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Diarrhée aiguë et grippe : activité modérée à forte en France

©Adobe Stock/Helga1981

Le réseau Sentinelles, système de surveillance collaboratif développé par l’Inserm et l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC), est composé de 1300 médecins généralistes et une centaine de pédiatres libéraux, répartis en France métropolitaine. Le réseau est coordonné par l’équipe « Surveillance et Modélisation des maladies transmissibles » de l’Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique (iPLESP) de l’Inserm et de l’UPMC, en collaboration avec l’agence nationale de Santé publique (ANRS) et Santé publique France. Les données sont envoyées en temps réel, basés sur 9 indicateurs santé. L’analyse de ces données permet alors d’estimer le taux d’incidence hebdomadaire de chaque indicateur et de suivre leur évolution sur le territoire.

D’après le bulletin hebdomadaire du réseau Sentinelle du 13 décembre 2017, le taux d’incidence des cas de diarrhée aiguë est au-dessus du seuil épidémique (188 cas pour 100 000 habitants). D’après le réseau Sentinelles, il est encore prématuré de parler d’épidémie à proprement parler et le niveau d’activité des diarrhées aigües devrait rester stables dans les semaines à venir.

Le réseau Sentinelles précise que les taux d’incidence de diarrhée aiguë les plus élevés ont été observés en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, dans le Pays de la Loire, et en Hauts-de-France.

De l’autre côté, les syndromes grippaux qui jusqu’à présent étaient bien en dessous du seuil épidémique, sont passés de 19 cas, à 98 cas pour 100 00 habitants. Les taux d’incidences les plus élevés ont été observés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Bretagne et en Centre-Val de Loire. Le réseau Sentinelles qui a dorénavant intégré un nouvel outil de détection des épidémies grippales développé avec Santé publique France, précise que l’activité grippale est en nette augmentation en France métropolitaine.

10 principes pour lutter contre le changement climatique

Photo by Aaron Burden on Unsplash

Depuis la COP 22, la santé a été mise au centre des discussions. C’est dans ce contexte, et à la veille du One planet Summit organisé à Paris demain, que 10 principes pour protéger la santé respiratoire du changement climatique ont été proposés par un groupe de travail ad hoc du Comité Environnement et Santé de la Société Respiratoire Européenne. Ils viennent d’être publiés dans European respiratory journal : https://erj.ersjournals.com/content/50/6/1701912

Isabella Annesi-Maesano, Directrice de recherche Inserm est co-auteur de cet article.

 

  1. Le changement climatique est réel. Le premier principe réaffirme que le changement climatique et le réchauffement global sont réels[i], ce qui est préalable à toute action de défense contre le changement climatique.
  2. La santé et l’environnement sont inextricablement liés au changement climatique. En dépit de cela, l’action politique et les investissements actuellement en cours ne sont pas encore suffisants pour relever ces défis à l’échelle mondiale.
  3. Le changement climatique a un effet direct sur la santé respiratoire. Le froid, la hausse des températures, l’humidité, les variations de la pression atmosphérique, les orages, les inondations… représentent une menace massive pour la santé respiratoire[ii].
  4. Le changement climatique a aussi un effet indirect sur la santé respiratoire. Le changement climatique peut déclencher aussi une exposition accrue à d’autres facteurs de risque des maladies respiratoires, par exemple la pollution atmosphérique, les pollens, les agents infectieux… et donc accélérer leur développement et leur aggravation[iii] [iv].
  5. Peu de données sont disponibles. Pourtant mieux connaître ces phénomènes permettrait de faire des simulations de risque et de mieux organiser la prévention.   
  6. L’impact sur la santé n’est pas égal pour tous. Il y a des populations qui sont plus à risque car plus vulnérables. Par ex. 30% de la population mondiale est menacée par des «pics de chaleur mortels». L’impact est ressenti encore plus intensément par ceux qui souffrent de maladies respiratoires ou qui sont prédisposés à celles-ci. [v]
  7. Le défi est de changer. Les émissions anthropiques de gaz à effet de serre responsables du réchauffement global et du changement climatique sont principalement attribuables à l’homme (taille de la population, activités économiques, style de vie, consommation d’énergie, modes d’utilisation du sol). Combattre le changement climatique nécessite une combinaison de mesures d’atténuation – pour s’attaquer aux causes – et d’adaptation pour traiter l’impact.
  8. Atténuation (Mitigation). On peut contribuer à l’atténuation du changement climatique en réduisant de façon drastique les concentrations de gaz à effet de serre (GES) ou au pire en stabilisant celles-ci dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Cela est obtenu par les activités réduisant les émissions des GES et des polluants (cela comprend l’action sur les polluants atmosphériques à courte durée de vie afin de réduire les effets de serre à court terme et impliquant la protection et l’amélioration des puits et réservoirs des GES (ex. forêts et sols).
  9. Des plans d’action locaux peuvent être envisagés sur la protection de la santé en cas de canicule ou froid excessif, le déploiement de services médicaux d’urgence spécialisés, l’amélioration de la surveillance et du contrôle des maladies sensibles au climat, l’assainissement de l’eau potable. Il ne faudra plus accepter le principe du « pollueur-payeur », alors que des alternatives moins nocives sont une option.
  10. Il faut agir maintenant. Et cela doit être fait par les gouvernements et les nations. En Europe, il faut (parmi d’autres) :
    • investir dans les carburants et les technologies verts
    • prendre des mesures politiques pour réduire les émissions de diesel
    • adopter et appliquer les normes de l’OMS sur la qualité de l’air en tant que limites de l’UE.
    • mener à bien les procédures d’infraction à l’encontre de ceux qui enfreignent la législation de l’UE

