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Vieillissement, performances sportives, sommeil… Que dit vraiment la science des peptides ?

Sur les réseaux sociaux, les peptides sont souvent présentés comme un remède miracle pour prendre du muscle, mieux dormir ou même éradiquer les signes de l’âge. Mais les preuves scientifiques restent limitées.

Plus connu sous le nom de « Wolverine shot », le BPC-157 est souvent promu comme un remède pour accélérer la guérison après une inflammation musculaire, mais il n’a jamais fait l’objet de tests rigoureux chez l’humain et n’est pas approuvées par les autorités sanitaires (image d’illustration). © Adobe Stock

Gommer une ride, dessiner des abdos, soigner une tendinite ou même prolonger l’espérance de vie… Sous forme de crèmes, d’injections ou de compléments alimentaires, les peptides sont associés à toutes formes de promesses spectaculaires. Au point qu’une nouvelle tendance a émergé : le « peptide stacking », qui consiste à associer plusieurs peptides dans l’espoir d’additionner leurs effets.

Pourtant, à ce jour, aucun essai clinique de grande ampleur, randomisé et contrôlé, mené chez l’humain, n’a confirmé ces effets pour ces usages, et certains peptides présentent même des risques bien réels pour la santé.

Canal Détox, le média de l’Inserm qui lutte contre la désinformation en santé, passe en revue les peptides les plus populaires, explique ce que dit réellement la science et détaille les risques liés à leur usage.

Qu’est-ce qu’un peptide ?

Les peptides sont de petites chaînes d’acides aminés, les « briques » utilisées pour fabriquer les protéines de notre corps. La plupart agissent comme de minuscules messagers qui envoient des signaux aux cellules pour leur indiquer comment réagir, par exemple, pour réguler les défenses immunitaires face à une infection.

Si ces molécules sont naturellement présentes dans l’organisme, elles peuvent aussi être fabriquées en laboratoire. D’ailleurs, la médecine les utilise depuis plus de cent ans dans la composition de nombreux médicaments.

Un exemple bien connu est l’insuline, utilisée pour traiter le diabète. Composée de peptides, cette hormone permet à l’organisme de maintenir une glycémie stable en facilitant l’absorption du glucose par les cellules.

L’Ozempic, prescrit contre le diabète de type 2, contient quant à lui un peptide synthétique qui mime l’action du GLP-1, une hormone qui stimule la sécrétion d’insuline lorsque la glycémie augmente et qui contribue également à réduire l’appétit – ce qui explique en grande partie le succès fulgurant de ce traitement.

Et les recherches sur ces molécules sont loin d’être terminées. Aujourd’hui encore, des scientifiques de l’Inserm et du monde entier explorent leur potentiel pour traiter le cancer du sein[1], les maladies cardiovasculaires[2], favoriser la cicatrisation ou encore régénérer le cartilage endommagé par l’arthrose[3]. Mais la plupart de ces travaux restent au stade préclinique, et aucun traitement n’a encore été validé pour ces usages.

Est-ce que les peptides réduisent l’apparence des rides ?

La science est bien moins enthousiaste que les publicités au sujet des peptides « anti-âge ». En effet, si certaines études suggèrent que des crèmes et sérums à base de peptides comme le palmitoyl pentapeptide (plus connu sous son nom commercial, Matrixyl) peuvent réduire légèrement l’apparence des rides et des pattes-d’oie autour des yeux, elles reposent sur un nombre limité de participants.[4] [5]

De plus, les effets observés restent modestes et n’ont été évalués que sur des durées courtes, de l’ordre de deux à trois mois au maximum. Il n’existe donc pas de preuve solide que ces peptides aient un effet durable sur le vieillissement de la peau.

Que penser des peptides visant à accélérer le bronzage ?

Plus connu sous le nom de « Barbie », le Melanotan II est souvent présenté comme un moyen plus sain de bronzer sans s’exposer au soleil, mais il fait l’objet de sérieuses mises en garde de la part de l’American Cancer Society[6] ou des autorités sanitaires irlandaises.[7]

Parmi les principaux risques évoqués : l’apparition de nouveaux grains de beauté ou de pigments sur la peau, des maux de tête et des vomissements, des réactions allergiques ou encore de l’hypertension artérielle.

De plus, de rares rapports de cas[8] ont décrit l’apparition de mélanomes sur des grains de beauté peu après l’utilisation de ce produit. Bien qu’aucune preuve scientifique ne confirme un lien direct de causalité, ces observations mettent en évidence un risque potentiel à surveiller.

Est-ce que les peptides boostent les performances sportives ?

Les peptides dits « de croissance », tels que le CJC-1295, l’Ipamorelin ou le GHRP-6, sont parfois présentés comme des alliés pour prendre du muscle et être plus en forme.

