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1 Français sur 2 souffre de douleurs articulaires

D’après les résultats d’un sondage IFOP « Les Français et les rhumatismes » mené pour l’Inserm et « Ensemble contre les Rhumatismes », 93% des Français déclarent avoir déjà souffert de douleurs articulaires[1] et un sur deux en souffre au moment de répondre à l’enquête. Ces douleurs articulaires impactent fortement leur quotidien. La qualité du sommeil et l’incapacité à pratiquer des activités de loisirs sont les deux aspects de la vie quotidienne les plus touchés devant la vie professionnelle et la vie familiale.

Les résultats de ce sondage soulignent la nécessité de continuer à mener des programmes de recherche ambitieux pour trouver de nouveaux traitements et d’inciter les Français à agir dès le plus jeune âge pour préserver leur capital articulaire.



Ce dossier de presse a été réalisé à l’occasion de la journée mondiale contre les rhumatismes et de l’initiative française « Ensemble contre les rhumatismes« (ECR) qui se dérouleront le 12 octobre prochain.

ECR rassemble les 3 plus importants acteurs de la recherche sur les maladies articulaires en France. Créé à l’initiative de L’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Inserm-AVIESAN), de la Fondation Arthritis et de la Société française de Rhumatologie (SFR), Ensemble Contre les Rhumatismes (ECR) a pour mission de promouvoir la recherche en Rhumatologie afin de prévenir, soulager et guérir les maladies des os et des articulations qui touchent un quart de la population européenne.

Les Rhumatismes

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© Inserm/Alexandra Pinci

Vrai / Faux

Les douleurs articulaires ne touchent qu’une petite partie de la population / FAUX
Plus de 1 Français sur 2 souffre en ce moment d’une douleur ostéoarticulaire
1/3 des 18-24 ans souffrent actuellement d’une douleur articulaire*
L’OMS a déclaré la lombalgie comme la première cause de handicap dans le monde. En France près de 4000 enfants souffrent de rhumatisme inflammatoire, près de 600 000 adultes des mêmes maladies et près de 10 millions de Français souffrent d’arthrose. Ces maladies ne sont donc clairement pas dues uniquement au vieillissement de la population.

Les maladies articulaires ne sont pas graves / FAUX
65% des Français ont eu un retentissement d’une douleur articulaire sur leur sommeil.
Pour les moins de 24 ans, plus de 1 jeune sur 2 considère que les rhumatismes ont eu un impact sur leur vie sociale et familiale*
Les maladies articulaires sont des maladies dont l’impact sur la qualité de vie, le sommeil, mais aussi la mortalité est majeur. C’est la cause principale d’arrêts maladie. Les rhumatismes sont la première cause de douleurs chroniques. Ils ont un impact direct sur la mobilité et un impact indirect en augmentant le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers du fait de la sédentarité qu’elles entraînent.

Il faut bouger le moins possible / FAUX
Au contraire, l’activité physique, contrariée par les difficultés à bouger quand on est touché par ces maladies, est aussi un remède pour préserver son capital ostéoarticulaire.


Ce qu’il faut retenir de l’enquête Ifop
1) La fréquence des rhumatismes

La grande majorité des répondants (93%) ont déjà eu des douleurs articulaires au moins une fois dans leur vie. 8 Français sur 10 en ont même fait l’expérience plusieurs fois.
1 Français sur 2 et 1 jeune sur 3 (18-24 ans) souffre actuellement (au moment de répondre à l’enquête) de douleurs articulaires.
Ces chiffres, rapportés à ceux de la prévalence des rhumatismes en Europe (une personne sur 4 est atteinte de rhumatismes), auraient tendance à montrer que les Français sont des « malades » qui s’ignorent. La plupart d’entre eux n’associant pas leurs douleurs ostéo-articulaires avec la possibilité d’être soigné pour des rhumatismes.
Les chercheurs recommandent donc de parler progressivement aux Français de maladies ostéo-articulaires plutôt que de rhumatismes. D’une part, parce que le mot « maladies » permet de s’éloigner de la fatalité d’avoir ces douleurs. D’autre part, parce que le mot « ostéoarticulaire » décrit précisément la localisation des problèmes (os et articulations) au même titre qu’on parle de « maladies cardiovasculaires » ou de « maladies pulmonaires ».

Fréquence rhumatismes

2) Les idées reçues

8 Français sur 10 pensent à tort que les rhumatismes ne sont jamais mortels. Or, du fait de la sédentarité qu’elles entrainent, le taux de mortalité est augmenté de 50% lorsque la marche est limitée par ces maladies.

La majorité des répondants estiment que les rhumatismes sont des maladies de l’âge qui ne peuvent pas toucher les enfants. Or, 4000 enfants en France souffrent d’arthrite juvénile idiopathique.

généralité rhumatismes

3) L’impact sur le quotidien
Les douleurs articulaires impactent fortement le quotidien des personnes qui en souffrent. Les ¾ d’entre eux citent au moins un impact parmi les activités suivantes : sommeil, loisirs, vie professionnelle, vie familiale, vie de couple.
Ces maladies ont un retentissement tout particulier sur la qualité du sommeil et sur l’incapacité à pratiquer une activité dite de loisir.

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© Inserm/Alexandra Pinci

Et la recherche ?

La recherche médicale est un atout majeur pour lutter contre les rhumatismes première cause de handicap au monde et qui concerne plus d’un quart de la population européenne.

Il y a une vingtaine d’années par exemple, l’alliance entre la recherche fondamentale et clinique a permis la découverte de médicaments innovants. Il s’agit des biothérapies telles que les anti-TNF, qui ciblent spécifiquement des molécules de l’inflammation. Ces découvertes ont révolutionné le traitement des patients ayant une polyarthrite rhumatoïde ou une spondylarthrite.

Grâce à la recherche également, il y a quelques années un test sanguin diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde, les anti-CCP, a permis aux médecins de faire un diagnostic précoce de polyarthrite rhumatoïde permettant ainsi de mettre en route un traitement avant que les articulations ne soient abîmées.

Beaucoup d’autres maladies ostéoarticulaires n’ont pas encore bénéficié des progrès de la recherche. Des chercheurs Inserm travaillent pour essayer de trouver de nouveaux traitements. En France, des projets très ambitieux sont soutenus par les 3 entités de l’initiative ECR.

PROJET MIRIAD

“MIcrobiome Research Initiative on spondyloArthritis and Dysbiosis”

Le projet MIRIAD, porté par le Pr Maxime Bréban, chercheur au sein de l’Unité Inserm 1173 « Infection et inflammation » et médecinà l’Hôpital Ambroise-Paré à Paris( AP-HP) en collaboration avec l’INRA et l’Institut de Biotechnologie des Flandres à Gent (Belgique) va étudier l’influence de l’environnement sur les rhumatismes inflammatoires et a pour objectifs précis : 1) D’identifier un marqueur diagnostic, 2) De tester une nouvelle stratégie thérapeutique consistant à ré-équilibrer le microbiote des patients atteints de Spondylarthrite par administration d’un microbiote sain.

PROJET ROAD

« Research on OsteoArthritis Diseases »

Le projet ROAD, porté par Jérôme Guicheux, directeur de recherche Inserm à Nantes (Unité Inserm 791 « Laboratoire d’ingénierie ostéo-articulaire et dentaire » : LIOAD), est le premier projet de recherche en réseau sur l’arthrose en France, rassemblant les 7 meilleurs laboratoires académiques et cliniques. Il a pour objectifs de : 1) Classifier les différents types d’arthrose chez la souris, 2) Classifier chez l’Homme, les arthroses du genou et créer la première Banque Nationale de tissus humains arthrosiques, 3) Identifier de nouveaux biomarqueurs et des cibles spécifiques, afin de développer des stratégies thérapeutiques innovantes.

Ces deux projets constituent des initiatives pionnières en Europe. Microbiote et vieillissement sont d’ailleurs deux des trois programmes de recherche transversaux prioritaires du plan stratégique 2016-2020 de l’Inserm.

COHORTES  ESPOIR ET DESIR

Deux cohortes multicentriques nationales sur la polyarthrite rhumatoïde (cohorte ESPOIR) et sur la spondylarthrite (cohorte DESIR) dans lesquelles participent plusieurs équipes Inserm ont déjà donné lieu à de nombreuses découvertes sur les facteurs de risque de ces maladies comme le tabac ou la mauvaise hygiène buccodentaire. Le Pr Xavier Mariette (Unité Inserm 1084) coordonne au sein de la cohorte ESPOIR un essai clinique visant à améliorer l’état buccodentaire des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde,

 

Peut-on prévenir les rhumatismes ?

