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Qualité de l’air intérieur et santé respiratoire à l’école

 

Quelle est la relation entre la mauvaise qualité de l’air intérieur et la santé allergique et respiratoire des enfants des écoles françaises? L’équipe Epidémiologie des Maladies Allergiques et Respiratoires (EPAR) d’Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm dans l’unité mixte de recherche 707 « épidémiologie, systèmes d’information, modélisation » (Inserm/UPMC) vient de publier dans la revue Thoraxles résultats de son étude sur la qualité de l’air à l’intérieur de 108 écoles primaires réparties dans 6 villes françaises. Bien que la qualité de l’air intérieur varie en fonction des écoles et des villes, les chercheurs révèlent qu’environ 30% des 6590 enfants suivis, soit 3 enfants sur 10, sont exposés à des niveaux des principaux polluants atmosphériques supérieurs aux valeurs guides recommandées par l’OMS et l’ANSES (1). Cette exposition est associée à une augmentation de l’asthme et des rhinites chez les enfants scolarisés, les plus à risques étant les enfants allergiques.

Les enfants sont plus sensibles aux effets de la pollution de l’air que les adultes. La pollution de l’air intérieur peut entrainer chez les enfants des problèmes de santé à court et à long terme tels que la congestion nasale, des irritations de la peau et des yeux, des réactions allergiques, de l’asthme, des maux de tête, de la fatigue, des vertiges ou encore des nausées. Dans les pays industrialisés, les enfants passent environ 80% de leur temps à l’intérieur, une grande partie à l’école. Bien que des données américaines soulignent une pollution de l’air intérieur accrue dans les écoles, les relations entre cette qualité de l’air intérieur des écoles, la santé allergique et respiratoire des enfants scolarisés n’ont été que peu explorées. C’est pourquoi l’équipe EPAR d’Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm, a mené une étude dans six villes de France (Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Marseille, Strasbourg et Reims) sur un large échantillon de 401 classes dans 108 écoles primaires. L’objectif de l’étude consistait à évaluer l’exposition de 6590 enfants concernés, garçons et filles âgé(e)s de 10 ans en moyenne, aux principaux polluants atmosphériques des classes et à analyser le lien avec l’asthme et les rhinites développés par les enfants scolarisés dans ces classes. L’étude montre que 30% des enfants sont exposés à des niveaux de polluants de l’air intérieur des classes supérieurs aux valeurs guides de l’OMS et de l’ANSES1, soit en moyenne 3 enfants sur 10, bien qu’ils n’y soient pas exposés de la même manière. « L’intérêt de notre étude est de disposer de données sur un nombre important d’enfants répartis sur l’ensemble des régions de France métropolitaine », explique Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm. Les chercheurs ont analysé pendant une année scolaire les concentrations de différents polluants atmosphériques: les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètre (PM2.5), le dioxyde d’azote (NO2) et 3 aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine). Les particules fines et le dioxyde d’azote (NO2) proviennent essentiellement de la combustion automobile et peuvent rentrer par transfert (en ouvrant les fenêtres) à l’intérieur des locaux. Les aldéhydes sont des polluants intérieurs issus de nombreuses sources: les produits de combustion (cigarette, bougies, encens, cheminée, cuisinières à gaz), de construction et de décoration (bois, parquets stratifiés, des colles de moquettes, des papiers peints, mais également des vernis, des mousses isolantes), d’entretien (détergents, désinfectants, lingettes) et de traitement (insecticides)… En parallèle, l’équipe de recherche a étudié les signes cliniques des enfants grâce aux données recueillies lors d’une visite médicale comportant aussi un test cutané aux 11 allergènes les plus communs (acariens, chat, pollens…) et un test d’exercice permettant de détecter l’asthme à l’effort. Ces données ont été complétées par un questionnaire rempli par les parents. « L’exposition à des concentrations élevées de particules et composés organiques volatils est associée à une augmentation de la prévalence des signes cliniques de l’asthme et des rhinites chez les enfants scolarisés. Les enfants sujets aux allergies semblent les plus à risque », révèle la chercheuse. En détails, les résultats montrent que les rhinites (en particulier les rhino conjonctivites) sont associées de manière significative à des taux forts de formaldéhydes dans les classes et qu’une augmentation de la prévalence de l’asthme est observée dans les classes avec des taux élevés de particules fines PM2.5, de formaldéhyde, d’acroléine. La relation entre la mauvaise qualité de l’air et l’asthme concerne le plus souvent l’asthme de type allergique défini par le test cutané. « La mauvaise qualité de l’air intérieur pourrait à terme détériorer la santé allergique et respiratoire des enfants qui passent en moyenne 8h par jour à l’école. Il est donc important de maintenir une bonne qualité de l’air en classe. Cela permettrait de limiter les risques de développer les signes cliniques des rhinites et de l’asthme. Cette action doit être accompagnée par une surveillance stricte de l’exposition des enfants aux polluants à la maison et à l’extérieur «  conclut l’équipe de recherche.

