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Samedi 23 mai : Journée européenne de l’obésité

La journée européenne de l’obésité, qui se tiendra le samedi 23 mai, rappelle la gravité de cette maladie, qui touche de plus en plus de personnes en France et dans le monde.

À l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a doublé depuis 1980. En 2014, plus de 1,9 milliard d’adultes étaient en surpoids. Sur ce total, plus de 600 millions étaient obèses.

Le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle. L’indice de masse corporelle, IMC, correspondant au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2, est une grandeur qui permet d’estimer la corpulence d’une personne. Ainsi, un IMC de 30 ou plus est généralement associé à une situation d’obésité. Une personne dont l’IMC est égal ou supérieur à 25 est considérée comme étant en surpoids.

POM Bio à croquer – Obésité et Complications / Entretien avec Karine Clément, nutritionniste à l’Hôtel Dieu, et au laboratoire U872 « Centre de Recherche des Cordeliers (CRC) », Paris. 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, d’ici à 2030, la plupart des pays européens risquent de connaître un accroissement, parfois spectaculaire, de ces pathologies.[1]

En plus de provoquer un retentissement sur la qualité de vies des personnes sur le plan social, professionnel et familial, l’obésité est facteur de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’hypertension et de cancers. Cette maladie grave, reconnue comme une priorité de santé publique, fait l’objet de nombreux travaux, menés notamment par les Unités Inserm 1166 « Unité de Recherche sur les maladies cardiovasculaires, du métabolisme et de la nutrition – ICAN » et 1153, équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN).

Durant cette journée, des manifestations et des actions (activités sportives, ateliers cuisine, portes ouvertes de services…) vont être proposées par les acteurs qui interviennent sur cette thématique dans les lieux publics et dans les établissements de soins (plus d’informations sur le site officiel de la journée européenne de l’obésité du Collectif national des associations d’obèses).

Les chercheurs de l’Inserm sont toute l’année mobilisés dans la lutte contre cette maladie. Pour vos interviews et besoins de reportage, vous trouverez en téléchargement ci-contre le « kit de presse Diabète et Obésité », regroupant les contacts des spécialistes de cette thématique, ainsi que les dernières actualités Inserm sur le sujet.
[1] Cette alerte a été lancée par l’OMS lors du congrès européen sur l’obésité, tenu à Prague au début du mois de mai.

Mardi 5 mai 2015 : Journée Mondiale de l’asthme

Le mardi 5 mai prochain aura lieu la journée mondiale de l’asthme. Cette maladie chronique et respiratoire se caractérise par des crises au cours desquelles la paroi des bronches gonfle, entraînant un rétrécissement de leur calibre et une réduction de l’air inspiré et expiré. L’asthme a le plus souvent une composante allergique, c’est-à-dire que son évolution est influencée par l’exposition à des allergènes inhalés : pollens, moisissures, acariens, pollution…

L’Organisation Mondiale de la Santé prédit qu’une personne sur deux sera allergique en 2050, contre 20% actuellement

Chez certains patients, les crises peuvent être déclenchées par des facteurs particuliers. Ainsi, l’asthme d’effort se produit généralement 5 à 15 minutes après l’arrêt d’un exercice physique. Ces crises peuvent également être déclenchées par la simple prise d’aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Une mauvaise connaissance de l’asthme, et des idées préconçues encore trop nombreuses, constituent des freins importants à la bonne prise en charge de cette maladie qui touchait en 2013 235 millions de personnes dans le monde[1]. Courant chez l’enfant, l’asthme reste sous-diagnostiqué et insuffisamment traité. Organisée cette année autour du thème « Asthme : chassons les idées reçues ! », cette journée est donc l’occasion de sensibiliser le grand public, et de souligner les progrès accomplis en matière de recherche dans le domaine.

Les chercheurs de l’Inserm sont toute l’année mobilisés dans la lutte contre cette maladie. Pour vos interviews et besoins de reportage, vous trouverez en téléchargement ci-contre le « kit de presse Asthme et Allergies », regroupant les contacts des spécialistes de cette thématique, ainsi que les dernières actualités Inserm sur le sujet.
[1] Source : site de l’Organisation mondiale de la santé

Samedi 25 avril : Journée mondiale de lutte contre le paludisme

Causée par un parasite de genre Plasmodium, le paludisme se transmet d’homme à homme par la piqûre d’un moustique, l’anophèle femelle. Il peut aussi être transmis au cours d’une transfusion sanguine ou entre la mère et l’enfant à la fin de la grossesse.[1]
Paludisme et gène TEP1

Les parasites Plasmodium vivants chez le moustique anophèle expriment la protéine de fluorescence GFP et sont visibles en vert (flèches vertes). Les moustiques qui expriment seulement l’allèle susceptible sont moins résistants que ceux qui expriment uniquement l’allèle résistant de TEP1. © Inserm/Lamacchia, Marina.

