Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur, l’Inserm vous propose de redécouvrir plusieurs études récemment publiées, montrant les effets sur la santé de l’augmentation des températures.
Etude des liens entre chaleur et mortalité
Une étude montre que les arbres atténuent la mortalité liée aux fortes chaleurs
À Paris, les arrondissements les plus végétalisés présentent un risque plus faible de décès lors des périodes de forte chaleur, tandis que les zones très minéralisées, avec peu d’espaces verts et un fort potentiel d’îlot de chaleur urbain, sont les plus exposées. C’est le constat d’une étude internationale menée par l’Inserm, sur la base de données recueillies pendant près de dix ans, de 2008 à 2017.
Les scientifiques soulignent l’importance de développer la végétation en ville et de mieux répartir les espaces verts entre les quartiers pour protéger la santé des Parisiennes et des Parisiens face au réchauffement climatique.
Les températures élevées ont un impact à court terme sur toutes les grandes causes de décès, y compris les décès par suicide
Les températures extrêmes, qu’elles soient basses ou élevées, augmentent la mortalité pour la plupart des grandes causes de décès. Une étude de l’Inserm menée sur près de 50 ans montre que le taux de mortalité est le plus faible autour de 20 °C, puis augmente lorsque la température devient plus froide ou plus chaude.
Le suicide fait toutefois exception : le risque augmente de manière continue avec la chaleur, des températures les plus basses aux plus élevées. Il figure ainsi parmi les causes de décès les plus sensibles aux fortes températures.
Effets de l’exposition à de fortes chaleurs durant la grossesse et à la naissance
Petit poids de naissance : l’impact de l’exposition à la chaleur serait renforcé par les facteurs environnementaux et socio-économiques
Au cours de la grossesse, l’exposition à la chaleur peut être nocive pour la santé des femmes enceintes et des enfants à naître. A Grenoble, une équipe de recherche Inserm dirigée par Johanna Lepeule a étudié, sur près de 21 000 femmes enceintes, l’impact de la chaleur, couplé à celui de la pollution de l’air, de la proximité d’espaces verts et de facteurs socio-économiques, sur le poids de naissance en France. Leurs résultats soulignent comment l’exposition à la chaleur en début de grossesse, modulée par ces autres facteurs, pourrait avoir un impact significatif sur le poids des nouveau-nés en favorisant les petits poids de naissance.
L’exposition à des températures élevées au début de la vie pourrait être à l’origine de troubles linguistiques et neurodéveloppementaux chez les jeunes enfants
Cette même équipe de recherche a montré pour la première fois un lien entre exposition à des températures élevées pendant la grossesse et les premiers mois de vie et conséquences négatives sur le neurodéveloppement des jeunes enfants.
L’Inserm, pilote d’un programme de recherche sur le Changement climatique
Le programme d’impulsion Changement climatique et santé vise à créer une communauté de recherche d’excellence tout en recherchant l’exemplarité environnementale. Lancé en 2024 pour une durée de 3 ans, et coordonné par Basile Chaix, directeur de recherche Inserm, il a pour objectif de caractériser les effets du changement climatique sur la santé et ses mécanismes sous-jacents. Il rassemble 6 projets scientifiques qui vont de la recherche fondamentale à des études de terrain menées en Afrique et au Bangladesh, en passant par des projets d’épidémiologie en France métropolitaine.
A Rennes, une équipe dédiée à la recherche sur la santé environnementale dans le contexte du changement climatique
L’équipe de recherche CITÉS est dédiée à la santé environnementale dans le contexte du changement climatique, avec un intérêt particulier sur les enjeux de justice environnementale. Son objectif principal est de produire des connaissances permettant de comprendre et d’atténuer les impacts du changement climatique sur la santé, en tenant compte des inégalités sociales et territoriales de santé.
Une structure de recherche dédiée à la recherche sur le changement climatique et la santé
Le PARSEC (Paris Recherche Santé Environnement Climat) est une nouvelle structure de recherche dédiée à la production de connaissances à la jonction entre le changement climatique et la santé, soutenue par l’École Normale Supérieure (ENS-PSL) et l’Inserm, et dirigée par Rémy Slama. Les objectifs généraux sont d’identifier les conséquences du changement climatique en termes de santé et inégalités sociales (axe « impacts »), d’aider la société à identifier et mettre en œuvre les stratégies d’adaptation et d’atténuation du changement climatique les plus bénéfiques du point de vue de la santé, de la réduction des inégalités sociales et de l’environnement (axe « trajectoires ») et enfin de diffuser les connaissances et former les chercheurs de demain sur ces thématiques. Un enjeu central pour le PARSEC, en lien avec la décision publique, est d’identifier les stratégies d’atténuation du changement climatique qui maximisent ces cobénéfices de santé publique, et donc permettent de concilier préservation de l’environnement, santé et lutte contre les inégalités.