L’étude des 6 villes : contribution française à l’étude ISAAC

 

Les 6 grandes villes incluses dans l’étude ISAAC (volet français)

Objectifs spécifiques de l’Etude

L’étude International Study of Asthma and Allergies in Childhood (ISAAC) vise à mesurer la fréquence et la sévérité de l’asthme et des maladies allergiques (phase I), en déterminer les facteurs de risque (phase II) et étudier l’évolution de ces maladies (phase III). Sa partie française a été menée dans 6 grandes villes, choisies pour leurs différentes qualités de l’air (Reims, Créteil, Strasbourg, Clermont Ferrand, Bordeaux, Marseille). L’étude a inclus initialement 9615 enfants âgés en moyenne de 10 ans répartis dans 401 classes de 108 écoles. Des capteurs ont permis de mesurer l’exposition aux polluants gazeux et des pompes l’exposition aux particules à l’intérieur des locaux (salle de classe, cantine) ainsi qu’à l’extérieur (hall, préau). L’étude ISAAC a fait l’objet de plusieurs publications.

Etude européenne SINPHONIE

Une étude européenne, SINPHONIE, est actuellement en cours dans 27 pays d’Europe dont la France sur les effets de la qualité de l’air dans les écoles sur la santé au sens large des écoliers. 

Santé en questions 

Isabella Annesi-Maesano participera à la prochaine conférence citoyenne du cycle « santé en question » organisé par l’Inserm le 31 mai 2012 sur le thème : « Asthme chez l’enfant : quel effet de la fumée de tabac ?  » au Palais de la découverte, un lieu Universcience à Paris en duplex avec Numerica à Montbéliard (25).

Notes : (1) Particules fines (PM2.5) : 10µg/m3 selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Dioxyde d’Azote (NO2) : 40µ/m3 selon l’OMS Formaldéhydes : 10µg/m3 par an selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)

Lancement d’un nouveau cycle de conférences citoyennes « Santé en questions », pour un débat d’actualité en santé entre le public, la société civile et les scientifiques

Dans l’idée de renforcer le dialogue « Science et Société », l’Inserm lance le cycle de conférences citoyennes « Santé en questions », en partenariat avec Universcience (1) et les acteurs de la culture scientifique et technique en région. Avec pour objectif de favoriser l’interactivité avec le public et de lui permettre de s’informer, réagir, s’exprimer ou témoigner, ces conférences participatives proposent plusieurs rendez-vous annuels à l’occasion de journées nationales ou internationales en santé. Ainsi, en présence d’experts (chercheurs, médecins, sociologues…) et de représentants de la société civile (associations de malades, politiques…), ces rencontres constituent une opportunité de disposer d’un éclairage sur une question d’actualité en santé et d’en débattre.

Les connaissances acquises en sciences de la vie et de la santé aident à élaborer des thérapies pour combattre les maladies, mais ces progrès ont aussi des conséquences éthiques, sociétales, économiques… A l’occasion de la Semaine du cerveau, l’Inserm, Universcience et leurs partenaires vous invitent à participer à un moment d’échanges autour du sujet : « Maladie de Parkinson : peut-on régénérer le cerveau ? » le jeudi 15 mars de 18h30 à 20h, au Palais de la découverte, un lieu Universcience à Paris, en duplex avec le théâtre La Coupole, à Saint-Louis (68) La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative caractérisée par la perte progressive d’un seul type cellulaire du cerveau. La greffe de cellules saines issues de cellules souches pluripotentes induites est-elle la solution ?

Intervenants

  • Pr Philippe Remy, service de neurologie à l’Hôpital Henri Mondor de Créteil et responsable de l’équipe de recherche « « Imagerie clinique des maladies neuro-dégénératives », MIRCen, Orsay – rf.phpa.nmh@ymer.eppilihp-oruen

Un débat animé par Jean-Philippe Braly (La Recherche). Cette première conférence du cycle « Santé en questions » sera inaugurée par Claudie Haigneré, Présidente d’Universcience et le Pr André Syrota, Président-directeur général de l’Inserm, depuis le Palais de la découverte à Paris, mais aussi par Gérard Binder, Président de la Nef des sciences de Mulhouse et Gilles Block, Délégué régional Grand Est de l’Inserm, depuis le théâtre La Coupole à Saint-Louis. Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’un accord général de partenariat qui sera signé, à cette occasion, par l’Inserm et Universcience.

Note : (1) Etablissement public du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie

Supplémentation en Vitamine B et oméga 3 et cancer : de nouvelles données

Des chercheurs de l’Unité mixte de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm-Inra-Cnam-Université Paris13) viennent de publier une étude qui montre que, chez les hommes avec antécédents de pathologies cardiovasculaires, la supplémentation en vitamines du groupe B et en acides gras poly-insaturés oméga-3 (les acides gras contenus dans les poissons gras, les fruits secs, notamment.) n’accentue pas de manière significative la survenue de cancers. En revanche, les femmes avec antécédents cardiovasculaires semblent présenter un risque plus élevé de cancer au terme des cinq ans de supplémentation. Le détail de ces travaux est publié dans les Archives of Internal Medicine. 

Bien que certaines études aient suggéré un bénéfice de la supplémentation en vitamine du groupe B sur la survenue de cancer, les quelques essais cliniques randomisés menés sur ce sujet au plan international au cours des dernières années, restent équivoques.

Les résultats des études menées sur l’influence de la supplémentation en acides gras poly-insaturés sont quant à eux hétérogènes. C’est pourquoi Valentina Andreeva et Pilar Galan et leurs collaborateurs ont souhaité étudier les effets des vitamines du groupe B et des acides gras poly-insaturés (AGPI) oméga-3 sur les cancers en suivant pendant 5 ans entre 2003 et 2009 plus de 2500 personnes âgées de 45 à 80 ans, ayant survécu à un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou une angine de poitrine au cours des 12 derniers mois.

