcool présente un risque pour la santé, même en consommation occasionnelle

Nous associons l’alcool à des moments de détente et de convivialité. Mais comme pour le sucre, le bien-être qui y est associé est trompeur.

Le 4 Juin ont été présenté les résultats de l’expertise collective Inserm sur la réduction des risques associés à la consommation d’alcool. Les chercheurs ont ainsi recoupé plus de 3600 documents pour dresser un constat alarmant : la consommation d’alcool est la première cause d’hospitalisation en France, chez les jeunes comme chez les plus âgés. En outre, même une consommation en faible quantité représente déjà un facteur de risque, en particulier chez les femmes qui ont une plus grande vulnérabilité biologique vis-à-vis de l’alcool.  Ainsi contrairement aux croyances populaires, les verres de vins au cours d’un repas ou les digestifs en fin de repas, ne sont pas sans conséquence pour l’organisme.

La mortalité attribuée à l’alcool est plus élevée en France qu’ailleurs en Europe. Selon l’expertise collective, le marketing autour des boissons alcoolisés est largement responsable de ce constat, car il  contribue à banaliser voire encourager leur consommation surtout auprès des jeunes. C’est aux autorités de santé d’établir une stratégie de prévention auprès du grand public, à travers des opérations de sensibilisation comme le mois sans alcool qui connait un succès grandissant, mais aussi en encadrant strictement le marketing autour des boissons alcoolisées.

Enfin, la consommation d’alcool entraîne parfois une sévère dépendance, de l’ordre de la maladie chronique. Cette dépendance est particulièrement marquée chez les personnes en difficulté financière et sociale. Il est donc difficile de la traiter sans intervenir sur l’environnement et les conditions de vie de l’individu, notamment à travers une prise en charge psychologique et psychiatrique. A noter qu’il n’est pas nécessaire d’être dépendant pour avoir une consommation d’alcool considérée comme problématique. Il existe aussi des programmes thérapeutiques pour ce cas particulier, souvent sous-estimé par les individus qui en souffrent. 

 

L’importance d’un environnement de qualité

La qualité de l’environnement dans lequel nous évoluons au quotidien joue un rôle déterminant sur notre santé et notre bien-être. La pollution atmosphérique, en particulier dans les métropoles, est responsable sur le long terme de maladies chroniques (cancer du poumon entre autres) et respiratoires. C’est pourquoi l’Ile de France a lancé un système d’alerte de pics de pollution, associé à une réduction du trafic, pour encourager les plus fragiles à limiter leurs sorties lorsque la concentration de polluants atmosphériques dépasse le seuil d’alerte. En mai 2021, une équipe de chercheurs de l’Inserm et de Sorbonne Université a publié une étude démontrant l’efficacité de ces mesures. En effet depuis l’application de seuils de pollution plus stricts fin 2011, les chercheurs ont identifié une baisse de la mortalité de l’ordre de 7 à 25% dans la population générale, et de l’ordre de 9 à 28% chez les plus âgés.

 

Journée mondiale d’action pour la santé des femmes

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Le 28 Mai a lieu la journée internationale d’action pour la santé des femmes. L’occasion pour l’Inserm de revenir sur la spécificité du genre féminin dans le domaine de la santé et sur les recherches qui y sont associées.

Au niveau biologique, les femmes sont touchées par des pathologies spécifiques, mais aussi par des réactions immunitaires et des symptômes parfois différents de ceux observés chez les hommes.

Endométriose : un diagnostic souvent tardif

L’endométriose est une maladie gynécologique fréquente qui concerne une femme sur dix. Le traitement le plus indiqué est la prise d’un contraceptif hormonal en continu, qui va permettre de bloquer les fonctions ovariennes et de réduire les douleurs liées à cette pathologie. Ce traitement médicamenteux, comme pour un usage contraceptif traditionnel, doit être adapté au cas de chaque patiente.

L’endométriose est souvent associée à une moins bonne fertilité chez la femme. Dans le cas où la patiente désire une grossesse et que celle-ci ne survient pas de manière naturelle, elle peut bénéficier d’une aide médicale à la procréation (AMP ou PMA). Une opération chirurgicale des lésions d’endométriose n’est indiquée que lorsque ces deux techniques se révèlent inefficaces. D’autant que cette opération est très invalidante et n’agit pas sur les origines de la pathologie, de sorte que la maladie et les douleurs associés peuvent revenir à moyen ou long terme.

