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Virus Ebola : Fiche détaillée de l’essai clinique lancé en Guinée

En Guinée, l’épidémie d’infection par Ebola est toujours en phase active presque un an après son début. Parallèlement aux mesures de surveillance, de contrôle et de prise en charge, l’étude de thérapeutiques innovantes pour réduire la mortalité est indispensable. Parmi les médicaments potentiellement utiles se trouve le favipiravir (T705), un antiviral déjà testé (et bien toléré) chez l’humain adulte contre le virus de la grippe. Celui-ci n’a (pas plus que les autres traitements envisageables) jamais été testé chez l’homme pour traiter la fièvre hémorragique Ebola, mais a démontré son efficacité in vitro et chez la souris.

L’essai clinique pilote porté par l’Inserm vise à tester l’efficacité du favipiravir pour réduire la mortalité chez les personnes infectées par le virus Ebola en Guinée. Il a débuté le 23 décembre à Gueckedou.


        ●  En quoi consiste cet essai clinique ?

L’essai mené par l’Inserm est un essai de phase IIb multicentrique ouvert et non randomisé. Tous les patients recevront la molécule pendant 10 jours. La molécule favipiravir, qui se présente sous la forme d’un comprimé sécable de 200 mg (le comprimé peut être pilé et dissous dans une boisson), sera administrée selon la posologie suivante :
– Adultes : J0 : 2400 mg à H0, 2400 mg à H8 et 1200 mg à H16, puis 1200 mg deux fois par jour pendant 9 jours ;
– Enfants : doses adaptées aux poids.

Le détail de cette posologie a fait l’objet d’une communication dans la revue The Lancet Infectious Diseases.

        ●  A qui s’adresse-t-il ?

Tous les patients entrant dans ces différents centres au moment de l’essai pourront s’ils le souhaitent prendre la molécule favipiravir. L’analyse principale de l’essai portera sur les patients qui prendront le traitement en début de maladie (moins de 48h depuis le début des symptômes), l’hypothèse étant que la molécule est d’autant plus active qu’elle sera administrée précocement. Cependant, toutes les personnes capables d’avaler le médicament se verront proposer le traitement, quelle que soit la durée des signes à leur arrivée.

Avant leur inclusion dans l’essai, chacun des participants donnera son consentement. Celui-ci traduira le fait qu’ils ont bien compris cette démarche clinique. L’explication préalable à ce consentement sera délivrée dans la langue appropriée, par des professionnels du conseil psycho-social.

Puisque les symptômes sont peu spécifiques (fièvres, diarrhée, vomissement), les chercheurs réaliseront une PCR (test s’appuyant sur une méthode d’amplification génique) qui devra être positive à Ebola virus avant que le traitement soit proposé.

Pour que les résultats soient interprétables, les chercheurs devront inclure 60 personnes avec ces critères, ce qui pourrait conduire à traiter en tout plusieurs centaines de personnes toutes durées de symptômes confondues. Des analyses intermédiaires seront faites tous les 20 patients traités pour « sonder » la sécurité et l’efficacité du traitement et décider de la pertinence de la poursuite de l’essai à l’identique ou avec des adaptations.

        ●  Où cet essai aura-t-il lieu ?


L’essai aura lieu dans trois Centres de Traitement du virus Ebola (CTE) en Guinée :
Gueckedou (géré par MSF),
Macenta (géré par la Croix Rouge Française),
Nzéréckoré (géré par l’association Alima).

        ●  L’équipe

L’équipe menant l’essai clinique est basée à Guekedou au sein du centre de soin Ebola mis en place par Médecins Sans Frontières (MSF). Elle devrait comprendre une 30aines de personnes au total dont des chercheurs, des personnels soignants et des anthropologues. La coordination sera assurée par des chercheurs français de l’Inserm, et des chercheurs guinéens du Centre de Formation et de Recherche en Santé Rurale, sous l’autorité de la Coordination Nationale de riposte à Ebola en Guinée.

Les relations avec la communauté seront une préoccupation centrale des chercheurs, dans un contexte épidémique fort et de crise sanitaire majeure, auquel s’ajoute un climat de méfiance légitime des populations envers les interventions venues de l’extérieur. Un comité de suivi communautaire de l’essai sera mis en place avant le démarrage de l’étude.