L’objectif de l’essai était de vérifier l’hypothèse de l’intérêt d’un apport supplémentaire en5-methyl-THF (et en vitamines B6 et B12) et/ou en oméga-3 dans la prévention de la récidive de pathologies ischémiques chez des sujets coronariens avérés ou ayant présenté un accident vasculaire cérébral.

Les résultats publiés cette semaine dans Archives of Internal Medicine sont issus d’une analyse spécifique réalisée dans le cadre de l’étude d’intervention SU.FOL.OM3 dont les résultats ont été publiés, en 2010, dans le British Medical Journal (1).

SU.FOL.OM3 est un essai de prévention secondaire randomisé en double aveugle, contrôlé par placebo dans lequel les participants âgés de 45 à 80 ans ayant des antécédents de pathologie cardiovasculaire ont été supplémentés quotidiennement pendant 5 ans avec des vitamines du groupe B (3 mg de vitamine B6, 560 μg de folates et 20 μg de vitamine B12) et/ou d’AGPI oméga-3 (600 mg d’acide eicosapentaénoïque, EPA, et d’acide docosahexaénoïque, DHA, dans un ratio 2:1) selon un plan factoriel.

A été testé l’effet de la supplémentation sur le développement de cancer au cours de ces 5 ans de suivi survenu chez 145 hommes et 29 femmes. Tous les types de cancers ont été suivis « Malgré le faible effectif, les résultats sont significatifs, estiment les auteurs car la méthodologie utilisée, un essai randomise en double aveugle, est rigoureuse ».

Les chercheurs concluent que « Ni la supplémentation en vitamines du groupe B ni la supplémentation en AGPI oméga-3 n’a eu d’effet significatif sur la survenue des cancers chez les hommes. En revanche, les femmes recevant des AGPI oméga-3 ont eu tendance à présenter un risque plus élevé de cancer par rapport au groupe placebo (HR ajusté =3,02 ; IC à 95 % = [1,33 ; 6,89]).Si les mécanismes sous-jacents ne sont pas clairs, un potentiel effet médiateur sur le métabolisme des oestrogènes est suggéré » ajoutent-ils.

Pour confirmer ou infirmer ces résultats, iI faut maintenant attendre de nouvelles études : essais randomisés, études de cohortes et études mécanistiques.

Note

(1) Supplementation with nutritional doses of B vitamins and omega-3 fatty acids » Galan P, Kesse-Guyot E, Czernichow S, Briancon S, Blacher J, Hercberg. Effects of B vitamins and omega 3 fatty acids on cardiovascular diseases: a randomised placebo controlled trial.BMJ. 2010 341:c6273

Comment mieux prévenir les blessures à la tête pour les cyclistes ?

Les chercheurs de l’équipe d’Emmanuel Lagarde de l’unité Inserm 897 « Centre de recherche Inserm épidémiologie et biostatistique » en collaboration avec l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 ont cherché à comprendre les obstacles à l’usage du casque et ce qui pourrait inciter à le porter. Bien que représentant une faible proportion des moyens de déplacements en vélo, les cyclistes sont à l’origine de 5 % des tués et 6 % des blessés graves en ville, la plupart souffrant d’un traumatisme crânien (1). C’est pourquoi les chercheurs ont étudié l’impact chez les adultes de deux stratégies de promotion (documentation et don d’un casque) en utilisant une méthodologie comparative randomisée. Les résultats de cette étude sur 1800 utilisateurs de vélo dans Bordeaux et son agglomération sont publiés dans la revue PLoS ONE le 15 février.

En 2010 en France métropolitaine, 59 cyclistes ont perdu la vie et 963 ont été gravement blessés1. Les deux tiers de ceux dont le pronostic vital est engagé présentent un traumatisme crânien (2). La protection des usagers d’un mode de transport à la fois bénéfique pour la santé et respectueux de l’environnement est une question qui reste aujourd’hui entière.

Pour étudier les facteurs importants de prévention des accidents en vélo, l’équipe d’Emmanuel Lagarde, directeur de recherche Inserm de l’unité Inserm 897 « Centre de recherche Inserm épidémiologie et biostatistique », a mis en place une étude sur le comportement de quelque 1800 cyclistes à Bordeaux et dans son agglomération, entre mai 2009 et septembre 2010. Les participants âgés de 18 à 75 ans ont répondu à un questionnaire sur leurs pratiques et opinions relatives au vélo et au casque. Puis ils ont été répartis en 4 groupes : le premier, recevant une brochure valorisant le port du casque ; le deuxième, un casque gratuit ; le troisième la brochure et le casque ; et le dernier ne recevant rien.

Suite à cela, un autocollant de couleur, à mettre sur le garde boue, leur a été attribué pour être plus facilement repéré dans les rues de Bordeaux par un réseau de 7 caméras automatisées développées spécifiquement par les chercheurs. Ce système permettait, de manière anonyme, de détecter les cyclistes, de mesurer leur vitesse et de repérer ceux portant ou non un casque.

