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4 février 2022 : Journée mondiale contre le cancer

Photographie montrant l’expression du récepteur alpha de l’œstradiol dans une tumeur de la granulosa, un acteur impliqué dans la progression de cette maladie. © Dr I. Treilleux, Centre Léon Bérard de Lyon.

 

La Journée mondiale de lutte contre le cancer, le 4 février, est consacrée à la prévention, la détection, la lutte contre la stigmatisation et le traitement du cancer. A l’approche de cette date, l’Inserm fait le point sur les récentes études publiées concernant le traitement et les causes de la maladie. De nombreux travaux s’intéressent notamment aux mécanismes d’apparition des tumeurs mais aussi à leur progression et aux causes des échappements thérapeutiques. Il s’agit de mieux comprendre le cancer pour permettre la découverte de nouveaux traitements qui soient adaptés à chacun et aux différentes pathologies. 

Cancer ovarien de la granulosa : un cancer hormono-sensible ?

Dans une étude parue dans la revue The Journal of Pathology, des chercheuses de l’équipe Inserm U1133 d’Université de Paris (CNRS UMR8051) en collaboration avec des équipes de l’Institut Gustave Roussy et du Centre Léon Bérard, se sont intéressées à la progression d’un cancer gynécologique rare de l’ovaire, appelé « tumeur de la granulosa ».

Parmi les traitements actuels, la chimiothérapie utilisée sur les formes avancées ou récidivantes donne des résultats peu satisfaisants. Cette maladie est pourtant loin d’être anodine, puisque près de 20 % des patientes décèdent. Cela résulte non pas de l’évolution rapide de la maladie, mais de la grande fréquence des rechutes survenant jusqu’à 10 ans plus tard, même après un diagnostic à un stade précoce.

Chez près de 70 % des patientes atteintes de ce cancer, on retrouve un taux anormalement élevé d’œstradiol, hormone responsable du développement et du maintien des caractères sexuels féminins. Ces données ont conduit l’équipe à analyser l’action de l’œstradiol dans cette pathologie, afin de vérifier l’œstrogénodépendance supposée de cette forme de cancer et de comprendre les mécanismes d’action de cette hormone.

Ces recherches suggèrent que l’œstradiol stimule la survie des cellules cancéreuses et indiquent que cette hormone pourrait participer à la croissance des tumeurs et des métastases. Elles indiquent également que si l’œstradiol est susceptible de réguler la survie des cellules cancéreuses, cette hormone pourrait avoir un effet variable selon les patientes sur la croissance de la tumeur et des métastases, dépendant du type de récepteur de l’oestradiol mobilisé (ERα ou Erβ) et du pourcentage de cellules qui l’expriment.

L’équipe poursuit ses recherches sur les mécanismes impliqués dans cette forme de cancer gynécologique, et notamment sur l’intérêt thérapeutique d’autres types d’hormonothérapies, ce qui est un enjeu majeur pour améliorer la prise en charge des patientes.

Chimiothérapie : élucider les mécanismes moléculaires responsables des échappements

Le 5-fluorouracil (5-FU) est une des molécules les plus utilisées dans le traitement des cancers par chimiothérapie. Son efficacité, particulièrement quand elle est associée à d’autres médicaments, est démontrée depuis de nombreuses années. Toutefois, le traitement de bon nombre de patients avec ces chimiothérapies est rendu difficile car certains cancers comme les cancers colorectaux, le cancer du pancréas ou encore les cancers de la tête et du cou échappent à ces traitements.

Dans une nouvelle étude publiée dans Nature Communications, des chercheurs de l’Inserm et du CNRS au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon en collaboration avec des chercheurs de l’ENS de Lyon, de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier et du Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier ont souhaité mieux comprendre les mécanismes moléculaires responsables de cet échappement afin de les contrecarrer.

C’est ainsi qu’ils ont fait une découverte inattendue sur le 5-FU. En effet, les résultats de cette étude montrent que le 5-FU s’intègre dans les ribosomes[1], qui sont les nano-machines des cellules qui fabriquent les protéines. Plus particulièrement cette étude montre que ces ribosomes modifiés par le 5-FU, baptisés F-ribosomes, ont une activité de production des protéines altérée. De façon complètement inattendue, ces F-Ribosomes permettraient de produire davantage de certaines protéines qui favorisent la survie des cellules. Ceci donnerait une chance à certaines cellules cancéreuses de survivre à la chimiothérapie à base de 5-FU révélant ainsi un nouveau mécanisme d’échappement aux traitements anti-cancer.

La mise en évidence pour la première fois de ce mécanisme de résistance au traitement par chimiothérapie est importante car elle ouvre des perspectives d’améliorations de ce type de traitements comme par exemple la combinaison de médicaments jusqu’à présent totalement inexplorées.

Photographie en microscopie électronique de « nucléoles » qui sont le lieu de fabrication des ribosomes et où le 5-FU s’incorpore dans les ribosomes.  Après traitement au 5-FU (à droite) les nucléoles sont modifiés et apparaissent plus foncés avec cette technique d’analyse, en comparaison des nucléoles avant traitement (gauche). © Frédéric Catez (CRCL) et Elisabeth Errazuriz (CIQLE – SFR Santé Lyon-Est)

L’utilisation du téléphone mobile n’est pas associée à un risque accru de tumeur cérébrale chez les jeunes 

Dans Environnement International, un groupe de chercheuses et chercheurs ont publié le 30 décembre 2021 les derniers résultats de MOBI-Kids, une étude cas-témoin internationale à laquelle ont participé des équipes de recherche issues de 15 pays, dont des scientifiques de l’Inserm au Centre de Recherche en Épidémiologie et StatistiqueS (UMR1153), équipe EPICEA[2].

Son objectif était d’analyser la relation entre le risque de tumeur cérébrale chez l’enfant et l’adolescent et l’exposition aux champs électromagnétiques générés notamment par les nouvelles technologies de communication dont les téléphones mobiles. Les travaux se sont basés sur des données obtenues entre 2010 et 2015 auprès de deux populations de jeunes âgés de 10 à 24 ans:

  • Près de 900 « cas » : patients atteints de tumeurs cérébrales
  • Plus de 1 900 « témoins » : patients opérés pour appendicite, appariés aux cas sur l’âge, le sexe et le département de résidence. 

Les participants ont rempli un questionnaire avec des informations détaillées sur l’historique d’utilisation de leur téléphone mobile[3].

Les parents ont également complété un questionnaire sur les expositions qui auraient pu survenir avant la naissance et au cours de la première année de vie.

L’exposition aux champs électromagnétiques aux radiofréquences (RF) et extrêmement basses fréquences (ELF) des téléphones a été calculée à l’aide d’algorithmes développés par l’équipe MOBI-Kids.

Selon les résultats de ces travaux, il n’existe aucune preuve d’une association causale entre tumeurs cérébrales et utilisation de téléphones mobiles et sans fil et, en particulier, l’exposition aux radiofréquences (RF) et extrêmement basses fréquences (ELF) émises par ces téléphones.

 

[1] Structure cellulaire impliquée dans la synthèse des protéines (traduction des ARN).