En l’absence de traitement, il est possible d’agir sur les rhumatismes via leur prévention. Développer la notion de “Capital Articulaire”, capital à préserver coûte que coûte tout au long de la vie, et en particulier dès l’enfance est primordial. Ce capital est essentiel, car une fois touché par l’une ou l’autre de ces maladies, la perte de ce capital aboutit à la sédentarité dont on connaît les conséquences néfastes pour le cœur et les vaisseaux entre autres.

Ce “Capital ostéoarticulaire” repose sur:

  • Une activité physique spécifique à adapter aux patients atteints d’une maladie ostéoarticulaire.
  • Une alimentation équilibrée afin d’éviter, d’une part le surpoids, facteur de risque majeur de rhumatismes, et d’autre part la carence en calcium et vitamine D qui augmente le risque d’ostéoporose et donc de fracture.
  • Un arrêt du tabac et une bonne hygiène buccodentaire, 2 facteurs de risque démontrés d’initiation et d’aggravation de la polyarthrite rhumatoïde.
  • Des programmes de prévention des traumatismes, et ceci dès l’enfance/adolescence:
    • Rédiger des manuels scolaires (collèges et lycées, matière Sciences de la Vie et de la Terre) expliquant le fonctionnement physiologique de l’appareil locomoteur et les facteurs de risque environnementaux des principales maladies ostéoarticulaires, permettant d’intégrer la notion de “Capital ostéoarticulaire”
    • Former des entraîneurs sportifs aux conséquences ostéoarticulaires des traumatismes (échauffements ciblés, renforcement musculaire pour stabilisation des articulations, interruption sportive adaptée en cas de traumatisme, etc.)
  • Une prévention des chutes chez la personne âgée responsables de fracture chez des patients ayant une ostéoporose.

 

Une journée pour en parler

Chaque année a lieu le 12 octobre la journée mondiale sur les rhumatismes, le World Arthritis Day (WAD). C’est à l’occasion de cette journée que L’Inserm, Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé), la Fondation Arthritis et la Société française de Rhumatologie (SFR), 3 acteurs majeurs qui financent la recherche en rhumatologie en France, se sont associées pour organiser la journée
ECR 2016 (Ensemble Contre les Rhumatismes). Son but sera de communiquer d’une seule voix auprès du public et des responsables politiques sur l’importance de soutenir la recherche sur les rhumatismes.

Elle se déroulera au pavillon Daunou de 10h à 16h sous forme de tables rondes diffusées en direct sur le web et dans 2 villes en France.

Chaque thème de la journée « ECR 2016 » sera successivement présenté par un chercheur et par un représentant d’une association de patients et suivi d’un débat permettant un échange de points de vue entre chercheurs, médecins et patients.

Le programme a été préparé en très étroite collaboration avec les associations de patients qui ont été invitées à une première réunion à l’Inserm pour proposer et sélectionner des thèmes et des intervenants qui répondent à leurs besoins.

Pour plus d’informations : www.ensemblecontrelesrhumatismes.org

Email : gro.semsitamuhrselertnocelbmesne@ofni

gro.semsitamuhrselertnocelbmesne@muabnerebsicnarf

 

[1] Les Rhumatismes regroupent l’ensemble des maladies de l’appareil locomoteur (os / cartilages / muscles / tendons / ligaments)

Accidents domestiques : dans quelles pièces court-on le plus de risque ?

classement des pièces dangereuses

Accidents domestiques : classement des pièces les plus dangereuses

 

Pour la première fois, l’observatoire MAVIE, coordonné par Emmanuel Lagarde, directeur de recherche à l’Inserm et chercheur à l’Unité 1219 «Bordeaux population health research center» (Inserm/Université de Bordeaux), en partenariat avec Calyxis, permet de mesurer le temps passé par des volontaires dans chacune des pièces de leur habitat, et donc d’estimer précisément leur risque d’accident domestique. L’étude nationale, véritable outil de prévention des risques d’accident de la vie courante, forte de la participation de ses premiers 26 000 volontaires (sur les 100 000 attendus) livre ces premiers résultats inédits.

 

Plus de temps passé = plus de risque d’accident ?

Le relevé du temps passé au quotidien dans chacune des pièces de l’habitat par les volontaires MAVIE offre un aperçu inédit des risques d’accidents domestiques. Le lieu le plus dangereux, celui où l’on dénombre le plus d’accident pour un temps donné, est le jardin, suivi du garage et de l’abri de jardin. Les seniors et les enfants y sont les principales victimes ; ces lieux étant ceux dans lesquels les volontaires passent le moins de temps. À l’intérieur du logement, la chambre est le lieu le plus dangereux. Nos volontaires y passent, en moyenne, moins d’une heure au quotidien (hors temps passé dans le lit). Les accidents qu’on y dénombre touchent principalement les enfants, qui y passent, eux, plus de temps. À temps passé égal, les volontaires ont deux fois plus de risque d’avoir un accident dans leur cuisine que dans leur salon. Enfin, le lieu le moins dangereux est le lit, avec dix fois moins d’accident que dans la cuisine. Heureusement, car c’est le lieu où l’on passe, en moyenne, 7h30 chaque jour.

L’habitat est le premier lieu de survenue des accidents de la vie courante pour les volontaires : près de 45 % s’y déroulent, touchant l’ensemble de ses habitants, quel que soit leur âge. Les chutes représentent 35 % des mécanismes d’accidents qui y surviennent, suivies des chocs et des écrasements (environ 25% chacun) ; les brûlures étant à l’origine de 5 % de ces accidents.

Les lieux où surviennent le plus d’accidents sont, ensuite, les équipements de loisirs et de divertissement ou la pleine nature (14%), puis les aires de sport (9%) ; le sport étant l’activité à l’origine du plus grand nombre d’accident du quotidien.

Lieux de survenue des accidents

Répartition des lieux de survenue des accidents de la vie courante

 

Un nouveau site web conçu pour les volontaires MAVIE

Pour atteindre l’objectif des 100 000 volontaires, l’observatoire MAVIE devient un véritable outil de prévention des risques d’accident de la vie courante. Sur son site internet (www.observatoire-mavie.com) et ses réseaux sociaux, l’étude propose un véritable contenu de référence sur les accidents du quotidien[1] et dispense de nombreux conseils de prévention. Depuis septembre, le site internet est adapté aux mobiles et tablettes, et l’ergonomie de l’espace privé des volontaires a été améliorée. Objectifs : favoriser et faciliter la réponse aux  questionnaires et la déclaration d’accident. Le forum de l’étude continue d’être un lieu d’échange entre les volontaires et de témoignages précieux.

Pour aller plus loin dans cette dynamique, l’équipe MAVIE travaille sur la création d’un système d’aide à la décision personnalisé pour chaque volontaire : le MAVIE-Lab. Cette application innovante leur permettra d’évaluer leurs risques et d’expérimenter virtuellement des solutions de prévention spécifiquement adaptées à leurs besoins[2].

 

Qu’implique la participation à l’observatoire MAVIE ?

Les volontaires peuvent participer seul, avec l’ensemble de leur foyer et/ou en représentant une personne âgée ou dépendante. Lors de l’inscription ils remplissent des questionnaires en ligne sur les caractéristiques de leur logement, sur leurs habitudes et modes de vie, sur leur santé… Par la suite, les volontaires déclarent spontanément leurs accidents de la vie courante et donnent régulièrement de leurs nouvelles.

Comme pour toute recherche biomédicale de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les données collectées font l’objet de procédures strictes de sécurité et de préservation de l’anonymat, approuvées par un accord de la CNIL.

 

[1] Télécharger l’infographie MAVIE de référence sur les accidents de la vie courante

[2] En savoir plus sur le MAVIE-Lab : https://www.observatoire-mavie.com/application-MAVIE-Lab.aspx

Franciliens + transports en commun = Champions de l’activité physique au quotidien

Infographie Basile Chaix STIF

Le STIF, autorité organisatrice des transports publics d’Ile-de-France, et l’Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, dévoilent les résultats d’une étude* mesurant l’activité physique liée aux déplacements quotidiens des Franciliens. Cette étude met en évidence que l’usage des transports en commun contribue de manière significative à l’activité physique des Franciliens, un comportement important pour rester en bonne santé.

 

En Ile-de-France, prendre les transports en commun génère pour leurs utilisateurs 27 minutes d’activité physique !