Fig. 1 : Vue azimutale et algorithme de détection automatisé

Fig. 2 : Garde boue présentant le code couleur d’authentification des participants

Fig. 3 : Lecture des codes couleurs – vue latérale haute définition

Bien que 90 % des personnes sollicitées pour participer à l’étude pensent que le casque protège la tête, seulement 13 % déclarent avoir déjà utilisé un casque. Dans les premiers mois de l’étude, le port du casque a été observé 8 fois plus souvent chez ceux qui en avaient reçu un. « Mais au bout de quatre mois, plus aucune différence n’était observable entre les différents groupes : la majorité des cyclistes abandonne le casque » explique Emmanuel Lagarde. Il précise aussi que « la distribution de la brochure d’information n’a eu aucun effet sur l’utilisation ou non d’un casque ».

Grâce aux caméras installées par les chercheurs et suite à l’analyse des questionnaires, les scientifiques ont identifié deux facteurs incitant le cycliste à porter un casque :

– le fait de penser que le casque protège le visage

– le fait d’être influencé par la famille pour en porter un

Cette étude conclut que la promotion de l’usage du casque chez les cyclistes restera difficile. D’après les chercheurs, « la pression de l’entourage est un facteur important dans l’utilisation du casque par le cycliste ». Pour espérer être efficace, la prévention doit intégrer un accès aisé au casque, une éducation parentale et une communication sur l’intérêt préventif du port d’un casque à vélo. La sécurité des cyclistes est un sujet complexe, qui dépasse la question du casque. « Le comportement des cyclistes et ceux des autres usagers de la rue peuvent contribuer à la sécurité des cyclistes ; les aménagements de la voirie ont aussi une place importante » souligne Emmanuel Lagarde.

Cette étude est cofinancée par l’ANR, l’INPES et la région Aquitaine.

Notes

(1) Données de l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR) 2010

(2) Amoros et al. BMC Public HEalth 2011, 11:653

GrippeNet.fr : un nouveau système de surveillance de la grippe sur Internet (www.grippenet.fr)

Le 25 janvier 2012, un nouveau système de surveillance de la grippe, GrippeNet.fr, a été lancé par l’équipe du réseau Sentinelles (unité mixte de recherche 707, Inserm – Université Pierre et Marie Curie) et l’Institut de Veille Sanitaire. Ce système de surveillance a pour objectif de recueillir directement auprès de la population française des données épidémiologiques sur la grippe, grâce à Internet.

Il s’agit d’une expérimentation pour laquelle la participation de la population sera déterminante. Jusqu’à cette année, la surveillance de la grippe en France était réalisée à l’aide d’informations collectées par des médecins libéraux volontaires et un réseau de laboratoires et hôpitaux. Les données recueillies par GrippeNet.fr n’auront pas vocation à remplacer les informations validées par des professionnels de santé. En revanche, elles pourront apporter des informations complémentaires, notamment sur les personnes qui ne consultent pas leur médecin généraliste.

Le principe est le suivant : le site Internet dédié www.grippenet.fr permet à toute personne majeure qui le souhaite, malade ou non malade, et résidant en France métropolitaine, de participer à la surveillance de la grippe, de façon anonyme et volontaire. Pour cela, quelques minutes suffisent. Lors de l’inscription sur le site, seule une adresse email est demandée. Après avoir rempli un questionnaire précisant son profil, le participant est invité chaque semaine à remplir un bref questionnaire récapitulant les symptômes qu’il a eus ou non depuis sa dernière connexion (fièvre, toux…). Ces données anonymes sont immédiatement analysées et contribuent en temps réel à la surveillance de la grippe en France. La participation à ce programme ne se substitue évidemment pas à une visite chez son médecin généraliste.

GrippeNet.fr est un projet financé par les pouvoirs publics. Ce projet s’intègre dans une vaste démarche européenne de surveillance des épidémies, et à ce titre, s’insère dans le projet européen Epiwork, financé par la commission européenne, visant à mettre en place des infrastructures de surveillance et de modélisation des épidémies en Europe. Le projet a obtenu un vif intérêt aux Pays-Bas où plus de 25 000 personnes se sont inscrites dès la première saison, et où plus de 50 000 personnes ont participé au suivi durant au moins une saison, soit 0,30 % de la population du pays. Les informations sont disponibles sur le site Internet général du projet européen (Epiwork), ou sur celui consacré plus spécifiquement à la surveillance de la grippe (Influenzanet). L’Allemagne, l’Autriche, la Suède et la Suisse rejoignent comme la France le projet Influenzanet cette année. En décembre 2011, dans les six pays, dont l’Angleterre et l’Italie, déjà dotés d’un système comparable à GrippeNet.fr, plus de 35 000 européens participaient à la surveillance.

Les « seniors » ne cessent de repousser leurs limites sur le marathon

Des chercheurs de l’Unité Inserm 1093 « Cognition, Action, et Plasticité Sensorimotrice » de l’Université de Bourgogne, Romuald Lepers et Thomas Cattagni, ont analysé l’évolution de la participation et des performances des coureurs âgés de 20 à 80 ans au marathon de New York, au cours de ces 30 dernières années. Les résultats sont assez inattendus : les meilleurs marathoniens de plus de 65 ans et marathoniennes de plus de 45 ans ne cessent d’améliorer leur performance depuis 30 ans. Ces chercheurs ont aussi observé parallèlement une forte augmentation de la participation des athlètes de plus de 40 ans au marathon de New York, qui est passé de 36% de l’effectif masculin total entre 1980–1989, à 53% pour la décennie 2000–2009 et de 24 à 40% sur ces mêmes périodes chez les femmes. Le détail de ces analyses descriptives a été publié dans la revue AGE, The Official Journal of the American Aging Association.