En réalité, l’efficacité de ces peptides n’a été démontrée que chez les personnes présentant une carence avérée en hormones de croissance, sous prescription et suivi médical strict.

Chez les adultes en bonne santé, en revanche, les études sont rares, de courte durée et concernent un petit nombre de participants. Si elles suggèrent bien que ces peptides peuvent augmenter le taux d’hormone de croissance[9], les effets attendus, comme une prise de muscle ou un regain d’énergie, n’ont pas été démontrés.

Surtout, s’injecter des peptides de croissance sans supervision médicale présente des risques majeurs, comme le rappelle l’Endocrine Society,[10] la principale société savante d’endocrinologie dans le monde. En agissant directement sur le système hormonal, ces substances perturbent l’équilibre de l’organisme. À long terme, prendre des peptides dans le but d’améliorer ses performances sportives peut notamment augmenter la glycémie et le risque de diabète, déclencher des douleurs articulaires chroniques et une rétention d’eau sévère.

Plus inquiétant encore, une exposition prolongée pourrait, à long terme, favoriser des changements durables dans la forme des os, des organes, ou des muscles rappelant l’acromégalie, une maladie rare due à une production excessive d’hormone de croissance, selon cette même source. Et en stimulant la croissance cellulaire, ces peptides pourraient potentiellement accroître le risque de progression de certains cancers, comme ceux de la prostate, du côlon ou du sein.

Enfin, tous ces peptides figurent sur la liste des substances interdites[11] par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et leur usage est strictement interdit lors des compétitions sportives.

Les peptides aident-ils à mieux dormir ?

Les peptides regroupent des neuropeptides, produits par le cerveau, et des peptides apportés par l’alimentation. Certains d’entre eux interviennent dans la régulation du sommeil.

Par exemple, parmi les neuropeptides, la melanin-concentrating hormone (MCH) est l’un de ceux dont le rôle est le mieux connu : cette hormone semble notamment favoriser le sommeil paradoxal, comme le souligne une revue de la littérature scientifique parue dans la revue Frontiers in Neuroscience en août 2023.[12]

D’autres études suggèrent que certains peptides nutritionnels, issus par exemple des protéines laitières[13], ou encore que les peptides de collagène[14], aideraient à réduire le temps nécessaire pour s’endormir, le nombre de réveils nocturnes ou la perception de la qualité du sommeil.

Cependant, la majorité des données disponibles repose sur des études chez le rongeur ou sur des cellules en culture, et aucun traitement à base de peptides n’est aujourd’hui validé pour lutter contre l’insomnie chez l’humain.

Longévité, mémoire, guérison des blessures… Certaines de ces allégations sont-elles fondées ?

Certaines personnes prennent des peptides de manière expérimentale dans l’espoir de guérir une blessure, d’améliorer leur mémoire, de booster leur libido, ou encore d’augmenter leur longévité, en s’appuyant sur des études réalisées sur des cellules cultivées en laboratoire ou sur des rongeurs.

Problème : ces substances n’ont jamais fait l’objet de tests rigoureux chez l’humain et ne sont pas approuvées par les autorités sanitaires. Vendues comme produits destinés à la recherche et non comme des médicaments, leur composition, leur dosage et leur pureté ne sont pas garantis. Cela expose celles et ceux qui les expérimentent à des risques de contamination ou à d’autres dangers graves pour la santé.

Par exemple, le BPC-157 (plus connu sous le nom de « Wolverine shot », en référence au héros des X‑Men doté d’un pouvoir de régénération), est souvent promu comme un remède pour accélérer la guérison après une inflammation musculaire. Mais une récente revue de la littérature scientifique[15] souligne que ce peptide pourrait théoriquement favoriser la croissance de certaines tumeurs, même si cela n’a pas été observé directement chez l’humain, faute d’études cliniques de bonne qualité.

En bref, que faut-il retenir ?

Les peptides ne sont ni un remède miracle contre tous les maux, ni un élixir de jeunesse. Et dans la plupart des cas, des thérapies ou des moyens de prévention bien plus sûrs et éprouvés existent.

Pour la peau, la crème solaire reste ainsi le meilleur rempart contre le vieillissement prématuré et les risques de cancer. En ce qui concerne les muscles, une activité physique régulière, associée à une alimentation riche en protéines variées (en alternant entre la viande, le poisson, les œufs, les légumineuses telles que les lentilles et les pois chiches et les fruits à coque comme les noix) est à privilégier. De même, respecter son cycle de sommeil reste la meilleure manière de préserver son énergie. Au final, aucune molécule miracle ne remplace une hygiène de vie équilibrée !

