
L’Inserm vous souhaite de joyeuses fêtes!

Structure 3D de l’enzyme avec la molécule AN3661 sur fond de l’intestin d’une souris immunodéficiente infectée par Cryptosporidium. ©Fabrice Laurent et Christopher Swale
Éviter de boire l’eau du robinet : c’est ce que recommande l’Agence Régionale de Santé PACA, alors que de nouveaux cas de cryptosporidiose ont été diagnostiqués dans le secteur de Grasse. Au total, une quarantaine de personnes aurait été infectée par cette maladie diarrhéique depuis le mois dernier.
La pathologie est causée par un parasite microscopique, Cryptosporidium, qui se développe dans l’intestin de nombreux mammifères, notamment dans celui de l’homme. Ce parasite intestinal se propage principalement par la contamination d’eau de consommation mais aussi dans les eaux de baignade (il peut survivre plusieurs jours dans les eaux chlorées), ou encore par le contact avec des animaux infectés. Le jeudi 21 novembre, les habitants de la région de Grasse ont donc été invités à « consommer de l’eau embouteillée ». L’ARS recommande également de « faire bouillir l’eau du robinet pendant deux minutes avant de l’utiliser pour la préparation des aliments », en particulier pour les personnes les plus fragiles.
La cryptosporidiose provoque des diarrhées aiguës, parfois fatales chez les populations les plus vulnérables comme l’enfant en bas âge souffrants de malnutrition, ou les patients immunodéprimés (par exemple ceux infectés par le VIH). Les moyens thérapeutiques sont actuellement très limités et dans certains cas inefficaces pour éliminer ce parasite.
À l’Inserm, l’équipe de Mohamed-Ali Hakimi (Institute for Advanced Biosciences – Inserm U 1209 / CNRS UMR 5309 / UGA) en collaboration avec Fabrice Laurent (INRA) s’est récemment penchée sur cette maladie souvent méconnue du public, afin d’explorer de nouvelles pistes de traitement. Les chercheurs ont découvert un nouveau candidat-médicament pour contrôler la maladie. Appelée AN3661, cette molécule réduit drastiquement l’infection de Cryptosporidium mais également celle de Toxoplasma, le parasite responsable de la toxoplasmose.
Les chercheurs ont par ailleurs étudié le mécanisme d’action de cette molécule en résolvant la structure tridimensionnelle de sa cible, appelé CPSF3, chez Cryptosporidium. AN3661 se lie au cœur de l’enzyme CPSF3 et empêche ainsi la maturation des ARN messagers, un processus essentiel à la survie du parasite. Des essais précliniques en modèle murin montrent une efficacité remarquable in vivo avec des traitements de l’infection en dose unique chez des souriceaux ou des souris immunodéprimées.
Les travaux de Mohamed-Ali Hakimi et de ses collègues sont publiés dans Science Translational Medicine.

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D’après la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF), plus d’un million de personnes en France s’étaient déjà faites vaccinées contre la grippe au 1er novembre 2019, deux semaines après le lancement de la campagne annuelle. Avec le réseau Sentinelles et le projet Grippenet, l’Inserm participe activement à la surveillance des apparitions de symptômes grippaux sur le territoire français.
Entamée le 15 octobre, la campagne de vaccination contre la grippe 2019 continue de s’étendre, les pharmaciens dénombrant déjà plus d’un million de doses administrées au 1er novembre sur les 4 millions de doses délivrées. Dans notre dossier d’information sur la grippe, nous rappelons que c’est 2 à 8 millions de personnes qui sont touchées chaque année par le virus de la grippe, également appelé Influenzavirus.
Fatigue, fièvre, toux, « nez qui coule » : si les symptômes sont en apparence similaires à ceux d’un rhume ou d’une rhinopharyngite, la grippe est plus éprouvante que les autres pathologies fréquentes de l’hiver. Mutant chaque année, l’Influenzavirus peut même s’avérer mortel, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les personnes fragiles, faisant en moyenne 5000 morts chaque année.

