Menu

Les enfants de la cohorte Elfe fêtent déjà leur deuxième anniversaire !

Ils représentent 1 enfant sur 50 parmi les naissances de 2011

Les bébés Elfe sont nés entre avril et décembre 2011. Le deuxième anniversaire des premiers bébés, en ce début avril, est l’occasion pour les équipes de l’étude d’établir un bilan d’étape et de présenter les prochaines échéances. Les premiers résultats seront communiqués en 2014. Cette étude pilotée par l’Ined, l’Inserm et en partenariat avec l’EFS, nécessite des moyens importants, une méthodologie rigoureuse avec pour conséquence un échéancier assez long depuis la collecte des données jusqu’à la publication des résultats par les scientifiques. Elle requiert aussi la mobilisation, pendant 20 ans, de toutes les familles qui ont été convaincues de l’intérêt de cette recherche.

En 2013, avec le concours des parents et des médecins : recueil de données sur les deux premières années de vie 

2 dispositifs sont prévus à cet effet :

  • Une interview téléphonique des parents sera réalisée à l’occasion des 2 ans de l’enfant. Elle portera notamment sur le mode de vie des familles, l’environnement de l’enfant, son mode de garde, son alimentation et sa santé. Quelques questions sur les jeux et certaines activités de l’enfant, son langage ou encore son sommeil seront également posées.
  • Un questionnaire sera remis par les parents au médecin traitant de l’enfant (généraliste ou pédiatre) lors de la consultation médicale du 24e mois. Il permettra de recueillir des informations plus techniques sur la croissance, les vaccinations, les motifs d’hospitalisation, le développement psychomoteur, etc. Les médecins ainsi mobilisés sont acteurs à part entière de l’étude et bénéficieront des résultats produits.

CPELFE_2ans_Vdef-1

Quand les enfants auront 3 ans, des enquêteurs les rencontreront pour la première fois à leur domicile (pour une partie de la cohorte). Ce rendez-vous sera l’occasion de réaliser un recueil d’urines et de cheveux et un premier jeu d’association d’images sur ordinateur qui renseignera les chercheurs sur le développement cognitif des enfants. Des mesures environnementales sont également prévues dans certains foyers.

En 2014, sur la base des travaux scientifiques : communication des premiers résultats

Avant de mettre à disposition des chercheurs les données recueillies au cours des différentes enquêtes, des contrôles rigoureux de la qualité des données ont été effectués. Dans le courant du premier semestre 2013, les données collectées dans la cohorte Elfe seront mises à la disposition des équipes de recherche contributives du projet, puis accessibles dans un deuxième temps à l’ensemble de la communauté scientifique. Les premiers résultats pourront être communiqués en 2014.

Les analyses de ces résultats permettront notamment :

  • L’évaluation des niveaux d’exposition des mères pendant la grossesse et des nouveau-nés à divers polluants de l’environnement (et leur impact sur la croissance intra-utérine et le risque de prématurité ou de complication à la naissance)
  • La description des modes d’allaitement et les facteurs socio-culturels et institutionnels qui influencent l’initiation et l’arrêt de l’allaitement au sein
  • L’étude de l’impact des variations de poids et des régimes avant la grossesse sur le risque de retard de croissance intra-utérin
  • La description des pratiques des parents concernant les soins corporels apportés à l’enfant (bain, change, portage, etc.), notamment en fonction du sexe de l’enfant

Les familles de l’étude Elfe : acteurs incontournables de la recherche

  • Les enfants Elfe représentent 1 enfant sur 50 parmi les naissances de 2011. Leurs parents ont accepté en maternité le principe d’un entretien initial puis d’un suivi régulier : interviews téléphoniques essentiellement, mais aussi questionnaires sur l’alimentation par courrier ou Internet, mise en place de capteurs à poussières à leur domicile, recueils biologiques non invasifs… La qualité des données recueillies dans Elfe est excellente. A titre d’exemple, à l’âge de 2 mois, la vaccination BCG est connue de 98 % des parents et le carnet de santé est disponible 9 fois sur 10 lors des entretiens téléphoniques pour répondre aux questions sur la croissance de l’enfant.
  • Une diminution de l’effectif actif dans Elfe est toutefois prévisible comme le montre l’expérience des différentes cohortes internationales. Cette diminution tient actuellement à la difficulté de joindre certains parents en raison de déménagements et/ou de changements de coordonnées. A ce jour, la participation des parents enquêtables (c’est-à-dire qui ont pu être contactés) lors du recueil à deux mois puis à 1 an est de l’ordre de 90 %. Un taux à conserver sur une durée de 20 ans…

Pour aller plus loin et notamment découvrir les thématiques de recherche plus en détail : www.elfe-france.fr

A propos de l’étude Elfe

L’étude Elfe mobilise un grand nombre de chercheurs français appartenant à diverses disciplines scientifiques. Pilotée par l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en partenariat avec l’Établissement Français du Sang (EFS), l’étude Elfe est soutenue par les ministères chargés de la Recherche, du Développement durable, de la Santé et du Travail, et par des institutions publiques : Institut de Veille Sanitaire (InVS), Caisse nationale des Allocations familiales (Cnaf) et Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’étude Elfe bénéficie d’une aide de l’Etat gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme « Investissements d’avenir » portant la référence ANR-11-EQPX-0038.

Quelle fertilité pour les femmes après une grossesse extra-utérine ?

La grossesse extra-utérine concerne environ 2% des grossesses, soit 15.000 femmes par an en France. Elle se caractérise par le développement de l’œuf en dehors de l’utérus qui peut mettre la vie de la femme en danger en l’absence d’intervention médicale. Dans les pays développés, la mortalité liée à une grossesse extra-utérine reste exceptionnelle; les médecins s’intéressent donc à la préservation de la fertilité ultérieure et donc la possibilité pour les femmes concernées d’être à nouveau enceinte. Les chercheurs de l’équipe Inserm « Epidemiologie de la reproduction et du développement de l’enfant » (Unité 1018 « Centre de recherche en épidémiologie et sante des populations ») ont pour la première fois comparé l’ensemble des traitements existants de la grossesse extra-utérine quant à leur impact sur la fertilité naturelle dans les 2 ans qui suivent.

