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Mise au point sur l’expertise collective « Essais nucléaires en Polynésie française »

26 Feb 2021 - 14h56 | By INSERM PRESS OFFICE | France

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Tahiti

Tahiti © Kazuo Ota on Unsplash

L’Inserm peut-il être accusé de négationnisme sur le sujet des essais nucléaires en Polynésie française ?

Non. L’Inserm fait partie des très rares organismes de recherche à avoir publié dans des revues scientifiques internationales sur la question des effets des essais nucléaires réalisés par la France. Il s’agit notamment de l’étude de l’équipe du Dr. Florent de Vathaire, chercheur à l’Inserm, publiée en 2010 dans le British Journal of Cancer. Celle-ci est en faveur d’une augmentation du risque de cancer de la thyroïde avec la dose de rayonnement reçue par les polynésiens avant l’âge de 15 ans du fait des essais nucléaires atmosphériques. D’autre part, l’Inserm vient de piloter une expertise collective sur la question, qui est un très gros effort de synthèse.

Quelles sont les principales conclusions de l’expertise ?

Rappelons d’abord que pour garantir l’indépendance de l’expertise, les experts sont rigoureusement choisis en fonction de leurs publications sur le sujet, que tout lien d’intérêt éventuel est examiné, et que l’Inserm n’intervient pas dans les conclusions des experts. Il s’agit donc de leurs conclusions et pas d’une position officielle de l’Inserm. Après avoir revu 1200 publications, les conclusions des experts sont que de nombreuses pathologies peuvent être induites par les rayonnements ionisants, dont la plupart des cancers, mais aussi certaines pathologies cardiovasculaires ou la cataracte. Pour les cancers, l’effet des rayonnements ionisants se manifeste sans seuil, donc potentiellement dès les doses faibles, même si le nombre de cas attendu va croître avec la dose. Dans d’autres parties du monde où des essais nucléaires atmosphériques ont été menés, des liens avec le risque de cancer de la thyroïde après une irradiation dans l’enfance et le risque de certaines leucémies ont été observés, en population générale ou chez les militaires. Les quelques études réalisées en Polynésie sont cohérentes avec ces résultats. Tout va donc dans le sens d’un effet probable – les experts n’utilisent pas exactement ce terme – de ces essais nucléaires sur la survenue de cancers de la thyroïde en Polynésie.

Cela remet-il en cause la logique d’indemnisation des Polynésiens par l’État français ?

Cette expertise collective n’a pas étudié la logique d’indemnisation des victimes civiles et militaires mise en place par l’État français, assurée par le CIVEN (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires), logique qui ne peut donc être considérée comme étant critiquée ou remise en cause par l’expertise collective. Le CIVEN reconnaît actuellement une liste de 23 pathologies pouvant être radio-induites, essentiellement des cancers, de façon cohérente avec l’expertise collective. L’expertise recommande de surveiller les futurs travaux de recherche portant sur les maladies non reconnues comme étant radio-induites à ce jour mais qui pourraient le devenir.

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