Sous haute surveillance à l’échelle mondiale, l’épidémie annuelle de grippe l’est aussi en France, sous la coordination de Santé publique France. C’est dans cet objectif que, depuis 1984, l’Inserm participe à la tenue du réseau Sentinelles, en partenariat avec la faculté de médecine de la Sorbonne. Plus de 1400 médecins généralistes et pédiatres libéraux, tous volontaires et répartis sur le territoire métropolitain, fournissent les données de leurs consultations afin d’établir un bilan statistique et géographique des tendances épidémiologiques. Les indicateurs ainsi fournis permettent d’évaluer l’incidence de nombreuses pathologies de manière hebdomadaire. On sait ainsi que les symptômes grippaux sont encore légers en cette fin de mois de novembre, même si certaines tendances se démarquent dans les Cévennes, dans l’Artois et dans le bocage mayennais.

Par ailleurs, les chercheurs et les professionnels de Santé peuvent aussi se reposer sur les données de surveillance fournis par le projet Grippenet. Mis en place en 2012 par le réseau Sentinelles, c’est un projet de surveillance épidémiologique permettant à tout le monde de participer en ligne, anonymement, en renseignant les symptômes dont ils pourraient souffrir d’une semaine sur l’autre. Cela permet aux chercheurs de l’Inserm et de Sorbonne Université de suivre l’évolution d’individus pouvant monter des symptômes grippaux sans pour autant avoir été consulter un médecin généraliste.
Bruno Lina, chercheur Inserm au Centre international de recherche en infectiologie (CIRI) de Lyon déclarait pour notre dossier que « [les] outils de lutte actuels ne suffisent pas à éliminer le problème de santé lié à la grippe. Nous avons un vrai besoin de connaissances dans tous les domaines ». Le réseau Sentinelles, avec l’appui du projet Grippenet, sont des outils importants pour les chercheurs désireux d’enrichir les connaissances épidémiologiques sur l’Influenzavirus et, entre autres, d’améliorer les mesures de prévention et l’efficacité des vaccins contre la grippe.

sentiweb.fr

Le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm publie cette semaine, dans le bulletin épidémiologique (BEH), un bilan de l’évolution des causes de mortalité en France depuis 2000. Permettant de distinguer les récentes évolutions des causes médicales de mortalité dans la population française, ce bulletin nous rappelle que près d’un tiers des décès sont causés par des cancers et un quart par des maladies cardio-vasculaires.
Le responsable du CépiDc et directeur de recherche à l’Inserm, Grégoire Rey, nous éclaire sur ces données et les enjeux qu’elles reflètent.
Dans la lignée des statistiques antérieures à 2000, le taux de mortalité est dans l’ensemble en baisse. Cependant, bien qu’il y ait à peu près autant de décès masculins que féminins, les hommes meurent plus que les femmes à âge égal et donc, en moyenne, plus jeunes. Ce déséquilibre, appelé sex ratio, est au désavantage des hommes dans la majorité des causes de décès. En 2016, il est de 1.7 pour l’ensemble des morts comptabilisés, mais grimpe à 3.3 pour les accidents de transport, à 3 pour les maladies chroniques du foie et même à 4.6 pour les tumeurs des voies aérodigestives supérieures (VADS). Cela veut dire par exemple que, parallèlement au recul important des décès causés par le virus du sida entre 2000 et 2016, il y a eu en 2016 3.8 fois plus de victimes masculines que féminines. Pour Grégoire Rey, les ratios élevés s’observent souvent pour des causes de mortalité impliquant des comportements à risque, que l’on retrouverait davantage chez les hommes, et pourraient donc expliquer une grande partie de ce décalage statistique.
