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Coachings, compléments alimentaires, testostérone… Ces astuces pour atténuer les symptômes de la ménopause fonctionnent-elles vraiment ?

Le 01 Oct 2026 | Par Inserm (Salle de presse)

© Adobe Stock

Face au manque d’informations fiables, un marché lucratif s’est développé autour de solutions censées soulager les symptômes de la ménopause. Si certaines peuvent apporter un bénéfice modeste, leur efficacité reste souvent incertaine, avec un rôle important de l’effet placebo.

Des applications proposant des conseils personnalisés, des compléments alimentaires aux isoflavones de soja pour préserver son énergie, de la testostérone pour booster sa libido, des glaçons électroniques pour soulager les bouffées de chaleur…

Face au manque d’informations fiables sur la ménopause, un marché florissant s’est développé, au point que certains médias évoquent une « ruée vers l’or », comme le soulignent des chercheurs de l’University College London.[1]

Mais ces produits et conseils sont-ils vraiment efficaces ? Canal Détox fait le point sur ce que dit la science pour aider les femmes à distinguer les promesses marketing, les pratiques bien-être et les traitements réellement utiles.

Que penser des compléments alimentaires aux phytoœstrogènes tels que les isoflavones de soja ou le trèfle rouge ?

Les compléments contenant des phytoœstrogènes (isoflavones de soja, trèfle rouge) sont souvent présentés comme des alternatives « naturelles » pour soulager les symptômes de la ménopause.

Certaines études suggèrent que ces compléments peuvent réduire légèrement les bouffées de chaleur chez certaines femmes. Toutefois, cet effet reste modeste et inconstant, et n’est pas retrouvé dans l’ensemble des travaux.[2] [3]

Ces résultats variables s’expliquent notamment par une forte hétérogénéité entre les femmes (en partie liée au métabolisme des isoflavones), ainsi que par un effet placebo fréquent, susceptible de contribuer à l’amélioration des symptômes.[4] [5]

En pratique, ces produits ne sont pas considérés comme des traitements de référence, même s’ils peuvent apporter un bénéfice chez certaines femmes.[6]

Par précaution, ils sont déconseillés en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant (dont la croissance est stimulée par certaines hormones), comme le cancer du sein.[7]

La testostérone est-elle efficace contre la baisse de la libido et les bouffées de chaleur ?

Dans le Global Consensus Position Statement on the Use of Testosterone Therapy for Women, publié en 2019 dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, des experts internationaux concluent qu’aucune preuve solide ne montre d’effet de la testostérone sur les bouffées de chaleur, la fatigue, la mémoire, la silhouette ou le « rajeunissement ».[8]

Le seul bénéfice démontré du traitement par testostérone chez la femme ménopausée concerne le trouble du désir sexuel hypoactif, c’est-à-dire une diminution persistante du désir sexuel associée à une souffrance personnelle ou relationnelle.[9]

La British Menopause Society rappelle, d’ailleurs, que la testostérone ne doit être envisagée qu’en cas de trouble du désir sexuel hypoactif clairement diagnostiqué, après un bilan clinique complet, et qu’elle doit être prescrite à faible dose avec un suivi régulier.[10]

En pratique, les produits disponibles (sur Internet ou ailleurs) sont souvent conçus pour les hommes. Or, sans adaptation précise des doses ni suivi médical, un surdosage peut entraîner des effets indésirables comme de l’acné, une augmentation de la pilosité, une chute de cheveux ou des modifications parfois irréversibles de la voix. Par ailleurs, les données à long terme restent limitées, notamment concernant les risques cardiovasculaires et mammaires.[11] [12]

À ce jour, il n’existe pas en France de médicament à base de testostérone spécifiquement conçu et autorisé pour les femmes.

Que penser des applications et des coachings proposant d’accompagner les femmes pendant la ménopause ?

De nombreuses applications et offres de coaching proposent un accompagnement pendant la ménopause. Leur contenu et leur qualité sont toutefois très hétérogènes.

Certaines reposent sur des recommandations validées, mais d’autres diffusent des informations incomplètes ou non fondées scientifiquement, sans encadrement médical. Une analyse d’applications consacrées à la ménopause a ainsi montré qu’une minorité seulement impliquait des professionnels de santé ou s’appuyait sur des données scientifiques.[13]

Une revue plus récente, portant notamment sur la prévention de l’ostéoporose, souligne également les limites de leur évaluation scientifique.[14]

Ces outils peuvent constituer un complément d’information, mais ne remplacent pas un avis médical.

Que penser des glaçons électroniques et autres objets pour se rafraîchir ?