L’étude révèle que si le vélo est à l’origine de l’activité physique dite modérée ou vigoureuse la plus importante dans le cadre des déplacements quotidiens, les utilisateurs de bicyclettes ne représentent que 2% de la population d’Ile-de-France. En seconde position, ce sont les transports en commun qui génèrent le plus d’activité physique pour leurs utilisateurs : en effet, les 29% de Franciliens qui utilisent les transports en commun au quotidien effectuent en moyenne 27 minutes d’activité physique par jour avec ce mode de transport, soit une dépense de 180 kcal.

On a tendance à l’oublier mais les voyageurs qui utilisent le bus, le métro, le tramway, le train, le RER (ou une combinaison de ces modes au cours d’un même déplacement) font généralement une partie du trajet à pied. Les transports en commun offrent de nombreuses occasions aux voyageurs de marcher, que ce soit entre le point de départ ou d’arrivée d’un déplacement et les stations de transport en commun ou pour les correspondances.

En moyenne, les déplacements en transports en commun génèrent même davantage d’activité physique au quotidien pour leurs utilisateurs que les déplacements effectués uniquement à pied puisque les personnes qui utilisent la marche à pied réalisent en moyenne 16 minutes d’activité physique par jour dans le cadre de ces déplacements marchés.

 

Les Parisiens sont les plus actifs lors de leurs déplacements quotidiens

La durée moyenne d’activité physique réalisée par les Franciliens pour leurs déplacements au cours d’une journée diffère selon leur lieu de résidence. Parce qu’ils sont ceux qui se déplacent le plus et ont le plus recours aux modes de transports alternatifs à la voiture, les Parisiens s’avèrent être les plus actifs avec 29 minutes d’activité physique effectuées chaque jour lors de leurs déplacements. En effet, 30% de leurs déplacements se font en transports en commun et plus de la moitié à pied. Quant aux Franciliens de la petite et grande couronne, ils effectuent respectivement 22 minutes et 18 minutes d’activité physique pendant leurs trajets journaliers.

 

Encourager l’usage des transports en commun pour lutter contre la sédentarité

« Notre étude révèle que les voyageurs d’Ile-de-France qui font le choix des transports en commun réalisent en moyenne près de 30 minutes d’activité physique par jour, un jour de semaine, soit la durée moyenne préconisée par l’OMS et les autorités sanitaires nationales pour maintenir son état de santé et rester en forme. Au-delà des modes de transport strictement actifs tels que la marche et le vélo, la promotion du recours aux transports en commun semble constituer un levier particulièrement efficace pour élever le niveau d’activité physique de la population » précisent Basile Chaix, responsable scientifique de l’étude et Directeur de recherche à l’Inserm et Ruben Brondeel doctorant sur le projet.

La lutte contre cette sédentarité est aujourd’hui un véritable enjeu de société et de santé publique. La sédentarité est d’ailleurs considérée par l’OMS comme le 4ème facteur de risque de mortalité au niveau mondial. L’insuffisance d’activité physique est à l’origine de surpoids et d’obésité mais aussi la cause principale de nombreux cancers et maladies cardiovasculaires, qui représentent plus de 55% des 550 000 décès annuels en France. La marche sous toutes ses formes est l’activité physique la plus simple et accessible à tous.

 

Le STIF agit pour une meilleure intermodalité des transports en Ile-de-France

L’étude menée avec l’Inserm démontre que l’usage des transports en commun présente des avantages pour la lutte contre la sédentarité des Franciliens. Encourager l’usage des transports en commun et ainsi l’activité physique des Franciliens au quotidien passe une nouvelle organisation de l’intermodalité. Pour cela aucun type de mobilité n’est laissé de côté afin d’augmenter et de faciliter les connexions entre les différents types de transports en commun, le réseau du Grand Paris Express à venir et la voiture, le vélo, et les deux-roues motorisés. Pour renforcer l’offre de services facilitant et favorisant les modes de transports actifs et les transports collectifs, le STIF s’engage notamment à :
• développer et inciter l’usage du vélo avec le développement des espaces de stationnement des bicyclettes Véligo près des gares offrant une consigne collective sécurisée accessible par la carte Navigo, et un abri couvert en accès libre service,
• l’augmentation des parcs relais facilitant l’accès des voyageurs au réseau ferré grâce à l’aménagement de nouveaux parkings de stationnement à proximité des gares,
• et la mise en place d’un partage de la voirie plus équilibré notamment pour les bus afin d’assurer un service plus sécurisé et performant.

 

CHIFFRES CLES de l’étude :

• 41 millions de déplacements par jour en Ile-de-France soit 3,87 déplacements par personne et par jour en moyenne

Durée de l’activité physique en fonction des modes de transports des Franciliens
• 22 minutes : durée moyenne de l’activité physique quotidienne effectuée par les Franciliens lors de leurs déplacements tous modes de transports confondus
• 8 minutes : durée moyenne d’activité physique quotidienne effectuée par les utilisateurs de modes de transports individuels motorisés lors de leurs déplacements avec ces modes (voiture, deux-roues motorisés, taxi, etc.) soit 58 Kcal
• 16 minutes : durée moyenne d’activité physique quotidienne effectuée par les Franciliens qui réalisent des déplacements entièrement en marche à pied lors de ces déplacements soit 103 Kcal
• 27 minutes : durée moyenne d’activité physique quotidienne effectuée par les utilisateurs des transports collectifs lors des déplacements avec ce mode soit 180 Kcal
• 48 minutes : durée moyenne d’activité physique quotidienne effectuée par utilisateurs du vélo lors de leurs déplacements avec ce mode

Durée de l’activité physique en fonction des lieux de résidence des Franciliens
• Les Franciliens résidant à Paris font 29 min. d’activité physique lors de leurs déplacements quotidiens
• Les Franciliens résidant dans la petite couronne font 22 min. d’activité physique lors de leurs déplacements quotidiens
• Les Franciliens résidant dans la grande couronne font 18 min. d’activité physique lors de leurs déplacements quotidiens

*Méthodologie de l’étude :
L’étude est fondée sur le croisement des résultats de l’Etude Record GPS menée en 2012-2013 par l’Inserm, qui s’appuie sur une mesure objective et précise de l’activité physique réalisée au cours des déplacements par accélérométrie, et de l’Enquête globale transport 2010, pilotée par le STIF et la DRIEA dans le cadre de l’Omnil. Les résultats concernent les Franciliens âgés de 35 à 83 ans.

 

A propos du STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France)
Le STIF imagine, organise et finance les transports publics pour tous les Franciliens. Au cœur du réseau de transports d’Ile-de-France, le STIF fédère tous les acteurs (voyageurs, élus, constructeurs, transporteurs, gestionnaires d’infrastructures, etc.), investit et innove pour améliorer le service rendu aux voyageurs. Il décide et pilote les projets de développement des réseaux et de modernisation de tous les transports, dont il confie l’exploitation à des transporteurs.
Présidé par Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile-de-France, le STIF est composé de la Région Ile-de-France et des huit autres départements franciliens et porte ainsi la vision de l’ensemble des transports d’Ile-de-France (train, RER, métro, tramway, T Zen et bus). www.stif.info et www.stif.org

 

A propos de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale)
Créé en 1964, l’Inserm est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. L’Inserm est le seul organisme public français dédié à la recherche biologique, médicale et à la santé humaine et se positionne sur l’ensemble du parcours allant du laboratoire de recherche au lit du patient. Ses chercheurs ont pour vocation l’étude de toutes les maladies, des plus fréquentes aux plus rares.
L’Inserm soutient près de 300 laboratoires répartis sur le territoire français. L’ensemble des équipes regroupe près de 15 000 chercheurs, ingénieurs, techniciens, gestionnaires, hospitalo-universitaires, post-doctorants…

L’équipe Nemesis, dirigée par Basile Chaix, directeur de recherche Inserm, s’intéresse aux relations entre les environnements, la mobilité et la santé, en étudiant premièrement les effets des quartiers de vie sur la santé et deuxièmement l’impact des habitudes de transport sur la santé. L’équipe Nemesis appartient à l’Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique (IPLESP), qui dépend à la fois de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale, www.inserm.fr) et de l’Université Pierre et Marie Curie (www.upmc.fr).
Autres partenaires de l’étude : la direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM) du Ministère de l’Ecologie, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), la RATP, le Conseil Régional d’Ile-de-France, la Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement d’Île-de-France (DRIEA).