Investigateur coordonnateur : Pr Denis Malvy et Dr Sakoba Keita
Responsables scientifiques : Dr Xavier Anglaret et Pr France Mentré

        ●  Calendrier prévisionnel

Période d’inclusion prévue du 15 décembre 2014 au 15 mars 2015.
Durée de la participation de chaque participant : 30 jours
Durée totale prévue du protocole : 4 mois
Durée totale de la recherche : 8 mois
Les 1ers résultats seront communiqués au mieux en mars 2015.

        ●  Financements

La commission européenne finance cet essai à hauteur de 700 k€ d’euros.

Questions fréquentes :

Pourquoi ne pas administrer la molécule vs un placebo ?
Pour une maladie à très fort risque de mortalité, le signal qu’un traitement est efficace peut être jugé convainquant sur la constatation d’une mortalité plus faible qu’attendue, sans avoir besoin de recourir à un essai comparatif contre placebo. Les principes du plan expérimental de cet essai sont ceux retenus pour tous les autres essais qui se mettent en place.

Peut-il y avoir des effets secondaires au traitement et comment les surveiller ?
Le favipiravir a été bien toléré dans les essais contre la grippe. La dose utilisée contre Ebola étant plus élevée, les effets secondaires seront cependant particulièrement surveillés, même si on ne s’attend à priori pas à des problèmes de toxicité.

Et si les résultats n’étaient pas probants ?
En fonction des 1ers résultats intermédiaires, l’essai pourra être interrompu pour passer à une autre molécule, poursuivi seul, ou associé à d’autres antiviraux ou d’autres interventions.

Quels sont les termes du contrat avec la firme japonaise qui commercialise le favipiravir ?
Les termes de ce contrat sont confidentiels, mais la filiale privée de l’Inserm Inserm-transfert est garante des intérêts de l’Inserm et des populations.

Quelles sont les questions éthiques soulevées par cet essai ?
Cet essai est réalisé dans des conditions particulièrement difficiles, mais le souci de l’éthique impose de se confronter à ces conditions pour avancer, plutôt que de ne rien faire. Les populations victimes d’Ebola ont le droit comme toute population de ce que des pistes thérapeutiques prometteuses soient explorées avec des méthodes rigoureuses.

 

Lundi 1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida

Le virus de l’immunodéficience humaine, appelé VIH, est une maladie sexuellement transmissible ciblant le système immunitaire et affaiblissant les systèmes de surveillance et de défense de l’organisme contre les infections et certains types de cancer (source : Organisation mondiale de la santé). Le sida est l’abréviation de syndrome d’immunodéficience acquise, le stade le plus avancé de l’infection au VIH. Avec plus de 36 millions de morts dans le monde à ce jour, ce virus représente un problème majeur de santé publique.

En 2014, en France, 30 000 personnes seraient porteuses du virus du sida sans le savoir

Organisée chaque année depuis 1988, la Journée mondiale de lutte contre le sida vise à informer et à sensibiliser le grand public quant aux moyens préventifs, au traitement et à la prise en charge du VIH/sida.

Très impliqués dans la recherche liée à ce virus, les chercheurs sont tout au long de l’année mobilisés afin de trouver de nouvelles stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement.

Pour en savoir plus sur les dernières actualités Inserm/ANRS sur cette thématique :

L’initiation d’un traitement de méthadone par les médecins généralistes s’avère efficace – Novembre 2014

Les cellules dendritiques, cellules clés pour la mise en place d’une nouvelle stratégie vaccinale – Octobre 2014

Comprendre l’immunité innée maternelle pour réduire la transmission du VIH-1 au niveau des muqueuses – Octobre 2014

Retrouvez toutes les informations sur le programme Ipergay, un essai démontrant l’efficacité d’un traitement préventif (un antirétroviral) contre l’infection par le VIH/sida lorsqu’il est pris au moment des rapports sexuels, sur le site dédié.

Ebola : Médecins sans frontières s’engage aux cotés de l’Inserm

En l’absence de traitement spécifique  contre la maladie à virus Ebola, Médecins Sans Frontières (MSF) vient d’annoncer que trois de ses centres de traitement Ebola en Afrique de l’Ouest  vont accueillir des essais cliniques. Ces études distinctes seront menées par trois différents partenaires de recherche dont l’Inserm, et visent à identifier rapidement un traitement efficace contre ce virus qui a d’ores et déjà causé la mort de près de 5 000 personnes depuis le début de l’épidémie dans la région.