[2] Epidémiologie des cancers de l’enfant et de l’adolescent

[3] Pour évaluer l’adéquation des données collectées, diverses sous-études méthodologiques ont été menées, y compris deux études de validation : l’une grâce à une application quantifiant l’utilisation réelle des participants, l’autre après l’obtention de données collectées par des opérateurs de téléphonie mobile.

Variant omicron : Que sait-on à l’heure actuelle ?

Le variant omicron serait apparu pour la première fois en Afrique du Sud, qui a donné l’alerte le 24 novembre 2021. Depuis, de nombreux pays ont annoncé avoir identifié des cas sur leur territoire. © AdobeStock

Le 26 novembre 2021, l’OMS a désigné un nouveau variant du SARS-CoV-2 – dit « omicron » – comme variant préoccupant (‘variant of concern’). Une décision qui s’appuie sur son groupe d’experts chargé de suivre l’évolution du virus (le Technical Advisory Group on Virus Evolution) qui s’est intéressé aux données disponibles à l’heure actuelle. A la fin du mois de décembre 2021, le variant est devenu dominant en France. 

Les données consolidées sur omicron demeurent encore peu nombreuses, mais les premières analyses révèlent que ce variant serait caractérisé par plusieurs mutations qui pourraient particulièrement avoir un impact sur la transmissibilité du virus, dont des mutations au niveau de la protéine Spike (certaines étaient déjà présentes sur les variants alpha et delta et d’autres sont nouvelles).

Texte mis à jour le 13 janvier 2022

Où le variant omicron a-t-il été détecté en premier ?

Le variant omicron serait apparu pour la première fois en Afrique du Sud, qui a donné l’alerte le 24 novembre 2021. Depuis, de nombreux pays ont annoncé avoir identifié des cas sur leur territoire. En France, il est devenu dominant à la fin du mois de décembre. Il représente par exemple 84 % des cas en Ile-de-France selon les données de Santé Publique France au 12 janvier 2022.

Quel impact sur la transmission et sur la maladie ? 

Dès le mois de novembre, le nombre de cas a très fortement augmenté en Afrique du Sud dans les régions où le variant était présent. Les scientifiques ont voulu savoir si cette hausse des cas était liée aux caractéristiques de ce variant, qui le rendent plus transmissibles, ou à d’autres facteurs (par exemple un faible niveau de couverture vaccinale ou encore un faible respect des gestes barrière lié aux conditions de vie de populations à faible niveau socio-économique…).

Les premières études épidémiologiques suggèrent que l’explosion du nombre de cas liée à ce variant est due à plusieurs facteurs : il serait davantage transmissible, avec une période d’incubation plus courte. Le variant omicron aurait aussi une plus grande capacité à conduire à des réinfections.

Des publications internationales ont donné des premières indications sur la sévérité d’omicron par rapport à delta. Les premières données indiquent que le risque d’être hospitalisé lorsque l’on est infecté par ce variant, par rapport au variant delta, est trois fois inférieur lorsque l’on regarde les données brutes (deux fois inférieur lorsque l’on tient compte de certains facteurs comme l’âge, le statut vaccinal, le sexe, les infections passées…).

Chez les patients infectés par omicron qui sont hospitalisés, le risque d’aggravation est également plus faible. Ainsi, une publication issue d’Afrique du Sud suggère que le risque de faire une forme sévère chez les patients admis à l’hôpital est divisé par 4 pour omicron par rapport à delta. Par ailleurs, la durée moyenne d’hospitalisation est de 4 jours avec ce variant (vs 8 jours avec le variant delta).

 

Les vaccins perdent-ils en efficacité ?

Depuis fin novembre, des données ont été publiées sur l’efficacité des vaccins pour lutter contre le variant omicron, notamment pour éviter les formes graves.

Selon les résultats d’une étude publiée par des équipes de l’Institut Pasteur et de l’Inserm dans la revue Nature le 23 décembre, Omicron serait moins sensible que ne l’est le variant Delta aux anticorps anti-SARS-CoV-2 obtenus après deux doses de vaccin ainsi qu’aux anticorps monoclonaux utilisés en clinique pour prévenir les formes graves de la maladie chez les personnes à risque. Les auteurs de cette étude ont analysé le sang de personnes ayant reçu deux doses du vaccin Pfizer ou AstraZeneca.

Ils ont observé que les anticorps présents dans leur sang n’étaient plus capables de neutraliser Omicron cinq mois après leur vaccination. Alors qu’une troisième dose de rappel avec le vaccin Pfizer, ou l’injection d’une dose de vaccin chez les personnes ayant fait antérieurement une infection, augmentait les taux d’anticorps à un niveau suffisant pour neutraliser Omicron. D’après les conclusions des chercheurs, les nombreuses mutations présentes dans la protéine Spike du variant Omicron lui permettraient d’échapper en grande partie à la réponse naturelle du système immunitaire. Les études en cours ont pour objectif de comprendre pourquoi ce variant est plus transmissible d’un individu à l’autre et d’analyser la durée de protection de la 3ème dose.

A l’heure actuelle, plusieurs publications montrent que l’efficacité de la primo-vaccination pour prévenir l’infection à omicron diminue au bout de 6 mois. Avec la 3e dose (dose de rappel), il est toutefois possible de restaurer en partie cette efficacité.

Une publication parue début janvier dans le New England Journal of Medicine s’est aussi intéressée à l’effet de la vaccination sur la transmission virale (pour les variants alpha et delta). Les chercheurs se sont penchés sur l’excrétion virale. En comparant un groupe de patients infectés non vaccinés à un groupe vacciné, ils ont montré que les premiers ont une excrétion virale plus importante et transmettent plus le virus. La vaccination limiterait donc la capacité des individus à transmettre le virus, même si son impact serait vraisemblablement moindre avec le variant omicron.

Des questions demeurent : Faudra-t-il une quatrième dose ? Combien de temps la protection durera-t-elle après la troisième dose ? A plus long terme, un vaccin adapté à omicron sera t­-il nécessaire ?

 

Les traitements fonctionnent-ils toujours ? 

Afin de préciser les modalités de prise en charge des patients dans un contexte de circulation active du variant omicron, l’ANSM a mis à jour ses recommandations. Actuellement en France, trois traitements à base d’anticorps monoclonaux font l’objet d’une autorisation en accès précoce pour la prise en charge des personnes à haut risque de forme grave de la maladie Covid-19 :

  • Ronapreve (casirivimab/ imdevimab, Roche/Regeneron) : Ce traitement est actif contre le variant Delta mais pas sur le variant Omicron. 

 

  • Evusheld (tixagévimab/cilgavimab, AstraZeneca) : Cette combinaison est active contre le variant Delta, la combinaison des deux anticorps conserve une activité neutralisante malgré une perte partielle d’activité sur le variant Omicron.

 

  • Bamlanivimab/etesivimab (Lilly) : activité non optimale sur le variant Delta et inactive sur le variant Omicron. Son autorisation temporaire d’utilisation est suspendue depuis le 31 décembre 2021. 