Cet article a été écrit avec le soutien et relu par Laurence Michel, chercheuse spécialiste de la dermatologie à l’Inserm, David Boccara, professeur des universités-praticien hospitalier, chirurgien plasticien à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) et chercheur associé à l’unité Inserm 976, et Armelle Rancillac, chercheuse en neurosciences à l’Inserm et au Collège de France, spécialiste du sommeil et coordinatrice nationale de la Semaine du Cerveau.

Sources

[1] Université de Strasbourg, Cancer : l’utilisation des peptides pour une approche thérapeutique innovante, 27/09/2019

[2] Miragoli, M., Ceriotti, P., Iafisco, M., Vacchiano, M., Salvarani, N., Alogna, A., … Catalucci, D. (2018). Inhalation of peptide‑loaded nanoparticles improves heart failure. Science Translational Medicine, 10(424), eaan6205. https://doi.org/10.1126/scitranslmed.aan6205

[3] Liao HJ, Chen HT, Chang CH. Peptides for Targeting Chondrogenic Induction and Cartilage Regeneration in Osteoarthritis. Cartilage. 2024 Sep 18:19476035241276406. doi: 10.1177/19476035241276406. Epub ahead of print. PMID: 39291443; PMCID: PMC11556548.

[4] Robinson LR, Fitzgerald NC, Doughty DG, Dawes NC, Berge CA, Bissett DL. Topical palmitoyl pentapeptide provides improvement in photoaged human facial skin. Int J Cosmet Sci. 2005 Jun;27(3):155-60. doi: 10.1111/j.1467-2494.2005.00261.x. PMID: 18492182.

[5] Aruan RR, Hutabarat H, Widodo AA, Firdiyono MTCC, Wirawanty C, Fransiska L. Double-blind, Randomized Trial on the Effectiveness of Acetylhexapeptide-3 Cream and Palmitoyl Pentapeptide-4 Cream for Crow’s Feet. J Clin Aesthet Dermatol. 2023 Feb;16(2):37-43. PMID: 36909866; PMCID: PMC10005804.

[6] American Cancer Society, Is It Safe to Get a Fake (Sunless) Tan?

[7] Health Products Regulatory Authority, Reminder of serious health risks with Melanotan 2 self-tan products, 10/08/2023

[8] Habbema L, Halk AB, Neumann M, Bergman W. Risks of unregulated use of alpha-melanocyte-stimulating hormone analogues: a review. Int J Dermatol. 2017 Oct;56(10):975-980. doi: 10.1111/ijd.13585. Epub 2017 Mar 7. PMID: 28266027.

[9] Teichman SL, Neale A, Lawrence B, Gagnon C, Castaigne JP, Frohman LA. Prolonged stimulation of growth hormone (GH) and insulin-like growth factor I secretion by CJC-1295, a long-acting analog of GH-releasing hormone, in healthy adults. J Clin Endocrinol Metab. 2006 Mar;91(3):799-805. doi: 10.1210/jc.2005-1536. Epub 2005 Dec 13. PMID: 16352683.

[10] Harrison G. Pope, Ruth I. Wood, Alan Rogol, Fred Nyberg, Larry Bowers, Shalender Bhasin, Adverse Health Consequences of Performance-Enhancing Drugs: An Endocrine Society Scientific StatementEndocrine Reviews, Volume 35, Issue 3, 1 June 2014, Pages 341–375, https://doi.org/10.1210/er.2013-1058

[11] Agence mondiale antidopage (AMA), liste des interdictions 2025

[12] Bouâouda, H., & Jha, P. K. (2023). Orexin and MCH neurons: regulators of sleep and metabolism. Frontiers in Neuroscience, 17, Article 1230428. https://doi.org/10.3389/fnins.2023.1230428

[13] Guesdon, B., Messaoudi, M., Lefranc‑Millot, C., Fromentin, G., Tomé, D., & Even, P. C. (2006). A tryptic hydrolysate from bovine milk αS1‑casein improves sleep in rats subjected to chronic mild stress. Peptides, 27(6), 1476–1482. https://doi.org/10.1016/j.peptides.2005.10.001

[14] Thomas C, Kingshott RN, Allott KM, Tang JCY, Dunn R, Fraser WD, Thorley J, Virgilio N, Prawitt J, Hogervorst E, Škarabot J, Clifford T. Collagen peptide supplementation before bedtime reduces sleep fragmentation and improves cognitive function in physically active males with sleep complaints. Eur J Nutr. 2024 Feb;63(1):323-335. doi: 10.1007/s00394-023-03267-w. Epub 2023 Oct 24. PMID: 37874350; PMCID: PMC10799148.

[15] McGuire FP, Martinez R, Lenz A, Skinner L, Cushman DM. Regeneration or Risk? A Narrative Review of BPC-157 for Musculoskeletal Healing. Curr Rev Musculoskelet Med. 2025 Dec;18(12):611-619. doi: 10.1007/s12178-025-09990-7. Epub 2025 Aug 12. PMID: 40789979; PMCID: PMC12446177.