Revoir la conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi 13 octobre à Genève

L’Institut National (français) de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) mènera une étude clinique sur l’antiviral favipiravir à Guéckédou, en Guinée. L’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT) effectuera une étude sur le traitement par plasma ou sang total convalescents dans le centre Ebola de Donka, à Conakry en Guinée. L’université d’Oxford conduira quant à elle, au nom du Consortium International des Infections Respiratoires Aiguës Sévères et Emergentes (ISARIC), une étude clinique sur l’antiviral brincidifovir dans un site qui reste encore à déterminer, et financée par le Wellcome Trust. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les autorités sanitaires des pays affectés participent à cet effort collectif.

« C’est un partenariat international sans précèdent qui représente un espoir pour les patients d’avoir accès à un véritable traitement contre cette maladie qui tue aujourd’hui entre 50% et 80% des personnes infectées, explique le Dr. Annick Antierens, qui coordonne les partenariats de recherche pour MSF. MSF étant l’un des principaux acteurs dispensant des soins médicaux aux patients infectés par le virus Ebola en Afrique de l’Ouest, nous prenons part à ces études cliniques accélérées dans le but de donner de meilleures chances de survie aux personnes touchées par l’épidémie actuelle. »

Les protocoles de ces essais sont en phase finale de développement et ont été conçus avec un objectif simple de survie à 14 jours, et avec de larges critères d’inclusion. Ces protocoles s’attelleront à perturber le moins possible les soins aux patients, à respecter les normes éthiques et de bonne pratique médicale internationales, et à faire en sorte que les données scientifiques soient solides et partagées en tant que bien commun. Les principes essentiels et les méthodologies ont été partagés avec les autorités éthiques des pays respectifs, avec l’objectif de commencer les premiers essais cliniques courant décembre 2014. Les premiers résultats pourraient être disponibles en février 2015.

Les deux médicaments, le brincidofovir et le favipiravir,  ont été sélectionnés dans la liste des traitements potentiels contre l’Ebola retenus par l’OMS, après un examen attentif des profils d’innocuité et d’efficacité, de la disponibilité des produits, et de la facilité d’administration aux patients.

« Mener des études cliniques sur des médicaments expérimentaux au cœur d’une crise humanitaire est une nouvelle expérience pour nous tous, mais nous sommes déterminés à ne pas décevoir les populations d’Afrique de l’Ouest. C’est un privilège d’être témoin de l’extraordinaire volonté de tous les partenaires dans cette initiative : tous sont sortis de leur zone de confort pour accélérer ces essais, qui sont d’une importance cruciale », a déclaré le professeur Peter Horby, investigateur principal de l’essai mené par l’ISARIC.

« Ces trois essais font partie de la première phase dans la recherche du meilleur traitement pour soigner les patients atteints par le virus Ebola, complète le professeur Denis Malvy, qui conduira la recherche menée par l’INSERM en Guinée. La coordination de ces trois comités scientifiques sera très réactive, afin que tout nouvel élément puisse être rapidement discuté et que les plans de recherche puissent être adaptés en fonction. Renforcer les liens entre nos équipes est essentiel, d’autant que si ces essais donnent des résultats positifs,  la phase suivante pourrait voir des interventions combinées. »

L’essai clinique sur le traitement par sang total ou plasma convalescents consistera à administrer du sang ou du plasma contenant des anticorps de survivants aux patients infectés. Cette approche a également été mise en avant par l’OMS.

« Le plasma convalescent de patients guéris, qui contient des anticorps contre un agent pathogène, a déjà été utilisé en toute sécurité pour d’autres maladies infectieuses, explique Johan van Griensven, coordinateur de la recherche menée par l’IMT. Nous voulons savoir s’il fonctionne pour l’Ebola, s’il est sûr et s’il serait possible d’élargir son utilisation pour réduire le nombre de décès dans l’épidémie actuelle. Une bonne communication avec les personnes ayant survécu à Ebola, et avec toute la communauté, est cruciale pour le succès de cet essai. Nous espérons que le don de sang par les survivants pour aider les malades aidera à réduire la peur et la stigmatisation auxquels les personnes guéries font face. »

Lorsque de nouveaux produits expérimentaux ou d’autres médicaments prometteurs et sûrs seront disponibles, ils seront examinés dans le but de mener de nouveaux essais dans d’autres centres de prise en charge de la maladie Ebola dans la région.