Organisée chaque année le 25 avril, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme vise notamment à sensibiliser le grand public afin d’accroître son implication dans la lutte contre cette maladie. Cet événement est également l’occasion de souligner les progrès accomplis en matière de recherche.

Investie tout au long de l’année dans la recherche contre le paludisme, l’équipe de Benoît Gamain, Unité Inserm 1134 « Biologie intégrée du globule rouge », travaille actuellement sur le projet PRIMALVAC[2], dont l’objectif est de développer un vaccin contre le paludisme chez les femmes enceintes (paludisme gestationnel).

Cet essai de phase I vise à évaluer sur des sujets humains l’innocuité et la tolérance du vaccin, ainsi que son aptitude à induire une réponse immunitaire permettant aux futures femmes enceintes d’être protégées contre le paludisme gestationnel.

Les recherches de Dominique Mazier, Unité Inserm 1135 « Centre d’immunologie et de maladies infectieuses », et ses collaborateurs, concernent quant à elles la biologie et l’immunologie des stades hépatiques des Plasmodium humains.

Une fraction des parasites situés dans le foie, appelés hypnozoïtes, peut rester « dormante », avant de se réveiller au cours du temps, provoquant une infection sanguine. Cette phase hépatique de développement du parasite, spécifique des espèces vivax et ovale, représente une double difficulté pour éliminer le paludisme : un plus grand nombre de patients à traiter et une transmission accrue. Malheureusement, la primaquine et son équivalent récemment développé, la tafénoquine, seuls médicaments capables de tuer les hypnozoïtes, ont des effets indésirables, parfois graves pour les patients.

Les travaux de cette équipe permettent de mieux comprendre ce phénomène biologique, et d’identifier de nouvelles stratégies de « radical cure », innovante et non toxique.

L’équipe de Stéphanie Blandin, Unité Inserm 963 « Réponse immunitaire chez le moustique anophèle vecteur du paludisme », cherche a comprendre comment les moustiques se défendent contre les parasites, et a exploiter cette réponse antiparasitaire pour lutter contre la transmission de la maladie.

[1] Pour plus de détails, consulter le dossier d’information Inserm sur ce même thème

[2] Le projet PRIMALVAC est coordonné par EVI (European Vaccine Initiative) et a reçu un soutien financier du Ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche (BMBF), de l’Inserm, de l’Institut National de Transfusion Sanguine ainsi que l’aide irlandaise versée à EVI

Vendredi 17 avril : Journée Mondiale de l’Hémophilie

L’hémophilie est une maladie assez rare, environ une personne sur 10 000 naît hémophile, et héréditaire (c’est-à-dire qu’elle est transmise par les gènes des parents).

 Elle se traduit par une impossibilité pour le sang de coaguler. Par conséquent, les hémophiles ne saignent pas plus vite que la normale mais elles saignent plus longtemps.

Le vendredi 17 avril, se déroulera la Journée Mondiale de l’hémophilie. A cette occasion, les instituts et associations, notamment la Fédération Mondiale de l’hémophilie, se mobilisent pour sensibiliser et informer le grand public et les soignants sur les troubles de coagulation héréditaire.

Tout au long de l’année, des recherches sont conduites par les équipes Inserm pour améliorer l’efficacité des traitements de substitutions.

Les maladies hémorragiques (dont l’hémophilie) sont notamment au centre des préoccupations de l’équipe de Cécile Denis au sein de l’Unité Inserm 1176 « Hémostase-Inflammation-Thrombose ».  Les chercheurs travaillent notamment au développement de thérapies innovantes telles que la thérapie génique, pour traiter cette pathologie.

Samedi 11 avril: Journée Mondiale de la maladie de Parkinson

En France, la maladie de Parkinson touche plus 150 000 personnes[1], et 6,5 millions dans le monde, un chiffre qui devrait augmenter avec le vieillissement de la population.