Il ne faut pas oublier qu’avant d’envisager un traitement, la maladie doit d’abord être diagnostiquée. En France, l’endométriose met en moyenne entre 7 et 10 ans à l’être.

Retrouvez ici le point de l’Inserm sur les recherches liées à l’endométriose.

Tampons et choc toxique : des chercheurs de l’Inserm expliquent quels sont les usages à éviter

Le choc toxique lié à l’usage des tampons a souvent fait parler de lui dans les médias. Ce ne serait pas la composition des tampons, mais plutôt leur mésusage qui serait en cause. Dans une étude parue en juin 2020 menée par le Pr Gérard Lina, les chercheurs ont identifié trois comportements à éviter : le fait de porter un tampon pendant plus de 6 heures (contrairement aux 8h recommandées), de le porter pendant la nuit, et de ne pas suivre correctement les instructions sur la notice.

Par ailleurs, il est recommandé de privilégier les tampons en coton de fibres de cellulose.

Retrouvez tous les conseils dans la vidéo pédagogique de l’Inserm

Covid-19 : la réponse immunitaire est plus performante chez les femmes

Une étude menée par Samira Fafi-Kremer de l’Inserm et Olivier Schwartz de l’Institut Pasteur a montré que les taux d’anticorps développés par les femmes dans les mois qui suivaient une infection au SARS-CoV-2 étaient plus stable que celui des hommes.

Cela s’explique notamment par le fait qu’une grande partie des gènes de l’immunité se situent sur le chromosome X, que les femmes ont en deux exemplaires. Cette découverte implique que la stratégie vaccinale pourrait être différente pour les hommes et les femmes. Globalement, les femmes ont une réponse immunitaire plus importante que celle des hommes, ce qui leur permet d’être moins sensibles aux maladies infectieuses et d’être plus réceptives aux vaccins. Mais cela les rend aussi plus vulnérables aux maladies auto-immunes.

VIH : les femmes présentent moins de symptômes d’infection aiguë

Des  chercheurs de l’Inserm et de l’ANRS ont observé chez des patients en phase aiguë de l’infection que les femmes avaient une charge virale moins importante. Cela s’explique par deux phénomènes génétiques : d’une part, le récepteur TLR7 (chargé de l’envoi de sentinelles immunitaires) se situe au niveau du chromosome X, que les femmes ont en deux exemplaires contrairement aux hommes. D’autre part, cette immunité est renforcée chez certaines femmes porteuses de l’allèle T en deux exemplaires, qui ont une charge virale nettement moins importante par rapport aux femmes non porteuses de l’allèle T.

Au niveau social, les femmes sont aussi confrontées à des inégalités qui rejaillissent sur la santé physique et psychique.

Infarctus du myocarde : les représentations sociales à l’origine d’un sous-diagnostic

Il arrive fréquemment qu’une sensation de douleur ou d’oppression dans la poitrine chez les femmes soient associées à des facteurs psychologiques comme le stress ou l’anxiété. Pourtant, il s’agit d’un des principaux symptômes de l’infarctus du myocarde, trop souvent sous-diagnostiqué chez les femmes. Ainsi, selon l’Inserm, 56% des femmes meurent d’un infarctus contre 46% seulement chez les hommes. Cet écart peut s’expliquer notamment par la représentation sociale que nous avons de l’infarctus : on le considère encore comme une maladie masculine, incarnée par un homme d’âge mûr stressé au travail. De plus, les symptômes de l’infarctus chez les hommes sont souvent considérés comme les symptômes de références, alors qu’ils se manifestent parfois différemment chez les femmes.

Visionnez la vidéo de l’Inserm sur les clichés liés aux maladies cardiovasculaires

L’accès progressif des femmes à l’éducation associé à la diminution des cas de démence

La chercheuse Inserm Séverine Sabia et l’équipe EpiAgeing du Centre de recherche épidémiologique et statistiques ont observé que les femmes nées dans les années 40 et 50 développaient plus fréquemment des formes de démence. Ce phénomène pourrait en partie s’expliquer par les inégalités d’accès à l’éducation entre les hommes et les femmes jusqu’à cette période. Au contraire, au cours des dernières générations, certaines capacités cognitives des femmes se sont améliorées, en lien avec un meilleur accès aux études supérieures.