Toutes les informations sont disponibles ici

En ce qui concerne les antiviraux, le remdesivir peut être utilisé en deuxième ligne chez certains patients. Son indication thérapeutique devrait être assez limitée. Le Paxlovid (un inhibiteur de protéase), molécule donnée par voie orale, montre lui une activité antivirale réelle. Les dernières autorisations réglementaires sont en cours. A l’heure actuelle, ses indications et contre-indications restent encore à déterminer, et il convient de poursuivre les recherches pour identifier les populations qui en tireront le plus grand bénéfice.

Rappel sur les mutations des virus

Lire notre Canal Détox : Variants « britannique », « indien », « sud-africain » : Un impact sur l’efficacité de la vaccination, vraiment ?

Tous les virus mutent (surtout les virus à ARN comme le SARS-CoV-2). Après avoir infecté nos cellules, ils se multiplient en réalisant des copies d’eux-mêmes. Ce processus n’est pas parfait et les copies peuvent comporter des « erreurs » – les « mutations ». Le matériel génétique des copies virales, les fameux variants, diffère alors du matériel génétique du virus de départ (souche historique).

La grande majorité des mutations n’ont aucune conséquence, certaines ont même un effet négatif sur le virus. D’autres en revanche, par un phénomène de sélection naturelle peuvent augmenter la transmissibilité du virus ou la gravité de la maladie. C’est en quelque sorte, un réflexe de survie du « virus ». Si les mutations favorisent la circulation du virus (on dit que ces mutations sont sélectionnées positivement), elles entraînent alors l’implantation du nouveau variant, qui peut en quelques mois seulement devenir le variant dominant. 

Depuis le début de la pandémie, le SARS-CoV-2 a déjà muté de nombreuses fois et il existe des milliers de lignages du virus. Cependant, toutes ces mutations n’ont pas eu d’impact majeur sur la sévérité de la maladie ou sur la dynamique épidémique.

Les mutations de virus peuvent devenir problématiques (et inciter l’OMS a désigner un variant comme ‘préoccupant’ lorsqu’elles modifient une caractéristique importante du virus, telles que la capacité à infecter différents hôtes, le taux de transmission, la capacité à contourner le système immunitaire de l’hôte ou à diminuer l’efficacité des vaccins, des tests et des traitements. 

Programme 13-Novembre : point d’étape 5 ans après le démarrage du projet

Les phases 1 et 2 de l’étude 1000 ont donné lieu à 934 et 839 tournages, soit 2763 heures d’enregistrement.© Adobe stock

 

Les attentats du 13 novembre 2015 ont profondément marqué les victimes, leurs proches, ainsi que l’ensemble de la société française. Depuis 2016, des chercheurs et chercheuses sont mobilisés autour du projet « 13-Novembre », vaste entreprise de recherche transdisciplinaire portée par le CNRS et l’Inserm, codirigé par l’historien Denis Peschanski et le neuropsychologue Francis Eustache. L’objectif : étudier la construction et l’évolution de la mémoire après les attentats, et en particulier l’articulation entre mémoire individuelle et mémoire collective. Alors que le procès des attentats – qui devrait durer 8 à 9 mois – est en cours, l’Inserm fait le point sur les avancées de deux volets de ce programme de recherche, l’étude 1000 et l’étude REMEMBER. Cinq ans après le démarrage du projet, où en est-on ?

Le procès en cours : l’écriture de différentes facettes des mémoires

Aujourd’hui, le procès est en cours et les débats publics facilitent la rencontre entre les mémoires individuelles des différentes parties qui s’expriment et la mémoire collective, façonnée par les médias qui retransmettent ces prises de paroles et différentes analyses.

Selon les chercheurs, s’approcher de la vérité des faits lors de ce procès est une question cruciale car cela minimise les mécanismes de double peine qui peuvent survenir quand les victimes ou les parents endeuillés constatent que la société semble hiérarchiser les lieux de souffrance.

« La double peine pourrait être illustrée par le fait que la victime d’un attentat dans un lieu public (première peine) ne se sent pas reconnue par la communauté (l’État français) car le lieu où s’est déroulé l’attentat qui la concerne (par exemple la terrasse d’ un restaurant) est progressivement mis à l’arrière-plan, avant d’être potentiellement oublié (deuxième peine), contrairement à la salle de spectacle du Bataclan qui occupe une place importante dans les médias et dans la mémoire collective. » explique Francis Eustache, Directeur d’Unité Inserm Neuropsychologie et imagerie de la mémoire, coresponsable du Programme 13-Novembre.

L’avenir indiquera si le procès contribue à la construction d’un grand récit partagé, présenté à la société française par les médias qui s’appuient sur les témoignages individuels des rescapés et intervenants.

« Avant même les analyses fines qui seront réalisées par les chercheurs, nous assistons à l’évolution et à l’écriture de différentes facettes des mémoires, celles d’individus singuliers, au contact de mémoires collectives elles-aussi en cours d’élaboration. Le principal enjeu du programme 13-Novembre sera de rendre compte, de la façon la plus objective possible, de cette écriture au long cours et de ce moment fécond que constitue ce procès hors-normes[1] », explique Francis Eustache.

L’étude 1000 : les deux premières phases réalisées et la troisième en cours

Dans le cadre de l’étude 1000, des médiateurs, des enquêteurs et des chercheurs ont recueilli et vont recueillir puis analyser les témoignages d’un groupe de mille personnes volontaires, au cours de quatre phases d’entretiens filmés réparties sur 10 ans, en 2016, 2018, 2021 et 2026.

Les phases 1 et 2, désormais terminées, ont donné lieu à 934 et 839 tournages, soit 2763 heures d’enregistrement.

Lors de la phase 3, engagée au printemps 2021 et actuellement en cours, l’étude 1000 a intégré 300 nouveaux volontaires afin d’affiner encore l’observation des fluctuations de la mémoire dans les témoignages : comment se présente la mémoire de ceux déjà interrogés à deux reprises dans le cadre du protocole, comment se formule la mémoire de ceux confrontés pour la première fois au protocole, comment ces mémoires se répondent-elles et quelles disparités…?

Cette étude vise l’élaboration d’une cartographie de témoignages la plus complète et variée possible, permettant aux chercheurs de reconstituer un récit de référence des attentats du 13-Novembre. Ainsi, la répartition des volontaires se fait selon quatre cercles, sur la base de leur proximité des lieux des attentats, soit du plus proche au plus lointain. Les volontaires du cercle 1 sont donc les personnes ayant été directement exposées aux attentats.

Parmi les premiers résultats de l’étude, les chercheurs ont pu mettre en évidence des singularités selon les témoignages, notamment ceux relatés par des membres des équipes d’intervention (police et soignants). A travers les témoignages recueillis, ils ont également pu observer que les lieux des attentats avaient pris une place importante pour les habitants des quartiers qui ont été ciblés, alors même que certains ne se trouvaient pas sur place le soir des événements.

Ces récits individuels seront ensuite analysés en détail et mis en perspective avec les traces de la mémoire collective telle qu’elle se construit au cours du temps, notamment au sein des espaces médiatiques (journaux télévisés et radiodiffusés, articles de presse, réseaux sociaux, images commémoratives…).