La journée mondiale de la maladie de Parkinson se tient le 11 avril en souvenir de l’anniversaire de naissance du Dr James Parkinson, premier médecin à avoir décrit les symptômes de cette maladie dégénérative en 1817.  

Affection dont les causes sont encore mal connues, la maladie de Parkinson se caractérise par la dégénérescence progressive des neurones qui produisent la dopamine. Les symptômes sont moteurs : le plus connu est le tremblement mais aussi une lenteur du mouvement, une sensation de raideur, des difficultés à écrire et des douleurs.

Cette journée,  dédiée spécifiquement aux ruptures de soins cette année,  est l’occasion de rappeler au grand public que la maladie de Parkinson n’est pas une maladie rare.  Ainsi, dans toute la France, les institutions publiques et associations, notamment l’association France Parkinson, se mobilisent pour recevoir et informer le public sur cette affection grave.

Tout au long de l’année, les chercheurs de l’Inserm se mobilisent pour mieux comprendre cette maladie et développer de nouvelles thérapies.

En particulier, l’unité Inserm 1084 « Laboratoire de Neurosciences Expérimentales et Cliniques » travaille au développement de thérapies cellulaires pour réparer les lésions cérébrales observées dans la maladie de Parkinson. Les premiers résultats sont un succès chez l’animal. Les chercheurs essayent désormais d’obtenir d’autres sources de cellules pouvant devenir des neurones que l’on grefferait pour réparer le cerveau lésé.

Retrouver le communiqué sur les récents travaux de cette équipe : « Réparer le cortex cérébral c’est possible »

Les membres de l’Unité Inserm 1127 « Institut du Cerveau et de la Moelle épinière » s’intéressent quant à eux, aux mécanismes moléculaires et génétiques de la maladie de Parkinson. Mieux comprendre l’origine de la mort de neurones devrait permettre d’identifier de nouvelles thérapies symptomatiques et curatives.

Enfin, Benjamin Dehay, chercheur Inserm, et son équipe au sein de l’UMR 5293 « Institut des maladies neurodégénératives » s’intéressent, eux aussi, aux bases cellulaires et moléculaires des processus à l’origine de la mort des neurones dans la maladie de Parkinson. Ils se concentrent notamment sur la compréhension des causes et des mécanismes de cette maladie, et à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Pour vos interviews et besoins de reportage, retrouver tous les contacts Inserm spécialistes dans le « kit de presse Parkinson » disponible en téléchargement ci-contre.

[1] Source : DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), Etude sur l’état de santé de la population en France, édition 2015.

Réduction des risques chez les usagers de drogues -amendement voté par l’assemblée nationale

Afin de limiter les dommages sanitaires associés aux consommations de drogues, certains pays ont mis en place des centres d’injection supervisés, permettant aux toxicomanes de pratiquer leurs injections sous la supervision de personnel qualifié.

Sollicité par la Direction générale de la santé, l’Inserm a réalisé en 2010, une expertise collective sur le thème : « Réduction des risques chez les usagers de drogues » ayant pour objectif de faire un bilan des connaissances scientifiques sur les dispositifs et programmes existants au plan international, leur contexte de mise en place, l’évaluation de leur impact et sur les projets en expérimentation.

Plus d’une dizaine d’experts (épidémiologistes, sociologues, addictologues …) ont étudié notamment, comment ces centres ont été mis en place chez nos voisins espagnols, suisses, allemands (…) l’impact de ces dispositifs et les projets en expérimentation.

l’Assemblée nationale a voté le 7 avril l’expérimentation prochaine de ces « salles de shoot » en France

Retrouvez une synthèse de l’expertise collective en pièce jointe

(les centres d’injection supervisés sont évoqués en page 27 et 31 et en page 46 dans la partie  « recommandations »)

©Inserm

Mardi 7 avril : Journée mondiale de la santé

La Journée mondiale de la santé sera cette année consacrée à la sécurité sanitaire des aliments.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les aliments insalubres seraient à l’origine de près de 2 millions de décès par an. Les aliments contenant des bactéries, des virus, des parasites ou des substances chimiques sont responsables de plus de 200 maladies, allant de la diarrhée aux cancers.