Conclusion

Il est du devoir des professionnels de santé de contribuer à la mise en application de ces principes.

[i] . Le changement climatique est en cours[i]. Le réchauffement de la température moyenne mondiale est très net. L’écart par rapport à la moyenne de la période de référence 1961-1990 est presque systématiquement positif depuis le début des années 1980. La décennie 2001-2010 a été plus chaude de 0,21°C que la décennie 1991-2000 et se situe 0,48°C au-dessus de la moyenne 1961- 1990. 2016 a été l’année la plus chaude (de 1.2° Celsius) sur la planète depuis le début des relevés de températures en 1880, marquant le troisième record annuel consécutif de chaleur d’après l’Agence Américaine Océanique et Atmosphérique (NOAA). La température à la surface des terres et des océans a été 0,94 ºC supérieure à la moyenne du XXème siècle (qui était de 13,9 ºC), surpassant le précédent record de 2015 (+ 0,9 °C), a précisé la NOAA. La température à la surface des terres seules a été 1,43 ºC supérieure à la moyenne du XXème siècle, et à la surface des océans 0,75 ºC supérieure (soit 0,1 point de plus que le record de 2015). L’augmentation des températures ainsi que les phénomènes extrêmes qui en découlent (inondations, canicules, tempêtes…) sont dus à l’augmentation du dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre (méthane, protoxyde d’azote, perfluorocarbures) dans l’atmosphère du fait des humains

[ii] Climate change and respiratory diseases ERR 2014 23

[iii] Mendell MJ, Mirer AG, Cheung K, et al. Respiratory and allergic health effects of dampness, mold, and dampness related agents: a review of the epidemiologic evidence. Environ Health Perspect 2011; 119: 748–756.

[iv] Ayres JG, Forberg B, Annesi-Maesano I, et al. Climate change and respiratory disease: European Respiratory Society statement. Eur Respir J 2009; 34: 295–302

[v] Annesi-Maesano I.UN Climate Change Conferences: COP21 a lost opportunity for asthma and allergies and preparing for COP22. J Allergy Clin Immnol 2016;138:57-8

1er décembre 2017 : Journée mondiale de lutte contre le sida

Vendredi 1er décembre 2017 aura lieu la Journée mondiale de lutte contre le sida.

Organisée dans de nombreux pays par l’Organisme mondiale de la santé (OMS) depuis 1988, cette journée vise à informer et à sensibiliser le grand public quant aux moyens préventifs, au traitement et à la prise en charge du virus d’immunodéficience humaine (VIH) / sida.