Retrouvez le communiqué de presse dans son intégralité 

Les femmes enceintes aussi victimes de violence

En France, 2 femmes sur 100 subissent des violences pendant leur grossesse. En s’appuyant sur les données recueillies lors de l’Enquête Nationale Périnatale de 2016, les chercheurs de l’équipe EPOPé (Inserm et Université de Paris) ont identifié des facteurs sociaux qui favoriseraient les cas d’abus et de violences : la fréquence des violences est notamment plus élevée pour les femmes vivant dans les ménages aux revenus moins élevé. Ils ont également montré que 62% des femmes enceintes ayant subi des violences ont été en situation de détresse psychologique contre 24% pour les autres femmes. Du côté des nouveau-nés, un lien a été établi entre violences et naissances nécessitant le transfert de l’enfant en soin intensifs.

Retrouvez le communiqué de presse dans son intégralité

Depuis plusieurs années, des chercheurs et chercheuses de l’Inserm articulent la question du genre à celle de la santé. Cette démarche s’incarne notamment à travers le groupe « Genre et recherche en Santé » du Comité d’éthique de l’Inserm , coordonné par Catherine Vidal et  Jennifer Merchant.

Semaine mondiale des déficits immunitaires primitifs (DIP)

 

Cellule hématopoïétique corrigée par transfert de gène.© Inserm/Généthon/Charrier, Sabine & Stockolm, Daniel


Du 22 au 29 Avril a lieu la semaine mondiale des déficits immunitaires primitifs (DIP). L’occasion pour l’Inserm de revenir sur les progrès de la recherche dans le traitement de ces maladies.

Faire connaître le DIP : l’importance d’un meilleur dépistage

Une des fonctions les plus importantes du système immunitaire est d’empêcher une infection de se disséminer dans notre organisme. Si ce système fait défaut, par exemple lorsque l’un de ses composants est absent ou défaillant, il s’agit d’un déficit immunitaire.

On parle de déficit immunitaire primitif (DIP) lorsque cette défaillance est causée par une maladie génétique. Le DIP est protéiforme, mais il se traduit généralement par l’absence d’un composant du système immunitaire, ou bien par un dysfonctionnement de ses cellules. Par conséquent, un individu souffrant de DIP présente dès la petite enfance des infections fréquentes (otites, sinusites…), parfois très sérieuses (pneumonies, méningites…) comme dans le cas des déficits immunitaires combinés sévères (ou DICS).

Bien que les DIP soient liés à des maladies génétiques rares, il est important qu’ils soient connus du grand public car les erreurs de diagnostic ou la sous-estimation des symptômes peuvent mettre en danger la vie des malades. L’IRIS, l’association de soutien aux patients atteints de DIP, a relayé les chiffres du site World PI Week qui estime qu’entre 70 et 90% des malades restent non diagnostiqués, alors qu’il est aujourd’hui possible de les soigner grâce à un diagnostic rapide.

Les recherches menées par les chercheurs de l’Inserm ont ouvert de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les enfants atteints de DIP.

Dès 1999, Alain Fischer, Salima Hacein-Bey-Abina (aujourd’hui rattachée à l’Unité Inserm1267), Marina Cavazzana-Calvo1 , ainsi que leurs équipes de l’Institut des maladies génétiques (Unité Inserm 1163) et de l’AP-HP ont développé une méthode qui consiste à insérer une copie normale du gène altéré dans l’organisme d’enfants malades atteints de déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X. Il s’agit d’une auto-greffe, qui permet ainsi d’éviter le risque de conflit immunologique entre le donneur et le receveur. Néanmoins, durant ces premiers essais, certains enfants avaient développé une leucémie suite à la thérapie.   En 2010, un nouvel essai clinique a démarré grâce au développement de vecteurs thérapeutiques plus sûrs.  Les sept enfants pris en charge ont alors pu retrouver une vie normale, démontrant ainsi l’efficacité de la thérapie génique.

En Avril 2015, les équipes du Département de Biothérapie (AP-HP/Inserm), et du service d’immunologie-hématologie pédiatrique de l’hôpital Necker Enfants-Malades (AP-HP), associés aux équipes du laboratoire Généthon et à celles de l’University College of London ont démontré l’efficacité d’une thérapie génique dans le Syndrome de Wiskott-Aldrich, un déficit immunitaire rare mais sévère qui touche essentiellement les garçons. Sur les sept enfants traités, six ont vu leur système immunitaire rétabli et leur état clinique s’améliorer.