Cet événement est l’occasion de sensibiliser professionnels et grand public à l’importance de la sécurité sanitaire des aliments, et au rôle que chacun peut jouer pour que nul ne puisse douter de la sécurité des aliments qu’il met dans son assiette.

Les recherches que mène l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) visent notamment à faire progresser, grâce à une approche épidémiologique, les connaissances sur le rôle de la nutrition (alimentation et activité physique) comme déterminant de la santé, et notamment comme facteur de risque ou de protection vis-à-vis des maladies chroniques.

Dernières actualités Inserm en lien avec cette problématique :
Le mécanisme de la satiété décrit et restauré chez la souris – Février 2014
Faire consommer des légumes aux enfants, c’est possible! – Mars 2014
Anorexie / boulimie : une protéine bactérienne mise en cause – Octobre 2014

A lire également, l’article « La sécurité sanitaire des aliments, des temps passés à nos jours.« , paru dans la revue médecine/sciences
.
De plus amples informations sont disponibles sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

[1] Source : manuel de l’OMS Cinq clefs pour des aliments plus sûrs, 2007, 32 pages.

Semaine du cerveau 2015 : du 16 au 22 mars

La 16ème édition de la Semaine du cerveau aura lieu en France et dans 62 pays dans le monde du 16 au 22 mars 2014. Le grand public pourra aller à la rencontre des chercheurs de l’Inserm pour apprendre à mieux connaître le cerveau et s’informer sur l’actualité de la recherche dans ce domaine. Cette semaine permettra au public de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, d’appréhender ses dysfonctionnements, de découvrir les techniques pour l’explorer, de connaître les nouvelles technologies utilisées pour le « réparer » .

La conférence inaugurale  « Comprendre et manipuler le cerveau par la lumière » se tiendra à Paris :

le lundi 16 mars 2015 à 18h30 dans l’auditorium de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière (Inserm/CNRS/UPMC), hôpital de la Pitié Salpêtrière, 47 Bd de l’Hôpital, Paris 13ème

Inscriptions : gro.etutitsni-mci@uaevrecudeniames

En présence de : 

Roland Salesse, coordinateur de la Semaine du Cerveau

Alexis Brice, Directeur général de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) (Inserm/CNRS/UPMC)

Jean-Marie Laurent, Président de la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC)

Les chercheurs de l’Inserm participeront à de nombreux évènements organisés en région dans plus de 32 villes en France :

Voir le programme complet sur le site de la Société des Neurosciences

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Etienne Hirsch

Directeur de l’Institut thématique « Neurosciences, sciences cognitives, neurologie, psychiatrie » de l’Inserm évoque les enjeux de la recherche sur le cerveau.

 

Quels sont les enjeux scientifiques de la recherche sur le cerveau ?

Notre système nerveux comprend plus de 100 milliards de neurones connectés entre eux par des millions de km de connecteurs (les axones). Le nombre des contacts formés entre les neurones est de l’ordre de 10000 à 100000 milliards.

Le défi majeur des neurosciences est d’analyser et d’intégrer la complexité inhérente à toutes les échelles de l’organisation du système nerveux pour comprendre les bases neurales des fonctions cognitives supérieures et des comportements.

Quels sont les enjeux médicaux de la recherche sur le cerveau ?

Les données de l’organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que les maladies du système nerveux représentent plus du tiers de toutes les maladies dans les pays riches. En Europe, 380 millions de personnes sont atteintes de ces pathologies. Ainsi, 23% d’années de vie en bonne santé sont perdues à la suite de maladies cérébrales de même que 50% des années de vie présentent une qualité amoindrie.

Comprendre l’origine, les mécanismes et les processus physiopathologiques à l’origine des maladies neurologiques, psychiatriques et des organes des sens constitue donc une étape incontournable pour développer des traitements symptomatiques ou curatifs pour ces pathologies.

Virus Ebola : Fiche détaillée de l’essai clinique lancé en Guinée

En Guinée, l’épidémie d’infection par Ebola est toujours en phase active presque un an après son début. Parallèlement aux mesures de surveillance, de contrôle et de prise en charge, l’étude de thérapeutiques innovantes pour réduire la mortalité est indispensable. Parmi les médicaments potentiellement utiles se trouve le favipiravir (T705), un antiviral déjà testé (et bien toléré) chez l’humain adulte contre le virus de la grippe. Celui-ci n’a (pas plus que les autres traitements envisageables) jamais été testé chez l’homme pour traiter la fièvre hémorragique Ebola, mais a démontré son efficacité in vitro et chez la souris.