Le sida, fléau qui affecte tout particulièrement les pays et les populations les plus démunies. En 2015, 37 millions de personnes[1] vivaient avec le VIH.

Très impliqués dans la recherche liée à ce virus, les chercheurs de l’Inserm sont tout au long de l’année mobilisés afin de trouver de nouvelles stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement.

2017 fut l’occasion notamment pour la France d’accueillir la 9ème Conférence IAS sur le sida, rassemblement biennal de l’International Aids Society, dont l’Inserm était partenaire.


[1] Source : OMS

Mardi 14 novembre : journée mondiale du diabète

©Fotolia

Le diabète est une maladie causée par un excès permanent de sucre dans le sang qu’on appelle l’hyperglycémie. On distingue deux types de diabète :

  • le diabète de type 1 est une maladie auto-immune caractérisée par la production insuffisante d’insuline.
  • le diabète de type 2 quant à lui, est le résultat d’une mauvaise utilisation de l’insuline par l’organisme.

Chaque année à la même date et ce depuis 1991, la Journée mondiale du diabète est l’occasion de mobiliser le grand public en faisant découvrir cette maladie, mais aussi et surtout les moyens mis en place pour sa prise en charge.

Près de la moitié des décès dus à l’hyperglycémie surviennent avant l’âge de 70 ans. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) prévoit qu’en 2030, le diabète sera la 7e cause de décès dans le monde[1].

En 2016, nous mettions en avant les travaux d’Éric Renard, responsable de l’équipe « Déterminants et correction de la perte de sécrétion d’insuline dans le diabète » de l’Unité Inserm 1191 Institut de génomique fonctionnelle (lire le C’est dans l’air). Il travaillait alors sur le développement d’un pancréas artificiel utilisable au quotidien par les patients diabétiques de type 1. L’appareil est composé de 3 parties : un capteur de glucose externe situé au niveau de l’abdomen, une pompe administrant l’insuline, le tout relié par Bluetooth à un smartphone qui recueille les mesures de glucose et transmet l’information à la pompe qui délivre alors la bonne dose d’insuline.                                                           

Réalisés fin 2016 / début 2017, des essais chez une trentaine de patients avaient démontré la faisabilité d’une utilisation de ce pancréas artificiel pendant 6 mois. A la même période, de nouveaux dispositifs ont été mis à disposition dans trois centres européens (Montpellier, Padoue et Amsterdam) dont un capteur continu du glucose implantable dans le bras des patients pendant 6 mois. Ce nouveau système, semblable à un implant contraceptif, pourrait remplacer le système actuel externe qui doit être changé tous les 7 à 10 jours.

Depuis un an, l’équipe d’Éric Renard s’attèle à améliorer son système de pancréas artificiel et a ainsi retardé de quelques mois le lancement de leur étude sur 6 mois afin de travailler avec le nouveau capteur de glucose implantable. Cette nouvelle étude, promue par les NIH, prendra forme durant le premier trimestre de 2018 dans les trois centres européens et se fera sur plus de 70 participants.


[1] Source : OMS

29 octobre 2017: journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC)

Un Accident Vasculaire Cérébral résulte de l’interruption de la circulation sanguine dans le cerveau. Ainsi privées d’oxygène et des éléments nutritifs essentiels à leurs fonctions, les cellules nerveuses meurent, entrainant des dommages irréversibles (difficulté à parler ou à écrire, problème de mémoire, paralysie plus ou moins importante du corps), voire une mort subite.

La Journée mondiale de l’Accident Vasculaire Cérébral, organisée chaque année le 29 octobre, permet de sensibiliser le grand public à l’importance de la prise en charge immédiate des victimes dès les premiers symptômes (confusion mentale, problèmes d’élocution, trouble de la compréhension, vertiges,…).

Consultez nos dernières actualités sur le sujet :

Le principal composant du sirop contre la toux efficace en cas d’AVC

L’accident vasculaire cérébral, une (autre) inégalité homme-femme ?

Vendredi 20 octobre, journée mondiale de l’ostéoporose

©Fotolia

L’ostéoporose est encore à l’heure actuelle, une maladie méconnue et souvent peu diagnostiquée. On estime que 39% des femmes autour de 65 ans souffrent d’ostéoporose et jusqu’à 70% pour celles âgées de 80 ans et plus.