Enfants grands prématurés : pour une meilleure prise en charge

Nés trop tôt, les grands prématurés sont particulièrement fragiles et nécessitent des soins adaptés. Le projet européen EPICE (Effective Perinatal Intensive Care in Europe) coordonné par l’Inserm, étudie comment les pratiques médicales fondées sur les preuves scientifiques sont intégrées dans la prise en charge de ces nouveau-nés[1]. L’étude, coordonnée par l’Inserm, met en évidence la sous-utilisation de quatre pratiques efficaces pour améliorer leur survie et leur santé à long terme, et estime son impact sur la mortalité et la morbidité. Ces résultats sont publiés dans The British Medical Journal.

Soins du nourrisson

(c) Inserm/Depardieu, Michel

Les enfants grands prématurés, nés avant 32 semaines d’âge gestationnel (8e mois de grossesse), représentent 1 à 2% de la totalité des naissances. Pour ces nouveau-nés, les risques de mortalité et de troubles neurologiques à long terme sont plus élevés que ceux des enfants nés à terme. Assurer des soins adaptés est essentiel afin de leur garantir une meilleure santé.

Le projet EPICE a construit une cohorte en population en 2011 comprenant tous les grands prématurés de 19 régions de 11 pays de l’Union européenne (Belgique, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Suède, Royaume-Uni). Le but du projet est d’évaluer les « pratiques médicales fondées sur les preuves » apportées à ces enfants.

Prenant en compte les données de la recherche, l’expertise clinique, et les besoins du patient, la médecine fondée sur les preuves («evidence-based medicine») permet aux professionnels de santé de choisir des soins ayant fait preuve de leur efficacité clinique. Dans cette étude, Jennifer Zeitlin, directrice de recherche Inserm, a étudié en particulier quatre de ces pratiques médicales, afin de mesurer leur impact sur la mortalité néonatale :

– le transfert des femmes enceintes dans des centres spécialisés adaptés pour accueillir des grands prématurés,

– l’administration prénatale de corticostéroides (pour la maturation des poumons)

– la prévention de l’hypothermie

– l’administration de surfactant (substance essentielle à la fonction respiratoire qui tapisse les alvéoles pulmonaires) dans les 2 heures suivant la naissance, ou la ventilation nasale en pression positive, pour les enfants nés avant 28 semaines de grossesse

 

Alors que l’utilisation de chaque pratique prise individuellement est élevée (entre 75 et 89%), seulement 58% des grands prématurés ont reçu la totalité des quatre pratiques recommandées.

L’étude a simulé deux modèles pour mesurer l’impact de ce défaut de prise en charge. Si chaque enfant avait reçu l’ensemble des quatre pratiques recommandées, la mortalité aurait été réduite de 18%. Ces résultats démontrent l’importance d’une prise en charge médicale médicale fondée sur les preuves, pour une amélioration de la santé des grands prématurés.

 

EPICE www.epiceproject.eu 

Des soins intensifs périnatals efficaces en Europe : traduire les connaissances en médecine fondée sur les preuves

Le projet EPICE est consacré aux pratiques médicales apportées aux grands prématurés nés avant 32 semaines de gestation, dans onze pays européens. Le but du projet est d’évaluer les pratiques et d’en tirer des améliorations de soins, car ces enfants courent un plus grand risque de mortalité et de troubles neurologiques à long terme que les enfants nés à terme.

EPICE a démarré en 2011 et est soutenu par l’Union Européenne (PC7) pendant 5 ans. Il est coordonné par l’Inserm, comme 27 autres projets « santé » européens. Le projet implique 12 partenaires et 6 partenaires associés, basés dans 11 pays européens :

Les 12 partenaires :

Inserm (coordinateur), France : https://www.inserm.fr/

SPE, Belgique : https://www.wiv-isp.be/epidemio/morbidat/NL/Insti/SP.htm

Hvidore Hospital, Danemark : https://www.hvidovrehospital.dk

Universitas Tartuensis, Estonie : www.ut.ee

Philipps Universität Marburg, Allemagne : https://www.uni-marburg.de

Bambino Gesu Ospedale Pediatrico, Italie : https://www.ospedalebambinogesu.it

Laziosanita Agenzia Di Sanita Pubblica, Italie : https://www.asplazio.it

Radboud University Nijmegen Medical Centre, Pays Bas : www.umcn.nl

Poznan University of Medical Sciences, Pologne : https://www.mdprogram.com/

U.Porto, Portugal : https://higiene.med.up.pt/index.php

University of Leicester, Royaume-Uni : https://www2.le.ac.uk/departments/health-sciences/research/ships/timms

Karolinska Institutet, Suède : https://ki.se/

 

EPICE en France

Le projet EPICE en France fait partie de l’étude nationale EPIPAGE 2 (étude épidémiologique sur les petits âges gestationnels) qui constitue une cohorte des enfants grands prématurés mise en place en 2011 dans les 22 régions de France métropolitaine et les DOM. L’étude permettra de suivre plus de 4 000 enfants prématurés jusqu’à l’âge de 11-12 ans. Trois régions françaises, l’Ile-de-France, le Nord-Pas-de-Calais et la Bourgogne, participent à l’EPICE.

Ce projet est mené par l’unité Inserm 953 (« Recherche épidémiologique en santé périnatale et dans té des femmes et des enfants ») en collaboration avec l’équipe 2, de l’UMRS 1027, dirigée par le Dr Catherine Arnaud (Epidémiologie périnatale, handicap de l’enfant et santé des adolescents),  et les équipes cliniques et de recherche des régions participantes.

Pour plus d’information sur cette étude : https://epipage2.inserm.fr

(Investigateur principal : Pierre-Yves Ancel, Inserm U953)

[1] https://presse.inserm.fr/optimiser-les-soins-intensifs-aux-prematures-une-demarche-collaborative-europeenne/4699/

Des chercheurs donnent des orientations concernant les critères d’identification des perturbateurs endocriniens

La Commission européenne est légalement tenue de fournir des critères d’identification des composés agissant comme perturbateurs endocriniens (PE), un processus bloqué depuis près de trois ans, avec comme motifs avancés un manque de consensus scientifique et la nécessité d’une étude d’impact. Aujourd’hui, un groupe de 7 chercheurs indépendants issus d’universités et d’instituts de recherche européens et américains* montrent qu’il n’existe pas de controverse sur la définition des PE, que la méthode simple qui est utilisée pour l’identification et la réglementation des cancérigènes peut être employée pour les PE et qu’une étude d’impact n’est pas justifiée. L’article est publié ce lundi sous forme de commentaire dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives.

 

En premier lieu, les auteurs démontrent le consensus autour de la définition que donne l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’un PE, à savoir « une substance ou un mélange exogène qui modifie la/les fonction(s) du système endocrinien [ou système hormonal] et qui, en conséquence, a des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact ou de sa descendance, des populations ou des sous-groupes de population ».

Deuxièmement, les auteurs décrivent l’approche employée pour identifier d’autres dangers de niveau de préoccupation équivalente pour la santé, comme les substances cancérigènes ou les toxiques de la reproduction. Cette identification repose sur une catégorisation simple en 3 niveaux, qui ne fait pas référence au concept toxicologique de puissance[1]. Une approche similaire qui ne s’appuierait pas sur la puissance devrait être employée pour les perturbateurs endocriniens ; les 3 catégories proposées par la Commission européenne comme l’une des options envisagées sont les “perturbateurs endocriniens”, les “perturbateurs endocriniens suspectés” et les “substances endocrinologiquement actives” (cette dernière catégorie incluant les substances qui affectent le système endocrinien sans qu’il soit prouvé qu’elles ont un effet nocif sur la santé). Ces catégories sont jugées suffisantes par les chercheurs. Inclure la notion de puissance ou des considérations relatives à la dose-réponse modifierait l’esprit des lois sur les pesticides et les biocides (cf. encadré p.2).

Enfin, ils expliquent qu’effectuer une étude d’impact pour déterminer des critères scientifiques n’est pas défendable. Cela créerait un dangereux précédent, dans la mesure où les études d’impact ne sont pas destinées à définir les dangers, mais à quantifier les effets de ces dangers et de la réglementation sur la santé, la société et l’économie. Cette position est conforme à la décision de la Cour européenne de justice (2015), qui déclarait que « la spécification des critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien ne peut se faire que de manière objective, au regard de données scientifiques relatives audit système, indépendamment de toute autre considération, en particulier économique ».

 

Les auteurs reconnaissent qu’il reste une incertitude scientifique quant aux mécanismes fins et l’étendue exacte des effets des PE sur la santé et l’environnement. On ne connaît pas non plus le nombre exact de substances susceptibles d’être identifiées comme des PE. Ces incertitudes ne sont toutefois pas un blocage à l’établissement de critères scientifiques définissant les PE.