La priorité de ces trois essais sera axée sur l’engagement communautaire et le consentement éclairé des patients ou de leur représentant. Les risques que comporte l’administration d’un nouveau traitement seront expliqués clairement à chaque patient qui consentira à faire partie de l’essai. « Nous devons garder en mémoire qu’il n’existe pas de garantie que ces thérapies soient des traitements miracles, ajoute le Dr. Antierens de MSF. Mais nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour essayer les produits disponibles aujourd’hui afin d’augmenter les chances de trouver un traitement efficace contre Ebola. »

Alors que les essais cliniques sont en cours, MSF exhorte ceux qui développent ces médicaments à augmenter leur production, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de délai entre la fin des essais et l’introduction des produits dont l’efficacité et l’innocuité auront été prouvés. MSF demande aussi à ce que les fabricants de médicaments produisent des produits finis abordables et disponibles dans des quantités suffisantes pour lutter contre l’épidémie à son épicentre, en Afrique de l’Ouest. La distribution des produits devrait être dictée par les besoins des patients, quel que soit le lieu où ils vivent et la capacité des pays à payer.

Vendredi 14 novembre 2014 : Journée mondiale du diabète

Les diabètes, de type 1 ou de type 2, sont des maladies chroniques causées par une masse insuffisante de cellules bêta pancréatiques, qui produisent l’insuline, ou par une mauvaise utilisation de cette hormone par l’organisme. Cela se traduit par un taux élevé de glucose dans le sang (hyperglycémie) et peut entrainer de graves complications (infarctus, troubles de la vision, cécité, accident vasculaire,…).

Le diabète touche 347 millions de personnes dans le monde. En 2012, il a été la cause directe de 1,5 million de décès.

Initiée en 1991 par la Fédération Internationale du Diabète et l’Organisation Mondiale de la Santé, la Journée mondiale du diabète vise à informer et sensibiliser le grand public quant à sa prévention et prise en charge.

Mobilisés tout au long de l’année, les chercheurs de l’Inserm tentent par ailleurs de mieux comprendre les mécanismes impliqués pour prévenir et traiter efficacement la maladie.

Les travaux de Raphael Scharfmann, Unité Inserm 1016 « Institut Cochin », s’intéressent notamment aux mécanismes (développement, croissance, stabilité, destruction) qui régulent la masse fonctionnelle des cellules bêta humaine.

« Le développement de lignées fonctionnelles de cellules bêta humaines permet d’étudier des formes spécifiques de diabète néonatal, mais aussi de comprendre le maintien tout au long de la vie du statut différencié d’une cellule bêta humaine ainsi que les mécanismes qui induisent sa destruction », explique Raphael Scharfmann

Ces approches pourraient permettre de caractériser de nouvelles molécules permettant un fonctionnement suffisant de ces cellules tout au long de la vie.

 1 L’insuline est une hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang

Mercredi 29 octobre : Journée mondiale de l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

Communément appelé « attaque cérébrale », un Accident Vasculaire Cérébral résulte de l’interruption de la circulation sanguine dans le cerveau. Ainsi privées d’oxygène et des éléments nutritifs essentiels à leurs fonctions, les cellules nerveuses meurent, entrainant des dommages irréversibles (difficulté à parler ou à écrire, problème de mémoire, paralysie plus ou moins importante du corps), voire une mort subite.

En France, l’AVC est la première cause de handicap acquis de l’adulte, et représente près de 130 000 nouveaux cas chaque année.

La Journée mondiale de l’Accident Vasculaire Cérébral, organisée chaque année le 29 octobre, permet de sensibiliser le grand public à l’importance de la prise en charge immédiate des victimes dès les premiers symptômes (confusion mentale, problèmes d’élocution, trouble de la compréhension, vertiges,…).

Les chercheurs de l’Inserm sont par ailleurs extrêmement actifs dans ce domaine, et s’appliquent à trouver de nouvelles stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement.

Un homme paralysé opéré de la moelle épinière remarche

Un patient paralysé a pu remarcher grâce à une thérapie appliquée par des chirurgiens polonais de Wroclaw (sud-ouest). D’après l’AFP, Darek Fidyka a été opéré il y a deux ans à deux reprises en Pologne par une équipe de médecins dirigée par le Dr Pawel Tabakow, de l’université de Wrocław. Cette opération est le fruit du travail des chercheurs publié dans la revue Cell transplantation en 2013.

Un reportage de la BBC dans l’émission Panorama a été consacré à cette première (Anglais).