Les conclusions de l’étude publiée dans la revue Human Reproduction montrent que la capacité à avoir une grossesse normale après une grossesse extra-utérine (fertilité ultérieure) n’est pas liée au type de traitement, en particulier à la conservation de la trompe de Fallope où la grossesse s’était implantée.

Woman holding a positive pregnancy test against white background

©fotolia

Une grossesse extra-utérine s’implante dans 95% des cas dans une trompe de Fallope. Il s’agit d’une urgence médicale. Le traitement consiste à l’interrompre et à éliminer l’œuf. Trois traitements peuvent être utilisés :

– Un traitement médical par injection (intramusculaire ou directement dans la trompe) de methotrexate qui détruit l’œuf et élimine la grossesse extra-utérine sans toucher à la trompe.
– Un traitement chirurgical dit « conservateur » où la trompe est incisée pour retirer l’œuf tout en étant conservée
– Un traitement chirurgical dit radical où la trompe est retirée avec l’œuf

Schéma grossesse extra-utérine
Chacun de ces traitements parvient à éliminer la grossesse extra-utérine, et, en raison de l’amélioration des méthodes diagnostiques, la vie de la femme n’est pratiquement plus en danger dans les pays développés. L’objectif des médecins est donc à la préservation de la fertilité ultérieure de la femme.

Selon la gravité et l’urgence, deux types de situations se dessinent :

-d’une part, les grossesses extra-utérine dites peu actives où un traitement médical ou chirurgical conservateur peuvent être décidé
-d’autre part, les grossesses extra-utérine dites actives où un traitement chirurgical est nécessaire qui peut être conservateur ou radical.

Les chercheurs de l’Inserm ont comparé, pour la première fois dans un même essai thérapeutique, la fertilité des femmes deux ans après les différents traitements.

Pour cela, les chercheurs ont inclus des femmes présentant une grossesse extra-utérine traitées dans un des 17 centres français participants à l’étude entre 2005 et 2009. Un peu plus de 400 femmes ont été réparties en deux groupes selon l’activité (et la gravité) de la grossesse extra utérine. Dans chaque groupe un des deux traitements possibles a été tiré au sort et les femmes ont ensuite été suivies pendant 2 ans.

Dans le premier groupe, les courbes de fertilité cumulatives qui sont le reflet du nombre de grossesse obtenue par les patientes au cours des deux ans de suivi n’étaient pas significativement différentes entre le traitement médical et la chirurgie conservatrice..

Le taux de grossesse intrautérine deux ans après l’intervention était de 67 % après le traitement médical par méthotrexate et de 71 % après la chirurgie conservatrice dans la population des femmes en recherche de grossesse.

Dans le second groupe, deux ans après le traitement, 70 % des femmes qui ont désiré une nouvelle grossesse ont pu obtenir une grossesse intra-utérine après le traitement chirurgical conservateur et 64 % après le traitement chirurgical radical.

Pour les chercheurs, les résultats de cet essai invitent les gynécologues à reconsidérer la prise en charge des grossesses extra-utérines en tenant compte des différents éléments que sont la fertilité ultérieure, la durée de suivi après traitement, la préférence des patientes mais aussi les risques inhérents à chacun des traitements.

Pour Perrine Capmas, « le traitement médical devrait être privilégié en cas de grossesse extra-utérine peu actives en raison d’une part de la préférence des patientes mais aussi des risques moindres notamment de par l’absence d’anesthésie et de chirurgie. Cependant, étant donné l’absence de différence pour la fertilité ultérieure, le traitement chirurgical doit être proposé en première intention aux femmes dont on craint qu’elles ne soient pas observantes (la surveillance après traitement médical pouvant être prolongée pendant plusieurs semaines) ».

« Dans le cas des grossesses extra-utérines nécessitant une prise en charge chirurgicale, les médecins peuvent rassurer les femmes sur le fait qu’une chirurgie radicale ne change pas leurs chances d’avoir par la suite une grossesse naturelle. »

Lancement de Constances, plus grand projet de cohorte épidémiologique en population en France

Constances est une cohorte épidémiologique « généraliste » constituée d’un échantillon représentatif de 200 000 adultes âgés de 18 à 69 ans. Organisée par le Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP – Inserm/Université Paris-Sud/Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) en partenariat avec la CNAMTS* et la Cnav, ce projet a pour objectif de constituer une base de données nationale ouverte à la communauté des chercheurs en santé publique.

Pour tout savoir sur Constances, consultez le site https://www.constances.fr/fr/

Constances

Placée sous la responsabilité scientifique et technique de Marie Zins (CESP), Constances (CONSulTANts des Centres d’Examens de Santé), a déjà recruté 14 000 personnes depuis sa naissance courant 2012.

Tirés au sort dans la base de données de la Cnav**, les patients reçoivent une lettre leur proposant de participer à la cohorte. Les volontaires bénéficient à leur entrée dans la cohorte d’un bilan de santé complet dans les Centres d’examens de santé de la sécurité sociale, qui sera répété tous les 5 ans.

À l’aide d’un questionnaire à compléter chaque année, ils fourniront des informations sur leur santé, leurs habitudes de vie (travail, alimentation, consommation d’alcool ou de tabac…), et leur environnement social.

Ces données sont appariées avec celles de la Caisse nationale d’assurance vieillesse et celles de l’assurance maladie pour connaître leurs arrêts maladie, les soins présentés au remboursement et les données d’hospitalisation et leur trajectoire socioprofessionnelle. Des échantillons de sang et d’urine seront aussi prélevés dans le but de créer une « biobanque ».

Labellisé par le programme des « Investissements d’avenir » en tant qu’Infrastructure nationale en biologie et santé, ce projet de recherche et la constitution de ce très important échantillon (le plus important en France et un des plus grand d’Europe) suivi au cours du temps (cohorte) est conçu comme un « laboratoire épidémiologique ouvert » accessible à la communauté de recherche française et internationale, et comme un outil permettant aux responsables de la santé publique de disposer de sources d’information diversifiées sur la santé de la population, les facteurs de risque, le mode de recours au système de soins et de prévention et sur les trajectoires médicales, professionnelles et sociales des personnes. « 

Constances est une cohorte généraliste mais nous avons mis l’accent sur le vieillissement et les maladies chroniques, les risques professionnels, la santé des femmes, les déterminants sociaux et les inégalités sociales » précise Marie Zins.

* Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés
** Caisse nationale de l’assurance vieillissement

Comment être volontaire ?

Vous avez reçu une invitation à passer un bilan de santé dans votre Centre d’Examens de Santé et à participer à la cohorte Constances, l’une des plus grandes cohortes épidémiologiques de santé. Si vous l’acceptez, vous commencerez par un bilan dans un Centre d’Examens de Santé ; Grâce à un ensemble d’examens, vous pourrez faire le point sur votre santé. Chaque année vous serez également interrogé sur votre santé et vos habitudes de vie par l’intermédiaire d’un questionnaire de suivi. Votre participation à la cohorte est essentielle pour faire de Constances un outil riche pour la communauté scientifique cependant il vous sera possible à tout moment d’interrompre ce suivi en nous adressant un courrier.

Tirage au sort :

Vous avez reçu une invitation, parce que vous avez été tiré au sort parmi l’ensemble des personnes affiliées au régime général de la sécurité sociale. Ce tirage au sort permet de mettre en place une cohorte représentative de la population française pour les critères de sexe, d’âge et de catégorie professionnelle.

Questionnaires :

La cohorte Constances vous propose des questionnaires sur votre mode de vie, votre travail, votre état de santé. Ces questionnaires ont été préparés par des experts dans de nombreux domaines dont les expositions professionnelles, les inégalités sociales de santé ou le vieillissement.

Bilan de santé :

Le bilan proposé est réalisé dans l’un des 17 Centres d’Examens de Santé de la Sécurité Sociale. Il s’agit des centres d’Angoulême, Bordeaux-Cenon, Lille, Lyon, Marseille, Vandoeuvre-lès-Nancy avec l’antenne de Longwy, Nîmes, Orléans, Paris, Centre d’investigations préventives et cliniques de Paris, Pau, Poitiers, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, Toulouse et Tours.

Confidentialité :

L’ensemble des réponses que vous apporterez sera traité de façon confidentielle. La Commission nationale informatiques et libertés (CNIL) a donné son autorisation à leur utilisation, car l’équipe Constances a apporté les garanties qu’à aucun moment elle ne pourra relier votre identité à vos données de santé.

GrippeNet.fr : bilan au pic de l’épidémie

Photo : ©Fotolia

Le 27 février, les données de la surveillance de la grippe confirmaient le franchissement du pic épidémique de la grippe saisonnière. Le site Internet www.grippenet.fr permet pour la deuxième année consécutive de collecter des données sur les syndromes grippaux directement auprès de la population française. Actuellement, plus de 5 800 volontaires se sont déjà inscrits et participent à ce nouveau système de surveillance et de recherche, lancé par l’Inserm, l’Université Pierre et Marie Curie et l’Institut de veille sanitaire. GrippeNet.fr est actuellement, en France, le seul système permettant d’étudier les syndromes grippaux chez ces personnes malades qui ne consultent pas de structure médicale.

Depuis le début de l’épidémie, le pourcentage de participants de GrippeNet.fr déclarant des symptômes compatibles avec un syndrome grippal a augmenté, passant de 1,2% des participants par semaine fin décembre à 2,5% début février. La semaine dernière, les principaux signes déclarés étaient le nez qui coule ou bouché (13,1% des participants), de la toux (10,3%), des éternuements (8,5%) et des maux de gorge (7,6%). Les régions dans lesquelles les participants étaient les plus nombreux à déclarer des symptômes de syndrome grippal étaient Poitou-Charentes (6% des participants), Nord-Pas-de-Calais (5,9%) et Bretagne (3,5%).

Depuis le début de l’épidémie, 62% des participants de GrippeNet.fr atteints d’un syndrome grippal ne sont pas allés consulter de structure médicale. Depuis le démarrage de la deuxième saison, plus de 2 000 nouvelles personnes se sont inscrites pour participer à cette étude, et près de 4 000 personnes déclarent actuellement chaque semaine les symptômes qu’elles ont eus ou non depuis leur dernière connexion. La moyenne d’âge des participants de la deuxième saison de GrippeNet.fr est actuellement de 45 ans, et 62% des participants sont des femmes. Les départements dans lesquels la participation est la plus importante sont la Haute-Corse, la Corse du Sud et Paris.

Quand l’hypertension artérielle avance masquée

Une pression artérielle normale chez le médecin mais élevée à domicile ? Ce phénomène dont l’origine reste inconnue, est appelé hypertension artérielle masquée. Christophe Tzourio, directeur de l’unité Inserm 708 « Neuroépidémiologie » (Université de Bordeaux Ségalen) a étudié la présence de l’hypertension artérielle masquée dans une population de 1500 personnes âgées. Non seulement très fréquente et par définition indétectable par le médecin, elle comporte chez ces personnes un fort risque d’évolution à court terme vers une hypertension artérielle permanente. Ces résultats, parus dans Journal of Hypertension, soulignent l’importance de l’automesure de la pression artérielle chez les personnes âgées pour anticiper tout risque d’accident vasculaire.

automesure de la tension artérielle

©fotolia

L’hypertension artérielle, dont la fréquence augmente avec l’âge, constitue un des principaux facteurs de risque d’accident vasculaire (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde,…). Depuis que des appareils électroniques d’automesure ont rendu possible la mesure de la pression artérielle à domicile, un nouveau type d’hypertension artérielle, dite hypertension artérielle masquée, a été découvert. Celle-ci se caractérise par le fait que la pression artérielle d’une personne est normale chez le médecin mais élevée à son domicile. Phénomène d’origine inconnue, l’hypertension artérielle masquée serait aussi voire plus dangereuse que l’hypertension artérielle classique concernant le risque d’accident vasculaire.