Les chercheurs de l’Inserm ont analysé les performances chronométriques des concurrents du marathon de New York selon l’âge et le sexe sur la période 1980-2009. Ils ont classé les coureurs ayant franchi la ligne du marathon en 10 catégories d’âge distinctes (20-29 ans ; 30-39 ans ; puis de 5 ans en 5 ans de 40 ans à 79 ans).

Alors que la moyenne des temps réalisés par les 10 meilleurs athlètes hommes et femmes des catégories d’âge inférieures à 60-64 ans n’a pas changé au cours des 30 dernières années, les temps ont nettement diminué pour les catégories d’âge supérieures : Sur un temps moyen réalisé sur marathon de 3h50min, les hommes de la catégorie 65-69 ans ont par exemple gagné 8 minutes entre les décennies 1980–1989 et 1990–1999, et 7 min entre les décennies 1990–1999 et 2000–2009. De même, pour les femmes, la moyenne des temps a diminué significativement dans les catégories d’âge supérieures à 45–49 ans. Par exemple, la performance moyenne des 55–59 ans s’est améliorée de 33 min entre les décennies 1980–1989 et 1990–1999 (sur un temps de course moyen de 4h20min), et de 8 min supplémentaire entre les décennies 1990–1999 et 2000–2009.

Il apparaît qu’au cours des deux dernières décennies, les performances des meilleurs marathoniens de plus de 65 ans et marathoniennes de plus de 45 ans se sont donc particulièrement améliorées, alors que celles de leurs homologues plus jeunes sont restées stables, concluent les chercheurs.

« L’amélioration des performances peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de participants observé dans ces catégories d’âge, mais aussi par l’intérêt croissant que porte cette population aux bénéfices de l’activité physique pour sa santé et son bien être », estime Romuald Lepers, dont le travail sur la plasticité de la fonction motrice au cours du vieillissement s’insère dans la thématique de recherche plus globale de l’unité Inserm 1093 « Cognition, Action, et Plasticité Sensorimotrice » dirigée par Thierry Pozzo.

Ces dernières années, l’écart de performance entre les hommes et les femmes s’est stabilisé quel que soit l’âge, ce qui suggère que le déclin des fonctions physiologiques avec l’âge est similaire quelque soit le sexe. Les mécanismes par lesquels l’activité physique agit de façon bénéfique sur le ralentissement des processus liés au vieillissement restent à explorer. Pour les chercheurs, ces premières données sur les athlètes de plus de 40 ans contribueront, ajoutées à celles recueillies en physiologie et sociologie notamment, à mieux comprendre la place de l’exercice physique dans la contribution au « bien vieillir ».

Un nouvel outil diagnostique pour les personnes victimes de traumatismes crâniens légers

Mieux traiter un problème de santé publique

Chaque année, les services d’urgences des hôpitaux français reçoivent plus de 100 000 personnes victimes d’un traumatisme crânien, dont 90% sont considérés comme légers. Léger ne signifie pas pour autant bénin. Ils peuvent en effet être responsables d’hémorragies cérébrales entraînant un risque de handicap sévère, dans la vie quotidienne des patients, quelques semaines ou quelques mois après un choc. Les accidents de la route en sont la première cause et touchent en majorité les 15-25 ans. Mais les chutes font des jeunes enfants et des personnes âgées des publics exposés, le vieillissement de la population laissant craindre un nombre toujours plus important de traumatismes auprès des plus anciens. Au regard de sa fréquence et de ses conséquences potentiellement graves, le traumatisme crânien léger constitue un problème de santé publique de taille. La généralisation de l’utilisation du scanner cérébral constitue à la fois un enjeu financier et de santé publique. Lourd et coûteux, il ne révèle des lésions significatives que dans moins de 10 % des cas et produit des doses de radiations 100 fois plus forte qu’une radiographie.

Distinguer les patients à surveiller de ceux qui ne présentent pas de risques

Les chercheurs de l’Inserm ont évalué la pertinence d’un test sanguin qui déterminerait la gravité du traumatisme et permettrait de ne pratiquer un scanner qu’à un petit nombre de patients, ceux qui présentent un risque réel de complication. Lorsqu’ils sont soumis à un stress trop important, les astrocytes, des cellules qui environnent les neurones de notre cerveau, produisent une protéine appelée S-100B que l’on retrouve dans la circulation sanguine. Des chercheurs ont alors pensé qu’en dosant cette protéine par une simple prise de sang, on disposerait d’un indicateur de l’état du cerveau : avec ou sans lésions importantes, nécessitant de surveiller le patient. Ce test peu onéreux (environ 15 euros soit dix fois moins qu’un scanner), dont les résultats peuvent être connus en moins d’une heure, pourrait donc permettre de rassurer rapidement les patients sans avoir à pratiquer un scanner cérébral. Mais pour que ce test soit performant, il fallait être certain qu’aucun des patients présentant un test négatif ne risquait de développer une complication (des cas « faux négatifs »).