L’étude REMEMBER : la résurgence des souvenirs intrusifs liée à un dysfonctionnement de certains réseaux cérébraux

L’étude REMEMBER, dirigée par le chercheur Inserm Pierre Gagnepain, évalue les conséquences d’un événement traumatique sur l’évolution des fonctions mentales, psychologiques et cérébrales via l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour, à terme, améliorer les prises en charge. Dans ce programme, les participants se répartissent entre 80 sujets non exposés, et 120 sujets exposés aux attentats, issus de l’étude 1000. Ces derniers forment deux sous-groupes de même taille, les exposés présentant un trouble de stress post-traumatique, et ceux qui n’en présentent pas.

Les premiers résultats de l’étude qui ont fait l’objet d’une publication dans la revue Science ont montré que la résurgence intempestive des images et pensées intrusives chez les patients atteints de stress post-traumatique, longtemps attribuée à une défaillance de la mémoire, serait également liée à un dysfonctionnement des réseaux cérébraux qui la contrôlent. Ces résultats permettent d’identifier de nouvelles pistes de traitement, visant à renforcer ces mécanismes inhibiteurs défaillants.

 

[1] Référence : Eustache F., Peschanski D. Le programme 13-Novembre : le cheminement d’une recherche transdisciplinaire. Médecine/sciences 2021 ; 37 : 963-5

Texte rédigé avec le soutien de Francis Eustache, Directeur d’Unité Inserm Neuropsychologie et imagerie de la mémoire, coresponsable du Programme du 13-Novembre.

Journée mondiale du diabète : l’Inserm se mobilise pour améliorer la santé des patients

Photo issue de Science & Santé, janvier-février 2013, rubrique Grand angle, p30. Cellule bêta pancréatique humaine. Les noyaux des cellules sont colorés en bleu et l’insuline contenue dans les cellules est en rouge.

La journée mondiale du diabète a lieu tous les ans le 14 novembre, dans le but de mieux faire connaître la maladie, sa prise en charge et les moyens de prévention qui existent. En France, près de 4 millions personnes seraient diabétiques, 90 % d’entre elles touchées par le diabète de type 2. On estime que la prévalence mondiale du diabète atteindra 642 millions de personnes d’ici 2040.

A l’Inserm, plusieurs équipes de recherche sont mobilisées afin d’améliorer la compréhension aussi bien du diabète de type 1 que du diabète de type 2, mais aussi d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques et de prise en charge des patients. Retour sur plusieurs études récentes qui ont permis des avancées dans la lutte contre cette pathologie chronique.

Lire nos dossiers d’information : diabète de type 1 et diabète de type 2

 

Une nouvelle voie thérapeutique pour le traitement des rétinopathies diabétiques 

La rétinopathie diabétique est une complication grave du diabète qui touche 50% des patients diabétiques de type 1 et 30% des patients diabétiques de type 2 après 10 ans. Elle est la première cause de cécité avant l’âge de 60 ans.

Actuellement, les principaux traitements sont les injections intraoculaires répétées d’anti-VEGF ou de glucocorticoïdes. Cependant ceux-ci ne sont pas toujours efficaces pour tous les patients, qui soit ne répondent pas au traitement, soit développent une résistance au fil du temps, soit subissent des effets secondaires non négligeables dans les cas des glucocorticoïdes. C’est pourquoi il est important de mettre au point de nouvelles approches thérapeutiques.

Dans une étude récente publiée dans Diabetes, l’équipe de Francine Béhar-Cohen au Centre de Recherche des Cordeliers (Inserm/Université de Paris/Sorbonne Université) s’est intéressée à un type d’hormone, les minéralocorticoïdes. Des études avaient déjà montré que l’activation de la voie minéralocorticoïde est impliquée dans des pathologies associées au diabète (cardiopathies et néphropathies).

Dans ces travaux, l’équipe montre que le récepteur aux minéralocorticoïdes est surexprimé dans la rétine des patients atteints de rétinopathie diabétique. Dans des modèles animaux de diabète de type 2, les scientifiques ont ensuite testé l’injection dans l’œil de spironolactone de libération contrôlée, un médicament qui bloque spécifiquement les récepteurs aux minéralocorticoïdes. Ils montrent que cela entraine une amélioration de la réponse inflammatoire précoce ainsi qu’une réduction de l’œdème rétinien et de la perméabilité vasculaire associée aux rétinopathies diabétiques.

Selon les scientifiques, le blocage du récepteur aux minéralocorticoïdes, qui cible un ensemble de manifestations pathologiques associées à la rétinopathie diabétique, représenterait donc une nouvelle voie thérapeutique à fort potentiel à explorer dans d’autres travaux précliniques et cliniques.

 

Etudier les mécanismes de satiété pour comprendre le diabète

Les facteurs de risque de diabète de type 2 incluent la sédentarité et une alimentation déséquilibrée, les patients étant souvent en surpoids. Pour mieux appréhender les mécanismes à l’œuvre dans la maladie, une équipe de chercheurs de l’Inserm, d’Université de Lille et du CHU de Lille au sein du laboratoire Lille Neuroscience et Cognition étudie depuis plusieurs années le rôle de la leptine, une hormone impliquée dans le contrôle de l’appétit, qui transmet au cerveau le signal de satiété.

 Les résultats de l’étude, publiée dans Nature Metabolism, soulignent que la perception de la leptine par le cerveau est indispensable pour la gestion de l’homéostasie énergétique et de la glycémie. Par ailleurs, le blocage du transport de la leptine vers le cerveau altère le bon fonctionnement des neurones qui contrôlent les sécrétions d’insuline du pancréas.

 

ONECUT1, un gène impliqué dans plusieurs formes de diabète

Les causes du diabète de type 1 et de type 2 sont multifactorielles. Cependant, certains rares cas de diabète sont le résultat de défauts d’un seul gène. On parle alors de diabète monogénique. Un équipe internationale co-dirigée par la directrice de recherche Inserm Cécile Julier à l’Institut Cochin a montré, dans un article publié dans Nature Medicine, que des variations génétiques du gène ONECUT1 sont impliquées dans plusieurs formes de diabète.

Ce gène code pour un type de protéine qui joue un rôle majeur dans le développement du pancréas ainsi que du foie. L’étude a été réalisée à partir d’une analyse clinique et génétique détaillée d’une famille  française présentant des cas de diabète néonatal et de diabète de l’adulte.

Parmi les résultats de l’étude, les scientifiques montrent notamment que lorsque les deux allèles du gène sont mutés, les personnes sont atteintes d’une forme très grave de diabète néonatal, associé à un pancréas de petite taille et à l’absence de vésicule biliaire. Lorsqu’un seul allèle est muté, un risque élevé de diabète de l’adulte est observé. Enfin, l’étude souligne aussi que des variations génétiques localisées près de ce gène, affectant sa régulation, sont associées à un risque accru de diabète de type 2 classique.

 

Retrouvez notre émission pour tout savoir sur le diabète de type 2 !

L’Inserm lance « 30 minutes Santé », une émission qui sera diffusée chaque trimestre sur sa chaîne YouTube. Rendez-vous le mardi 9 novembre à 19h30 pour un premier numéro consacré au diabète de type 2.

Des spécialistes de cette maladie feront notamment le point sur les recherches qui, en permettant de toujours mieux comprendre ses mécanismes, ouvrent de nouvelles pistes pour prévenir et traiter efficacement le diabète de type 2.