Touchant le squelette, elle est caractérisée par une diminution de la masse de l’os et une détérioration de la structure interne du tissu osseux, qui augmentent considérablement le risque de fractures.

Chaque année en France, plus de 130 000 femmes sont victimes de fractures, bien souvent parce qu’elles ignorent qu’elles souffrent d’ostéoporose. Ainsi, seules 20% d’entre elles sont orientées vers un dépistage, puis prises en charge.

Si l’ostéoporose liée à l’âge touche plus fréquemment les femmes à cause de la ménopause, il ne s’agit pas pour autant d’une maladie exclusivement féminine. En effet, un quart de l’ensemble des fractures liées à une fragilité osseuse surviennent chez les hommes.

Retrouvez nos communiqués en ligne :

https://presse.inserm.fr/osteoporose-comment-preserver-lequilibre-entre-formation-et-destruction-de-los/17727/

https://presse.inserm.fr/quand-la-serotonine-tombe-sur-un-os/2500/

Retrouvez notre dossier en ligne :

https://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/osteoporose

Ostéoporose : Stratégies de prévention et de traitement

https://www.ipubli.inserm.fr/handle/10608/16

Mardi 10 octobre 2017 : journée nationale des DYS (dyslexie, dysphasie, dysorthographie…)

©Inserm

Mardi 10 octobre 2017 aura lieu la 11ème édition de la journée mondiale des DYS. Créée par la Fédération Française des DYS, elle mobilise les parents membres des associations, mais aussi les professionnels partout en France. Aujourd’hui mieux connus du grand public, les troubles DYS touchent près de 6 millions de personnes en France [1]. Chaque année, une manifestation a lieu à Paris et rassemble près de 10 000 personnes. 

Les troubles de l’apprentissage, également appelés DYS, regroupent principalement 5 troubles : la dyslexie, la dyspraxie, la dyscalculie, la dysphasie, et enfin les troubles de l’attention. La dyslexie, la dyspraxie et la dysphasie restent les troubles les plus récurrents. Si ces dysfonctionnements sont durables, des solutions sont tout de même envisagées pour améliorer et/ou compenser les fonctions déficientes.

  • La dyslexie

La dyslexie est une mauvaise association des graphèmes (caractères écrits) et des phonèmes (sons). Il s’agit également d’une incapacité à saisir rapidement un mot dans sa globalité, ce qui implique que la personne déchiffre lentement les mots, et fasse des fautes. Pour cette raison, la dyslexie est très souvent confondue avec la dysorthographie.

En 2015, l’Inserm mettait en avant la solution d’une équipe Inserm, qui proposait la correction de la dyslexie à l’aide de la musique. Le traitement de la musique et du langage s’effectuant dans une même partie du cerveau, un rapport a pu être établi.
En apprendre plus : retrouvez notre dossier « Corriger la dyslexie en rythme »

Une des causes de la dyslexie, pourrait être le trouble de l’attention visuelle. C’est sur cette hypothèse, partiellement confirmée, que s’est penchée une équipe de chercheurs de l’Inserm. 
En apprendre plus : retrouvez notre dossier « La dyslexie pourrait être liée à un problème d’attention »

Retrouvez notre communiqué « Une seule anomalie à l’origine des trois manifestations principales de la dyslexie »

  • La dyspraxie

La dyspraxie correspond à une difficulté de programmer, planifier, et coordonner des gestes complexes. Ces troubles empêchent les personnes atteintes de dyspraxie d’automatiser un grand nombre de gestes volontaires comme l’écriture, et provoquent donc une dysgraphie.

Caroline Huron, chercheuse dans l’Unité Inserm 992 Neuroimagerie cognitive, est également la présidente de l’association Cartable Fantastique, fondée en 2010. L’association croise les expertises de chercheurs en sciences cognitives et d’enseignants pour faciliter la scolarité des enfants touchés par la dyspraxie. Ainsi, dans le cadre d’un partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale, une banque d’exercices d’étude de la langue, Les Fantastiques Exercices, destinée aux élèves de cycles 2 et 3 a été mise à la disposition de tous. Ces exercices sont créés sous format numérique pour répondre aux besoins particuliers des élèves dyspraxiques puis adaptés sur papier pour les autres élèves de la classe afin que tous puissent faire le même exercice au même moment.  