Une recherche pratiquée au sein d’un service d’urgences adulte

Pour confirmer que la « piste » de cette protéine S-100B était intéressante, les chercheurs ont recruté plus de 1500 patients pendant 15 mois au sein du service des urgences adultes du CHU de Bordeaux. Pour les besoins de l’étude, tous les patients présentant un traumatisme crânien léger ont reçu, comme dans la pratique courante, un scanner cérébral et il leur a été proposé en plus de pratiquer à partir d’un peu du sang déjà prélevé pour les autres examens de routine le dosage de la protéine S-100B.Grâce à l’implication de l’ensemble des personnels et la mise à disposition d’attachés de recherche clinique spécialement formés, le projet a pu être mené à bien malgré les contraintes liées à l’activité d’un service d’urgence.

Des résultats qui montrent l’intérêt de ce nouveau test

En comparant les résultats des deux examens (scanner et protéine S-100B) les chercheurs ont pu faire les constatations suivantes :
– seuls 7 % des patients présentaient un scanner positif, évoquant une lésion cérébrale
– parmi les 292 patients qui avaient un test de la protéine S-100B négatif, un seul avait un scanner positif et il n’a pas développé de complications nécessitant des soins importants.
Pour les chercheurs, « Le test sanguin de la protéine S-100B est donc une technique prometteuse qui permettra vraisemblablement dans un avenir proche d’apporter une prise en charge des traumatisés crâniens légers plus sûre et moins coûteuse ».

Stress au travail et santé – situation chez les indépendants

Une expertise de l’Inserm

Dans de nombreux secteurs d’activité, le stress au travail est considéré comme faisant partie des risques pour la santé auxquels peuvent être confrontés les travailleurs salariés et non-salariés ou indépendants. Le terme de « stress », peut avoir plusieurs définitions en fonction des disciplines médicales, biologiques, médico-sociales, des sciences humaines et sociales qui y font référence. Quelle que soit l’approche disciplinaire, le stress peut être considéré comme un élément d’un processus complexe, à la fois biologique, psychologique et social en réponse à une situation aversive.

Le régime social des indépendants (RSI), qui assure la couverture maladie et de retraite des artisans et des commerçants, des professions libérales et des chefs d’entreprise indépendants, a sollicité l’Inserm dans le but de disposer d’un bilan des connaissances scientifiques sur le stress d’origine professionnelle chez les travailleurs indépendants.

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© Fotolia

A travers la procédure d’expertise collective, l’Inserm a réuni un groupe pluridisciplinaire de 14 experts en sociologie du travail, santé publique, épidémiologie, économie de la santé, psychosociologie, santé mentale et neurosciences qui ont analysé près de 1500 articles. Ce travail a permis de dresser un bilan des données concernant les principaux troubles qui pourraient être associés au stress au travail chez les indépendants, les modèles explicatifs intégrant les différents concepts mettant en relation stress et travail, et les stratégies de prévention individuelles et collectives.

Au cours de la réflexion, les experts ont tenté de répondre à plusieurs questions telles que : Quelles sont les caractéristiques des travailleurs indépendants en France et leurs conditions générales de travail ? Quels sont les principaux problèmes de santé associés aux stress ? En quoi la position de l’indépendant peut-elle différer de celle du salarié vis-à-vis des « stresseurs » et vis-à-vis de la santé ?

Dans cette expertise, les experts se sont efforcés de faire une analyse critique de la littérature scientifique, largement dévolue aux salariés et d’adapter ou étendre les résultats aux différentes catégories de travailleurs indépendants ou secteurs d’activités et métiers.

Lire l’intégralité du dossier de presse (colonne de droite)

Texte intégral de l’expertise collective disponible en ligne sur le site Inserm.fr

Mortalité par accident vasculaire cérébral après cancer de l’enfant

Une étude menée par l’équipe de Florent de Vathaire (Directeur de Recherche Inserm, Centre de Recherche en Epidémiologie et Santé des Populations – Université Paris- Sud 11 – Institut de cancérologie Gustave Roussy) s’est intéressée à la relation entre la dose de rayonnements ionisants reçue au niveau du cerveau durant le traitement par radiothérapie d’un cancer de l’enfant et le risque à long terme de décès par pathologie cérébrovasculaire. Cette étude vient d’être publiée sur le site Internet de la revue BRAIN.

Cette étude a été basée sur le suivi à très long terme d’une cohorte d’environ 4200 personnes atteintes par un cancer dans l’enfance avant 1986 et ayant survécu au moins 5 ans après le traitement.

Après un suivi médian de 30 ans, 23 décès par accident vasculaire cérébral (AVC), hémorragique ou ischémique, ont été enregistrés. Les chercheurs ont estimé la dose de rayonnements reçue par le cerveau des malades sur onze points anatomiques distincts.

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Visualisation de 5 des onze points d’estimation de la dose de rayonnements ionisants reçue par le cerveau au cours de la radiothérapie.

La dose de rayonnement reçue au niveau d’une zone située en avant du tronc cérébral (appelée citerne prépontique) semble jouer un rôle important sur le risque de décès par pathologies cérébrovasculaires. En effet, le risque lorsque cette zone est irradiée est supérieur à celui observé lorsqu’on fait la moyenne des doses de rayonnements reçues sur l’ensemble du cerveau ou lors d’une irradiation sur un autre site spécifique dans le cerveau. Le risque de décéder d’un accident vasculaire cérébral augmente linéairement avec la dose de rayonnements reçue, avec une augmentation de 22% pour chaque Gray additionnel reçu dans cette région cérébrale. Par rapport aux patients qui n’avaient pas reçu de radiothérapie ou qui avaient reçu moins de 0,1 Gy au niveau de cette région cérébrale, ceux qui avaient reçu plus de 50 Gray avaient un risque de décès par accident vasculaire cérébral près de 18 fois plus élevé. Aucun effet de la chimiothérapie n’a été observé.