Avec un taux de mortalité de respectivement 29 et 24.2%, les deux premières causes pathologiques de décès en France sont les tumeurs et les maladies cardio-vasculaires. Avec une population vieillissante et davantage sédentaire que par le passé, la France a vu le nombre de pathologies cardio-vasculaires augmenter, surtout chez les adultes d’âge moyen. Mais derrière cette augmentation corrélée aux évolutions sociodémographiques du pays, le taux de mortalité lié à des maladies cardio-vasculaires est en forte diminution pour les deux sexes, une baisse qui se poursuit depuis plusieurs décennies. Alors que celles-ci sont en Europe la première cause de décès en 2016, ce sont les tumeurs qui emportent le plus de personnes en France.
Bien que les décès causés par un cancer soient plus importants en effectifs qu’avant 2000, le taux est lui aussi en baisse par rapport au nombre de décès totaux. Ce qui n’empêche pas certains types de tumeurs d’inquiéter les épidémiologistes, ne sachant pas encore donner d’explications à leur présence accrue dans les données. Alors que chez les hommes les cancers de la prostate, colorectaux et des voies respiratoires sont continuellement en baisse dans les tableaux, le regain de prévalence de certaines tumeurs est inquiétant. C’est le cas des cancers du cerveau et du pancréas, que l’on retrouve en hausse dans l’ensemble de la population et des classes d’âge et pour lesquels les explications de causalité ne sont pas encore suffisantes, compliquant pour l’instant le pilotage de nouvelles campagnes publiques de prévention.
Malheureusement, il est très difficile de prédire l’avenir des causes de mortalité à partir de ces données. Souvent médiatisées pour la part non négligeable de décès liés aux cas de démence, les maladies neurodégénératives comme les syndromes d’Alzheimer et de Parkinson connaissent une évolution en dents de scie qu’il est encore difficile d’expliquer pour les épidémiologistes, celle-ci n’étant pas corrélée au vieillissement de la population depuis quelques décennies. Il en va de même pour les suicides. Si la médiatisation des suicides adolescents et professionnels est forte, le phénomène touche en réalité bien plus des personnes âgées, voire très âgées, et recule progressivement avec les années.
A la lecture des statistiques et de leur évolution, Grégoire Rey, confirme qu’il est tout de même raisonnable de penser qu’à l’avenir certaines causes de mortalité vont se faire plus rares. Ce sera le cas du cancer des poumons chez la femme, dont la prévalence encore élevée est due à un effet de retardement du tabagisme féminin dans la seconde moitié du XXème siècle, une consommation qui a depuis atteint un plateau et devrait diminuer comme chez les hommes. Même constat de la part de l’épidémiologiste de l’Inserm vis-à-vis du nombre de décès causés par les accidents de la route et le sida, une baisse de taux respectivement liée à une amélioration de la politique de prévention et aux progrès thérapeutiques majeurs ces dernières années.

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Le passage à l’heure d’hiver aura lieu dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 octobre 2019. A 3h00 du matin, les aiguilles devront afficher 2h00. Derrière ce changement d’apparence anodine, le corps passe aussi à l’heure d’hiver. Fatigue, manque de concentration, sensation de déprime: la baisse de luminosité et les changements d’heure ne sont pas sans conséquences sur le fonctionnement biologique de l’être humain.
La chronobiologie recouvre l’étude des rythmes circadiens, rythmes naturels auxquels s’enchaînent des évènements biologiques quotidiens et réguliers générés non pas par les phénomènes extérieurs mais par une horloge biologique interne localisée dans l’hypothalamus : l’horloge circadienne. En 24h environ, plusieurs rythmes circadiens se superposent, qu’il s’agisse du niveau d’éveil, des niveaux hormonaux, de la température du corps, du niveau de vigilance, etc. Si les phénomènes extérieurs (jour, nuit, température, …) ne sont pas à l’origine du déclenchement de ces rythmes circadiens, ils lui permettent cependant de se synchroniser, en particulier le niveau de lumière naturelle. Un dérèglement de ces rythmes est associé à un nombre conséquent de pathologies.