Ventouses, crèmes, massages… Des traitements efficaces contre la cellulite, vraiment ?

Comme tous les étés, les publicités pour les cosmétiques et les appareils anti-cellulite sont de retour. Mais leur efficacité est davantage soutenue par le marketing que par des preuves scientifiques solides.

crédits photo AdobeStockContrairement aux idées reçues, la cellulite n’est pas signe de surpoids, mais ce facteur contribue à la rendre plus apparente (image d’illustration). © AdobeStock

Les beaux jours marquent le retour des astuces pour perdre du poids et éliminer la cellulite. Entre deux publicités pour des probiotiques « spécial ventre plat » et des compléments alimentaires réputés « brûle-graisses », il n’est pas rare de tomber sur des conseils pour éradiquer les capitons qui élisent domicile sur les fesses, les cuisses et le ventre d’au moins huit femmes sur dix, d’après certaines études.

Crèmes, ventouses, ondes de choc, compléments alimentaires… L’industrie de la beauté redouble d’imagination pour nous faire investir dans des cosmétiques et des appareils qui promettent un grain de peau aussi lisse que sur les images photoshoppées. Mais d’où vient l’obsession d’éliminer la cellulite et que dit vraiment la science des traitements proposés ? Canal Détox, la rubrique de l’Inserm qui lutte contre les fausses informations en santé, fait le tour de la question.

Qu’est-ce que la cellulite ?

Le mot « cellulite » est apparu pour la première fois dans un dictionnaire français en 1873 pour désigner « une inflammation du tissu cellulaire », selon un article de Rossella Ghigi.

Dans la revue spécialisée Travail, genre et sociétés, cette sociologue italienne explique que c’est via les magazines féminins que cette expression s’est fait connaître du grand public. Dès les années 1930, certains journaux féminins mettent en garde leurs lectrices contre cette « infiltration graisseuse », cette « chair dégénérée », ou ces « déchets » organiques, selon les articles. Dans les magazines de l’époque, la définition de la cellulite varie souvent mais ce qui est sûr, c’est que cette particularité est jugée disgracieuse. Et déjà, certains soins sont recommandés pour essayer de s’en débarrasser, tels que « la gymnastique »,ou « les massages ».

Aujourd’hui, la cellulite désigne l’aspect bosselé de l’épiderme. L’obsession d’éliminer cette « peau d’orange » est restée intacte, alors même que les scientifiques s’accordent à dire que ce n’est pas une maladie, mais un phénomène parfaitement normal qui affecte au moins 80 % des femmes adultes, minces ou non, ainsi que certains hommes.

Contrairement aux idées reçues, la cellulite n’est pas signe de surpoids : ce facteur contribue seulement à la rendre plus apparente. De fait, les raisons qui favorisent son apparition restent floues. Certains scientifiques ont avancé des explications anatomiques :  chez les femmes, les cloisons de collagène (ou septas) qui relient l’épiderme aux couches les plus profondes de la peau seraient orientées verticalement, ce qui faciliterait le passage de la graisse vers la surface, tandis que chez les hommes, leur inclinaison oblique limiterait cet effet de relief. D’autres évoquent des altérations dans la circulation sanguine, d’autres encore, une inflammation des tissus sous-cutanés… Mais ces hypothèses sont le fruit d’études isolées, aux résultats parfois contradictoires.

Quels sont les traitements proposés ?

De très nombreux traitements ont pour objectif de combattre, ou du moins d’atténuer la cellulite en palpant, chauffant, ou en gelant la peau.

  • La cryolipolyse (appelée aussi lipocryolyse) est supposée « sculpter la silhouette grâce à l’action du froid sur les graisses ».
  • La radiofréquence et les ultrasons envoient des ondes magnétiques ou sonores pour chauffer l’hypoderme – la zone sous la peau où se trouvent les cellules graisseuses.
  • Les massages et les ventouses (manuelles ou électriques) quant à elles s’appuient sur des techniques de « palper-rouler », censées stimuler la circulation de la lymphe, un liquide qui contribue à évacuer les toxines et des déchets des cellules.
  • Avec la subcision, les chirurgiens ciblent les septa fibreux qui traversent la graisse sous-cutanée avec une lame. Les traitements par ondes de choc promettent de relancer la « microcirculation » du sang et de la lymphe, supposée ralentie dans les zones de cellulites.
  • La mésothérapie consiste à injecter des produits supposés lutter contre les capitons dans les couches supérieures de l’épiderme.

En revanche, depuis le 1er mars 2012, cinq techniques de lyse adipocytaire qui promettent d’« affiner » la silhouette par le biais d’injections dans le tissus graisseux ont été interdites en France, en raison des risques de lésions, d’infections et d’urticaire pointés par un avis de la Haute autorité de santé.