L’essai clinique pilote porté par l’Inserm vise à tester l’efficacité du favipiravir pour réduire la mortalité chez les personnes infectées par le virus Ebola en Guinée. Il a débuté le 23 décembre à Gueckedou.


        ●  En quoi consiste cet essai clinique ?

L’essai mené par l’Inserm est un essai de phase IIb multicentrique ouvert et non randomisé. Tous les patients recevront la molécule pendant 10 jours. La molécule favipiravir, qui se présente sous la forme d’un comprimé sécable de 200 mg (le comprimé peut être pilé et dissous dans une boisson), sera administrée selon la posologie suivante :
– Adultes : J0 : 2400 mg à H0, 2400 mg à H8 et 1200 mg à H16, puis 1200 mg deux fois par jour pendant 9 jours ;
– Enfants : doses adaptées aux poids.

Le détail de cette posologie a fait l’objet d’une communication dans la revue The Lancet Infectious Diseases.

        ●  A qui s’adresse-t-il ?

Tous les patients entrant dans ces différents centres au moment de l’essai pourront s’ils le souhaitent prendre la molécule favipiravir. L’analyse principale de l’essai portera sur les patients qui prendront le traitement en début de maladie (moins de 48h depuis le début des symptômes), l’hypothèse étant que la molécule est d’autant plus active qu’elle sera administrée précocement. Cependant, toutes les personnes capables d’avaler le médicament se verront proposer le traitement, quelle que soit la durée des signes à leur arrivée.

Avant leur inclusion dans l’essai, chacun des participants donnera son consentement. Celui-ci traduira le fait qu’ils ont bien compris cette démarche clinique. L’explication préalable à ce consentement sera délivrée dans la langue appropriée, par des professionnels du conseil psycho-social.

Puisque les symptômes sont peu spécifiques (fièvres, diarrhée, vomissement), les chercheurs réaliseront une PCR (test s’appuyant sur une méthode d’amplification génique) qui devra être positive à Ebola virus avant que le traitement soit proposé.

Pour que les résultats soient interprétables, les chercheurs devront inclure 60 personnes avec ces critères, ce qui pourrait conduire à traiter en tout plusieurs centaines de personnes toutes durées de symptômes confondues. Des analyses intermédiaires seront faites tous les 20 patients traités pour « sonder » la sécurité et l’efficacité du traitement et décider de la pertinence de la poursuite de l’essai à l’identique ou avec des adaptations.

        ●  Où cet essai aura-t-il lieu ?


L’essai aura lieu dans trois Centres de Traitement du virus Ebola (CTE) en Guinée :
Gueckedou (géré par MSF),
Macenta (géré par la Croix Rouge Française),
Nzéréckoré (géré par l’association Alima).

        ●  L’équipe

L’équipe menant l’essai clinique est basée à Guekedou au sein du centre de soin Ebola mis en place par Médecins Sans Frontières (MSF). Elle devrait comprendre une 30aines de personnes au total dont des chercheurs, des personnels soignants et des anthropologues. La coordination sera assurée par des chercheurs français de l’Inserm, et des chercheurs guinéens du Centre de Formation et de Recherche en Santé Rurale, sous l’autorité de la Coordination Nationale de riposte à Ebola en Guinée.

Les relations avec la communauté seront une préoccupation centrale des chercheurs, dans un contexte épidémique fort et de crise sanitaire majeure, auquel s’ajoute un climat de méfiance légitime des populations envers les interventions venues de l’extérieur. Un comité de suivi communautaire de l’essai sera mis en place avant le démarrage de l’étude.

Investigateur coordonnateur : Pr Denis Malvy et Dr Sakoba Keita
Responsables scientifiques : Dr Xavier Anglaret et Pr France Mentré

        ●  Calendrier prévisionnel

Période d’inclusion prévue du 15 décembre 2014 au 15 mars 2015.
Durée de la participation de chaque participant : 30 jours
Durée totale prévue du protocole : 4 mois
Durée totale de la recherche : 8 mois
Les 1ers résultats seront communiqués au mieux en mars 2015.

        ●  Financements

La commission européenne finance cet essai à hauteur de 700 k€ d’euros.