Messieurs Jian-Sheng Lin et Claude Gronfier , chercheurs Inserm de l’équipe « Waking » au centre de recherche en neurosciences de Lyon, nous ont éclairé sur le sujet. M.Lin rappelle qu’en général le passage à l’heure d’hiver est moins compliqué que le passage à l’heure d’été où l’on « perd » une heure de sommeil. A noter d’ailleurs que les effets du passage à l’heure d’été seraient accentués par le manque général de sommeil de la population française, estimé entre 30 et 90 minutes par jour selon les études.
En ce qui concerne le temps de réadaptation du corps aux rythmes que nous nous imposons, M.Lin précise que celui-ci varie d’un individu à l’autre. Si, dans le cas des souris, la réadaptation de l’horloge biologique prend en moyenne trois semaines, celle des êtres humains peut aller de quelques jours, comme pour un décalage horaire lié aux voyages, à plusieurs semaines. Les plus jeunes ont d’ailleurs tendance à mieux se synchroniser que les personnes âgées.
Enfin, pour favoriser cette réadaptation des rythmes circadiens, M.Lin conseille de réorganiser nos journées en fonction des cycles jours-nuit, afin de bien exposer notre corps à la lumière et faciliter sa synchronisation. Par ailleurs, les repas sont un autre élément essentiel. Que la faim soit présente ou qu’elle nous manque, il faut à manger à heures fixes pour aider notre horloge interne à se rééquilibrer.
En mars 2019, le Parlement européen a statué en faveur d’un arrêt du changement d’heure saisonnier pour 2021, laissant aux pays membres le choix dans l’adoption d’une heure définitive. Alors qu’un plébiscite des Français par consultation citoyenne a donné l’avantage au maintien de l’heure d’été, des chercheurs et experts en chronobiologie se sont organisés afin de lancer une action à l’échelle européenne et lutter contre les conséquences sanitaires probablement sous-estimées de ce changement d’heure. M. Claude Gronfier, chercheur à l’Inserm et spécialiste de la question de rythmes biologiques et vice-président de la Société francophone de Chronobiologie, travaille notamment à sensibiliser le grand public, mais aussi les institutions française et européenne, à l’importance des l’exposition lumineuse dans la régulation de l’horloge interne. Un maintien permanent de l’heure d’été aurait selon lui des conséquences notables chez les jeunes adultes « couche-tard » et plus encore chez les écoliers et les adolescents, qui ont besoin de davantage de sommeil que les adultes.
Pour en savoir plus sur la chronobiologie et les rythmes circadiens.
Pour contacter Claude Gronfier : rf.mresni@reifnorg.edualc
Pour contacter Jian Sheng Lin : rf.1noyl-vinu@nil 4 78 77 70 41

Les trois lauréats qui se partagent le prix Nobel de médecine 2019. Niklas Elmedhed. © Nobel Media.
Le prix Nobel récompense ainsi des chercheurs qui se sont attachés à comprendre le fonctionnement de ce système et son intérêt dans la réponse à l’hypoxie, ce qui est intéressant car les cellules sont soumises à un manque d’oxygène bien plus souvent qu’on ne pourrait le penser. C’est le cas, par exemple, lorsque l’organisme est exposé à l’altitude, dans le cadre de maladies respiratoires chroniques telles que le syndrome d’apnées du sommeil, voire également dans l’environnement des cellules cancéreuses.

©OMS
Initiée par l’association France Alzheimer, la 26ème édition de la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer aura lieu le 21 septembre prochain.
Aujourd’hui, ce sont 900 000 personnes qui sont touchées par la maladie d’Alzheimer, ou une autre maladie apparentée. En 2020, on prévoit 1,275 million de personnes souffrant de cette maladie[1]. Dans le livre “Alzheimer : fatalité ou espoir ?” de la collection Choc Santé, fruit d’un partenariat entre l’Inserm et le Muscadier, Francis Eustache fait un point sur les avancées d’hier à aujourd’hui. Ce dernier explique notamment qu’il existe deux formes distinctes de maladies d’Alzheimer :
A partir de 85 ans, 1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 sont touchés. Dès l’âge de 65 ans, le risque de développer la maladie d’Alzheimer double tous les 5 ans[2].