  • La dysphasie

La dysphasie représente un trouble du développement du langage oral, c’est-à-dire une difficulté à s’exprimer oralement (paroles indistinctes, troubles de la syntaxe, paroles mal construites …). Une dyslexie apparait très souvent suite à ce trouble.

Pour plus d’informations : retrouvez notre dossier « Troubles des apprentissages : les troubles « dys » »


[1] Source : www.ffdys.com

Prix Nobel de médecine 2017

Le Prix Nobel de médecine 2017 a été décerné, ce lundi 02 octobre, à trois Américains, Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young pour leurs travaux sur le contrôle des rythmes circadiens.

A l’Inserm,  des chercheurs étudient ce domaine :

Claude Gronfier, chercheur Inserm et chronobiologiste, Institut Cellule Souche et Cerveau de Lyon
Howard Cooper, directeur de recherche, Institut Cellule Souche et Cerveau de Lyon
Joëlle Adrien, directrice de recherche à l’Inserm, Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière à Paris
Franck Delaunay, chercheur Inserm, Institut Valroze

Communiqués de presse  :

Environnement de travail de faible luminosité, remettre à l’heure son horloge biologique, c’est possible !

Hommes et femmes : à chacun son horloge…

 

Pour aller plus loin :

  • Dossier d’information « Chronobiologie, les 24 heures chrono de l’organisme »
  • POM Bio à croquer – Lumière et rythmes – Les chercheurs commencent à découvrir l’impact sur notre santé de la lumière bleue des led, écrans d’ordinateur, téléphones portables. Celle-ci intervient sur une zone précise du cerveau chargée de réguler nos rythmes biologiques, c’est ce qu’explique Claude Gronfier, chronobiologiste au laboratoire U846 « Institut cellule souche et cerveau ».
  •  

  • POM Bio à croquer – Sommeil et métabolisme – Le sommeil ne sert pas qu’à se reposer. Il est indispensable au bon fonctionnement des systèmes immunitaire, hormonal, cardiovasculaire… Les adolescents présentent souvent une dette de sommeil importante. Quels effets sur leur santé ? Explications avec Claude Gronfier, chronobiologiste au laboratoire U846 « Institut cellule souche et cerveau ».

Jeudi 21 septembre 2017 : Journée Mondiale de la maladie d’Alzheimer


©OMS

Initiée par l’association France Alzheimer, la 24ème édition de la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer se tiendra jeudi 21 septembre prochain. A cette occasion, le Village Alzheimer sera mis en place pour sa 5ème édition à Paris (Place de la Bataille-de-Stalingrad), du 21 au 24 septembre 2017. Aujourd’hui, ce sont 900 000 personnes qui sont touchées par la maladie d’Alzheimer, ou une autre maladie apparentée. En 2020, on prévoit 1,275 million de personnes souffrant de cette maladie[1].

Dans le livre « Alzheimer : fatalité ou espoir ? » de la collection Choc Santé, fruit d’un partenariat entre l’Inserm et le Muscadier, Francis Eustache fait un point sur les avancées d’hier à aujourd’hui. Ce dernier explique notamment qu’il existe deux formes distinctes de maladies d’Alzheimer :

  • la forme familiale héréditaire (les premiers symptômes apparaissent au même âge de génération en génération, souvent vers l’âge de 60 ans).
  • la forme sporadique (qui constitue la majorité des cas, et survient la plupart du temps vers l’âge de 85 ans).

A partir de 85 ans, 1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 sont touchés. Dès l’âge de 65 ans, le risque de développer la maladie d’Alzheimer double tous les 5 ans[2].

©OMS

Malgré tout, il ne faut pas assimiler la maladie d’Alzheimer au vieillissement. Aujourd’hui, de nombreuses unités Inserm travaillent sur le sujet, à la recherche de messages d’espoir à véhiculer aux malades.