Que dit la science ?

La plupart des études consacrées aux traitements anti-cellulite ne sont pas très solides, en raison notamment d’un faible nombre de participants.

Après avoir épluché les résultats de 24 essais contrôlés randomisés auxquels ont participé plus de 2 000 patients, en novembre 2024 , des scientifiques ont conclu qu’aucun traitement ne garantit des effets « significatifs et durables » contre la cellulite dans la revue de chirurgie esthétique de référence Aesthetic Plastic Surgery.

Selon cette même étude, les ondes de choc montreraient les meilleurs résultats, mais les preuves scientifiques sont loin d’être suffisantes : seulement trois essais randomisés ont été réalisés sur des groupes de taille modeste (entre 17 et 45 participantes). Et quand bien même il y aurait un effet positif, des séances d’entretien seraient nécessaires pour le maintenir.

En bref, que faut-il retenir ?

La cellulite est un phénomène tout à fait normal qui touche au moins huit femmes sur dix, ainsi que certains hommes. Les ventouses, crèmes et autres traitements qui promettent de l’éliminer montrent au mieux des effets temporaires, et manquent de preuves scientifiques solides.

Le sport et une alimentation équilibrée sont souvent recommandés pour lutter contre la cellulite. Ces habitudes sont indéniablement bénéfiques pour la santé, mais à ce jour, aucune étude scientifique n’a rigoureusement prouvé leur efficacité directe sur les capitons. Elles peuvent toutefois entraîner une perte de poids (même si nous ne sommes pas tous égaux sur ce point !), ce qui peut rendre la cellulite moins visible.

Enfin, même si la cellulite n’est pas une maladie, elle peut être associée à une souffrance psychologique bien réelle. Si vous tournez en boucle avec des pensées négatives persistantes, vous souffrez peut-être de dysmorphophobie, un trouble mental qui entraîne une obsession sur un défaut supposé, dont la perception est totalement démesurée. Une psychothérapie peut alors être utile pour apprendre à poser un regard bienveillant sur son corps !

Cet article a été relu par Laurence Michel, chercheuse spécialiste de la dermatologie à l’Inserm, et par David Boccara, professeur des universités-praticien hospitalier, chirurgien plasticien à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) et chercheur associé à l’unité Inserm 976.

Médecine anti-âge : des exosomes pour « régénérer » la peau et les cheveux, vraiment ?

Au sein de l’Union européenne, les exosomes d’origine humaine sont interdits en médecine esthétique (image d’illustration). © Pexels

C’est la « nouvelle star » de la médecine anti-âge, à en croire certains magazines. Les exosomes – de minuscules vésicules produites par les cellules humaines, animales ou végétales – sont à la mode dans les cabinets de chirurgie esthétique et les rayons de produits cosmétiques. Leurs promesses ? « Régénérer » la peau, éliminer les rides et l’acné, unifier le teint, favoriser la repousse des cheveux… De quoi emballer les réseaux sociaux : sur l’application chinoise Tiktok, le hashtag #exosome réunit plus de 530 millions de vues.

Déjà très populaires en Corée du Sud et aux États-Unis, ces traitements commencent à se faire une place sur le marché européen – où seuls les produits d’origine animale ou végétale sont autorisés. Problème : leur efficacité est loin d’être prouvée et, de façon générale, les effets des exosomes sur la santé sont encore mal connus. Alors, que faut-il penser de cette tendance ? La cellule Canal Détox de l’Inserm, qui lutte contre les fausses informations en santé, fait le point.

Que sont les exosomes ?

Les exosomes sont de minuscules vésicules de 50 à 150 nanomètres de diamètre (environ 1 000 fois plus petites qu’un cheveu). Ils appartiennent à la famille des vésicules extracellulaires, qui jouent un rôle clé dans la communication entre les cellules.

D’après une revue de la littérature scientifique parue en décembre 2021 dans le Journal of extracellular vesicles, le mot « exosome » a été utilisé pour la première fois dans les années 1980. À l’époque, ils étaient décrits comme des « petits sacs » servant à évacuer les déchets produits par les cellules. Depuis, des études plus poussées ont révélé qu’ils leur permettent aussi de s’envoyer des signaux pour communiquer entre elles.

On sait que les exosomes contiennent des protéines, des lipides et d’autres molécules issues du métabolisme cellulaire. Ils transportent aussi de l’acide désoxyribonucléique (ADN) et des acides ribonucléiques (ARN), mais les chercheurs ne savent toujours pas en quelle quantité, et surtout, dans quelle mesure ces vésicules sont capables de transmettre ces informations génétiques à d’autres cellules.