A partir de ces postulats, l’unité Inserm 708 « Neuroépidémiologie » (Université de Bordeaux Segalen, Bordeaux) a entrepris, avec l’aide de spécialistes de l’hypertension artérielle, l’étude de l’automesure de la pression artérielle chez les personnes âgées de la cohorte des 3C à Dijon. Cette étude avait en particulier pour but d’évaluer la fréquence de l’hypertension artérielle masquée au sein d’une population de 1481 personnes âgées entre 73 et 97 ans (moyenne d’âge 78,7 ans). Après une mesure de la pression artérielle au sein d’un centre d’examen, les participants ont, dans les 15 jours suivants, procédé chez eux à la prise de leur pression artérielle au moyen d’un appareil électronique. Le protocole comprenait 18 mesures pendant 3 jours. Les mêmes mesures ont été répétées un an plus tard afin d’évaluer le risque d’évolution vers une hypertension artérielle permanente (pression artérielle élevée au centre d’examen et à domicile).

L’étude a révélé que l’hypertension artérielle masquée était très fréquente : 40 % des participants qui avaient une pression normale au centre d’examen avaient une hypertension à domicile.

Les chercheurs ont ensuite analysé  l’évolution de l’hypertension masquée sans tenir compte de l’existence ou non d’un traitement  puis dans le groupe de personne ne prenant pas de traitement antihypertenseur. Dans le premier groupe, le risque chez ces personnes de développer à un an une hypertension artérielle permanente était multiplié par 7. Chez celles initialement non traitées par des antihypertenseurs, le risque d’hypertension artérielle permanente était multiplié par 17.

« Ces résultats soulignent l’importance de l’automesure de la pression artérielle à domicile chez les personnes âgées afin de diagnostiquer une hypertension artérielle masquée, par nature non détectable par le médecin, et mettre en place des mesures pour baisser la pression artérielle et ainsi réduire le risque vasculaire. L’automesure permet également de renforcer le dialogue entre malade et médecin et de mieux adapter le traitement. » conclut le Professeur Christophe Tzourio, directeur de l’unité Inserm 708.

Cette étude a été financée par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé).

Les boissons « light » associées à une augmentation du risque de diabète de type 2

Françoise Clavel-Chapelon  (Directrice de recherche Inserm-Université Paris-Sud 11, à l’Institut Gustave Roussy), et Guy Fagherazzi se sont intéressés à la relation entre la consommation de boissons sucrées et boissons sucrées « light » et le risque de diabète de type 2. L’analyse, menée auprès de 66 188 femmes de la cohorte E3N, confirme une relation entre boissons sucrées et diabète de type 2 et révèle pour la première fois en France, que contrairement aux idées reçues,  le risque de diabète est plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons « light » que de boissons sucrées « normales ». Des études supplémentaires sur les effets des boissons sucrées « light » sont nécessaires pour corroborer ce résultat. L’article détaillant ces résultats a été publié dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

Le diabète touche plus de 3 millions de personnes en France dont 90% sont atteintes du diabète de type 2. S’il est établi que la consommation de boissons sucrées est associée à une augmentation du risque d’obésité et de diabète de type 2, l’effet des boissons sucrées « light » sur les maladies cardiométaboliques est moins bien connu. Les chercheurs de l’Inserm au sein de l’équipe E3N ont évalué le lien entre la consommation de boissons sucrées et le risque de  développer  un diabète de type 2. L’étude a été menée auprès de 66 118 femmes françaises de la cohorte E3N suivies pendant 14 ans.

Les résultats montrent que les femmes qui consomment des boissons sucrées « light » ont une consommation plus grande que celles qui consomment des boissons sucrées « normales » (2,8 verres/semaine contre 1,6 verres/semaine en moyenne, respectivement).

D’autre part, à quantité égale consommée, le risque de diabète est plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons « light » que de boissons sucrées « non light ».

Le risque de développer un diabète est de 15% supérieur pour une consommation de 0,5 L/semaine et de 59% supérieur pour 1,5 L/semaine respectivement.

Ce risque est-il essentiellement associé aux boissons « light » ? Pour le savoir, les chercheurs se sont également intéressés aux effets sur l’organisme des jus de fruits 100% pressés, et dans leur étude, aucune association avec le risque de diabète n’a été constatée.

Comment peut-on expliquer ces résultats ?

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer l’augmentation de risque de diabète associée à une grande consommation de boissons sucrées :

  • Tout d’abord, en termes de calories, ces boissons ne se substituent pas aux aliments solides, car boire des boissons sucrées n’est pas suffisamment satiétogène (les calories des boissons sucrées s’ajoutent donc aux calories des solides). D’autre part, les sucres contenus dans les boissons sucrées entrainent en réaction un pic d’insuline, et des pics à répétition peuvent engendrer une insulino-résistance.
  • S’agissant en particulier des boissons « light », la relation avec le diabète pourrait s’expliquer d’une part par une appétence plus forte pour le sucre en général des consommatrices de ce type de boissons. D’autre part, l’aspartame, qui est un des principaux édulcorants utilisés aujourd’hui, induirait une augmentation de la glycémie et de ce fait une hausse du taux d’insuline, comparable à celle engendrée par le sucrose.

La consommation de boissons sucrées augmente le risque de surpoids, lui-même facteur de risque de diabète. Toutefois, dans leur étude, les chercheurs de l’équipe E3N ont observé un effet d’une grande consommation de boissons sucrées, indépendant de la corpulence de la femme.

En conclusion, il est montré pour la première fois dans une population française, qu’une consommation élevée de boissons sucrées (normales et « light ») était associée à une forte augmentation du risque de diabète de type 2. Cette augmentation de risque est encore plus forte pour les boissons de type « light ». Des études supplémentaires sur les effets des boissons sucrées « light » sont nécessaires pour confirmer ce résultat.

L’ETUDE E3N (www.e3n.fr)  

L’étude E3N, ou Etude Epidémiologique auprès de femmes de la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale), dirigée par Françoise Clavel-Chapelon, directrice de recherche à l’Inserm, est une étude de cohorte prospective portant sur environ 100 000 femmes volontaires françaises nées entre 1925 et 1950 et suivies depuis 1990.

Depuis 1990, les femmes remplissent et renvoient des auto-questionnaires tous les 2 à 3 ans. Elles sont interrogées sur leur mode de vie (alimentation, prise de traitements hormonaux…) d’une part, et sur l’évolution de leur état de santé d’autre part.