Parmi les récents travaux, on retrouve l’immunothérapie pour traiter la maladie. Dans une publication parue dans la revue Brain, Nathalie Catier, directrice de recherche Inserm, explique que l’immunothérapie qui a montré son intérêt dans les cas de cancer ou de maladies auto-immunes, a également un intérêt majeur dans les maladies neurodégénératives.

La prise en charge personnalisée a un effet bénéfique sur les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Sorte de réhabilitation cognitive et sociale, cette dernière permet de ralentir la perte d’autonomie, et de réduire les troubles du comportement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. C’est ce qu’une étude de Clément Pimouguet, chercheur Inserm de l’unité 1219 « Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement », a démontré.

La vitamine D pourrait être une piste contre la maladie d’Alzheimer. D’après les travaux de Catherine Féart et Cécilia Samieri, publiés dans Alzheimer’s & Dementia, une carence en vitamine D multiplie les risques par 2 de développer une démence, et par 3 les risques de développer la maladie d’Alzheimer. 

Malgré tout, attention aux idées reçues sur la maladie d’Alzheimer. Dans une publication du 22 juin 2017, Séverine Sabia explique l’activité physique ne protège pas de la survenue d’une démence. En effet, si un allongement de la durée de vie s’explique par l’amélioration de la qualité de vie, vivre plus longtemps entraîne également de fortes probabilités de développer une démence. Aussi, si de nombreuses études suggéraient jusqu’à récemment que l’activité physique pouvait être un facteur neuroprotecteur, l’équipe Inserm du Centre de Recherche en Epidémiologie et Santé Publique (CESP) démontre à travers leur étude que la pratique conseillée de 2h30 d’activités par jour n’a pas empêché le déclin des fonctions cognitives de certains patients, à l’instar des personnes atteintes de démence qui ne faisaient pas de sport.

Neurones présentant une accumulation de Tau agrégés chez la souris. ©David Blum

David Blum, directeur de recherche dans l’unité 1172 (Centre de recherche Jean Pierre Aubert), travaille sur l’impact que peut avoir l’environnement sur la maladie d’Alzheimer, en s’intéressant de près à la protéine tau. David Blum et son groupe s’intéressent particulièrement aux effets de la caféine. Plus généralement, l’équipe « Alzheimer et Tauopathies » à laquelle il appartient, qui est dirigée par Luc Buée, travaille sur le rôle physiologique de la protéine Tau et sur l’impact de sa dysfonction dans le cerveau. En effet, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, cette protéine Tau n’est pas normale, et la propagation de ses formes pathologiques engendre des troubles de la mémoire.  

 


[1] Chiffres de l’association France Alzheimer

[2] « Alzheimer : fatalité ou espoir ? » , collection Choc Santé, Le Muscadier

Dimanche 10 septembre, journée mondiale de la prévention du suicide

©Fotolia 

Le suicide est à l’origine de plus de 800 000 décès dans le monde chaque année selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, soit un mort toutes les 40 secondes. Il concerne toutes les catégories d’âges et n’épargne aucune région du monde[1]. En France, 220 000 tentatives de suicide sont prises en charge par les urgences chaque année[2], et 10 500 personnes se donnent la mort.

 

Plusieurs facteurs à risque augmenteraient les envies suicidaires. Parmi eux les problèmes d’alcool, de drogue, d’identité sexuelle, de forte impulsivité, d’isolement social, d’âge avancé … La dépression représente quant à elle 70% des causes du passage à l’acte. Antoine Pelissolo, chercheur Inserm dans l’Unité 955 « Institut Mondor de recherche biomédicale » (IMRB), a d’ailleurs essayé de comprendre ce lien entre dépression et suicide dans son livre Dépression : s’enfermer ou s’enfuir paru dans les éditions Le muscadier en 2015.

© OMS

Chez les 15-29 ans, le suicide représente la deuxième cause de mortalité. Une grande enquête, coordonnée par l’Unité Inserm 1178 « Santé mentale et santé publique » et le pôle Universitaire de la Fondation Vallée, menée en 2013 auprès de 15 235 jeunes scolarisés, âgés de 13 à 18 ans, montre de surcroît que les tentatives de suicide semblent être plus fréquentes qu’auparavant : 7,8% des jeunes en ont déjà effectué une, et 3,7% plus d’une. Des chiffres alarmants qui soulignent la nécessité d’œuvrer à la prévention des comportements suicidaires.