Plusieurs années ont donc été passées à essayer de formuler des critères scientifiques pour un danger qui a en fait été défini en 2002 par l’OMS. Pour cette raison, les chercheurs considèrent que l’absence de consensus scientifique a été créée de toutes pièces pour justifier le retard de la publication des critères scientifiques. Différer la publication des critères scientifiques peut être vu comme une manière de reporter l’entrée en vigueur de la loi de 2009 sur les pesticides et de la loi de 2012 sur les biocides. Les auteurs rappellent que les études d’impact ne peuvent pas servir d’argument pour reporter la publication d’une définition scientifique. Ils se disent préoccupés par le fait que des définitions scientifiques puissent être déformées pour modifier l’esprit d’une loi, mélangeant ainsi science et politique. Ce report est d’autant plus préoccupant que ces critères scientifiques ne sont que l’une des premières étapes de l’identification des PE pour apporter une protection plus efficace de la santé publique dans l’Union Européenne.

 

Informations générales

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont très divers du point de vue de leur nature chimique, origine, et milieu où on les trouve. Parmi les PE suspectés on trouve des métaux (par exemple le mercure), des pesticides organochlorés comme le DDT ou le triclosan (utilisé dans les dentifrices ou les savons), d’autres pesticides, des contaminants alimentaires comme le bisphénol A, des phénols comme les parabènes (utilisés comme conservateurs dans les cosmétiques) ou les phtalates, que l’on peut trouver dans les parfums, les cosmétiques, le matériel médical, le PVC (polychlorure de vinyle), les vêtements de pluie… Des effets sur la santé tel que des malformations congénitales, des troubles du neurodéveloppement ou troubles du comportement, des cancers du sein, ont été rapportés pour certaines de ces substances dans des modèles animaux ou des études chez l’humain. On estime que les coûts qui résultent des effets sur la santé de l’exposition aux PE dans l’Union européenne sont de 100 à 200 milliards d’€ (Trasande L. et collègues, JCEM, 2015).

L’Europe est la seule grande économie au monde à avoir une législation ambitieuse sur les PE. En plus des des cancérigènes, des mutagènes ou des produits toxiques pour la reproduction, le Parlement européen a identifié les PE comme un nouveau type de danger pour la santé et l’environnement.

Depuis 1999, il existe dans l’UE une stratégie sur les perturbateurs endocriniens, et, en 2009 et 2012, le Parlement Européen a voté deux lois sur les pesticides et les biocides (la Réglementation sur les Produits phytopharmaceutiques [pesticides] en 2009 et la Réglementation sur les produits biocides en 2012). Ces lois stipulaient que pour les composés pour lesquels l’exposition de la population est non négligeable, les pesticides et les biocides contenant des perturbateurs endocriniens devaient être réglementés selon une approche basée sur les dangers (par opposition à une approche basée sur les risques). Cela implique qu’il n’est pas nécessaire de caractériser en détail la relation dose-réponse et de rechercher d’es éventuels seuils dans les effets du composé sur la santé. Cette approche permet de gérer plus rapidement les risques pour la santé, de moins recourir aux animaux de laboratoire, et d’éviter le débat sur la plausibilité de l’existence de seuils dans l’action de ces composés. C’est aussi l’approche prévue pour gérer les pesticides et les biocides contenant des substances cancérigènes, des mutagènes et des produits toxiques pour la reproduction.

L’application de la partie de ces lois qui se rapportait aux perturbateurs endocriniens exigeait que la Commission Européenne publie des critères d’identification des perturbateurs endocriniens au plus tard en 2013. Cela n’a pas été fait. Au lieu de cela, une feuille de route proposant 4 options pour identifier les PE a été publiée par la Commission européenne en 2014, et une étude d’impact destinée à aider à choisir entre ces 4 options a été annoncé. En décembre 2015, la Cour européenne de justice a décrété qu’une étude d’impact n’était pas justifiée, que la Commission avait manqué à ses obligations d’agir concernant la publication de critères définissant les PE. « L’évaluation réalisée par les chercheurs indique que “l’Option 3” de la feuille de route de la Commission européenne est scientifiquement pertinente et opérationnelle ».

Depuis 2013, les lois sur les pesticides et les biocides (pour ce qui concerne leurs effets en tant que PE) ne peuvent pas être appliquées à cause de la non publication de critères d’identification des perturbateurs endocriniens. En février 2016, la Commission européenne a indiqué que deux documents, dont un précisant les critères d’identification des PE, seraient publiés d’ici à l’été 2016.

Note : après la soumission de cette publication, un séminaire scientifique de consensus a rassemblé des chercheurs les 11 et 12 avril 2016 à Berlin autour de l’identification des PE. Ce séminaire était orienté sur des notions scientifiques plus fondamentales, et a permis d’arriver à la conclusion de la pertinence de la définition des PE donnée par l’OMS, et du manque de pertinence du concept de puissance pour identifier les PE. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site web de BfR.

 

* Les auteurs sont rattachés à l’Inserm, l’Université Grenoble Alpes, le CNRS, le Museum national d’histoire naturelle (France); au CHU de Liège (Belgique) ; à l’Université de Nottingham et l’Université Brunel à Londres (Royaume-Uni) ; à l’Université de Turin (Italie) et à l’Université du Massachusetts (USA)

[1] Selon l’International Union of Pharmacology, la puissance (ou potency) est « une expression de l’activité d’un médicament [ou d’une substance toxique] correspondant à la concentration ou à la quantité nécessaire pour produire un effet déterminé ; c’est un terme imprécis qui devrait toujours être complété par l’ampleur de l’effet considéré» (Neubig, Pharmacological Reviews, 2003).
Les chercheurs soulignent le caractère trop vague de cette définition et préconisent d’employer la notion proche et plus adaptée de relation de dose-réponse.

Implication de l’Inserm et de ses partenaires de l’alliance Aviesan dans la recherche contre le virus ZIKA

Depuis deux ans, près de 2 millions de personnes ont été contaminées par le virus Zika en Amérique latine et dans les Caraïbes.  Dès la fin de l’année 2015, REACTing et l’Alliance Aviesan se sont immédiatement mobilisés, en particulier l’Inserm, l’Institut Pasteur, l’IRD, l’établissement français du sang et les hôpitaux universitaires associés. Des premiers contacts avec des chercheurs Brésiliens de la Fiocruz ont eu lieu en novembre 2015. A l’occasion du colloque international Zika Summit qui se tient à l’Institut Pasteur les 25 et 26 avril 2016, retour sur les projets de recherche en cours :

zika conf de presse


De gauche à droite : Yves Levy Inserm, Marie Paule Kieny OMS, Christian Bréchot Institut Pasteur, Jean-François Delfraissy Reacting,Frédéric Simmard IRD lors de la conférence de presse en marge du colloque international Zika Summit 2016 (c)Inserm

Plusieurs projets de recherche observationnelle et clinique sur le suivi des femmes enceintes symptomatiques, le suivi des enfants avec malformation du système nerveux ou nés de mères infectée, la construction de biothèques de prélèvements et échantillons biologiques, l’évaluation de la pénétration du virus dans les populations et la modélisation mathématique de ses dynamiques ont déjà vu le jour. Les équipes travaillant autour de la neuroscience pour démarrer des projets sur cette thématique de manière concertée, compte tenu le neurotropisme du virus Zika ont aussi été réunies.
De manière plus spécifique, les projets impliquant très fortement les Départements Français d’Amérique concernent :

  • l’analyse des conséquences de l’infection pendant la grossesse d’environ 5 000 femmes enceintes en Guadeloupe, en Guyane et Martinique
  • l’extension de la cohorte CARBO, cohorte de patients souffrant d’infection aiguë à arbovirus
  • l’analyse épidémiologique des cas de microcéphalie et syndrome de Guillain-Barré en Polynésie française (avec une implication forte de l’Institut Pasteur)
  • la recherche sur la contamination par voie sexuelle et la persistance du virus dans le sperme.

En terme de diagnostic, l’objectif est le développement rapide de méthode fiable à échelle individuel et populationnel, en particulier pour la cible des femmes enceintes et des nouveau-nés, prenant en compte la diversité des pathogènes, notamment les arbovirus, qui co-circulent dans les pays où l’épidémie à virus Zika sévit.