Les données sur les facteurs de risque ont fait l’objet de plusieurs études de validation. Le taux de « perdues de vue » est très faible du fait de la possibilité qu’offre la MGEN de suivre les non-répondantes. Mais c’est avant tout grâce à la fidélité et à la constance des participantes, et grâce à la collaboration des médecins traitants, que l’étude E3N peut fournir tous ces résultats.

E3N est la composante française d’EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and nutrition), vaste étude européenne coordonnée par le Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC) portant sur 500 000 européens, hommes et femmes, dans 10 pays.

L’étude E3N est soutenue par quatre partenaires fondateurs : l’Inserm, la Ligue contre le Cancer, l’Institut Gustave Roussy et la MGEN.

photo fotolia

La précarité alimentaire est associée à des troubles ultérieurs du comportement chez les enfants

Lorsqu’un ménage rencontre des difficultés financières, le poste budgétaire consacré à l’alimentation est souvent restreint. Dans certaines situations, ces difficultés peuvent conduire à l’insécurité alimentaire, c’est-à-dire à un accès limité et irrégulier à une nourriture saine et équilibrée. En se basant sur le suivi de 2120 enfants, une équipe de chercheurs de l’Inserm dirigée par Maria Mechior (Unité Inserm 1018 « Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations) montre que dans les familles en situation d’insécurité alimentaire, les enfants ont un risque élevé d’avoir des troubles durables du comportement tels que l’hyperactivité et l’inattention.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Plos One.

 

©fotolia

L’insécurité alimentaire est définie comme un accès restreint, inadéquat ou incertain à des aliments sains et nutritifs. Elle est principalement due à des difficultés financières et touche jusqu’à 10% des personnes en population générale. Des recherches antérieures ont montré que les enfants qui grandissent dans des familles en situation d’insécurité alimentaire ont un niveau élevé de problèmes psychologiques et comportementaux ; cependant les études réalisées à ce jour n’avaient ni distinguées différents types de difficultés comportementales ni étudiées les relations à long terme.

Cette étude menée par des chercheurs de l’Inserm est basée sur les données d’une cohorte de naissance représentative de la population du Québec. 2120 enfants nés en 1997-1998 ont été régulièrement suivis jusqu’à l’âge de 8 ans. Les chercheurs ont examiné le lien entre l’insécurité alimentaire lorsque les enfants avaient entre 18 mois et 4 ans et demi et leur comportement entre 4 ans et demi et 8 ans (c’est-à-dire la fréquence des symptômes de dépression/anxiété, d’agressivité, ou d’hyperactivité/inattention).

Sur l’ensemble des enfants suivis, 5.9% étaient en situation d’insécurité alimentaire dans la petite enfance. Par rapport aux enfants qui n’avaient pas connu l’insécurité alimentaire, ce groupe a une probabilité 3 fois plus élevée d’avoir des symptômes durables d’hyperactivité et ou d’inattention au cours de l’enfance.

Cette association subsiste même lorsqu’on tient compte du niveau de revenus des familles et d’autres caractéristiques pouvant être liées à l’insécurité alimentaire et au comportement des enfants : famille monoparentale, antécédents parentaux de psychopathologie, comportements négatifs des parents envers l’enfant. L’association est donc indépendante de ces autres facteurs.

L’insécurité alimentaire est un marqueur de difficultés sociales et économiques particulièrement importantes, dont l’impact sur la santé des adultes et des enfants est connu.

« L’incapacité des parents à s’occuper de façon régulière et satisfaisante de l’alimentation de la famille, pourrait fragiliser le lien parents-enfant dans la petite enfance, avec des effets sur le développement des enfants à long terme. » estiment les chercheurs.

Enfin, l’insécurité alimentaire entraîne des modifications du régime alimentaire dans les familles et pousse en général à consommer moins d’aliments frais et plus d’aliments riches en graisses et en sucres. Chez certains enfants les carences nutritionnelles (particulièrement en fer) ainsi que l’excès de sucre pourraient se manifester par un comportement hyperactif et inattentif.

Pour les chercheurs, « la diminution de l’insécurité alimentaire dans les familles pourrait contribuer à réduire la fréquence de difficultés de comportement chez les jeunes enfants. »

Un essai clinique prometteur pour diminuer la sévérité des troubles autistiques

Yehezkel Ben-Ari, fondateur et directeur honoraire Inserm de l’Institut de neurobiologie de la méditerranée et Eric Lemonnier, clinicien spécialiste de l’autisme au CHRU de Brest, viennent de publier les résultats d’un essai clinique en double aveugle pour évaluer l’intérêt d’un diurétique dans le traitement de l’autisme. Soixante enfants autistes et Asperger de 3 à 11 ans ont reçu pendant 3 mois soit un diurétique pour réduire les niveaux de chlore intracellulaire, soit un placebo. Bien que non curatif, ce traitement entraine, pour les trois quarts des enfants, une diminution de la sévérité des troubles autistiques. Une demande d’autorisation pour un essai multicentrique à l’échelle européenne vient d’être déposée par les chercheurs pour mieux déterminer la population concernée par ce traitement.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Translational Psychiatry datée du 11 décembre 2012


L’apport de la recherche fondamentale sur le chlore neuronal

De précédents travaux menés par l’équipe de chercheurs dirigée par Yehezkel Ben-Ari à l’unité Inserm 901 « Institut de neurobiologie de la méditerranée », à Marseille sur les concentrations intracellulaires de chlore, ont permis de montrer qu’elles sont anormalement élevées dans les neurones immatures, ceux ayant subi des crises d’épilepsie ou d’autres lésions cérébrales. De nombreux anxiolytiques, analgésiques et antiépileptiques, agissent en augmentant les effets du GABA – le principal médiateur chimique du cerveau – qui inhibe, en temps normal, les neurones. En présence d’une forte concentration de chlore dans les cellules, les effets du GABA sont inversés. Les molécules anxiolytiques accentuent ces effets : le GABA n’inhibe plus les neurones. Ces molécules vont augmenter l’excitation et donc aggraver la maladie au lieu de la réduire[1]. C’est ce qui a été observé dans le cas de l’épilepsie : le diazépam, un anxiolytique, aggravait les crises dans certaines conditions. L’équipe de recherche avait alors montré l’intérêt d’un diurétique pour pallier cet effet.