Ventilos, bandanas rafraîchissants ou glaçons connectés… De nombreux dispositifs visent à soulager les bouffées de chaleur en apportant une sensation de fraîcheur.

Mais selon la North American Menopause Society (NAMS), les données disponibles sont insuffisantes pour recommander ces dispositifs en routine.[15]

Les études disponibles restent limitées, souvent sans groupe contrôle et de petite taille. Elles suggèrent parfois une amélioration du confort ou du sommeil, sans effet clairement démontré sur la fréquence ou l’intensité des bouffées de chaleur.[16] [17]

Faut-il faire un dosage hormonal pour diagnostiquer la ménopause ?

Après 45 ans, le diagnostic de la ménopause est avant tout clinique. Il repose sur l’arrêt des règles depuis au moins un an, associé à des symptômes évocateurs.[18]

Dans ce contexte, les dosages hormonaux sont généralement inutiles, car les concentrations varient fortement d’un jour à l’autre.

En revanche, avant 45 ans ou dans certaines situations particulières (par exemple, après hystérectomie, c’est-à-dire une ablation chirurgicale de l’utérus), des analyses biologiques peuvent être utiles pour orienter le diagnostic.

Enfin, un bilan biologique est bien recommandé en début de ménopause. Mais il sert à évaluer les risques métaboliques et cardiovasculaires, tels que le diabète ou l’excès de cholestérol, et non à poser un diagnostic.[19]

Quel est le traitement de référence contre les bouffées de chaleur ?

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) reste aujourd’hui le plus efficace pour soulager les bouffées de chaleur.[20] [21]

En France, le protocole recommandé repose sur l’estradiol, de préférence par voie cutanée (gel ou patch) pour limiter les risques de complications thromboemboliques, comme les phlébites et les embolies pulmonaires, associé à de la progestérone chez les femmes qui ont conservé leur utérus. Prescrit au cas par cas, et idéalement dans les dix ans suivant l’arrêt des règles, il permet aussi de préserver la santé osseuse et, dans certaines conditions, de réduire certains risques cardiovasculaires.[22] [23] [24]

Quelles sont les alternatives en cas de contre-indication ?
Pour les femmes ne pouvant pas ou ne souhaitant pas prendre d’hormones (par exemple en cas d’antécédent de cancer du sein), certaines options existent.

Un traitement non hormonal, le fézolinétant, est disponible en France depuis 2025. Il agit directement sur les mécanismes de régulation de la température au niveau du cerveau.[25]

Son utilisation nécessite une surveillance du foie, avant et pendant le traitement, en raison d’un risque de lésions hépatiques.

Des approches non médicamenteuses comme l’hypnose, le yoga ou l’acupuncture ont également montré des effets, modestes mais supérieurs au placebo, selon le GEMVi (la Société française de ménopause).[26]

Enfin, une bonne hygiène de vie, marquée par une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, reste un pilier essentiel pour accompagner cette transition et limiter les risques de complications à long terme ![27] [28] [29]

 

Cet article a bénéficié de l’expertise et de la relecture de Florence Trémollieres, professeure de gynécologie médicale et responsable du Centre de ménopause du CHU de Toulouse, et de Valérie Bernard, professeure de gynécologie médicale et responsable de l’unité de gynécologie médicale du CHU de Bordeaux. Elles sont également membres, respectivement, de l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (I2MC, unité Inserm 1297) et du Bordeaux Institute of Oncology (BRIC, unité Inserm 1312).

[1] Harper JC et al. ‘Simply do it.’: Results from an online questionnaire to inform a community-based menopause education and support programme in the UK, InTune. Post Reproductive Health. 2025;31(4):255–265. DOI: 10.1177/20533691251372818

[2] Chen MN, Lin CC, Liu CF. Efficacy of phytoestrogens for menopausal symptoms: a meta-analysis and systematic review. Climacteric. 2015;18(2):260–269. DOI : 10.3109/13697137.2014.966241

[3] Kang I et al. Effect of isoflavone supplementation on menopausal symptoms: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Nutrition Research and Practice. 2022;16(Suppl 1):S147–S159. DOI: 10.4162/nrp.2022.16.S1.S147

[4] Chen MN, Lin CC, Liu CF. Efficacy of phytoestrogens for menopausal symptoms: a meta-analysis and systematic review. Climacteric. 2015;18(2):260–269. DOI : 10.3109/13697137.2014.966241

[5] Kang I et al. Effect of isoflavone supplementation on menopausal symptoms: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Nutrition Research and Practice. 2022;16(Suppl 1):S147–S159. DOI: 10.4162/nrp.2022.16.S1.S147