 

Fort de ces premiers éléments, l’Inserm et ses partenaires de l’alliance Aviesan ont répondu à un appel d’offres européen. Il s’agit pour les partenaires d’Aviesan :

  • de mobiliser toutes les forces françaises de recherche travaillant sur le domaine, mais aussi d’intégrer l’ensemble des partenaires européens et latino-américains dans une démarche commune
  • de déployer rapidement des recherches innovantes, en particulier sur
    • Zika et le système nerveux,
    • la modélisation du virus et sa conformation dans l’espace,
    • les moyens de contrôle des vecteurs,
    • la dimension socio-économique de la propagation de l’épidémie ;
  • d’inclure des partenaires qui ont déjà travaillé sur fonds européens à des situations similaires, liées à la dengue ou à des infections émergentes.

Déficiences intellectuelles, une expertise collective de l’Inserm

La déficience intellectuelle (DI) fait référence, selon l’Organisation mondiale de la santé et d’autres autorités reconnues, à un déficit de l’intelligence (capacité sensiblement réduite de comprendre une information nouvelle ou complexe et d’apprendre et d’appliquer de nouvelles compétences) ainsi qu’à des limitations du fonctionnement adaptatif[1], ces limitations apparaissant au cours de la période développementale. La déficience intellectuelle est fréquente puisqu’environ 1 à 2 % de la population seraient concernés. L’explosion récente des connaissances, tant sur les causes des DI que sur les processus cognitifs et adaptatifs sous-jacents, permet de mieux appréhender le fonctionnement des personnes avec une déficience intellectuelle et d’envisager des stratégies adaptées d’apprentissages, d’accompagnements et de soutiens.

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Dans ce contexte, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a confié à l’Inserm la réalisation d’une expertise collective afin de disposer des connaissances scientifiques récentes issues des recherches internationales et pluridisciplinaires sur la déficience intellectuelle. La démarche d’expertise collective a permis de dresser un bilan des données scientifiques dans les domaines suivants : définition et épidémiologie ; évaluation des compétences et des déficiences de la personne ; accompagnement et soutien durant les principales étapes de la vie.

Un groupe multidisciplinaire de 12 experts, chercheurs et cliniciens, a été constitué en tenant compte de la complémentarité des disciplines scientifiques représentées. L’Inserm a constitué un fonds documentaire de 2 500 références qui ont été soumises à l’analyse critique du groupe d’experts.

Parmi les différents constats de l’expertise, l’évaluation des compétences et des limitations de la personne avec une DI ainsi que des besoins de soutien reste souvent incomplète. Aussi, parmi les recommandations issues de ce travail, les auteurs préconisent de mener une réflexion approfondie quant à l’opportunité de développer des centres de ressources en déficience intellectuelle. Ces structures rassembleraient les compétences nécessaires, sous la forme d’équipes pluridisciplinaires (médecins généralistes, pédiatres, gériatres, spécialistes de la douleur, neurologues, psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs spécialisés, orthophonistes, assistants sociaux…) pour assurer une évaluation multidimensionnelle des capacités et des limitations d’activité de la personne, d’évaluer ses besoins de soutien afin d’organiser l’accompagnement requis et d’apporter une aide concrète et coordonnée qui pourrait s’inscrire tout au long du parcours de vie de la personne avec une déficience intellectuelle et de sa famille.

Retrouvez l’intégralité du dossier de presse en téléchargement ci-contre.

Déficiences intellectuelles : Principales recommandations

Recommandations d’actions :

  • Inscrire toute action dans le cadre des définitions internationales de la déficience intellectuelle, que ce soit dans les politiques publiques, les pratiques professionnelles et la recherche.
  • Mieux repérer précocement un trouble neurodéveloppemental en favorisant le repérage précoce chez les enfants « tout-venant »et en renforçant le dépistage systématique d’un trouble neurodéveloppemental lors des examens obligatoires.
  • Développer une évaluation multidimensionnelle et individualisée pour un meilleur diagnostic et un accompagnement adapté en améliorant l’évaluation des capacités intellectuelles, en complétant celle-ci par une évaluation des comportements adaptatifs, en évaluant les compétences socio-émotionnelles et les capacités cognitives et langagières. Enfin, en permettant l’accès au diagnostic étiologique génétique.
  • Développer les compétences de la personne présentant une DI tout au long de sa vie en favorisant le développement de la communication et du langage, l’acquisition de la numératie et de la littéracie, et le développement de l’autodétermination.
  • Accompagner le parcours de vie de la personne de la petite enfance à l’âge adulte en faisant la promotion du droit à l’intervention et à l’éducation précoces ainsi qu’à l’accès aux services communs de la petite enfance accessibles à tous. À l’âge adulte, en accompagnant l’accès à l’emploi et à la vie sociale et en favorisant les transitions dans les parcours de vie.
  • Améliorer l’accès aux soins et le diagnostic des pathologies somatiques grâce au dépistage et au suivi régulier des pathologies souvent associées à la DI, en développant le suivi médical de proximité et en améliorant les conditions d’accueil et de soins dans les hôpitaux et cliniques.
  • Créer des « Centres ressources déficience intellectuelle ».Ces structures rassembleraient des équipes pluridisciplinaires pour apporter une aide concrète et coordonnée qui pourrait s’inscrire tout au long du parcours de vie de la personne avec une déficience intellectuelle et de sa famille.
  • Apporter aux familles un soutien gradué, adapté et évolutif en valorisant leurs propres compétences en accompagnant l’annonce du diagnostic, en apportant un soutien adapté et en envisageant la distanciation psychologique entre la personne avec DI devenue adulte et sa famille.
  • Développer et encourager la formation sur la déficience intellectuelle pour tous les professionnels dans une perspective inclusive.

 

Recommandations de recherche :

  • Valider et développer des outils de diagnostic et d’évaluation de la personne
  • Mieux connaître les déficiences intellectuelles et les trajectoires des personnes
  • Mieux comprendre le développement des compétences de la personne avec DI
  • Mieux appréhender les différents aspects d’un accompagnement adapté

Démence : un risque en diminution?

Alors qu’il existe une inquiétude sur l’explosion du nombre de cas de démence chez les personnes âgées dans les prochaines décennies, une nouvelle étude, basée sur les données de l’étude emblématique de Framingham (Framingham Heart Study (FHS)), suggère que le taux d’apparition des nouveaux cas de démence semble diminuer.

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Ces travaux, publiés dans le New England Journal of Medicine, suggèrent que certains cas de démence seraient évitables ou l’âge au début de la maladie pourrait être retardé. Ce résultat devrait encourager les organismes financeurs et la communauté scientifique à mettre en œuvre de nouvelles études pour comprendre davantage les facteurs démographiques, environnementaux et ceux liés au style de vie qui pourraient être à l’origine de cette diminution.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 47,5 millions le nombre de personnes dans le monde atteintes de démences (c’est-à-dire maladie d’Alzheimer et maladies apparentées) et les prévisions pour les futures décennies sont de 75,6 millions en 2030 et à 135,5 millions en 2050. En France, 900 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer et on estime que 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.

L’étude de Framingham, commencée en 1947, est la plus ancienne étude épidémiologique dans le monde à l’origine de grandes découvertes sur les facteurs de risque cardiovasculaires en particulier. C’est à partir de 1975 que les participants à l’étude FHS ont été surveillés en continu pour diagnostiquer l’apparition d’une détérioration cognitive ou d’une démence. Grâce à un recueil rigoureux et standardisé des données, les chercheurs ont pu diagnostiquer la maladie d’Alzheimer et d’autres démences en utilisant les mêmes critères au cours des trente dernières années. Les données recueillies comprennent les examens réalisés dans l’étude FHS (mesures de paramètres cardiovasculaires, prise de sang…), des entretiens avec des membres de la famille et un examen clinique approfondi des participants chez lesquels un problème neurologique est suspecté par des neurologues ou des neuropsychologues.

 

Les chercheurs ont observé pendant près de 40 ans le taux d’apparition des nouveaux cas démence à tout âge donné et ont tenté d’expliquer pourquoi il avait diminué dans le temps en prenant en compte des facteurs de risque comme les années d’étude, le tabagisme, et les maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension ou l’hypercholestérolémie.

En examinant quatre périodes distinctes (1970-1979, 1980-1989, 1990-1999, 2000-2009), les chercheurs ont découvert un déclin progressif de l’incidence de la démence à tout âge, avec une réduction moyenne de 20 % tous les dix ans depuis le début de la période d’observation. Ce déclin était plus prononcé pour un sous-type de démence dû aux maladies vasculaires, (démences vasculaires, ou post AVC). Au cours de la même période, la part des démences attribuable aux maladies cardiovasculaires a diminué ce qui illustre l’importance d’un traitement efficace des AVC et des mesures de prévention maladies cardiaques. Il est intéressant de noter que le déclin de l’incidence de la démence a été observé uniquement chez des personnes ayant un niveau d’études secondaires et au-delà.