De la recherche fondamentale à la recherche clinique

Des données expérimentales indirectes suggèrent des modifications de l’inhibition cérébrale médiée par le GABA dans l’autisme. Eric Lemonnier, clinicien au CHRU de Brest a fait remarquer à Yehezkel Ben-Ari que le valium n’est pas prescrit aux enfants souffrant de l’autisme car ils deviennent, selon les parents, plus agités, suggérant comme dans l’épilepsie et d’autres pathologies cérébrales, que le chlore intracellulaire serait plus élevé. De cette rencontre est née l’idée de tester un diurétique – de la même manière que pour l’épilepsie – afin de déterminer si cela pouvait améliorer les troubles autistiques. Un essai pilote sur 5 enfants a été rapidement mis en place en 2010 car le bumétanide, le diurétique testé, est couramment utilisé, notamment dans le traitement de l’hypertension. La prise de ces molécules peut toutefois entrainer une baisse de potassium qui nécessite une supplémentation. Les chercheurs ont alors démarré un essai randomisé en double aveugle sur 60 enfants autistes et Asperger âgés de 3 à 11 ans.

Diminution de la sévérité des troubles autistiques

Les enfants ont été suivis pendant 4 mois. Un groupe a reçu le traitement diurétique (1mg de bumétanide) et le deuxième groupe un placebo pendant 3 mois. Le dernier mois, aucun traitement n’a été donné. La sévérité des troubles autistiques des enfants a été évaluée au démarrage de l’essai, à la fin du traitement, c’est-à-dire au bout de 90 jours et un mois après la fin de ce dernier.

Après 90 jours de traitement, le score moyen au test CARS (Childhood Autism Rating Scale) des enfants traités au bumétanide s’est amélioré de façon significative. La sévérité des troubles autistiques du groupe traité passe du niveau élevé (>36,5) à moyen (Clinical Global Impressions). A l’arrêt du traitement, certains troubles réapparaissent. Le traitement au bumétanide serait donc réversible.

Différents critères pour évaluer la sévérité des troubles : CARS, CGI, ADOS G

L’échelle comportementale CARS (Childhood Autism Rating Scale) couramment utilisée a permis d’évaluer la sévérité des troubles à partir de séquences filmées des enfants lors d’une activité initiée par un personnel soignant. Les films ont été analysés avec l’aide des parents. Un score est obtenu à partir de l’analyse : entre 30 et 36, l’enfant souffre d’un trouble modéré ou moyen, au-delà de 36, l’autisme de l’enfant est sévère.

Deux autres indicateurs permettent d’évaluer la sévérité des troubles : le diagnostic clinique CGI (Clinical Global Impressions) et un indicateur, ADOS G (Autism Diagnostic Observation Schedule Generic), qui regroupe les critères d’évaluation comme l’interaction sociale et la communication.

Le Dr Lemonnier explique le cas d’un garçon de 6 ans :

« Avant le traitement, l’enfant avait de faibles capacités de langage, une faible interaction sociale, une hyperactivité et un comportement en constante opposition. Après trois mois de traitement, ses parents, ses professeurs, le personnel de soin de l’hôpital et ses amis à l’école ont attesté qu’il participait mieux, notamment aux jeux proposés par le psychologue. Son attention et le contact visuel se sont également améliorés. »

« Même s’il ne peut pas guérir la maladie, le diurétique diminue la sévérité des troubles autistiques de la plupart des enfants. D’après les parents de ces enfants, ils sont plus « présents » »

ajoute Yehezkel Ben-Ari.

Etant donnée l’hétérogénéité de la population, les chercheurs ont supposé que le traitement pourrait agir différemment selon la sévérité des troubles autistiques. En reconstituant des groupes en fonction de la sévérité, les résultats suggèrent que le traitement serait plus efficace chez les enfants les moins affectés.

C’est pourquoi les chercheurs ont déposé une demande d’autorisation pour réaliser un essai multicentrique à l’échelle européenne afin de mieux déterminer la population concernée par ce traitement et à terme obtenir une AMM pour cette indication. Cet essai est piloté par une entreprise créée par le Prof. Ben-Ari et le Dr Lemonnier (Neurochlore). Des analyses sont également indispensables pour évaluer l’impact de la prise à long terme de ces molécules et la dose requise. Enfin, les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les travaux sur les modèles expérimentaux afin de déterminer comment le chlore est régulé et comment il se dérégule dans les réseaux neuronaux de patients autistes.

Ces travaux ont fait l’objet d’un dépôt de brevet et d’une concession de licence accordée à la start-up Neurochlore. Neurochlore a reçu un financement de l’ANR (RPIB, projet « Cure Autism »).

POUR CITER CETTE PAGE :
avec ce lien cliquable:
https://presse.inserm.fr/un-essai-clinique-prometteur-pour-diminuer-la-severite-des-troubles-autistiques/5743/

[1] Altération de l’action du GABA

© Inserm – F.Koulikoff

Schéma de gauche : dans les neurones matures, le GABA – le principal médiateur chimique du cerveau – inhibe les neurones en se fixant aux récepteurs (GABA R). L’entrée d’ions chlore (Cl) dans la cellule génère une entrée de chlore qui inhibe les neurones. Deux co-transporteurs de chlore contrôlent ces taux: le NKCC1 importe le chlore et est bloqué par le bumétanide ; le KCC2 se charge de rejeter l’excès de chlore hors de la cellule pour maintenir l’équilibre cellulaire.

Schéma de droite : Dans les neurones immatures, les taux élevés de chlore initiaux entrainent l’inversion de l’effet du GABA, dont l’action dépend du niveau de chlore initial, qui va exciter les neurones au lieu de les inhiber. L’importateur de chlore  NKCC1 domine dans les neurones immatures. Par contre,  l’exportateur naturel de chlore KCC2 va s’exprimer plus tard et sera éliminé dans des situations pathologiques. Cette dégradation entraine l’augmentation du chlore intracellulaire qui transforme l’inhibition en excitation cellulaire.