À lire aussi : La protéine SRC, invitée inattendue de la communication entre cellules tumorales · Inserm, La science pour la santé

Ces vésicules peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur la santé selon le contexte. Par exemple, face à certaines infections, les exosomes stimulent la production d’anticorps qui permettent à l’organisme de se défendre. Mais ils peuvent aussi être secrétés par des cellules cancéreuses. Dans ce cas, ils pourraient, à l’inverse, inhiber la réponse immunitaire, et accélérer la progression de la tumeur – plusieurs études tentent actuellement de mieux comprendre leur rôle. Et la liste des questions en suspens est encore longue : les mécanismes qui permettent de sécréter des exosomes, leur diversité d’une cellule à l’autre, ou encore la façon dont l’état métabolique d’une cellule affecte les exosomes qu’elle produit et ses propriétés restent encore très mystérieux.

Pourquoi les exosomes sont-ils prometteurs dans le monde de la recherche ?

Ces dernières décennies ont vu l’émergence de projets de recherche sur des pistes thérapeutiques à base d’exosomes et d’autres types de vésicules extracellulaires pour favoriser la réparation d’un organe ou d’un tissu défaillant, le protéger d’une dégénérescence accélérée, ou pour moduler un processus inflammatoire. Des traitements expérimentaux sont à l’étude pour soigner ou détecter des maladies aussi diverses que le Covid long, le cancer colorectal, la maladie d’Alzheimer… mais aussi réparer les dégâts causés par des fortes irradiations, ou encore apaiser les irritations de la peau.

Dans ces domaines, des études sur des animaux ont parfois montré des effets prometteurs. Mais à de rares exceptions, les essais cliniques n’ont pas encore démarré, et des recherches plus poussées seront nécessaires pour obtenir des résultats.

Que dit la science de leur usage en médecine anti-âge ?

En ce qui concerne l’essor des traitements à base d’exosomes en médecine anti-âge et dans l’industrie cosmétique, en revanche, les spécialistes des exosomes sont circonspects : aucune découverte scientifique majeure ne prouve l’efficacité de ces vésicules pour éliminer les rides ou lutter contre la calvitie.

Il existe différents types d’exosomes sur le marché. Aux États-Unis et en Corée du Sud, ils peuvent être extraits de cellules souches obtenues de la moelle osseuse, du tissu adipeux ou de sang de cordon ombilical prélevés sur des donneurs. Mais au sein de l’Union européenne, les produits issus de cellules d’origine humaine sont interdits pour les usages cosmétiques. En France, produits autorisés sont le plus souvent issus de cellules souches végétales, telles que la rose de Damas. Au Royaume-Uni, on en trouve aussi d’origine animales, dérivées par exemple de testicules de saumon.

Problème : il n’y a pas d’essais cliniques concernant l’usage des exosomes en médecine esthétique ou dans les produits cosmétiques. Cette nouvelle tendance semble donc avant tout profiter de l’effet de mode et d’une réglementation plus souple, qui rend la mise sur le marché de produits de beauté bien moins contraignante que celle des médicaments.

À lire aussi : Vers la jeunesse éternelle… vraiment ? – Salle de presse de l’Inserm

Une peau sans la moindre ride, un teint uniforme, une chevelure éclatante… Malgré le manque de données scientifiques solides, les photos « avant/après » montrent des résultats impressionnants sur les sites des cliniques qui proposent ces prestations.

Mais comment s’assurer que ce sont bien les exosomes qui font effet ? Ces crèmes, masques ou sérums (en France, les injections sont interdites) sont proposés en complément d’actes déjà autorisés comme les lasers, les microneedlings (une version de la mésothérapie réalisée avec un petit rouleau constitué de micro-aiguilles) ou les LED, comme le rappelle l’association Française de médecine esthétique et anti-âge. Dans ce contexte, comment savoir si l’amélioration de l’état de la peau ou la repousse des cheveux est réellement due aux exosomes, ou si elle résulte des traitements complémentaires ?

Quels sont les risques ?

En l’absence d’études plus poussées, il existe aussi des craintes quant aux infections bactériennes et virales qui pourraient être associées aux traitements avec des exosomes d’origine humaine et animale.

Les exosomes contiennent en effet une grande variété de protéines. Or, ces dernières n’ont pas toutes un effet positif sur la santé. Par exemple, certaines peuvent induire des réactions allergiques, d’autres, participer à la prolifération des cellules cancéreuses et d’autres encore ont pu, par le passé, jouer un rôle dans la transmission de maladies comme celle de la vache folle…

Les exosomes ont une taille très proche de celle des virus, ce qui fait qu’il est compliqué de les séparer l’un de l’autre avec un procédé de fabrication industriel. Même si aucune infection virale n’a été rapportée en lien avec des exosomes d’origine animale ou humaine, sans essais cliniques, le risque ne peut pas être totalement exclu.