« Actuellement, il n’y a pas de traitement efficace pour prévenir ou guérir la démence ; cependant, notre étude permet d’espérer que certains cas de démence seraient évitables – ou du moins retardés – grâce à une prévention primaire (pour empêcher le début du processus de la maladie) ou secondaire (pour empêcher de progresser vers une démence clairement clinique) », a expliqué, le docteur Sudha Seshadri, professeur de neurologie à la Faculté de Médecine de l’Université de Boston et investigateur principal de l’étude FHS. « Une prévention efficace pourrait réduire au moins en partie l’explosion du nombre de personnes affectées par la maladie dans quelques dizaines d’années », a-t-elle ajouté.

Les travaux à partir de l’étude FHS se sont régulièrement avérés être une source fiable de données. Cependant, les auteurs concèdent que les participants à l’étude FHS sont en très grande majorité d’origine européenne et que de plus amples études sont nécessaires pour généraliser cette découverte à d’autres populations. De plus, les auteurs n’ont pas pu examiner l’impact des modifications du régime alimentaire ou de l’activité physique sur leurs résultats

Malgré ces limitations, « la prévention primaire et secondaire et une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires/AVC et de leurs facteurs de risque pourraient ouvrir de nouvelles perspectives à la fois dans leur rôle dans l’étiologie des démences et pour revoir à la baisse les projections actuelles quant au poids de la démence dans les prochaines décennies » ajoute Carole Dufouil, directeur de recherche à Bordeaux (France).

En revanche, les auteurs préviennent que cela ne signifie pas que le nombre total de personnes atteintes de démence diminuera dans un avenir proche. En effet, puisque les baby-boomers vieillissent et que les personnes vivent plus longtemps, le poids de la démence continuera à augmenter.

 

Une grande quantité de données recueillies sur de nombreuses années sur les mêmes personnes a été nécessaire pour réaliser l’étude. Elle a été possible grâce à la générosité et au dévouement des participants à la FHS, qui ont donné de leur temps et leurs données. Au centre de la ville de Framingham, une plaque indique « Framingham, la ville qui a changé le cœur de l’Amérique ! ». Elle a été affichée pour le 50ème anniversaire de la FHS en 1998. Désormais, la ville peut revendiquer d’avoir changé la santé cérébrale de l’Amérique également.

L’étude a été possible grâce au travail des générations de chercheurs précédentes, ainsi qu’aux collaborateurs travaillant pour la FHS qui contribuent au recueil des données en cours. Elle a été menée en collaboration entre des chercheurs français de l’Unité Inserm 1219/Ecole de Santé publique de Bordeaux et des chercheurs de la faculté de Médecine de l’Université de Boston.

Le financement pour cette étude a été apporté par le National Heart, Lung and Blood Institute de la Framingham Heart Study (contrat n° N01-HC-25195 et n° HHSN268201500001I) et par des bourses provenant du National Institute of Ageing (AG008122 et AG033193) et du National Institute on Neurological Disorders and Stroke (NS017950).

L’Inserm recrute environ 300 volontaires pour un essai vaccinal contre le virus Ebola

Si la phase aiguë de l’épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest semble désormais derrière nous, la mobilisation de la recherche est toujours nécessaire pour trouver des mesures préventives contre le virus Ebola. L’ensemble de la communauté scientifique poursuit les mêmes objectifs : éviter qu’une nouvelle épidémie aussi meurtrière que celle de ces deux dernières années voie le jour et protéger toute personne pouvant être exposée au virus.

Dans cette optique, l’Inserm coordonne le projet EBOVAC2 financé par le programme Ebola+ Innovative Medicines Initiative 2 de la Commission Européenne. Le projet a été lancé en réponse à la forte épidémie du virus Ebola pour conduire des essais cliniques de phase 2 afin d’étudier l’efficacité de la réponse immunitaire déclenchée par une stratégie vaccinale préventive et prometteuse « prime-boost ».). En France, des centres de recherche clinique en vaccination sont mobilisés afin de recruter environ 300 volontaires en bonne santé. Le projet est coordonné par l’Inserm et sous la responsabilité scientifique de Rodolphe Thiébaut (Unité Inserm U897).

Pour plus d’informations : www.recherche-vaccinebola.fr


L’objectif d’EBOVAC2 est de déterminer le profil le plus efficace de la stratégie vaccinale pour stimuler le système immunitaire et protéger contre l’infection du virus Ebola. Deux vaccins[1] : seront administrés aux volontaires à quelques semaines d’intervalle l’un de l’autre. Le premier candidat vaccin, appelé « prime » stimule les défenses immunitaires. Le second, appelé « boost » renforce et étend la réponse immunitaire. Plusieurs intervalles d’administration seront étudiés afin de déterminer lequel ou lesquels entrainent le plus de stimulation des défenses immunitaires chez les volontaires. L’écart entre le « prime » et le « boost » sera de 28, 56 ou 84 jours. Cette stratégie présente l’avantage de conférer potentiellement une meilleure immunité et surtout plus durable.

« Les volontaires sont répartis par tirage au sort en 3 groupes selon le schéma d’administration du vaccin. Bien entendu, les participants à cet essai n’ont aucun risque d’être infecté par le virus Ebola. Seules des protéines ou morceaux de protéines fabriqués par synthèse sont utilisés dans les différents vaccins testés : ces protéines ne peuvent en aucun cas entrainer une contamination. Il s’agit du même principe que pour la plupart des autres vaccins existants. » explique Rodolphe Thiébaut, coordinateur du projet EBOVAC2.

Comment s’organise l’essai vaccinal du projet EBOVAC2 ?

Après les résultats préliminaires des essais de phase 1 toujours en cours en Afrique, en Angleterre et aux Etats-Unis, démontrant que la combinaison vaccinale est bien tolérée par l’organisme, la phase 2 du projet de recherche EBOVAC2 a pu commencer. Elle est menée en France et en Angleterre (Université d’Oxford) auprès de 630 volontaires. Il est prévu de recruter également 1188 volontaires dans plusieurs pays d’Afrique dans un second essai de phase 2. La durée de participation de chaque volontaire est de 1 an. Chacun d’entre eux sera examiné et sera suivi personnellement par un médecin de l’étude. Les participants auront entre 9 et 15 visites et recevront soit les vaccins actifs, soit leur placebo. Le participant peut interrompre à tout moment sa participation à l’essai et recevra une indemnisation compensatoire. L’essai vaccinal a reçu les autorisations réglementaires garantissant la sécurité des participants (avis favorable du Comité de Protection des Personnes d’Ile de France III et autorisation de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé).

Quels sont les critères auxquels doivent répondre les volontaires ?

  • Avoir entre 18 et 65 ans.
  • Se situer à proximité d’un des centres participant à l’essai à Paris (75), Créteil (94), Lyon (69), Marseille (13), Rennes (35), Saint Etienne (42), ou Strasbourg (67)
  • Etre en bonne santé
  • Etre affilié ou bénéficiaire d’un régime de sécurité sociale
  • Pour les femmes, ne pas être enceinte, ne pas allaiter, et utiliser une contraception efficace
  • Ne pas participer simultanément à une autre recherche biomédicale et ne pas donner son sang pendant la durée de l’essai

Mise en place d’une campagne de recrutement

Afin de maximiser les chances de succès de cet essai clinique et recruter le nombre de volontaires prévu, l’Inserm déploie des outils de communication pour faire connaitre le projet de recherche, mettre à disposition toutes les explications nécessaires et répondre aux questions des volontaires.

Un site internet www.recherche-vaccinebola.fr

Une campagne d’affichage

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Un numéro vert 0800 156 156 est ouvert dès maintenant. Des personnels formés accueillent les volontaires, répondent à leurs questions et les orientent vers les centres proches de chez eux.

Les organisateurs de l’essai

En tant que coordinateur, l’Inserm collabore pour cet essai de phase 2 avec Crucell Holland, B.V., une des entreprises pharmaceutiques Janssen de Johnson & Johnson, la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM), l’Université d’Oxford, le centre Muraz au Burkina Faso et Inserm Transfert. En décembre 2014, le projet EBOVAC2 a été lancé par l’accord du programme Ebola + Innovative Medicines Initiative 2 de la Commission Européenne, en réponse à l’épidémie du virus Ebola. Le projet EBOVAC2 (contrat n° 115861) a reçu le financement d’Innovative Medicines Initiative 2, et le soutien du programme Horizon2020 pour la recherche et l’innovation de l’Union Européenne et EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations).