©OMS
Aujourd’hui, de nombreuses unités Inserm travaillent sur le sujet, à la recherche de messages d’espoir à véhiculer aux malades.
David Blum, directeur de recherche dans l’unité 1172 (Centre de recherche Jean Pierre Aubert), travaille sur l’impact que peut avoir l’environnement sur la maladie d’Alzheimer, en s’intéressant de près à la protéine tau. David Blum et son groupe s’intéressent particulièrement aux effets de la caféine. Plus généralement, l’équipe “Alzheimer et Tauopathies” à laquelle il appartient, qui est dirigée par Luc Buée, travaille sur le rôle physiologique de la protéine Tau et sur l’impact de sa dysfonction dans le cerveau. En effet, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, cette protéine Tau n’est pas normale, et la propagation de ses formes pathologiques engendre des troubles de la mémoire.
Maladie d’Alzheimer : cinq nouveaux marqueurs génétiques identifiés (communiqué de presse du 08/03/2019)
Alzheimer : identification d’agrégats de protéines cibles potentielles pour soigner la maladie (communiqué de presse du 11/01/2019)
Des mécanismes de compensation intellectuelle chez les malades en début d’Alzheimer (communiqué de presse du 01/03/2018)
Alcoolisme et risque de démences (communiqué de presse du 21/02/2018)
[1] Chiffres de l’association France Alzheimer [2] « “Alzheimer : fatalité ou espoir ?” , collection Choc Santé, Le Muscadier
Mise à jour du 16/09/2019
Dans un nouveau travail publié dans la revue The Journal of Gerontology par Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm et ses collègues suisses et danois, les chercheurs réaffirment que l’identité de Jeanne Calment n’a pas été usurpée et qu’elle est bien décédée à 122 ans. Pour cela, ils ont :
– fournis plusieurs modèles mathématiques qui concluent à la probabilité significative que Jeanne Calment ait atteint l’âge de 122 ans. « Ainsi, tous les 10 millions de centenaires, une personne peut atteindre 123 ans. » écrivent les chercheurs. Une probabilité certes mince, mais qui est loin de faire de Mme Calment une impossibilité statistique.
– répertorié les éléments originaux qui ont servi à la validation initiale de l’identité de Jeanne Calment et collecté une documentation complémentaire. L’article reprend aussi en détails l’histoire de la vie de Mme Calment. Le recoupement de ces nombreuses archives de natures diverses démontre qu’il n’y a eu ni fraude fiscale, ni falsification de l’identité de Jeanne Calment.
Par ailleurs, les documents issus de l’enquête sur les supercentenaires menée par Jean-Marie Robine et Michel Allard au cours des années 1990 ont été collectés par l’Inserm. Ces archives comportent notamment la documentation écrite et audio réalisée auprès de Jeanne Calment.Leur archivage et leur numérisation est en cours à l’Inserm.
Suite aux allégations de fraude autour de l’âge de Jeanne Calment massivement relayées sur les réseaux sociaux et par les médias, l’Inserm en tant qu’organisme de recherche leader dans le domaine des sciences de la vie et de la santé précise que :
– En 1998, après un travail de recherche de deux années, le docteur Michel Allard de la Fondation Ipsen et Jean-Marie Robine, démographe, chercheur en santé publique à l’Inserm ont publié une lettre dans la revue Science intitulée The Oldest Human. Leurs résultats basés sur de nombreux documents civils et religieux concluaient à la validité d’un décès de Jeanne Calment à l’âge de 122 ans. Ces deux chercheurs comptent par ailleurs à eux deux, plusieurs centaines d’articles publiés dans des journaux scientifiques à comité de lecture.