Cette étude est la première à établir une relation entre la dose de rayonnements reçue au niveau d’une zone cérébrale particulière au cours de la radiothérapie pour un cancer de l’enfant et la mortalité cérébrovasculaire à long terme. Pourquoi l’irradiation de cette zone entraine t’elle de tels risques ?

La citerne prépontique est très proche d’une autre zone particulière (le polygone du Willis : cercle artériel situé à la base du cerveau). Ce dernier est un réseau qui assure toute la vascularisation cérébrale de la partie terminale du cerveau. Les dommages radio-induits au niveau des artères de ce réseau pourraient être à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux a proximité ou à distance du siège du dommage initial.

« Le caractère linéaire de la relation, s’il est confirmé dans les prochaines études signifierait une augmentation de risque dès des doses modérées d’exposition, et pourrait avoir des conséquences importantes dans la planification des traitements radiothérapiques » estime Florent De Vathaire, directeur de recherche Inserm à l’Institut Gustave Roussy.

Par ailleurs, tous ces décès sauf 4, sont survenus plus de 20 ans après la radiothérapie. Les résultats confirment donc l’importance du suivi médical à très long terme des enfants guéris d’un cancer. Il faut également souligner que les traitements de radiothérapie ont évolué depuis les années 80 et tendent à mieux cibler la tumeur et protéger les tissus sains.

La carrière des plus grands joueurs de tennis passée à la loupe

Démarrer un sport tôt est il synonyme de plus haute performance ? Les chercheurs de l’Inserm et de l’IRMES (Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport) ont analysé les carrières de toutes les joueuses et joueurs de tennis figurant dans les 10 meilleurs mondiaux depuis 1968. Les carrières ayant débuté avant 1985 ont été comparées à celles des joueurs ayant démarré après 1985. Plus de 50 000 matchs féminins et 92 000 matchs masculins ont été recensés. Résultats ? Les femmes atteignent leur plus haut niveau deux années avant les hommes, toutes générations confondues. Les joueurs d’aujourd’hui atteignent leur pic de performance presque 2 ans plus tôt que la génération qui a débuté il y a plus de 25 ans. Toutefois, cette précocité n’augmente pas le potentiel de victoire. Ces travaux ont été publiés dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercice.

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Lors de la finale du tournoi de Wimbledon en juillet 2008, Rafael Nadal bat Roger Federer sur son terrain, avant de devenir n°1 mondial. Alors âgé de 22 ans, il est en pleine progression, tandis que Federer semble, à 27 ans, montrer les premiers signes de faiblesse. Pourtant 5 années seulement séparent les deux hommes.

Pour essayer de mieux comprendre les trajectoires individuelles au tennis, les chercheurs de de l’IRMES et de l’Inserm ont analysé les résultats des 241 joueurs et joueuses ayant fait partie du Top 10 depuis 1968. Leur travail a permis de modéliser l’évolution des performances en fonction de l’âge pour tenter de mesurer le potentiel de chacun, le taux de réussite et de mettre en évidence les facteurs déterminants de la longévité sur le circuit. Pour cela, les chercheurs ont utilisé comme nouvel indicateur le pourcentage de matchs gagnés en fonction de l’âge.

La durée des carrières des joueurs est elle identique depuis 1968 ?

La durée de carrière moyenne est de 16 ans pour le Top 10 masculin et de 15 ans et 9 mois pour les femmes ; ces chiffres n’ont que très peu évolué en 40 ans. En revanche, l’âge des joueuses au 1er match est passé de seize ans et demi à quinze ans. Pour les hommes, la même évolution est constatée puisque la génération actuelle commence à 17 ans contre 17 ans et 10 mois avant 1985. Comme la natation dans les années 1970, le développement du jeu attire des athlètes de plus en plus jeunes. La raison souvent mise en avant serait celle d’un impact favorable de la précocité sur le déroulement et la réussite d’une carrière.

Quant à l’âge de la retraite, alors qu’il était pour les hommes de 33 ans et 7 mois avant 1985, il est de 31 ans et 2 mois après 1985. Le dernier match se déroule maintenant près de deux ans et demi plus tôt qu’avant 1985. De fait, même si les carrières commencent désormais plus tôt, leur durée reste la même. Et le nombre de matchs joués au cours d’une carrière reste stable avec une moyenne de 529 pour les femmes et 674 matchs pour les hommes.

Y a-t-il un âge auquel les joueurs sont plus performants ?

Les femmes n°1 mondiales atteignent un pourcentage de victoires maximum de 82% à 21 ans et demi ; ce score est de 78% à 23 ans et 8 mois pour les n°1 masculin. C’est dire qu’à 21 et 23 ans les numéros 1 mondiaux femmes et hommes gagnent 8 matchs sur 10. Cela montre une plus grande précocité mais aussi un déclin plus précoce chez les femmes. Et ceci est vrai, toutes générations confondues. Les femmes atteignent leur plus haut niveau plus tôt que les hommes, conformément à leur évolution biologique plus précoce, tant du côté hormonal que du point de vue de la maturité psychologique.