Questions fréquentes :

Pourquoi ne pas administrer la molécule vs un placebo ?
Pour une maladie à très fort risque de mortalité, le signal qu’un traitement est efficace peut être jugé convainquant sur la constatation d’une mortalité plus faible qu’attendue, sans avoir besoin de recourir à un essai comparatif contre placebo. Les principes du plan expérimental de cet essai sont ceux retenus pour tous les autres essais qui se mettent en place.

Peut-il y avoir des effets secondaires au traitement et comment les surveiller ?
Le favipiravir a été bien toléré dans les essais contre la grippe. La dose utilisée contre Ebola étant plus élevée, les effets secondaires seront cependant particulièrement surveillés, même si on ne s’attend à priori pas à des problèmes de toxicité.

Et si les résultats n’étaient pas probants ?
En fonction des 1ers résultats intermédiaires, l’essai pourra être interrompu pour passer à une autre molécule, poursuivi seul, ou associé à d’autres antiviraux ou d’autres interventions.

Quels sont les termes du contrat avec la firme japonaise qui commercialise le favipiravir ?
Les termes de ce contrat sont confidentiels, mais la filiale privée de l’Inserm Inserm-transfert est garante des intérêts de l’Inserm et des populations.

Quelles sont les questions éthiques soulevées par cet essai ?
Cet essai est réalisé dans des conditions particulièrement difficiles, mais le souci de l’éthique impose de se confronter à ces conditions pour avancer, plutôt que de ne rien faire. Les populations victimes d’Ebola ont le droit comme toute population de ce que des pistes thérapeutiques prometteuses soient explorées avec des méthodes rigoureuses.

 

Ebola : Médecins sans frontières s’engage aux cotés de l’Inserm

En l’absence de traitement spécifique  contre la maladie à virus Ebola, Médecins Sans Frontières (MSF) vient d’annoncer que trois de ses centres de traitement Ebola en Afrique de l’Ouest  vont accueillir des essais cliniques. Ces études distinctes seront menées par trois différents partenaires de recherche dont l’Inserm, et visent à identifier rapidement un traitement efficace contre ce virus qui a d’ores et déjà causé la mort de près de 5 000 personnes depuis le début de l’épidémie dans la région.

Revoir la conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi 13 octobre à Genève

L’Institut National (français) de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) mènera une étude clinique sur l’antiviral favipiravir à Guéckédou, en Guinée. L’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT) effectuera une étude sur le traitement par plasma ou sang total convalescents dans le centre Ebola de Donka, à Conakry en Guinée. L’université d’Oxford conduira quant à elle, au nom du Consortium International des Infections Respiratoires Aiguës Sévères et Emergentes (ISARIC), une étude clinique sur l’antiviral brincidifovir dans un site qui reste encore à déterminer, et financée par le Wellcome Trust. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les autorités sanitaires des pays affectés participent à cet effort collectif.

« C’est un partenariat international sans précèdent qui représente un espoir pour les patients d’avoir accès à un véritable traitement contre cette maladie qui tue aujourd’hui entre 50% et 80% des personnes infectées, explique le Dr. Annick Antierens, qui coordonne les partenariats de recherche pour MSF. MSF étant l’un des principaux acteurs dispensant des soins médicaux aux patients infectés par le virus Ebola en Afrique de l’Ouest, nous prenons part à ces études cliniques accélérées dans le but de donner de meilleures chances de survie aux personnes touchées par l’épidémie actuelle. »

Les protocoles de ces essais sont en phase finale de développement et ont été conçus avec un objectif simple de survie à 14 jours, et avec de larges critères d’inclusion. Ces protocoles s’attelleront à perturber le moins possible les soins aux patients, à respecter les normes éthiques et de bonne pratique médicale internationales, et à faire en sorte que les données scientifiques soient solides et partagées en tant que bien commun. Les principes essentiels et les méthodologies ont été partagés avec les autorités éthiques des pays respectifs, avec l’objectif de commencer les premiers essais cliniques courant décembre 2014. Les premiers résultats pourraient être disponibles en février 2015.

Les deux médicaments, le brincidofovir et le favipiravir,  ont été sélectionnés dans la liste des traitements potentiels contre l’Ebola retenus par l’OMS, après un examen attentif des profils d’innocuité et d’efficacité, de la disponibilité des produits, et de la facilité d’administration aux patients.