Voir la bande annonce de cette émission ici

Infection respiratoire aiguë : données générales du réseau Sentinelles de l’Inserm

 

Les médecins du réseau Sentinelles de l’Inserm surveillent le nombre de cas d’« infections respiratoires aiguës » IRA[1] (apparition brutale de fièvre ou sensation de fièvre et de signes respiratoires).

Concernant la surveillance clinique : En France métropolitaine, la semaine dernière (2021s42), le taux d’incidence des cas d’infection respiratoire aiguë (IRA) vus en consultation (ou en téléconsultation) de médecine générale a été estimé à 144 cas pour 100 000 habitants. Ce taux est en augmentation par rapport à la semaine dernière.        

Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en: Provence-Alpes-Côte d’Azur (234 cas pour 100 000 habitants), Hauts-de-France (188 pour 100 000 habitants) et Grand Est (183 pour 100 000 habitants). 

Surveillance de la COVID-19 : La semaine dernière (2021s42), le taux d’incidence des cas d’IRA dus au SARS-CoV-2 (COVID-19) vus en consultation de médecine générale a été estimé à 5 cas pour 100 000 habitants, ce qui représente 3 606 nouveaux cas de COVID-19 ayant consulté un médecin généraliste. Ce taux est stable par rapport à ceux des dernières semaines.     

Surveillance de la grippe : trois prélèvements ont été testés positifs pour un virus grippal depuis la reprise de la surveillance. Il s’agissait de trois cas de virus grippaux de type A. Deux ont été isolés en semaine 38 (mi-septembre) et un la semaine dernière en semaine 42 (mi-octobre).

Surveillance des autres virus respiratoires : circulation de rhinovirus (principalement), de VRS et métapneumovirus observée en semaine 2021s42.

 

[1] En mars 2020, suite à l’émergence du SARS-CoV-2 (COVID-19), la surveillance des médecins du réseau Sentinelles de l’Inserm a évolué. La surveillance des « syndromes grippaux » (fièvre supérieure à 39°C, d’apparition brutale, accompagnée de myalgies et de signes respiratoires) a été remplacée par celle des « infections respiratoires aiguës » IRA (apparition brutale de fièvre ou sensation de fièvre et de signes respiratoires).

Cette surveillance réalisée en collaboration avec Santé publique France, le Centre National de Référence des infections respiratoires (Institut Pasteur et Hospices civils de Lyon) et l’Université de Corse, permet de suivre l’évolution de la pandémie de COVID-19 et des épidémies dues aux autres virus respiratoires (grippe, virus respiratoire syncytial, rhinovirus et métapneumovirus notamment). Elle s’appuie sur l’observation de patients présentant une IRA vus par un médecin généraliste ou un pédiatre.

Octobre rose : Des facteurs de risque environnementaux impliqués dans le cancer du sein

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Chaque année au mois d’octobre se tient la campagne annuelle « Octobre rose » consacrée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche. Avec plus de  54 000 nouvelles personnes touchées chaque année en France, le cancer du sein est la première cause de décès par cancer chez les femmes. De nombreuses recherches se sont intéressées aux facteurs de risque de survenue de la maladie. Il s’agit d’une maladie multifactorielle, les antécédents personnels et familiaux, l’âge ou encore la consommation de tabac et d’alcool pouvant par exemple être mis en cause dans son déclenchement. Depuis plusieurs années, des chercheurs s’intéressent aussi au rôle de la pollution environnementale et des pesticides. Deux publications récentes à l’Inserm se sont penchées sur ces thèmes.

La pollution atmosphérique associée à un risque plus élevé de cancer du sein

Dans une synthèse de la littérature publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, un groupe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS, et de l’Université Grenoble Alpes s’est intéressé au rôle de certains polluants atmosphériques sur la survenue du cancer du sein. L’objectif des chercheurs était de synthétiser les résultats de différentes études scientifiques concernant la relation dose-réponse entre pollution et survenue du cancer du sein.

Leur travaux ont permis d’identifier pour les trois polluants considérés, à savoir les particules en suspension avec un diamètre inférieur à 10 microns (PM10), les particules en suspension avec un diamètre inférieur à 2,5 microns (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2), respectivement 27, 32 et 36 associations en lien avec la survenue de cancer du sein, toutes rapportées chez des femmes en Amérique du Nord et en Europe.

C’est pour le dioxyde d’azote que la synthèse des études était le plus nettement en faveur d’un effet néfaste sur la survenue de cancer du sein[1]. Pour les deux autres polluants considérés (PM10 et PM2.5), le niveau de preuve était moins élevé, sans qu’il soit possible d’exclure un effet néfaste. 

Les chercheurs estiment qu’environ 1700 cas de cancer du sein, soit environ 3 % des cas survenant annuellement en France, pourraient être attribués à cette exposition et aux autres polluants associés au dioxyde d’azote.

Certains cocktails de pesticides favoriseraient le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées

Dans une étude publiée dans la revue International Journal of Epidemiology, des chercheurs de l’Inserm, d’INRAE, du Cnam et d’Université Sorbonne Paris Nord, se sont intéressés au rôle de l’exposition alimentaire aux pesticides dans la survenue de cancer du sein en post-ménopause.

Dans le cadre de cette étude qui a été menée sur quatre ans, 13 149 femmes ménopausées ont répondu à un questionnaire permettant d’évaluer la consommation d’aliments biologiques et conventionnels. 169 cas de cancers ont été signalés. 

Grâce à une base de données de contamination des aliments selon leur mode de production, les chercheurs ont mesuré l’exposition à 25 substances actives entrant dans la composition de pesticides autorisés en Europe, incluant ceux utilisés en agriculture biologique.

Les résultats de l’étude indiquent que parmi les femmes ménopausées, celles ayant été faiblement exposées à plusieurs pesticides de synthèse ont un risque moindre de développer un cancer du sein.  En revanche, ce  risque augmente parmi le groupe de femmes exposées de façon élevé à quatre substances actives de pesticides, à savoir le chlorpyrifos, l’imazalil, le malathion et le thiabendazole[2]. Les chercheurs ont par ailleurs noté dans ce dernier groupe une augmentation du risque chez les femmes en surpoids (IMC entre 25 et 30) ou obèses (IMC>30).

 

[1] Le dioxyde d’azote est principalement émis par des processus de combustion des combustibles fossiles, tels que ceux des moteurs thermiques des véhicules et du chauffage urbain.

[2] Le chlorpyriphos est utilisé sur les cultures d’agrumes, de blé, de fruits à noyau ou d’épinards par exemple. L’imazalil est également utilisé pour la culture d’agrumes, de pommes de terre et les semences. Le malathion, utilisé pour lutter contre les insectes suceurs (pucerons, cochenilles) est interdit en France depuis 2008 mais autorisé dans certains pays européens. Le thiabendazole est utilisé sur le maïs, les pommes de terre et certains semis.

Le 14 octobre, journée Mondiale de la vue

Oeil humain

Œil humain © Fotolia

 

La Journée Mondiale de la vue aura lieu cette année le 14 octobre. L’occasion pour l’Inserm de revenir sur deux études récentes publiées par des chercheurs de l’Inserm, de Sorbonne Université et du CNRS à l’Institut de la Vision, centre de recherche de dimension internationale entièrement dédié à la recherche sur les maladies de la vision. Et de communiquer sur les progrès réalisés sur l’utilisation de nouvelles approches thérapeutiques : la thérapie génique et optogénétique.