– La contribution des chercheurs Inserm a consisté à étudier la qualité des documents disponibles (état civil, registres paroissiaux, listes de recensement et documents scolaires, militaires ou autres) disponibles dans les archives d’Arles et à les analyser, en particulier sous l’angle de la contribution de facteurs génétiques à la longévité de Jeanne Calment. Ils ont ainsi montré l’existence d’une extraordinaire concentration d’individus longévives dans les ancêtres de Jeanne Calment et de son frère François (Science 1998).
– L’étude de la Fondation Ipsen, A la recherche du secret des centenaires, pour laquelle Jean-Marie Robine avait mis au point un protocole particulier avec Michel Allard a pour la première fois posé la vérification des âges comme un préalable à toute étude de « centenaires ». Cette enquête pionnière sur l’état de santé et la qualité de vie de personnes très âgées a mis fin à l’utilisation d’échantillons de convenance (convenient samples) et introduit les questionnements et les méthodes les plus modernes de l’épidémiologie dans l’étude du grand âge. Depuis les enquêtes portant sur les centenaires ou sur les nonagénaires s’attachent à être les plus représentatives possibles. On peut citer les enquêtes danoises, italiennes ou japonaises. L’étude en cours Five Country Oldest-Old People (5_COOP), également coordonnée par l’Inserm, repose sur une enquête standardisée qui s’est déroulée de la même façon au Danemark, en France, au Japon, en Suède et en Suisse. Elle montre que tous les centenaires ne sont pas fragiles, déments et/ou dépendants et illustre l’immense variété des états de santé à 100 ans (Herr et al 2018).
– L’Inserm propose de s’associer dès maintenant avec la ville d’Arles pour rendre accessible à l’ensemble de la communauté (Open data) les documents – pour ceux qui ne le seraient pas encore- utilisés pour valider la durée de vie de Jeanne Calment et les hypothèses génétiques, en les numérisant et en organisant leur mise à disposition.
– Les chercheurs disposent de 15 heures d’enregistrement de Jeanne Calment, sous la forme d’une trentaine d’entretiens réalisés entre 1992 et 1995. Avant de pouvoir envisager leur mise à disposition à toute la communauté, il est nécessaire de s’assurer qu’ils ne contiennent pas ou plus d’informations à caractère privé et/ou médical.
– Toujours dans une démarche de science ouverte, une base internationale de données sur les supercentenaires (plus de 110 ans) dont les âges ont été validés dans 15 pays (dont la France) a été mise en ligne en 2010, à l’occasion de la publication de l’ouvrage Supercentenarians (www.supercentenarians.org). Elle sera prochainement mise à jour et étendue aux 105-109 ans avec la parution d’un deuxième ouvrage dans la même collection. Le volet français de cette base est alimenté par les chercheurs de l’Inserm et de l’INED.
– Il n’est pas du ressort de l’Inserm de soutenir une quelconque demande d’exhumation qui ne relève pas de son domaine de compétences.
– Dans le domaine de la recherche scientifique c’est à celui qui propose une nouvelle hypothèse ou qui prétend avoir trouvé des faits nouveaux que revient la charge de la preuve. Ce n’est pas aux chercheurs de l’Inserm d’étayer la théorie des contestateurs russes. Leurs arguments, s’ils en ont, doivent être soumis à un journal scientifique à comité de lecture à qui revient la responsabilité de valider la robustesse des travaux menés.
Références
Robine J.M., Allard M. The oldest human. Science. 1998. Mar 20;279(5358):1831.
Robine J.M., Allard M. Jeanne Calment: validation of the duration of her life. In: Jeune B, Vaupel JW, editors. Validation of exceptional longevity. Odense monographs on population Aging; 6. Odense: Odense University Press; 1999. p. 145-72.
Herr M., Jeune B., Fors S., Andersen-Ranberg K., Ankri J., Arai Y., et al. Frailty and Associated Factors among Centenarians in the 5-COOP Countries. Gerontology. 2018. Jul 20:1-11.
Maier H., Gampe J., Jeune B., Robine J.M., Vaupel J.W., editors. Supercentenarians. Berlin: Berlin Heidelberg: Springer-Verlag; 2010.