« Mener des études cliniques sur des médicaments expérimentaux au cœur d’une crise humanitaire est une nouvelle expérience pour nous tous, mais nous sommes déterminés à ne pas décevoir les populations d’Afrique de l’Ouest. C’est un privilège d’être témoin de l’extraordinaire volonté de tous les partenaires dans cette initiative : tous sont sortis de leur zone de confort pour accélérer ces essais, qui sont d’une importance cruciale », a déclaré le professeur Peter Horby, investigateur principal de l’essai mené par l’ISARIC.

« Ces trois essais font partie de la première phase dans la recherche du meilleur traitement pour soigner les patients atteints par le virus Ebola, complète le professeur Denis Malvy, qui conduira la recherche menée par l’INSERM en Guinée. La coordination de ces trois comités scientifiques sera très réactive, afin que tout nouvel élément puisse être rapidement discuté et que les plans de recherche puissent être adaptés en fonction. Renforcer les liens entre nos équipes est essentiel, d’autant que si ces essais donnent des résultats positifs,  la phase suivante pourrait voir des interventions combinées. »

L’essai clinique sur le traitement par sang total ou plasma convalescents consistera à administrer du sang ou du plasma contenant des anticorps de survivants aux patients infectés. Cette approche a également été mise en avant par l’OMS.

« Le plasma convalescent de patients guéris, qui contient des anticorps contre un agent pathogène, a déjà été utilisé en toute sécurité pour d’autres maladies infectieuses, explique Johan van Griensven, coordinateur de la recherche menée par l’IMT. Nous voulons savoir s’il fonctionne pour l’Ebola, s’il est sûr et s’il serait possible d’élargir son utilisation pour réduire le nombre de décès dans l’épidémie actuelle. Une bonne communication avec les personnes ayant survécu à Ebola, et avec toute la communauté, est cruciale pour le succès de cet essai. Nous espérons que le don de sang par les survivants pour aider les malades aidera à réduire la peur et la stigmatisation auxquels les personnes guéries font face. »

Lorsque de nouveaux produits expérimentaux ou d’autres médicaments prometteurs et sûrs seront disponibles, ils seront examinés dans le but de mener de nouveaux essais dans d’autres centres de prise en charge de la maladie Ebola dans la région.

La priorité de ces trois essais sera axée sur l’engagement communautaire et le consentement éclairé des patients ou de leur représentant. Les risques que comporte l’administration d’un nouveau traitement seront expliqués clairement à chaque patient qui consentira à faire partie de l’essai. « Nous devons garder en mémoire qu’il n’existe pas de garantie que ces thérapies soient des traitements miracles, ajoute le Dr. Antierens de MSF. Mais nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour essayer les produits disponibles aujourd’hui afin d’augmenter les chances de trouver un traitement efficace contre Ebola. »

Alors que les essais cliniques sont en cours, MSF exhorte ceux qui développent ces médicaments à augmenter leur production, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de délai entre la fin des essais et l’introduction des produits dont l’efficacité et l’innocuité auront été prouvés. MSF demande aussi à ce que les fabricants de médicaments produisent des produits finis abordables et disponibles dans des quantités suffisantes pour lutter contre l’épidémie à son épicentre, en Afrique de l’Ouest. La distribution des produits devrait être dictée par les besoins des patients, quel que soit le lieu où ils vivent et la capacité des pays à payer.

Un homme paralysé opéré de la moelle épinière remarche

Un patient paralysé a pu remarcher grâce à une thérapie appliquée par des chirurgiens polonais de Wroclaw (sud-ouest). D’après l’AFP, Darek Fidyka a été opéré il y a deux ans à deux reprises en Pologne par une équipe de médecins dirigée par le Dr Pawel Tabakow, de l’université de Wrocław. Cette opération est le fruit du travail des chercheurs publié dans la revue Cell transplantation en 2013.

Un reportage de la BBC dans l’émission Panorama a été consacré à cette première (Anglais).

Pour obtenir un commentaire sur cette actualité :

Pierre François Pradat, chercheur spécialiste de la moelle épinière dans une unité Inserm, clinicien à l’hôpital Pitié-Salpétrière (AP-HP)
Unité Inserm 1146 Laboratoire d’imagerie biomédicale
rf.phpa.lsp@tadarp.siocnarf-erreip

Téléphone sur demande au service de presse : rf.mresni@esserp

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