En bref, que faut-il retenir ?

Utiliser des mots scientifiques complexes est une technique bien connue de l’industrie de la beauté pour donner un air sérieux à ses produits. Spécialiste de la désinformation en santé, le professeur canadien Timothy Caulfield a créé un mot pour désigner ce phénomène : la « science-ploitation », soit l’exploitation de la science. Mais loin des promesses marketing, rien ne prouve que les traitements à base d’exosomes éradiquent les signes de l’âge.

Pour prévenir le vieillissement (et également les risque de cancer) de la peau, le meilleur conseil reste encore de mettre de la crème solaire et de limiter son exposition au soleil. Certaines études suggèrent aussi que le zinc – un sel minéral que l’on trouve par exemple dans les noix, les céréales non raffinées, les légumes secs, les fruits de mer ou les abats…  sans avoir besoin de prendre des compléments alimentaires –  pourrait ralentir la chute des cheveux. En ce qui concerne les crèmes et les sérums aux exosomes, en revanche, mieux vaut attendre des études rigoureuses validées scientifiquement, pour la santé comme pour le porte-monnaie.

Cet article a été relu par Clotilde Théry, directrice de recherche Inserm à l’Institut Curie de Paris, avec Thierry Galli, directeur de recherche Inserm, Guillaume van Niel, directeur de recherche au CNRS spécialisé dans la biologie cellulaire, et Brigitte Dréno, professeure émérite à l’Université de Nantes spécialiste de la dermatologie.

Le collagène pour soulager les douleurs, vraiment ?

CP web Collagène-gummies

© Unsplash

Sur Instagram et dans les magazines, on voit de plus en plus de publications vantant les mérites de compléments alimentaires à base de collagène pour lutter contre les douleurs articulaires, le vieillissement de la peau ou encore pour avoir de « beaux cheveux ». D’ailleurs, on retrouve la présence de collagène dans un certain nombre de produits cosmétiques. Certains sur les réseaux sociaux, n’hésitent pas à parler de « produit miracle ». Mais derrière toutes ces promesses, qu’en est-il réellement ? On revient sur le sujet dans ce nouveau Canal Détox.

Le collagène est la protéine la plus abondante du corps humain. Il s’agit du composé majoritaire des tissus conjonctifs dont la peau, les os, les ligaments, les tendons et le cartilage. Le collagène est caractérisé par une structure particulière en triple hélice, à l’origine des propriétés mécaniques spécifiques de ces tissus (élasticité, robustesse…).

Le terme « collagène » est utilisé dans le langage courant, mais il s’agit en réalité d’une vaste famille qui regroupe plusieurs « types » de collagènes. Les connaissances sur le sujet ont augmenté de façon exponentielle au cours des dernières décennies. Alors que dans les années 1970, la communauté scientifique ne parlait que de quatre types de collagènes génétiquement distincts, il est aujourd’hui admis que le grand ensemble qu’on désigne par ce terme comprend en fait jusqu’à 28 types qui diffèrent les uns des autres par leur composition moléculaire, par leur organisation au sein de l’organisme mais aussi par leurs propriétés.

Cette propension à utiliser le mot collagène de manière générique se retrouve dans le langage marketing utilisé pour promouvoir les compléments alimentaires, mais aussi parfois dans certains travaux scientifiques portant sur les effets du collagène sur la santé, qui omettent de définir le type ou la provenance du collagène considéré.

Il en résulte un certain degré de confusion : de quoi parle-t-on réellement lorsque que l’on dit que « le collagène a des effets bénéfiques » sur un problème de santé spécifique ? Fait-on référence à un type de collagène en particulier ? Tous les compléments alimentaires sur le marché ont-ils les mêmes effets ? Ces questions sont souvent laissées sans réponse, que ce soit dans la littérature scientifique ou dans les articles plus « médiatiques » qui s’intéressent au sujet.

Des limites méthodologiques

Au-delà de ces considérations lexicales, et même lorsque les travaux scientifiques prennent la peine de décrire les produits à base de collagènes qui ont été étudiés, d’autres problèmes se posent.

Tout d’abord, comme évoqué précédemment, le collagène est une protéine que le corps n’est pas capable d’assimiler sous cette forme. Lorsqu’il est ingéré, il est dégradé – ou « découpé » – en acides aminés. Ces acides aminés peuvent alors être utilisés par l’organisme pour construire des protéines. Ils peuvent certes intervenir dans la construction de collagène mais aussi de nombreuses autres protéines.