 

Thérapie génique : redonner la vue à des patients atteints d’une maladie rare

Dans une première étude publiée dans la revue Science Translational Medicine en décembre 2020, l’équipe du Marisol Corral-Debrinski, de José-Alain Sahel et Serge Picaud à l’Institut de la Vision a mis au point un traitement reposant sur une nouvelle approche de thérapie génique, ouvrant des perspectives pour le traitement des patients atteints de neuropathie optique de Leber, une maladie héréditaire qui se manifeste par une baisse brutale et bilatérale de la vision pouvant conduire à la cécité. Elle est causée par des mutations de l’ADN mitochondrial[1] qui affectent la production de la protéine ND4. Cette perte visuelle intervient généralement chez l’homme jeune sur un œil puis quelques mois plus tard sur le deuxième œil. Cette maladie de l’œil touche plus de 5 000 personnes en France.

La thérapie génique est une stratégie thérapeutique qui consiste à introduire du matériel génétique dans des cellules pour soigner une maladie. Pour permettre au traitement de pénétrer correctement dans les cellules d’un patient, les scientifiques utilisent dans la plupart des cas un vecteur viral qui assure son transport jusqu’au noyau. Mais pour utiliser cette stratégie dans la neuropathie optique héréditaire de Leber, les chercheurs étaient confrontés à un obstacle majeur : comment cibler la mitochondrie alors que le vecteur viral introduit l’ADN porteur du gène correct dans le noyau ?  

L’équipe a développé une approche innovante qui consiste à ajouter au gène des séquences d’ADN dites « séquences d’adressage ».

Leur fonction est d’assurer que la traduction du matériel génétique en protéines fonctionnelles se fasse directement au contact des mitochondries.

Dans l’essai clinique baptisé REVERSE, les chercheurs ont démontré l’efficacité de cette approche par la mesure d’une réelle amélioration clinique.

 

Thérapie optogénétique : un patient récupère partiellement la vue

Plus récemment, dans une étude publiée dans la revue Nature Medicine en mai 2021, une équipe de recherche dirigée par les professeurs José-Alain Sahel et Botond Roska, a mis en évidence les résultats prometteurs d’un essai clinique ayant permis à un patient aveugle atteint de rétinopathie pigmentaire à un stade avancée de retrouver partiellement la vue grâce à la thérapie optogénétique. La rétinopathie est une maladie génétique dégénérative de l’œil qui se caractérise par une perte progressive et graduelle de la vision évoluant généralement vers la cécité.

L’optogénétique consiste à modifier génétiquement les cellules afin qu’elles produisent des protéines sensibles à la lumière appelées “channel rhodopsines” (rhodopsine canal). Si cette technique existe depuis près de 20 ans en neurosciences, ses bénéfices cliniques n’avaient, jusqu’alors, pas encore été démontrés.

Afin de restaurer la sensibilité à la lumière, l’équipe de recherche a tiré parti des méthodes de thérapie génique pour exprimer des “channel rhodopsines” dans les cellules ganglionnaires de la rétine. Pour cette étude, elle a introduit le gène codant pour une “channel rhodopsine” appelée ChrimsonR. En complément, des lunettes dédiées équipées d’une caméra ont été conçues par les chercheurs. Elles permettent de produire des images visuelles projetées en images de couleur ambre sur la rétine.

Près de cinq mois après avoir reçu l’injection de ChrimsonR, laissant ainsi le temps à son expression de se stabiliser dans les cellules ganglionnaires, les tests avec les lunettes ont pu débuter. Sept mois plus tard, le patient a commencé à rapporter des signes d’amélioration visuelle. Les résultats des tests montrent qu’avec l’aide des lunettes, il peut désormais localiser, compter et toucher des objets.

Un essai clinique qui marque donc une étape importante dans le développement de thérapies géniques indépendantes des mutations pour traiter les dégénérescences rétiniennes héréditaires.

« Sociologie des violences sexuelles au sein de l’Église catholique en France (1950-2020) » : une enquête Inserm pour éclairer le rapport de la CIASE

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église” (CIASE) a été mise en place le 13 novembre 2018. Adobe Stock

Depuis une trentaine d’années, la parole se libère concernant les violences sexuelles impliquant des représentants de l’Église catholique. De nombreux pays ont mis en place des commissions d’enquêtes pour évaluer l’ampleur du phénomène et mieux l’appréhender.

En France, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église” (CIASE) a été mise en place le 13 novembre 2018 par Jean-Marc Sauvé, vice-président honoraire du Conseil d’État, à la demande de la Conférence des Évêques de France (CEF) et de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF). Après près de trois ans de travail, le rapport de la CIASE a été rendu public ce mardi 5 octobre 2021.

Afin de mieux caractériser la population des personnes ayant été abusées et d’étudier les logiques sociales et institutionnelles qui auraient favorisé ces violences, la CIASE a sollicité la sociologue-démographe Nathalie Bajos, directrice de recherche Inserm et spécialiste des enquêtes sur la sexualité et le genre. Avec son équipe, elle a mené une enquête détaillée sur le sujet, qui vient alimenter le rapport final de la CIASE.

216.000. C’est le nombre de mineurs qui auraient été victimes de violences sexuelles dans l’Eglise entre 1950 et 2020, selon l’enquête en population générale menée par l’Inserm auprès de 28 010 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française.

Si l’on ajoute les violences sexuelles commises par des laïcs au sein d’institutions religieuses, ce chiffre pourrait même s’élever à 330.000 victimes. L’Eglise est le milieu où, après les cercles familiaux et amicaux, la prévalence des violences sexuelles est la plus élevée. La majorité des victimes étaient des garçons âgés de 10 à 13 ans au moment des faits.

 

L’enquête de l’Inserm a comporté trois volets :

 

  • Un « appel à témoignage » qui s’est déroulé d’octobre 2019 à janvier 2020, qui a permis de collecter 1 627 questionnaires remplis par des personnes confrontées à une ou plusieurs situations d’abus sexuels dans l’Église (dont 1 448 personnes mineures au moment des faits et personnes majeures dites “vulnérables”) issues de toute la France.

 

  • Une enquête qualitative sur la base d’entretiens semi-directifs en face à face a permis d’explorer plus finement les relations de la personne agressée avec l’auteur de l’agression (confiance, rapports hiérarchiques…), les circonstances de survenue des violences, les réticences à parler, les réactions des personnes informées (famille, membres de l’Église) et les raisons du non-recours au droit.

 

  • Une enquête sur les violences sexuelles en population générale. Elle a été conduite entre le 25 novembre 2020 et le 28 janvier 2021 auprès d’un échantillon par quotas de 28 010 personnes de plus de 18 ans interrogées par internet. Cette enquête a permis d’estimer la prévalence des violences sexuelles perpétrées par un membre du clergé catholique, de la comparer à celles des violences commises dans d’autres sphères de socialisation (famille, école, activités sportives, autres religions…) et enfin d’apprécier la spécificité sociale et démographique des répondants au premier volet “appel à témoignage”.