Retrouvez le communiqué « Le nouveau visage de nos adolescents »

 

Catherine Jousselme, chercheuse Inserm au sein de l’Unité « Santé mentale et santé publique », explique qu’avec les réseaux sociaux, le meilleur comme le pire peut arriver : bien qu’ils permettent de s’exprimer, ils provoquent également l’isolement. Quand l’adolescent se sent mal, exister et être important sont des choses qui l’aident à aller mieux. La mise en scène du suicide sur les réseaux sociaux lui donne l’impression de « mourir en héros ».  Aujourd’hui certains moyens sont mis en place pour prévenir le suicide (censure des réseaux sociaux, dénonciation des contenus, présence des services de prévention sur les réseaux sociaux…), mais éduquer les jeunes en leur enseignant les bons gestes à adopter reste le meilleur moyen de lutter contre ce fléau.

Pour plus d’informations sur l’adolescence et le suicide, consultez le livre Ados & Suicide : en parler et se parler de la collection Choc Santé de l’Inserm et de Le Muscadier.

 

Le chômage peut lui aussi être la cause d’un suicide. C’est ce qu’explique une étude datant du 8 janvier 2015, menée par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm (CépiDc) et l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pour avoir plus de données de mortalité par suicide en France, vous pouvez contacter Grégoire Rey, directeur du CépiDc-Inserm.

 

Dans le cadre de la prévention du suicide, l’Unité mixte de recherche 1123 –Epidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (ECEVE) a développé l’application STOPBLUES, un programme de recherche interventionnelle et évaluative. Cette dernière permet à son utilisateur d’avoir accès à des informations (vidéos de professionnels, de malades ou de proches), ou encore de remplir des questionnaires d’auto-évaluation de façon anonyme. Un mapping permet également de trouver à proximité des médecins, des centres médicaux psychologiques ou encore des associations. En somme, il s’agit d’une sorte de compagnon virtuel, chargé d’accompagner, de renseigner et de rassurer les utilisateurs en souffrance. Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Karine Chevreul, directrice adjointe de l’ECEVE ou Kathleen Turmaine, chercheuse Inserm et cheffe du projet STOPBLUES. L’application sera disponible dès novembre 2017, un site internet sera également mis en ligne.

© STOPBLUES

Les évolutions sociétales soulignent la nécessité d’œuvrer à la prévention des comportements suicidaires. Les chercheurs Inserm travaillent dans ce sens, et restent à votre écoute. 


[1] Pour obtenir plus d’informations, consultez le dossier Inserm sur la thématique

[2] « Dépression : s’enfermer ou s’en sortir », Antoine Pelissolo, Le muscadier 2015.

Quand les neurosciences prêtent attention au milieu scolaire

©Fotolia

Jean-Philippe Lachaux, chercheur Inserm, a lancé en 2014 le programme ATOL (Attentif à l’écOLe), qui a pour but d’utiliser les apports des neurosciences pour favoriser l’attention en milieu scolaire. 1 000 enfants issus de 40 classes allant du CP à la 5ème, ont déjà bénéficié de ce programme, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR).

 

A l’origine d’ATOL, un postulat : tous les élèves peuvent évoluer vers une meilleure maîtrise de leur attention, avec des bénéfices durables jusqu’à l’âge adulte et la vie professionnelle. Ainsi, le projet vise développer les capacités attentionnelles des 6/18 ans à travers un programme qui comprend 3 axes, développé sous forme d’ateliers adaptés à chaque niveau scolaire :

– faire comprendre le mécanisme biologique de l’attention

– apprendre à déceler les situations de conflits attentionnels

– développer son sens de l’équilibre attentionnel

 

Le projet ATOL a pour objectif de placer les capacités attentionnelles au centre de la scolarité afin d’améliorer l’apprentissage, et la future vie d’adulte des enfants concernés. Aujourd’hui, des partenariats sont envisagés avec plusieurs écoles, collèges et lycées.

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