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Cures détox, champagne et chocolats… à l’approche de Noël, l’Inserm revient sur certaines idées reçues

deux coupes de champagne© AdobeStock

Les fêtes de fin d’année sont bien souvent l’occasion pour certains magazines et comptes sur les réseaux sociaux de diffuser des conseils « santé » … parfois mal avisés. Entre injonctions contradictoires (« il faut faire des cures détox » ou « venez déguster les meilleurs chocolats de Noël ») et anecdotes fantaisistes (« buvez du champagne pour une meilleure santé cérébrale »), les idées fausses en santé persistent. L’Inserm vous propose de redécouvrir quelques articles de la série Canal Détox, afin de démystifier certaines fausses infos !

 

Une cure détox pour être au top après les fêtes, vraiment ?

Entre Noël, le jour de l’an et les repas à répétition, les fêtes de fin d’année sont une période intense pour notre organisme. Celui-ci carbure à plein régime et produit, nous dit-on, une multitude de « toxines ». Selon certains articles publiés sur internet, il existerait mille et une astuces pour débarrasser notre organisme de toutes ces « toxines » ou déchets que l’on aurait accumulé. Mais peut-on vraiment compter sur des aliments miracles pour nous décrasser ? Les tisanes de millepertuis fonctionnent-elles pour éliminer les « toxines » de notre organisme ? Et jeûner quelques jours après un excès permet-il réellement de remettre les compteurs à zéro ? Faites le point sur ces questions dans notre Canal Détox dédié au sujet.

https://presse.inserm.fr/canal-detox/une-cure-de-detox-pour-etre-au-top-apres-les-fetes-vraiment/

 

Boire du champagne, c’est bon pour le cerveau ?

De nombreux articles se penchent sur les effets à long terme sur l’organisme d’une consommation élevée de boissons alcoolisées. Certains sujets sont aussi consacrés à la consommation de boissons festives, comme le champagne, sur la santé cardiovasculaire et neurologique. Une étude datant de 2013 est d’ailleurs souvent largement relayée au moment de Noël pour suggérer que le champagne aurait des effets bénéfiques sur le cerveau… mais cette publication comprend de nombreuses limites méthodologiques qui permettent de remettre en question les résultats. Découvrez lesquelles, dans notre Canal Détox sur le sujet.

https://presse.inserm.fr/canal-detox/des-effets-benefiques-du-champagne-sur-le-cerveau-vraiment/

 

Tout savoir sur les éventuels bienfaits du chocolat

Les Français, qui sont parmi les 6 plus gros consommateurs de chocolat au monde, avec 3 millions de tablettes avalées chaque jour… entre autres. Au moment des fêtes, cette douceur se retrouve aussi bien dans les calendriers de l’Avent que sur la table du réveillon.

Si on se fie à tout ce qu’on lit, le chocolat est bourré de vertus : anti-stress, antivieillissement, anti-déprime et même anti-cheveux blancs ! Mais qu’en est-il réellement ? Le chocolat est-il une arme efficace pour lutter contre le stress ? Le chocolat noir est-il meilleur que le chocolat au lait ? Et fait-il vraiment grossir ? Canal Détox coupe court aux fausses infos dans une vidéo à consulter ici :

https://presse.inserm.fr/canal-detox/le-chocolat-cest-bon-pour-la-sante-vraiment/

Téléthon 2023, les avancées de l’Inserm sur les maladies rares

Co-marquages de peau de souris exprimant une mutation du gène PIK3CACo-marquages de peau de souris exprimant une mutation du gène PIK3CA. © Marina Firpion/Guillaume Canaud – unité 1151 Inserm

Le Téléthon 2023 se déroulera les 8 et 9 décembre prochains. Cette campagne désormais bien connue des Français permet de remettre sur le devant de la scène les maladies rares avec comme objectif de faire bénéficier des soins de qualité aux malades, de disposer d’un accompagnement adapté, d’obtenir des solutions concrètes pour faire face à ces maladies et ce, en soutenant activement la recherche.