La carrière des joueurs de tennis du Top 10 se déroule donc le plus souvent en forme de parabole, avec deux phases distinctes : la progression vers le succès et, inexorablement, une lente diminution des capacités qui s’accélère jusqu’à l’arrêt de carrière. La mise au point de ces indicateurs physiologiques, qui suivent les tendances du développement et du vieillissement, permet de comparer et de quantifier avec précision les performances au tennis. A travers eux, nous démontrons que la précocité n’augmente pas le potentiel de victoires, ce qui pose aussi la question de la pérennité des joueurs arrivés très tôt sur le circuit.

Les numéros 1 mondiaux sont ils des joueurs comme les autres ?

Pour les meilleurs joueurs, la durée de carrière est un indicateur évident de succès, mais la modélisation de leur courbe de carrière tennistique complète (investissement physique et mental) permet d’exprimer une mesure temporelle (exprimée en %.an) qui peut être considérée comme le « capital tennis » d’un joueur. Cette valeur représente donc l’ensemble des victoires réelles et potentielles (futures) d’un joueur au cours de sa carrière. Le capital tennis est par exemple de 12,3 pour Björn Borg. Il est de 12,6 pour Pete Sampras, 13,6 pour Ivan Lendl ; 14,3 pour John McEnroe et 17,5 pour André Agassi. Chez les femmes, le capital tennis de Monica Seles est de 14,3 ; celui de Stefanie Graf de 17 ; Chris Evert est à 20,3 tandis que Martina Navratilova domine toutes les autres joueuses et joueurs du circuit avec un capital de 24,9.

Par ailleurs, la meilleure joueuse (ou le meilleur joueur), celle (celui) qui deviendra la (le) n°1, commence habituellement plus tôt que les autres. L’âge au pic de performance se produit aussi plus tôt pour elle ou lui par rapport aux autres de sa génération et son « capital tennis » est beaucoup plus important. Ces différences contribuent à caractériser leur carrière exceptionnelle.

A quoi pourra servir ce nouvel indicateur de performance élaboré par votre équipe ?

Nos études antérieures analysaient des disciplines quantifiables (cyclisme, natation, athlétisme, haltérophilie) et utilisaient les records du monde comme indice de performance mais le tennis ne fournit pas d’indicateur aussi précis. Avec ce nouvel outil (le pourcentage de victoire selon l’âge), nous pouvons nous intéresser à tous les sports individuels d’opposition, ainsi qu’aux sports collectifs, mais aussi à d’autres domaines en dehors du sport, reposant sur l’évolution des capacités physiologiques. Enfin, une meilleure compréhension des variations des carrières dans le temps pourrait aider les entraîneurs et les médecins à planifier un entrainement encore plus approprié aux joueuses et joueurs avec un gain, ou un recul, attendu pour chaque âge, afin de prévenir au mieux les éventuelles blessures.

Afin de faire évoluer les connaissances concernant la pratique sportive et la santé, les Ministères de la Santé et des Sports, l’INSERM, l’Université Paris Descartes, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP) ont créé l’Institut de Recherche bioMédicale et d’Epidémiologie du Sport (IRMES). Ses axes de recherche portent notamment sur l’épidémiologie de la performance, la physiopathologie du sport de haut niveau et sur les bénéfices sanitaires de l’activité physique ou sportive.

Près d’un accident de la route sur dix associé à l’utilisation du téléphone au volant

État des lieux et perspectives sur l’utilisation du téléphone et autres « distracteurs » de la conduite.
Parmi les facteurs susceptibles d’altérer les capacités de conduite et provoquer des accidents, la distraction au volant fait l’objet d’une attention grandissante et, en particulier, la distraction liée à l’usage de systèmes de télécommunication. Le développement exponentiel et rapide des téléphones mobiles utilisés par tous dans toutes les situations de la vie quotidienne ainsi que la construction de véhicules de plus en plus équipés de systèmes de télécommunication justifient cette préoccupation.

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La Délégation à la sécurité et à la circulation routières a donc confié à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en association avec l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), la réalisation d’une expertise collective sur l’impact de l’usage du téléphone et des autres « distracteurs » sur la sécurité des usagers de la route.

Pour la première fois, un groupe d’experts a fait le bilan complet de la littérature scientifique mondiale sur le risque d’accident lié à l’usage du téléphone portable (1). Le rapport « Téléphone et sécurité routière » qui vient de paraître en confirme la dangerosité au volant.
Ses conclusions posent un regard nouveau en anticipant les dangers de l’avenir que sont l’usage croissant d’autres « distracteurs », comme les systèmes embarqués et les écrans tactiles dont l’utilisation en circulation, pourtant interdite depuis 2008, perturbe l’attention du conducteur, menaçant gravement sa sécurité et celle des autres usagers de la route.

Note
(1) : L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en association avec l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) a réuni un groupe pluridisciplinaire de neuf experts qui ont analysé près de 400 documents. Le groupe d’experts a également auditionné onze personnalités, chercheurs, représentants des constructeurs automobiles, des opérateurs de téléphonie et de la Caisse nationale d’assurance maladie.

Lire l’intégralité du dossier de presse de présentation du rapport « Téléphone et sécurité routière » en cliquant sur le fichier (colonne droite)

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