 

L’enquête Inserm « Sociologie des violences sexuelles au sein de l’Église catholique en France (1950-2020) » publiée dans le cadre du rapport de la CIASE est disponible en PDF, cliquez ici pour la consulter.

Septembre en Or, la recherche sur les cancers pédiatriques avance

 

Diversité de cellules au sein d’une même tumeur. Visualisation au microscope (avec une coloration à l’hématoxyline et à l’éosine) pour des hépatoblastomes. ©Dr Guillaume Morcrette

Le mois de Septembre ou « Septembre en Or » est dédié au soutien à la lutte contre les cancers pédiatriques, première cause de décès chez l’enfant. Chaque année en France, environ 1700 enfants de moins de 15 ans déclarent la maladie[1]. Les chercheurs de l’Inserm sont plus que jamais mobilisés pour faire avancer la recherche contre le cancer et s’intéressent notamment à élucider les mécanismes d’initiation des tumeurs chez l’enfant, pour mieux comprendre la maladie, sa progression et permettre la découverte de nouveaux traitements. Retour sur deux études récentes publiées sur le sujet dans la revue Cancer Discovery.

Pourquoi certaines leucémies touchent-elles uniquement les enfants ?

Un tiers des cancers pédiatriques diagnostiqués en France sont des leucémies[2], communément appelées cancers du sang. Les leucémies aiguës myéloïdes (LAM) représentent 15% des leucémies diagnostiquées chez les enfants et adolescents. Leur pronostic est souvent mauvais puisque la survie globale demeure autour de 60 % à cinq ans.

Dans une étude publiée dans la revue Cancer Discovery, l’équipe du chercheur Thomas Mercher, directeur de recherche de l’équipe « Génétique et modélisation des leucémies de l’enfant », s’est intéressée aux mécanismes d’initiation de la leucémie aiguë myéloïdes chez l’enfant, et plus particulièrement de la leucémie aiguë mégacaryoblastique (LAM7), une forme très agressive de LAM.

L’équipe est notamment parvenue à montrer que la fusion de deux protéines normalement indépendantes dans la cellule, appelée ETO2-GLIS2, est suffisante pour induire rapidement des leucémies agressives, si elle est activée dans des cellules hématopoïétiques du fœtus[3]. En revanche, son activation dans des cellules adultes est faiblement associée au développement de leucémie.

Des résultats qui suggèrent que certaines leucémies se développent spécifiquement chez les enfants car les cellules fœtales présentent des propriétés différentes par rapport aux cellules adultes. Ils permettent également de proposer de nouveaux mécanismes à cibler dans les cellules fœtales et dans les leucémies de l’enfant afin d’améliorer les traitements chez ces patients.

 

Pourquoi un enfant sur cinq atteint d’un cancer du foie exprime une résistance à la chimiothérapie ?

Une autre étude publiée dans la revue Cancer Discovery, s’est quant à elle intéressée aux mécanismes d’initiation et de progression des cancers du foie chez l’enfant. Les cancers du foie représentent environ 1% de l’ensemble des tumeurs de l’enfant. L’hépatoblastome est le type de tumeur maligne hépatique le plus fréquent, avec une incidence d’un cas pour un million d’enfants de moins de 15 ans, soit 10 à 15 nouveaux cas par an en France, survenant principalement avant l’âge de 2 ans.

Grâce à la caractérisation précise de la diversité moléculaire et génomique des tumeurs du foie pédiatrique, l’étude de l’équipe du Professeure Jessica Zucman-Rossi au Centre de Recherche des Cordeliers (Université de Paris, Inserm, Sorbonne Université), et ses collaborateurs du réseau Hepatobio, a permis non seulement de mieux comprendre l’origine du développement des cancers, les phénomènes de plasticité cellulaire à l’origine des cas de résistance mais également d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques afin de proposer un traitement aux enfants qui ne répondent pas à la chimiothérapie (environ un sur cinq).

  • Les chercheurs ont caractérisé de nouvelles mutations (altérations fréquentes d’une région du chromosome 11) à l’origine du développement des hépatoblastomes
  • Ils ont montré que, dans quasiment tous les cas, la transformation maligne en cancer était liée à l’activation de l’oncogène ß-caténine associée à des mutations rares d’autres gènes (NFE2L2, TERT, GPC3, RPS6KA3 ou CREBBP).
  • Ils ont mis en évidence l’extraordinaire plasticité des cellules tumorales dans les hépatoblastomes, en montrant qu’il peut exister quatre sous-populations cellulaires au sein d’une même tumeur.
  • Enfin, ils ont montré qu’une population de cellules, appelées « cellules de type progéniteur », accumulent des mutations génétiques lors de l’exposition au cisplatine, molécule faisant partie de la chimiothérapie, et que cette accumulation de mutations est associée à la résistance à la chimiothérapie et donc aux rechutes après chimiothérapie.

En cherchant à cibler spécifiquement ces cellules de « type progéniteur », l’équipe a pu identifier de nouveaux traitements candidats permettant de surmonter la résistance au cisplatine dans des expériences in vitro et chez la souris, qui restent à confirmer chez les patients.

 

L’Inserm, plus que jamais mobilisé dans la recherche contre le cancer

Bien que le diagnostic et le traitement des cancers aient fortement évolué ces dernières décennies, d’immenses progrès sont encore indispensables pour mieux comprendre les maladies tumorales et d’améliorer le pronostic. Il est donc crucial de soutenir les travaux de recherche qui permettent de progresser dans la compréhension des mécanismes de développement des cancers. Les équipements disponibles dans les laboratoires, et tout particulièrement les plateformes de recherche, sont essentiels pour atteindre cet objectif. 

Dans ce contexte, l’Itmo Cancer d’Aviesan organise un appel à projets, avec l’objectif de permettre l’acquisition d’équipement mutualisé semi-lourd ou lourd, en favorisant les interactions entre les équipes et en renforçant l’attractivité et la place des équipes françaises sur la scène internationale.

Pour en savoir plus et consulter l’appel à projets

  • Ouverture : 21 septembre 2021
  • Date limite de candidature : 2 décembre 2021, 17h

[1] Registre National des Cancers de l’Enfant

[2] Parmi les cancers pédiatriques : Leucémies 29 % des cas, dont 80 % de leucémies aiguës lymphoblastiques, tumeurs du système nerveux central 25 %, lymphomes 10 %.

[3] Pour réaliser ces travaux, les chercheurs ont analysé les caractéristiques de cellules leucémiques humaines et développé un modèle murin permettant d’étudier l’expression de la fusion ETO2-GLIS2.

10 septembre – Journée mondiale de prévention du suicide

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En France, 220 000 tentatives de suicide sont prises en charge par les urgences chaque année, et 10 500 personnes se donnent la mort, selon le CépiDc de l’Inserm. Prévenir le risque suicidaire est devenu un enjeu de taille pour la recherche alors que les effets de la crise sanitaire sur le moral des français sont de plus en plus visibles. A l’approche de la journée mondiale de prévention du suicide le 10 septembre, l’Inserm fait le point sur de récents projets de recherche qui se sont penchés sur cette question importante.