Une maladie est considérée « rare » dès lors qu’elle ne concerne pas plus d’une personne sur 2000. Ces maladies, pour la plupart d’origine génétique, sont souvent invalidantes et ont pendant longtemps été mal connues.

A l’Inserm, plusieurs équipes travaillent quotidiennement pour mieux comprendre les mécanismes impliqués dans ces maladies et améliorer le diagnostic et le traitement des personnes touchées. Retour sur trois avancées de la recherche qui ont marqué cette année 2023.

 

Myopathie myotubulaire : l’efficacité rapportée d’un essai de thérapie génique

Une étude publiée le 15 novembre 2023 dans The Lancet Neurology rapporte l’efficacité d’un essai de thérapie génétique sur les fonctions respiratoire et motrice d’enfants atteints de myopathie myotubulaire, une maladie extrêmement sévère (cf. encadré ci-dessous).

Dans le cadre d’un essai clinique, et après l’administration par voie intraveineuse du traitement de thérapie génique, 16 enfants sur les 24 traités étaient capables de respirer sans assistance, 20 étaient capables de tenir assis, 12 de tenir debout et 8 de marcher sans soutien.

Cette thérapie génique a été conçue à l’initiative de l’équipe d’Ana Buj-Bello, directrice de recherche à l’Inserm et responsable de l’équipe « Maladies neuromusculaires et thérapie génique » à Généthon.

La myopathie myotubulaire est une maladie génétique rare qui touche un garçon sur 50 000, et se caractérise par une faiblesse musculaire extrême et une insuffisance respiratoire sévère. 50% des enfants qui en sont atteints décèdent avant l’âge de 18 mois, 75% avant l’âge de 10 ans.

 

Myohyperplasie hémifaciale : des scientifiques français identifient pour la première fois les causes de cette maladie

Des chercheurs et chercheuses ont identifié la cause génétique de la myohyperplasie hémifaciale, une maladie rare impliquant exclusivement les muscles du visage. En effet, une mutation gain-de-fonction du gène PIK3CA a été retrouvée dans les muscles du visage de patients atteints par cette maladie.

Cette découverte a permis à l’équipe de recherche d’obtenir l’autorisation de tester auprès de 5 patients le traitement par l’alpelisib, un inhibiteur approuvé de PIK3CA.

Ce médicament a permis de prévenir et réduire l’hypertrophie musculaire chez tous les patients, associée à une symétrisation progressive du visage.

Ces résultats publiés dans la revue JEM permettent d’avoir enfin une explication génétique pour les patients présentant une myohyperplasie hémifaciale, de comprendre les mécanismes de la maladie et d’entrevoir une perspective thérapeutique enfin efficace.

 

Granulomatose septique chronique : des bio-marqueurs pour prédire l’efficacité de la thérapie génique

Une équipe de recherche Inserm à l’Institut Imagine a mis en évidence 51 biomarqueurs qui permettraient de prédire le succès d’une thérapie génique chez des patients atteints de granulomatose septique chronique, une maladie rare et grave du système immunitaire. Cette méthode a pour objectif de proposer des traitements anti-inflammatoires, en amont de la thérapie génique, afin d’augmenter le taux de succès.

Les résultats de cette étude, menée dans le cadre d’un essai clinique ont été publiés le 26 janvier 2023 dans Cell Report Medicine.

La granulomatose septique chronique est une maladie génétique causée par une mutation du gène CYBB localisé sur le chromosome X, et touchant principalement les garçons. Celle-ci engendre un dysfonctionnement d’une sous unité protéique qui empêche les « neutrophiles » – une classe de globules blancs constituant la première ligne de défense contre les infections bactériennes – de produire les molécules nécessaires à la destruction des agents infectieux. Par conséquence les patients atteints de cette maladie souffrent d’infections bactériennes et fongiques récurrentes qui peuvent compromettre leur pronostic vital à court terme.

Autres contenus :

Registres Maladies rares et collections de données sur les maladies rares en France – Mars 2022 

C’est quoi les maladies rares ?