Plus d’informations sur www.ebovac2.com

L’Inserm engagé dans la lutte contre le virus Ebola depuis le début

« L’Inserm s’est fortement mobilisé depuis l’alerte lancée par l’OMS fin 2013 » réaffirme Yves Levy, Président-directeur général de l’Inserm.

« Dès le début 2014, des chercheurs de l’Inserm (Laboratoire P4 de Lyon) et de l’Institut Pasteur ont caractérisé la souche du virus Ebola découvert en Guinée et retracé la zone de circulation du virus dans les premiers mois de l’infection. L’Inserm a été promoteur de JIKI, le seul essai thérapeutique évaluant l’efficacité d’un traitement chez des personnes infectées par le virus Ebola en Guinée démarré fin 2014, dont les résultats se sont révélés encourageants. L’Inserm est  copromoteur avec le NIH (National Institutes of Health) de la poursuite de cet essai (JIKIMAP) qui a démarré en Guinée début juillet 2015. »

[1] Ad26.ZEBOV développé par Crucell Holland BV, une des entreprises pharmaceutiques Janssen de Johnson & Johnson et MVA-BN-Filo développé par Bavarian Nordic

La consommation de benzodiazépines est associée à un risque de survenue de démences

Une association entre consommation de benzodiazépines et survenue d’une démence a été observée dans une étude dont les résultats sont publiés dans la revue Alzheimer’s and Dementia et qui a été menée par une équipe de chercheurs de l’Inserm dirigée par Christophe Tzourio (Unité Inserm 897 « Centre de recherche Epidémiologie et biostatistique » à l’Université de Bordeaux). Plus précisément, ce sont surtout les benzodiazépines à demi-vie longue (qui disparaissent de l’organisme en plus de 20 heures) qui sont associées au risque de démence. Dans cette étude, les personnes prenant des benzodiazépines à demi-vie longue ont un risque de démence augmenté de 60%.

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Les benzodiazépines et les psychotropes sont les médicaments les plus consommés en France. On estime que 30% des personnes âgées de 65 et plus en consomment. Ils sont prescrits pour un large spectre de pathologies allant des troubles du sommeil aux symptômes dépressifs en passant par l’anxiété. Depuis qu’ils sont largement utilisés, les chercheurs se penchent sur leurs éventuels effets secondaires dans la mesure où ils interagissent avec des neurotransmetteurs du cerveau. Si de précédentes études avaient déjà suggérées une augmentation du risque de démence consécutive à la prise de psychotropes, beaucoup de questions restaient en suspens. L’une d’entre elles concernait la différence d’effets potentiels des benzodiazépines à demi-vie courte (qui disparaissent de l’organisme en moins de 20 heures) versus celles à demi-vie longue.

Pour essayer d’en savoir plus, les chercheurs de l’Inserm se sont basés sur les données issues de l’étude dites des 3 Cités (Bordeaux, Dijon Montpellier), soit 8240 personnes âgées de plus de 65 ans et suivies depuis plus de 8 ans. 830 nouveaux cas de démence ont été diagnostiqués lors du suivi. Une procédure de dépistage et le diagnostic de chaque cas de démence a été mise en place par un comité d’experts. Par ailleurs, l’enregistrement systématique de tous les médicaments consommés par les participants, à domicile, en confrontant avec les ordonnances a été possible.

« Il y a clairement une différence de signal entre benzodiazépines à durée de vie longue et celles à durée courte. Or les premières ont déjà été identifiées comme dangereuses chez les personnes âgées, notamment en raison du risque de chutes, et nous avons été étonnés de voir qu’elles étaient encore fréquemment consommées.» déclare Christophe Tzourio, neurologue, directeur du centre de recherche Inserm U897 et professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux.

Les personnes âgées consommant des benzodiazépines de demi-vie longue ont un risque augmenté de 60 % de développer une démence (majoritairement de type de la maladie d’Alzheimer) et ce sans que cela ne soit explicable par d’autres facteurs.


Les auteurs ont fait des analyses statistiques en profondeur permettant d’écarter certains biais et notamment le fait que la prise de benzodiazépines ait été la conséquence de symptômes initiaux de démence.

Il s’agit néanmoins d’une étude observationnelle ne permettant pas d’analyser les mécanismes de cette association. Ceux-ci devraient faire l’objet d’études physiopathologiques, d’imagerie, sur des modèles animaux, etc.

Malgré l’absence de certitude sur le mécanisme « le doute est suffisant pour encourager médecins et patients à trouver des formes alternatives pour les troubles du sommeil des personnes âgées qui sont le motif principal de prescription de ces médicaments : conseils hygiéno-diététiques, produits non médicamenteux, et au maximum les médicaments les moins dangereux comme les benzodiazépines à demi-vie courte. »

« Nos résultats suggèrent au minimum une vigilance renforcée de tous, en particulier des médecins et des autorités de santé, pour éviter cette consommation de benzodiazépines à demi-vie longue chez les personnes âgées. » déclare Christophe Tzourio. « Le signal sur l’ensemble des psychotropes, comprenant les antidépresseurs, est à confirmer par d’autres études mais il amène lui aussi à une inquiétude sur l’ensemble de ces produits et pas uniquement les benzodiazépines. »

Les politiques actuelles n’ont pas réussi à diminuer le nombre des anomalies de fermeture du tube neural en Europe

Chaque année, près de 5000 grossesses en Europe sont concernées par des anomalies de fermeture du tube neural comme le spina bifida et l’anencéphalie (malformations du cerveau et du crâne), avec de graves conséquences pour les nouveau-nés. La prise de compléments alimentaires contenant de l’acide folique (ou vitamine B9) avant et en début de grossesse peut considérablement réduire le risque, mais des études montrent que seule une minorité des femmes le font. Une étude publiée aujourd’hui dans The British Medical Journal et coordonnée par Babak Khoshnood, directeur de recherche Inserm (Unité Inserm 1153 « Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris cité ») conclut à l’absence de diminution des anomalies du tube neural sur une période de 20 ans. Les chercheurs incitent les décideurs à examiner la mise en place d’une politique rendant obligatoire l’ajout d’acide folique dans certains aliments de base comme la farine ou les céréales.

new born baby ©fotolia

La prévalence des anomalies de fermeture du tube neural en Europe n’a pas baissé au cours de ces 20 dernières années, en dépit des recommandations pour la prise d’acide folique destinées aux femmes qui souhaitent avoir un enfant, révèle une étude parue aujourd’hui dans The BMJ.

L’équipe dirigée par Babak Khoshnood, directeur de recherche Inserm, s’est donnée pour objectif d’évaluer l’évolution à long terme du nombre de cas de malformation de fermeture du tube neural en Europe.

Ils ont analysé les données concernant plus de 11 000 cas d’anomalies de 28 registres EUROCAT (Surveillance européenne des anomalies congénitales) qui couvrent environ 12,5 millions de naissances dans 19 pays entre 1991 et 2011. Des modèles mathématiques ont été utilisés pour pouvoir comparer les différences entre les registres. Ils ont constaté que la prévalence totale des anomalies de fermeture du tube neural en 2011 était globalement comparable à celle observée en 1991 (9 pour 10 000 naissances). C’était également le cas pour les deux principaux types d’anomalies, l’anencéphalie et le spina bifida.

Les estimations issues des modèles révèlent une hausse annuelle de 4 % entre 1995 et 1999 et une baisse de 3 % entre 1999 et 2003, puis une stabilisation pour les années suivantes.

Les tendances pour le spina bifida et l’anencéphalie étaient comparables, et aucune baisse substantielle n’a été observée pour ces deux anomalies.

Les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, aucune explication définitive sur les causes et les effets ne peut donc être établie à partir de ces résultats. Ils affirment toutefois que leurs données permettent de conclure que les « recommandations, la supplémentation volontaire, ou les deux, n’ont pas permis de faire baisser le taux de prévalence des anomalies de fermeture du tube neural ».

Il n’existe en Europe aucun programme pour rendre obligatoire l’ajout d’acide folique dans certains aliments de base comme la farine ou les céréales comme c’est le cas dans de nombreux pays comme les États-Unis et le Canada. Or, des études suggèrent que cette démarche assure un apport suffisant d’acide folique pour diviser la prévalence des anomalies de fermeture du tube neural par deux sans qu’aucun effet secondaire grave n’ait été constaté à ce jour.

D’après les chercheurs, les conclusions de cette nouvelle étude «devraient inciter les autorités européennes compétentes à se pencher de plus près sur la fortification obligatoire».

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