Plusieurs études ont toutefois été conduites sur différents compléments alimentaires à base de collagène, mais on constate qu’elles ont souvent des limites méthodologiques. Ainsi, si les données scientifiques disponibles soulignent généralement que les produits à base collagène sont sûrs et qu’ils peuvent avoir des effets bénéfiques pour limiter la douleur, en particulier dans le cadre de certaines pathologies comme l’arthrose, il existe une grande hétérogénéité en ce qui concerne la conception et le design des études, avec des échantillons de participants souvent très faibles, sans prendre en compte de potentiels facteurs de confusion et/ou sans comparaison des effets du produit à base de collagène avec ceux d’un placebo.

La plupart des études ne concluent pas non plus sur la question des doses efficaces (quelle dose de produit faut-il prendre et à quelle fréquence pour observer un effet bénéfique ?), ni sur celle de la période de traitement. Et comme le suivi à long terme des participants à ce type d’études est rarement effectué, il est également difficile de savoir si les éventuels effets bénéfiques qui peuvent être observés perdurent dans le temps, notamment si l’on cesse de prendre le produit.

On peut enfin ajouter que les messages marketing utilisés pour promouvoir les compléments alimentaires à base de collagène ne ciblent pas toujours uniquement les personnes qui souffrent d’arthrose ou de pathologies spécifiques. Ils sont parfois simplement décrits comme des produits qui permettent de « lutter contre les douleurs articulaires » et prévenir les troubles de santé, sans plus de précisions. Or en l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’existe pas à ce jour de données robustes indiquant un quelconque bénéfice de la supplémentation en collagène pour prévenir l’apparition de maladies articulaires.

 

Et sur la peau ?

Le collagène a été largement commercialisé pour ses prétendus avantages en matière de réduction des rides, de rajeunissement de la peau, voire même d’inversion du vieillissement de la peau. Pourtant, en ce qui concerne les bénéfices pour la peau – mais aussi pour les cheveux – les résultats sont encore moins clairs.

Bien que certaines études aient suggéré que la supplémentation en collagène peut améliorer certaines propriétés de la peau telles que l’élasticité et l’hydratation, les messages promus dans les médias et sur les réseaux sociaux sur les effets dermatologiques du collagène vont souvent beaucoup trop loin. Les données disponibles dans la littérature sont actuellement limitées et les effets possibles de ce produit sur la peau n’ont pas encore été entièrement élucidés ni compris.

En conclusion, face à l’engouement médiatique et commercial autour des compléments alimentaires à base de collagène, une approche prudente et sceptique est recommandée. Les données scientifiques actuelles, limitées et souvent contradictoires, ne permettent pas de soutenir les affirmations relatives aux bienfaits du collagène sur les douleurs articulaires, la santé de la peau ou la qualité des cheveux. Les études jusqu’à présent souffrent de limitations méthodologiques significatives, et les résultats « prometteurs » doivent être interprétés avec prudence, d’autant qu’ils sont souvent utilisés comme arguments marketing pour vendre ces produits.

Par conséquent, il est conseillé de rester vigilants et de ne pas considérer les suppléments de collagène comme une solution miracle pour ces problèmes de santé. Il est impératif de réaliser des recherches supplémentaires, plus rigoureuses et systématiques, pour éclaircir les effets réels du collagène et déterminer si, et dans quelle mesure, il peut être bénéfique. En attendant, les individus devraient s’appuyer sur des approches éprouvées et scientifiquement validées pour la gestion de l’arthrose, des problèmes cutanés et autres conditions de santé.

 

Des collagènes « végétaux » ?

La grande majorité des collagènes que l’on trouve actuellement sur le marché sont obtenus à partir de matières premières d’origine animale. Seuls ces types de collagènes se retrouvent généralement dans les compléments alimentaires et font l’objet de recherches cliniques.

Les compléments alimentaires à base de collagène sont fabriqués à partir de collagène animal. Il est possible d’acheter des produits à base de plantes qui contiennent les nutriments nécessaires à la fabrication du collagène, comme la vitamine C et le zinc, mais ils ne contiennent pas eux-mêmes de collagène.

Texte rédigé avec le soutien de Francis Berenbaum directeur d’une équipe de recherche Inserm au Centre de Recherche St-Antoine et chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Vers la jeunesse éternelle… vraiment ?

 

La perspective de vivre jeune éternellement n’a jamais cessé de faire fantasmer. Les publicités de crèmes et de masques anti-âge fleurissent dans les magazines et bon nombre de startups surfent sur la vague de la jeunesse éternelle en proposant des traitements miracles pour rajeunir à vue d’œil. Mais que nous dit la science ? Est-il possible de retrouver une peau de bébé grâce aux crèmes de beauté ? Peut-on empêcher notre organisme de vieillir en lui apportant du sang neuf ? et l’espérance de vie, est-elle extensible à l’infini ? Canal Détox, sans prendre une ride, coupe court aux fausses infos.

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