Pour obtenir un commentaire sur cette actualité :

Pierre François Pradat, chercheur spécialiste de la moelle épinière dans une unité Inserm, clinicien à l’hôpital Pitié-Salpétrière (AP-HP)
Unité Inserm 1146 Laboratoire d’imagerie biomédicale
rf.phpa.lsp@tadarp.siocnarf-erreip

Téléphone sur demande au service de presse : rf.mresni@esserp

Dimanche 12 octobre 2014 : Journée mondiale de l’arthrite

Organisée chaque année le 12 octobre, la Journée mondiale de l’arthrite vise à faire comprendre au grand public, aux professionnels de santé, ainsi qu’aux pouvoirs publics, l’importance du fardeau engendré par cette maladie.

Première cause de handicap après 40 ans, les maladies rhumatismales sont, pour la plupart, des affections inflammatoires chroniques. Regroupées sous le terme générique « arthrite », ces dernières touchent les articulations, mais peuvent également atteindre la colonne vertébrale, le bassin, la peau, les petits vaisseaux ou les organes vitaux.

A l’occasion de cette journée, l’Inserm et Aviesan organisent le lundi 13 octobre au Pavillon de l’Eau, à Paris, en partenariat avec la Société Française de Rhumatologie et la Fondation Arthritis Courtin, la 1ère journée des Fondations et Associations pour la Recherche sur les Rhumatismes et les Maladies Musculo-squelettiques « Bien vieillir sans rhumatismes ni maladies musculo-squelettiques« .

Retrouvez toutes les informations relatives à ce colloque sur le site dédié.

Retrouvez nos dernières actualités sur cette thématique :
Quand la sérotonine tombe sur un os – Février 2012
L’anémie des maladies chroniques élucidée – Juillet 2012

Bébés-bulle : une nouvelle thérapie génique

9 enfants atteints de déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X ont bénéficié d’une nouvelle thérapie génique. Alain Fischer, Marina Cavazzana-Calvo et Salima Hacein-Bey-Abina ainsi que leurs équipes de l’Unité Inserm 1163 et de l’AP-HP  viennent de publier ces résultats dans la revue New England Journal of Medicine.

En 1999, ces chercheurs traitaient pour la première fois par thérapie génique des enfants atteints d’une maladie les privant de défenses immunitaires. Malgré tout, certain d’entre eux avaient développé une leucémie à la suite de la thérapie. Suite au développement de vecteurs thérapeutiques plus sûrs, un nouvel essai clinique a pu démarrer en 2010.

4 ans après, les résultats obtenus et décrits dans cet article scientifique sont encourageants. 7 enfants traités par cette méthode sont aujourd’hui en bonne santé.

Les bébés-bulle
Le déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X est une maladie génétique rare caractérisée par une absence totale de cellules responsables de la défense de l’organisme contre les infections. Avant l’avènement de la thérapie génique, ces petits malades étaient contraints de vivre confinés dès la naissance dans une bulle stérile afin d’éviter toute infection. Pour ces « bébés-bulle », l’espoir de bénéficier un jour de la reconstitution de leur système immunitaire passe par une greffe de moelle osseuse issue d’un donneur familial compatible (idéalement un frère ou une soeur). Toutefois, la réussite de ces greffes est conditionnée par un certain nombre de facteurs limitants (manque de donneurs, risque de mortalité, reconstitution incomplète des défenses immunitaires, etc.)

Pour plus d’informations, retrouvez le communiqué « Les « bébés-bulle » ont 11 ans : L’efficacité de la thérapie génique est démontrée » publié en juillet 2010

Prix Nobel de chimie 2014

Le prix Nobel de chimie 2014 a été décerné aux Américains Eric Betzig et William Moerner et à l’Allemand, Stefan Hell mercredi 8 octobre « pour le développement de la microscopie à fluorescence à très haute résolution », la nanoscopie, a indiqué le jury dans son communiqué.

Les lauréats ont mis au point deux méthodes permettant d’entrer dans la dimension nanométrique de la microscopie, et de « donner ainsi accès à de nouvelles voies d’observation et d’analyse du vivant« , souligne Maïté Coppey, Directrice de recherche Inserm UMR 7592 « Institut Jacques Monod (IJM) ».

« Le fait qu‘une même molécule fluorescente puissent exister dans un état « lumineux » et dans un état « noir » et ceci de façon contrôlable soit temporellement soit spatialement par la lumière elle-même, est à la base du passage dans l’infiniment petit de l’imagerie biologique », précise Maïté Coppey

Stefan Hell, 51 ans, a découvert la microscopie dite « Stimulated emission depletion (STED) ». Eric Betzig, 54 ans, et William Moerner, 61 ans, ont, chacun de leur côté, créé la microscopie monomoléculaire (« single-molecule microscopy »).