Prédire l’âge de la ménopause chez les femmes ayant eu un cancer pédiatrique

Des chercheurs de l’Inserm, de l’AP-HP, de l’Institut Gustave Roussy et de l’Université Paris-Sud ont étudié l’âge de la ménopause d’une cohorte de 706 femmes ayant eu un cancer dans l’enfance. Les données révèlent que ces femmes, en particulier celles qui ont subi une ovariectomie unilatérale ou été traitées par des agents alkylants et reçu une dose d’irradiation au niveau des ovaires, ont une avance de 4 à 7 ans de l’âge moyen de la ménopause. Cette étude apporte des données importantes sur la fenêtre de fertilité des femmes ayant eu un cancer dans l’enfance, des informations sur les facteurs de risque associés mais ne confirme pas le risque élevé de ménopause précoce (avant 40 ans) rapporté par les études américaines.

Les résultats sont publiés dans la revue Human Reproduction datée du 15 novembre.

Les femmes ayant eu un cancer dans l’enfance sont connues pour être à risque d’avoir une ménopause précoce. Cependant, les données sur les facteurs de risque associés sont limitées. Des chercheurs de l’unité 1018 « Centre d’Epidémiologie et de santé publique (CESP) » (Inserm/Université Paris-Sud/Institut Gustave Roussy) et de l’AP-HP, ont analysé les données d’une cohorte française, Euro2k, de 1522 survivants d’un cancer pédiatrique diagnostiqué avant l’âge de 18 ans entre 1945 et 1986 afin d’étudier initialement leur mortalité. Chez les femmes de cette cohorte ayant été traitées par radiothérapie, les doses de radiations reçues au niveau des ovaires ont été estimées. Dans cette cohorte, 706 femmes ont fourni un questionnaire détaillé sur leur état de santé. Parmi elles, 32% ont déjà atteint l’âge de 40 ans, 7% ont plus de 50 ans. L’équipe de recherche a  étudié l’âge de la ménopause des femmes et les facteurs de risques potentiellement associés. Les auteurs de l’étude se sont appuyés sur des auto-questionnaires adressés aux femmes pour obtenir des informations sur la ménopause, sans mesure des taux de l’hormone FSH.

L’analyse des données montre que 97 femmes (13,7%) ont été ménopausées à un âge médian de 44 ans, soit 7 ans plus tôt que dans la population générale. Pour un tiers d’entre elles (36%), la ménopause était secondaire à une chirurgie.

Les chercheurs se sont penchés sur les facteurs de risque de ménopause chez ces femmes qui ont subi des traitements variés pendant l’enfance pour soigner leur cancer. Il apparait que le statut pubertaire au moment de la prise du traitement est associé au risque de ménopause (ménopause non-chirurgicale). A un âge donné, le risque maximal d’être ménopausée est observé chez les femmes ayant été traitées après le début de la puberté par des agents alkylants (seuls ou associés à une dose même minime d’irradiation au niveau des ovaires comme 0.01 Gray). La ménopause survient 4 ans plus tôt en moyenne chez les femmes ayant été exposées à ces agents. Le fait d’avoir subi une ovariectomie unilatérale est également associé à une avance de 7 ans de l’âge de la ménopause (ménopause chirurgicale principalement).

Les résultats montrent une avance de l’âge de la ménopause chez les femmes ayant eu un cancer dans l’enfance mais ne confirment pas le risque élevé d’une ménopause précoce (c’est-à-dire avant 40 ans) ayant été rapporté par les études américaines, probablement dû à la différence entre les populations étudiées (pas de leucémies et peu de lymphomes dans la population de la cohorte Euro2k).

« Dans cette cohorte, parmi lesquelles peu de femmes ont reçu une chimiothérapie à fortes doses pour transplantation médullaire, seulement 2.1% d’entre elles (soit le double de l’incidence dans la population générale) ont développé une ménopause précoce avant 40 ans. » explique Cécile Teinturier, premier auteur de l’étude. Les principaux facteurs de risque associés à ces cas de ménopause précoce sont : l’âge plus élevé des femmes lors du traitement du cancer, la dose d’agents alkylants, tels que le Cyclophosphamide ou le Melphalan, reçue dans le cadre d’une transplantation médullaire et la dose d’irradiation aux ovaires.

« Cette étude apporte des informations sur les facteurs de risque de réduction de la fenêtre de fertilité des femmes ayant eu un cancer pédiatrique. Ces nouvelles données devraient permettre d’informer les patientes à risque de ménopause précoce pour leur conseiller de ne pas retarder leur 1ère grossesse après 30 ans et de rassurer les femmes pour lesquelles le risque est faible »

conclut Cécile Teinturier.

La cohorte Euro2K va être étendue à tous les sujets traités pour un cancer solide avant l’âge de 18 ans et avant l’année 2000 en France, ce qui permettra d’étudier l’impact des chimiothérapies à fortes doses sur l’incidence de ménopause précoce.

Surveillance de la grippe par Internet : démarrage de la deuxième saison de GrippeNet.fr le 15 novembre

©Fotolia

A partir du 15 novembre 2012, les internautes résidant en France auront pour la deuxième année consécutive la possibilité de participer à la surveillance de la grippe, en se connectant sur le site Internet www.grippenet.fr. La première saison de GrippeNet.fr a réuni près de 4 500 participants, et les premières analyses soulignent l’intérêt de poursuivre cette surveillance.

Ce système de surveillance a été lancé fin janvier 2012 par l’équipe du réseau Sentinelles (unité mixte de recherche Inserm – Université Pierre et Marie Curie) et l’Institut de Veille Sanitaire.

Lors de sa première saison hivernale de fonctionnement, entre le 25 janvier et le 30 avril 2012, GrippeNet.fr a permis de collecter une grande quantité de données liées à la grippe. Près de 4 500 internautes se sont inscrits, remplissant plus de 35 000 questionnaires. Les premières analyses sont tout à fait encourageantes, et démontrent notamment que la population de GrippeNet.fr est représentative de la population française, d’un point de vue géographique, sociodémographique ou de son état de santé. Les femmes et les personnes de 50-69 ans sont plus nombreuses que les autres à participer, mais cette particularité est facilement corrigée lors des analyses. La répartition géographique des participants de GrippeNet.fr est proche de celle de la population française. Les participants proviennent des 96 départements de France métropolitaine, de 2 124 communes. 6,2% des participants habitent à Paris.