Journée mondiale de lutte contre le sida

Fragments anticorps du bNAb EPCT112Fragments anticorps du bNAb EPCT112 découvert à l’Institut Pasteur par l’équipe d’Hugo Mouquet (bleu), formant ici un complexe avec la protéine d’enveloppe du VIH-1 (Env) (en jaune et orange) © Institut Pasteur

Vendredi 1er décembre 2023 aura lieu la Journée mondiale de lutte contre le sida.

Organisée dans de nombreux pays par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1988, cette journée vise à informer et à sensibiliser le grand public à propos des moyens préventifs, des traitements disponibles et de la prise en charge du virus d’immunodéficience humaine (VIH) / sida.

On estime à 39 millions le nombre de personnes vivant dans le monde avec le VIH à la fin de 2022. Très impliqués dans la recherche autour de cette maladie, les scientifiques de l’Inserm se sont mobilisés, tout au long de l’année, afin d’identifier de nouvelles stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement. Retour sur de récentes études publiées en 2023, qui témoignent de cette implication.

Rémission de l’infection par le VIH-1 : découverte d’anticorps neutralisants à large spectre impliqués dans le contrôle du virus

Certains individus porteurs du VIH-1 ayant bénéficié d’un traitement antirétroviral précoce pendant plusieurs années ont la capacité de contrôler le virus sur le long terme après l’arrêt du traitement. Cependant, les mécanismes permettant ce contrôle post-traitement ne sont pas entièrement élucidés. Pour la première fois, une équipe composée de chercheuses et chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm et de l’AP-HP, avec le soutien de l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes, a investigué et mis en évidence l’implication d’anticorps neutralisants, y compris ceux dits « à large spectre », dans ce contrôle du virus.

Un essai clinique qui intègre l’utilisation d’anticorps neutralisants à large spectre devrait être initié en France prochainement.

VIH : Quand la cellule est prise à son propre piège !

Le VIH dispose d’un arsenal de stratégies terriblement efficaces pour échapper à notre système immunitaire. Une équipe de recherche Inserm a découvert que le virus était capable de se servir d’un mécanisme propre aux cellules cibles pour se propager. Les scientifiques se sont intéressés plus précisément à BST2, une molécule cruciale dont le rôle est d’empêcher la propagation du virus, et ils ont caractérisé un nouveau rouage utilisé par le VIH pour l’éliminer.

Un article à retrouver dans le magazine de l’Inserm n°57 et sur le site de l’Inserm

On en sait plus sur la structure du virus

Si les travaux sur le VIH ont permis au cours des années d’en savoir beaucoup plus sur la structure du virus, il reste encore des questions en suspens. On sait par exemple que l’enveloppe lipidique du VIH est enrichie en sphingomyéline et en cholestérol issus de la membrane plasmique des cellules hôtes, mais le mécanisme moléculaire de cet enrichissement n’est pas bien compris. Dans une nouvelle étude publiée dans Nature Communications, Toshihide Kobayashi, directeur de recherche Inserm, et ses collègues ont montré à l’aide de techniques avancées de microscopie que la liaison d’une protéine virale appelée Gag aux membranes plasmiques contribue à restreindre la mobilité, à agrandir et à fusionner les domaines lipidiques de l’hôte-sphingomyéline et riches en cholestérol. Les résultats soulèvent la possibilité de cibler les lipides des cellules hôtes pour attaquer le VIH.

Le travail de l’ANRS | MIE
À l’Inserm, la recherche sur les maladies infectieuses, comme le VIH, est coordonnée par son agence dédiée : l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes (ANRS | MIE). Créée le 1er janvier 2021, celle-ci est née de la fusion de deux structures : l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et le consortium d’équipes et de laboratoires multidisciplinaires REACTing.

Journée mondiale du diabète : un point sur les récentes avancées

Photo issue du magazine Science & Santé, janvier-février 2013, rubrique Grand angle, p30. Cellule bêta pancréatique humaine. Les noyaux des cellules sont colorés en bleu et l’insuline contenue dans les cellules est en rouge.