« Le développement de ces approches est entrain de révolutionner la biologie et la médecine en permettant des descriptions quantitatives, à l’échelle nanométrique et de molécules uniques au sein de cellules vivantes et d’organismes, de la dynamique de processus moléculaires complexes. Des technologies que l’infrastructure France-bioImaging développe et met à disposition de la communauté scientifique, médicale et industrielle » indique Maïté Coppey

Des travaux utiles dans la compréhension, notamment, de maladies comme Parkinson, Alzheimer et Huntington.

Plus d’informations sur le communiqué officiel du prix Nobel (anglais)
A voir également, les schémas explicatifs de la STED microscopie, ainsi que de la single-molecule microscopy
(anglais)

Prix Nobel de médecine 2014

Le Prix Nobel de médecine 2014 a été remis à  John O’Keefe,  May-Britt and Edvard I. Moser  lundi 06 octobre 2014 pour leurs travaux sur un système de positionnement mis en place par des cellules dans le cerveau permettant la représentation de l’espace.

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© David Bishop / UCL, kavli institute / NTNU

Lire le communiqué de presse de presse du comité Nobel (anglais)

John O’Keefe a découvert l’existence d’un endroit dans notre cerveau où sont stockées des cartes de notre environnement, l’hippocampe, équivalentes à la carte du GPS. Avoir une carte n’est pas suffisant pour se repérer. Il est nécessaire de savoir où on se trouve pour retrouver notre chemin. May-Britt et Edvard Moser ont complété ce travail en découvrant des cellules cérébrales qui permettent de nous localiser dans l’espace, le cortex entorhinal. C’est l’équivalent du point rouge qui bouge sur le GPS.

« Le bon fonctionnement du cerveau repose donc sur l’interaction de ces deux régions par le biais des connexions cérébrales  » explique Michel Thiebaut de Schotten, chercheur à l’Inserm qui a réalisé un atlas des connexions cérébrales .

(Catani et Thiebaut de Schotten, Atlas of Human Brain Connection, Oxford University Press 2012)

Michel Thiebaut de Schotten, chercheur à l’Inserm, indique que ce travail explique notamment pourquoi les patients, dans les stages précoces de la maladie d’Alzheimer où l’hippocampe et le cortex entorhinal sont endommagés, sont incapables de s’orienter dans l’espace.

Il précise par ailleurs que tout le monde n’a pas forcément un bon sens de l’orientation. « Cette aptitude peut se travailler comme le montre une étude chez les chauffeurs de taxi Londonien qui ont besoin de s’orienter dans l’espace toute la journée. La taille de leur hippocampe est proportionnelle au nombre d’années de travail en tant que chauffeur de taxi (Maguire 2000). »

Francis  Eustache, directeur de l’Unité Inserm « Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine » se réjouit du choix du jury Nobel:

« Il s’agit de chercheurs de deux générations différentes qui mènent une activité scientifique exemplaire. Cette mémoire spatiale est essentielle tant chez l’animal que chez l’homme et c’était une découverte de taille que de la relier à des enregistrements cellulaires, » indique Francis Eustache.

« Ces recherches fondamentales pointent l’importance de la formation hippocampique (hippocampe, cortex entorhinal) dans la mémoire spatiale. Le lien peut être fait ici avec la maladie d’Alzheimer, débutant souvent par des troubles de l’orientation spatiale en lien avec des lésions atrophiques de cette région du cerveau. Ces connaissances fondamentales récompensées par le Nobel permettent d’orienter la recherche clinique et thérapeutique. » Conclut-il.

Voir le schéma explicatif (anglais)

En savoir plus sur les coulisses de l’annonce du prix Nobel : « Pourquoi l’annonce d’un prix Nobel est elle si incroyable? avec le Huffington Post

Octobre rose : mois de mobilisation contre le cancer du sein

Cette année marque la 10ème édition d’Octobre rose, mois de mobilisation national contre le cancer du sein. L’occasion de rappeler que cette maladie demeure, malgré les progrès thérapeutiques, un enjeu de santé publique majeur.

Le cancer du sein est en effet le 1er cancer féminin, et la 1ère cause de décès par cancer chez la femme. En 2012, en France, près de 48 800 nouveaux cas et 11 886 décès ont été recensés.

Tout au long de ce mois, de nombreuses actions seront mises en place afin de sensibiliser au dépistage et d’informer sur la prise en charge de ce cancer.

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