A partir de cette année, les mineurs ont la possibilité de participer eux aussi à cette surveillance, après accord parental. D’autre part, des actions de communication et de sensibilisation seront cet hiver réalisées dans des écoles primaires, collèges et lycées de Corse. 

Vous résidez en France et vous souhaitez participer à la surveillance de la grippe ?
Rendez-vous sur www.grippenet.fr ou contactez-nous à rf.teneppirg@tcatnoc

Cette étude est coordonnée par l’Inserm, l’Université Pierre et Marie Curie et l’Institut de Veille Sanitaire

Le système GrippeNet.fr permet de recueillir directement auprès de la population française des données épidémiologiques sur la grippe, grâce à Internet. Il complète les systèmes de surveillance traditionnels de la grippe, alimentés par des informations collectées dans les cabinets de médecins libéraux et les hôpitaux. Les données recueillies par GrippeNet.fr n’ont pas vocation à remplacer les informations validées par des professionnels de santé, mais apportent des informations complémentaires, notamment sur les personnes malades qui ne consultent pas de structure de santé. Ces données permettent d’entreprendre des travaux de recherche pour tenter de mieux comprendre la grippe : recherche de facteurs de risque, rôle de l’âge, impact de la vaccination, diffusion de la maladie à l’échelle européenne…

GrippeNet.fr est un projet financé par les pouvoirs publics. Ce projet s’intègre dans une vaste démarche européenne de surveillance des épidémies, et à ce titre, s’insère dans le projet européen Epiwork, financé par la commission européenne, visant à mettre en place des infrastructures de surveillance et de modélisation des épidémies en Europe. L’Espagne rejoint cette année le projet Influenzanet. Lors de l’hiver 2011-2012, dans les 10 pays dotés d’un système comparable à GrippeNet.fr, plus de 47 000 européens ont participé à cette surveillance.

Médicaments psychotropes : consommations et pharmacodépendances

Synthèse de l’expertise collective de l’Inserm

Sous le terme de médicaments psychotropes, on désigne les médicaments qui agissent sur l’état du système nerveux central en modifiant certains processus cérébraux. Il s’agit globalement des médicaments utilisés pour traiter des troubles mentaux banals ou graves et dans le cadre du traitement de la douleur.

Du fait de leurs propriétés psychoactives, les médicaments psychotropes peuvent entraîner une dépendance dans un contexte de consommation chronique ou d’abus.

Les médicaments psychotropes sont parfois consommés en dehors de tout contexte médical et peuvent faire l’objet de détournements voire de trafics au même titre que les drogues illicites.

La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) a sollicité l’Inserm pour la réalisation d’une expertise collective sur les consommations de médicaments psychotropes, les mésusages et pharmacodépendances associés afin de bénéficier d’un éclairage scientifique sur ces phénomènes assorti de recommandations utiles à l’amélioration des dispositifs réglementaires, de prévention et de soin existant en France.

©M.Depardieu/Inserm

Pour répondre à cette demande, l’Inserm a réuni un groupe pluridisciplinaire de 11 experts dans les champs de l’épidémiologie, la pharmacovigilance, la santé publique, la sociologie, l’anthropologie, la toxicologie, la psychiatrie, la neurobiologie qui ont analysé plus de 1100 publications scientifiques internationales permettant de dresser les principaux constats sur la situation française dans ce domaine.

Vous trouverez dans ce dossier de presse les chiffres sur la consommation des médicaments psychotropes en France, le positionnement de la France par rapport à ses voisins européens et les principales recommandations du groupe d’experts.

Principales classes de médicaments psychotropes

Classe de médicaments psychotropesFamille (exemples)Molécule (exemples)
Anxiolytiques ou tranquillisantsBenzodiazépinesDiazépam, bromazépam
 AntihistaminiquesHydroxyzine
 CarbamatesMéprobamate
Hypnotiques ou somnifèresBenzodiazépinesFlunitrazépam, nitrazépam
 Apparentés des benzodiazépinesZolpidem, zopiclone
Neuroleptiques ou antipsychotiquesNeuroleptiques typiquesChlorpromazine, halopéridol
 Neuroleptiques atypiquesOlanzapine, rispéridone
AntidépresseursInhibiteurs de la recapture de la sérotonineFluoxétine
 Inhibiteurs de la recapture de la noradrénalineTrimipramine, miansérine
 Inhibiteurs du catabolisme de la sérotonine (IMAO)Moclobémide
Thymorégulateurs Carbonate de lithium
PsychostimulantsSympathomimétiquesMéthylphénidate
Analgésiques opiacésAlcaloïdes de l’opiumSulfate de morphine
Médicaments de substitution aux opiacésMorphinomimétiquesBuprénorphine haut dosage (BHD), méthadone

Qu’est-ce que l’expertise collective de l’Inserm ?

L’expertise collective est une mission de l’Inserm depuis 1994. Plus de soixante dix expertises collectives ont été réalisées dans de nombreux domaines de la santé. L’Expertise collective Inserm apporte un éclairage scientifique sur un sujet donné dans le domaine de la santé à partir de l’analyse critique et de la synthèse de la littérature scientifique internationale. Elle est réalisée à la demande d’institutions souhaitant disposer des données récentes issues de la recherche, utiles à leurs processus décisionnels en matière de politique publique. L’expertise doit être considérée comme une étape initiale nécessaire pour aboutir, à terme, aux prises de décision. Pour répondre à la question posée, l’Inserm réunit un groupe pluridisciplinaire d’experts reconnus composé de scientifiques et de médecins. Ces experts rassemblent, analysent les publications scientifiques et en font une synthèse. Des «lignes forces» sont dégagées et des recommandations parfois élaborées. Les conclusions apportées par les travaux d’expertise collective contribuent au débat des professionnels concernés et au débat de société.

fermer