 

Prédire le risque suicidaire chez les étudiants, grâce à l’intelligence artificielle

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans et les étudiants sont particulièrement exposés au risque de comportements suicidaires. Plusieurs facteurs connus peuvent contribuer à l’augmentation des risques chez cette population : le passage du lycée à l’université, l’augmentation de la charge de travail, l’augmentation du stress psychosocial et des pressions scolaires, et l’adaptation à un nouvel environnement. Ces risques ont par ailleurs été exacerbés par la situation de crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

Grâce à l’intelligence artificielle et à la méthode d’apprentissage automatique, des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Bordeaux sont parvenus à développer un algorithme permettant d’identifier de façon précise les principaux facteurs prédictifs des comportements suicidaires au sein d’une population étudiante. L’étude s’est appuyée sur le suivi sur plus d’un an de plus de 5 000 étudiants français ayant répondu à des questionnaires.

Les informations recueillies par ce biais ont renseigné les chercheurs à la fois sur la santé des participants, leurs consommations de drogue et d’alcool, leurs antécédents médicaux et psychiatriques ainsi que sur leur état psychique.

Les chercheurs ont identifié plus précisément quatre facteurs prédictifs qui permettraient de détecter environ 80% des comportements suicidaires de l’étude. Il s’agit des pensées suicidaires, de l’anxiété, des symptômes de dépression et de l’estime de soi.

« Ces travaux demandent confirmation mais ils ouvrent la possibilité de dépistage à grande échelle en identifiant, grâce à des questionnaires courts et simples, les étudiants à risque de suicide pour les orienter vers une prise en charge adéquate », explique Christophe Tzourio, coordinateur de l’étude.

 

 

StopBlues, un site et une application pour prévenir le mal-être

 

 

En 2018, l’équipe de recherche Eceve-Inserm[1], dirigée par Karine Chevreul, a développé StopBlues, un dispositif numérique pour agir sur le mal-être psychologique qui, s’il n’est pas reconnu, peut conduire à des troubles plus sévères comme la dépression ou le suicide.

L’initiative se décline à travers un site Internet et une application mobile qui permettent d’accéder à tout un ensemble d’informations et d’outils, comme des vidéos sur la dépression, des quiz, des solutions telles que des exercices de relaxation ou de psychologie positive, ainsi qu’une cartographie des ressources locales – médecins, associations… – vers lesquelles se tourner pour accéder à une prendre en charge. 

Afin d’aider la population générale à faire face aux angoisses liées à la pandémie, les chercheurs Inserm ont à partir de 2020 aussi travaillé à une extension Covid-19 du dispositif StopBlues.

Celle-ci passe par la publication de capsules vidéo courtes décrivant les émotions que l’on peut ressentir face à la peur de la maladie, aux difficultés du confinement, à l’isolement social ou aux conflits familiaux. Ces vidéos proposent par ailleurs des stratégies reconnues efficaces pour gérer le stress et l’anxiété et parvenir à prendre soin de sa santé globale, physique et psychique, dans ce contexte particulier.

 

[1] L’Unité mixte de recherche 1123 –Epidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (ECEVE)

A la rentrée, les chercheurs recommandent l’autotest régulier pour contrôler l’épidémie dans les établissements scolaires

autotest Covid

Autotest antigénique sur prélèvement nasal pour dépister la Covid-19 © Unsplash

Les enfants et adolescents s’apprêtent à retrouver le chemin des classes. Alors que les établissements scolaires ont été largement impactés par la crise sanitaire et que ses effets se sont fait ressentir sur l’éducation et le bien-être des élèves, maintenir les écoles ouvertes en toute sécurité reste un objectif primordial. Dans le cadre du niveau 2 du protocole sanitaire retenu par le gouvernement en vigueur dans les écoles, collèges et lycées à partir du 2 septembre 2021, le ministère de l’Éducation a annoncé le 26 août l’objectif de réaliser 600 000 tests salivaires par semaine en primaire et autant d’autotests que nécessaire dans le secondaire. Une dernière étude de modélisation menée par la directrice de recherche Vittoria Colizza, et son équipe à l’Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique (Inserm/Sorbonne Université) a confirmé l’importance de pratiquer des dépistages réguliers en milieu scolaire pour permettre le contrôle de l’épidémie et réduire l’impact négatif de la fermeture des classes sur les écoliers.

Depuis le 15 juin, la vaccination a été étendue à la population des 12-17 ans, et a récemment été fortement encouragée par l’introduction du passe sanitaire. Pourtant, il est peu probable que la population scolaire soit majoritairement vaccinée à la rentrée, d’autant que la vaccination des enfants de moins de 12 ans reste encore suspendue aux résultats d’essais cliniques en cours. Par ailleurs, le variant Delta hautement contagieux circule rapidement parmi les jeunes groupes d’âge, faisant craindre une recrudescence de l’épidémie à l’automne prochain.

Dans le cadre d’un nouveau travail, les chercheurs ont réalisé une analyse coûts-avantages selon des conditions épidémiques et des schémas de vaccination variables afin de modéliser les scénarios possibles de propagation de l’épidémie en milieu scolaire. Ceux-ci ont été montés grâce à des données recueillies dans une école primaire et dans un collège français (hors pandémie), permettant aux chercheurs de mesurer les interactions entre les individus et de construire des modèles de prédiction utiles au suivi de la transmission du Sars-Cov-2 entre les individus en milieu scolaire et selon les groupes d’âge, tout en prenant en compte les mesures barrières instaurées dans les écoles.

D’après les résultats de cette étude, la mise en place d’autotests hebdomadaires dans les classes primaires et dans les collèges fournirait un équilibre optimal, améliorant largement le contrôle de l’épidémie dans la population scolaire tout en évitant les perturbations du calendrier dues aux fermetures de classes.

Dans une population scolaire partiellement vaccinée, le dépistage par autotests hebdomadaires des écoliers parviendrait à réduire le nombre de cas en moyenne de 24 % dans l’enseignement primaire et de 53 % dans l’enseignement secondaire, avec une adhésion de 50%.

Le nombre de jours en présence perdus en moyenne par élève serait aussi largement réduit (90% de jours de classe perdus en moins par élèves par rapport  au scénario d’une fermeture de la classe après la détection d’un cas).

En Europe, selon les pays, les élèves ont perdu de 10 à près de 40 semaines d’école de mars 2020 à mars 2021 en raison de la fermeture partielle ou totale des écoles. En France, les écoliers ont perdu en moyenne 10 semaines de classe sur la période.

Le recours aux autotests parait également essentiel pour la prévention des infections au Sars-Cov-2 dans les situations où la couverture vaccinale de la population scolaire est faible ou modérée. C’est seulement en présence d’une large couverture vaccinale chez les adolescents que l’apport supplémentaire du dépistage régulier dans le contrôle de l’épidémie à l’école deviendrait limité (supérieur à 55% de couverture pour R=1,3, et supérieur à 75% pour R=2 pour réduire la performance du dépistage hebdomadaire à 15% de réduction des cas ou moins[1]).

Les chercheurs soulignent que la fréquence exacte des autotests devrait être adaptée en fonction de la couverture vaccinale, de l’adhésion enregistrée à la pratique de dépistage et de la circulation virale du Sars-Cov-2 dans la zone observée.

[1] R = le facteur de reproduction du virus

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