Credit: Science Pictures ltd/SPL
C’est la prestigieuse revue Nature qui vient de l’annoncer : Un scientifique japonais spécialiste des cellules souches est le premier à recevoir une autorisation gouvernementale pour créer des embryons animaux contenant des cellules humaines et les transplanter dans des animaux. La recherche pourrait éventuellement déboucher sur de nouvelles sources d’organes à transplanter, mais les obstacles éthiques et techniques doivent être surmontés.
Pour commenter cette actualité internationale, Hervé Chneiweiss, président du comité d’éthique de l’Inserm est à la disposition des journalistes.
Et pour en savoir plus sur les questions éthiques soulevées par les embryons chimériques et par cette décision japonaise, voici une note du comité d’éthique de l’Inserm publiée en janvier 2019.
Vaisseaux lymphatiques du coeur chez le rat
(c) Inserm/Brakenhielm, Ebba
La semaine du cœur, dédiée à la lutte contre les maladies cardiovasculaires, se tiendra du lundi 26 septembre au dimanche 2 octobre 2016. Dans le cadre de cette opération, la Fédération Française de Cardiologie invite le public à échanger avec des chercheurs dans cinq villes de France (Blois, Nancy, Lyon, Rennes et Paris) sur les progrès de la recherche dans le domaine. Des sessions d’informations, de dépistages, et des conférences seront également prévues dans tout l’hexagone. Retrouvez l’intégralité du programme sur le site de la Fédération : https://fedecardio.org/semaine-du-coeur. Première cause de mortalité dans le monde, les maladies cardiovasculaires (qui regroupent un ensemble de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins) sont responsables de 17,5 millions de décès en 2012, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé. A l’Inserm, la recherche est très active pour tenter d’améliorer la prévention de ces maladies et mettre au point de nouveaux traitements. D’après une étude du Dr Eloi Marijon, plus de la moitié des patients qui meurent subitement auraient des signes avant-coureurs dans les quatre semaines précédant l’arrêt cardiaque, ce qui laisserait largement le temps d’intervenir. Ces nouvelles données doivent selon lui « motiver la communauté médicale à développer une nouvelle stratégie de prévention subaiguë », c’est-à-dire identifier les sujets à risque cardiaque à court terme. Lire le communiqué « Arrêt cardiaque – Ne négligez pas les signes d’alerte ! ». Les travaux menés par Ebba Brakenhielm ont quant à eux souligné l’implication du réseau lymphatique du cœur dans les maladies cardiovasculaires, jusque-là peu étudié. En procédant à une biothérapie basée sur l’injection de microparticules contenant des facteurs de croissance, les chercheurs sont parvenus à régénérer des vaisseaux lymphatiques de manière ciblée. Ce traitement administré aux rats, améliore le drainage lymphatique du cœur et entraine une diminution de l’œdème et de l’inflammation post infarctus. Lire le communiqué « Un réseau invisible au secours du cœur ».

Nice ©Jonas Weckschmied on Unsplash
Avec 73 départements placés en vigilance orange, la France connaît depuis mardi des températures frôlant les 40 degrés dans certaines régions.
Le mercure indiquait mardi 41,2°C à la station de Bordeaux-Mérignac vers 16h15, battant le record de 40,7°C datant du 4 août 2003, tandis que d’autres records de chaleur tombaient aussi à Angers, avec 40,7°C (contre 39,8°C en 1947), Rennes (40,1°C) ou Blois (40,0°C).
Jeudi 25 juillet, de nombreux records absolus locaux devraient être également être battus, notamment à Paris où Météo-France prévoit une température de 41 voire 42°C.
En images, les conséquences de la canicule sur notre santé:

Les chiffres de l’étude sont disponibles dans le rapport officiel « Surmortalité liée à la canicule 2003 ». Le rapport officiel élaboré par les chercheurs Inserm en collaboration avec l’InVS datant de 2006 « Estimation de la surmortalité observée et attendue au cours de la vague de chaleur du mois de juillet 2006 » est également consultable.