En février 2019, des équipes du département de biothérapie et de l’unité d’immuno-hématologie pédiatrique de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, du département de médecine fœtale de l’hôpital Trousseau AP-HP, de l’Inserm, de l’Institut Imagine, de l’Université Paris Descartes et de Sorbonne université, ont réalisé une greffe in utero de cellules souches hématopoïétiques (capables de rétablir le fonctionnement du système immunitaire) chez un fœtus atteint de déficit immunitaire combiné sévère. Le bébé est né à terme avec un système immunitaire fonctionnel.

 

1Professeure d’hématologie, Directrice du département de Biothérapie de l’hôpital Necker , coordonne le nouveau département des Thérapies Innovantes

Mise au point sur l’expertise collective « Essais nucléaires en Polynésie française »

Tahiti

Tahiti © Kazuo Ota on Unsplash

L’Inserm peut-il être accusé de négationnisme sur le sujet des essais nucléaires en Polynésie française ?

Non. L’Inserm fait partie des très rares organismes de recherche à avoir publié dans des revues scientifiques internationales sur la question des effets des essais nucléaires réalisés par la France. Il s’agit notamment de l’étude de l’équipe du Dr. Florent de Vathaire, chercheur à l’Inserm, publiée en 2010 dans le British Journal of Cancer. Celle-ci est en faveur d’une augmentation du risque de cancer de la thyroïde avec la dose de rayonnement reçue par les polynésiens avant l’âge de 15 ans du fait des essais nucléaires atmosphériques. D’autre part, l’Inserm vient de piloter une expertise collective sur la question, qui est un très gros effort de synthèse.

Quelles sont les principales conclusions de l’expertise ?

Rappelons d’abord que pour garantir l’indépendance de l’expertise, les experts sont rigoureusement choisis en fonction de leurs publications sur le sujet, que tout lien d’intérêt éventuel est examiné, et que l’Inserm n’intervient pas dans les conclusions des experts. Il s’agit donc de leurs conclusions et pas d’une position officielle de l’Inserm. Après avoir revu 1200 publications, les conclusions des experts sont que de nombreuses pathologies peuvent être induites par les rayonnements ionisants, dont la plupart des cancers, mais aussi certaines pathologies cardiovasculaires ou la cataracte. Pour les cancers, l’effet des rayonnements ionisants se manifeste sans seuil, donc potentiellement dès les doses faibles, même si le nombre de cas attendu va croître avec la dose. Dans d’autres parties du monde où des essais nucléaires atmosphériques ont été menés, des liens avec le risque de cancer de la thyroïde après une irradiation dans l’enfance et le risque de certaines leucémies ont été observés, en population générale ou chez les militaires. Les quelques études réalisées en Polynésie sont cohérentes avec ces résultats. Tout va donc dans le sens d’un effet probable – les experts n’utilisent pas exactement ce terme – de ces essais nucléaires sur la survenue de cancers de la thyroïde en Polynésie.

Cela remet-il en cause la logique d’indemnisation des Polynésiens par l’État français ?

Cette expertise collective n’a pas étudié la logique d’indemnisation des victimes civiles et militaires mise en place par l’État français, assurée par le CIVEN (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires), logique qui ne peut donc être considérée comme étant critiquée ou remise en cause par l’expertise collective. Le CIVEN reconnaît actuellement une liste de 23 pathologies pouvant être radio-induites, essentiellement des cancers, de façon cohérente avec l’expertise collective. L’expertise recommande de surveiller les futurs travaux de recherche portant sur les maladies non reconnues comme étant radio-induites à ce jour mais qui pourraient le devenir.

Loi de bioéthique : chimères inter-espèces

Segment intestinal développé à partir d’échantillons embryonnaires chimères rat/poulet. ©Inserm/U61 

Dans le cadre de la loi de bioéthique votée en seconde lecture par le Sénat le 3 février, l’article 17 sur la question du chimérisme interroge et fait débat.

Les chimères inter-espèces sont des organismes vivants formés à partir de cellules issues d’organismes différents, obtenues à partir de cellules au stade embryonnaire.

Dans le cas des chimères animal-homme, des cellules souches humaines sont insérées à des embryons animaux.

L’un des objectifs est de développer ainsi des modèles animaux de pathologies humaines notamment pour les maladies neurodégénératives. A plus long terme, ces chimères pourraient favoriser la production d’organes chez l’animal pour permettre des xénogreffes sur l’Homme.

Enfin, avoir recours à ce processus permettrait notamment de mieux étudier comment s’effectue la différenciation des cellules dans un tel environnement, et donc, de valider ou non bon nombre d’hypothèses de recherche.