[6] The North American Menopause Society. The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause. 2023;30(6):573–590. DOI: 10.1097/GME.0000000000002200

[7] Société française de ménopause/GEMVi. Fiche d’information aux patientes sur la ménopause. Mise à jour avril 2025. Consulter la source

[8] Davis SR et al. Global Consensus Position Statement on the Use of Testosterone Therapy for Women. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. 2019;104(10):4660–4666. DOI: 10.1210/jc.2019-01603

[9] Davis SR et al. Global Consensus Position Statement on the Use of Testosterone Therapy for Women. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. 2019;104(10):4660–4666. DOI: 10.1210/jc.2019-01603

[10] British Menopause Society. Testosterone replacement in menopause. BMS Tool for Clinicians. Janvier 2026. Consulter la source

[11] Davis SR et al. Global Consensus Position Statement on the Use of Testosterone Therapy for Women. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. 2019;104(10):4660–4666. DOI: 10.1210/jc.2019-01603

[12] British Menopause Society. Testosterone replacement in menopause. BMS Tool for Clinicians. Janvier 2026. Consulter la source

[13] Gkrozou F et al. Mobile Health (mHealth) apps focused on menopause: Are they any good? Post Reproductive Health. 2019;25(4):191–198. DOI: 10.1177/2053369119878978

[14] Paripoorani D, Gasteiger N, Hawley-Hague H, Dowding D. A systematic review of menopause apps with an emphasis on osteoporosis. BMC Women’s Health. 2023;23:518. DOI: 10.1186/s12905-023-02612-9

[15] The North American Menopause Society. The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause. 2023;30(6):573–590. DOI: 10.1097/GME.0000000000002200

[16] Composto J, Leichman ES, Luedtke K, Mindell JA. Thermal Comfort Intervention for Hot-flash Related Insomnia Symptoms in Perimenopausal and Postmenopausal-aged Women: An Exploratory Study. Behavioral Sleep Medicine. 2021;19(1):38–47. DOI: 10.1080/15402002.2019.1699100

[17] Baker FC et al. Effects of forehead cooling and supportive care on menopause-related sleep difficulties, hot flashes and menopausal symptoms: a pilot study. Behavioral Sleep Medicine. 2021;19(5):615–628. DOI: 10.1080/15402002.2020.1826484

[18] Inserm. Ménopause. Une meilleure sécurité d’utilisation des traitements hormonaux. Dossier publié le 18 septembre 2023. Consulter la source

[19] Davis SR, Pinkerton J, Santoro N, Simoncini T. Menopause—Biology, consequences, supportive care, and therapeutic options. Cell. 2023;186(19):4038–4058. DOI: 10.1016/j.cell.2023.08.016

[20] The North American Menopause Society. The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause. 2023;30(6):573–590. DOI: 10.1097/GME.0000000000002200

[21] Davis SR, Pinkerton J, Santoro N, Simoncini T. Menopause—Biology, consequences, supportive care, and therapeutic options. Cell. 2023;186(19):4038–4058. DOI: 10.1016/j.cell.2023.08.016

[22] Société française de ménopause/GEMVi. Fiche d’information aux patientes sur la ménopause. Mise à jour avril 2025. Consulter la source

[23] Inserm. Ménopause. Une meilleure sécurité d’utilisation des traitements hormonaux. Dossier publié le 18 septembre 2023. Consulter la source

[24] Davis SR, Pinkerton J, Santoro N, Simoncini T. Menopause—Biology, consequences, supportive care, and therapeutic options. Cell. 2023;186(19):4038–4058. DOI: 10.1016/j.cell.2023.08.016

[25] Base de données publique des médicaments. VEOZA 45 mg, comprimé pelliculé (fézolinétant). Fiche de la spécialité et résumé des caractéristiques du produit. Consultés le 28 septembre 2026. Consulter la source

[26] Société française de ménopause/GEMVi. Fiche d’information aux patientes sur la ménopause. Mise à jour avril 2025. Consulter la source

[27] Société française de ménopause/GEMVi. Fiche d’information aux patientes sur la ménopause. Mise à jour avril 2025. Consulter la source

[28] Inserm. Ménopause. Une meilleure sécurité d’utilisation des traitements hormonaux. Dossier publié le 18 septembre 2023. Consulter la source

[29] Davis SR, Pinkerton J, Santoro N, Simoncini T. Menopause—Biology, consequences, supportive care, and therapeutic options. Cell. 2023;186(19):4038–4058. DOI: 10.1016/j.cell.2023.08.016

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