La loi de bioéthique prévoyait initialement, d’autoriser les chimères homme-animal, permettant ainsi de marquer une avancée pour la recherche. Le comité d’éthique de l’Inserm a rappelé l’enjeu pour le monde scientifique que représente la possibilité d’effectuer des recherches sur l’embryon animal, y compris celles susceptibles de modifier la descendance ou d’adjoindre des cellules d’autres espèces incluant les cellules humaines. Maintenant une commission mixte paritaire va essayer de trouver un texte commun aux deux chambres, si elle n’y parvient pas la loi sera étudiée à nouveau à l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot.

Les chercheurs Inserm Irène Aksoy et Pierre Savatier (U 1208, Institut Cellule souche et cerveau) font partie de la seule équipe en France et en Europe à travailler sur le chimérisme.

Dans de récents travaux, nos chercheurs se sont attachés à démontrer la difficulté scientifique de réaliser de telles chimères et, à expliquer les mécanismes et les verrous à lever pour y parvenir. Ils sont à la disposition des journalistes pour évoquer leurs résultats et éclairer les débats actuels autour de la loi de bioéthique et de son article 17.

Création d’une nouvelle agence de recherche sur les maladies infectieuses émergentes

@Unplash : population confinée lors de la 1ère vague de covid-19 en France 

C’est officiel. Annoncée conjointement par la Ministre de la Recherche, de l’enseignement supérieur et de l’innovation et par le Ministre de la Santé et des solidarités, une nouvelle agence de recherche sur les maladies infectieuses émergentes verra le jour, au sein de l’Inserm, au début du mois de janvier 2021.

Combinant l’expertise scientifique et la réactivité du consortium Inserm-REACTing avec l’expérience et la capacité opérationnelle de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS, la nouvelle agence sera dédiée à la coordination et au financement de la recherche scientifique sur les maladies infectieuses émergentes, sur le sida, les infections sexuellement transmissibles et sur les hépatites virales.

« Cette nouvelle agence décidée par l’État, et placée au sein de l’Inserm, constitue un élan d’importance pour nos capacités de réponses scientifiques à l’épidémie actuelle de Covid-19, et accroît notre préparation aux prochaines maladies émergentes qui pourraient survenir. Notre recherche s’en voit renforcée et je me réjouis que dès le début d’année 2021 l’agence soit en capacité de piloter les premiers projets en matières de recherche sur les maladies infectieuses émergentes. C’est une arme de plus au service de la science biomédicale, et donc de la santé de toutes et tous ». déclare Gilles Bloch, Pdg de l’Inserm

Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse ici

14 projets de rénovation immobilière de l’Inserm bénéficieront de France Relance, pour un montant de près de 8 M€

Neurocentre magendie

Fort d’une mobilisation de l’ensemble des collaborateurs et de la volonté publique, dans le cadre du plan France Relance, d’améliorer la qualité environnementale des bâtiments de recherche, l’Inserm recevra le financement de 14 projets prioritaires.

Entre autres projets validés, l’Institut de Neurosciences de Montpellier va bénéficier d’une réfection complète de ses installations de traitement d’air. L’Institut François Magendie à Bordeaux connaitra une véritable optimisation de ses installations thermiques. A Lyon, les unités de recherche implantées sur plusieurs sites bénéficieront d’une gestion technique de bâtiment optimisée et de campagnes de rénovation des dispositifs d’éclairage.

Ces quatorze projets participent tous à une baisse rapide des consommations d’électricité et de chauffage, à une baisse significative des émissions de gaz à effets de serre associés, tout en contribuant à améliorer le confort des occupants.

« C’est un élan très porteur pour l’Inserm qui est rendu possible par ces financements conséquents, et je m’en réjouis ; et ce sur tout le territoire car les projets qui seront financés se déploieront dans plusieurs régions. Au-delà de l’amélioration de la qualité environnementale des bâtiments, ce sont de nouvelles possibilités qui s’ouvrent pour l’ensemble des collaborateurs, des équipes et bien sûr, des projets scientifiques concernés. Cette impulsion nous apporte un atout de plus, au service de notre ambition commune, celle de la Science pour la santé. » indique Gilles Bloch, Président-directeur général de l’Inserm.

Révélation des Prix Inserm 2020

La cérémonie des Prix Inserm 2020 aura lieu le mardi 8 décembre 2020, à partir de 11h. Elle sera diffusée en direct sur inserm.fr. Huit lauréates et lauréats dont les réalisations contribuent à l’excellence scientifique de l’Institut seront distingués.

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