La journée mondiale du diabète a lieu tous les ans, le 14 novembre. En France, près de 4 millions personnes seraient touchées par cette maladie, 90 % d’entre elles atteintes de diabète de type 2. On estime que la prévalence mondiale du diabète atteindra 700 millions de personnes d’ici 2045. A l’Inserm, plusieurs équipes de recherche sont mobilisées pour mieux comprendre la maladie, améliorer la prise en charge des patients et trouver de nouvelles pistes thérapeutiques. Retour sur trois études récemment publiées.

Diabète : des taxis moléculaires pour lutter contre l’insulinorésistance

De petites vésicules produites par le tissu graisseux semblent constituer des convoyeurs stables de l’adiponectine, une hormone qui joue un rôle clé dans le métabolisme du glucose. C’est ce qu’ont décrit des chercheurs de l’Institut du thorax à Nantes (unité 1087 Inserm/CNRS/Nantes Université), en collaboration avec l’université d’Angers. Ils souhaitent maintenant développer la production de vésicules semblables pour les utiliser en tant que biomédicament destiné à la prise en charge de l’insulinorésistance et du diabète.

Lire l’article complet : Diabète : des taxis moléculaires pour lutter contre l’insulinorésistance

Diabète : Un bilan de santé via une dent connectée

La salive est un miroir de notre état de santé. Facile à prélever, elle pourrait se substituer aux prises de sang. Des chercheurs toulousains sont en train de mettre au point un biocapteur implantable sur une dent, capable de suivre, via la salive, l’équilibre de la glycémie chez des sujets diabétiques. Et peut-être, à l’avenir, d’autres paramètres biologiques.

Lire l’article complet : Diabète : Un bilan de santé via une dent connectée · Inserm, La science pour la santé

Vers une nouvelle classe de médicament pour traiter le diabète de type 2

Dans une étude coordonnée par le chercheur Inserm Vincent Marion à Strasbourg (laboratoire de génétique médicale), les scientifiques ont conçu un nouveau produit appelé PATAS, dans une nouvelle classe thérapeutique d’antidiabétiques. Ce médicament possède la particularité de traiter l’origine même du diabète de type 2 et des comorbidités associées, notamment la résistance à l’insuline. PATAS cible en effet de manière spécifique les adipocytes en y restaurant l’absorption du glucose et en rétablissant ainsi la physiologie métabolique du tissu adipeux.

Pour en savoir plus, lire notre communiqué de presse : Vers une nouvelle classe de médicament pour traiter le diabète de type 2

 

Lire nos dossiers d’information : diabète de type 1 et diabète de type 2

Revoir l’émission 30 minutes santé de l’Inserm sur le diabète de type 2 

Changement d’heure : peut-on s’attendre à un dérèglement de notre horloge biologique ?

horloge© Adobe stock

Dans la nuit du samedi 28 octobre au dimanche 29 octobre, nos téléphones et autres appareils connectés reculeront d’une heure. L’heure affichée sur les écrans passera automatiquement de 3 à 2 heures du matin pour accompagner le passage à l’heure d’hiver. Si pour la plupart des gens, ce changement d’heure n’aura que pas ou peu de conséquences visibles, plusieurs travaux de recherche soulignent toutefois qu’il peut être associé à des effets sur notre horloge biologique et à des conséquences non négligeables sur notre santé.

La littérature scientifique montre que le changement d’heure a bel et bien des effets physiologiques et sanitaires : il impacte notre horloge biologique interne (appelé système circadien) et peut induire des effets néfastes sur notre santé (troubles du sommeil, de la vigilance, accidents du travail et de la route, des dépressions, des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux)

Sur le cycle circadien, lire le dossier sur la Chronobiologie : Les 24 heures chrono de l’organisme

L’adaptation de l’organisme à ce décalage horaire que nous lui imposons variera d’un individu à l’autre et peut durer de quelques jours pour les chronotypes matinaux (Personnes ayant tendance à être plus efficaces le matin), à plusieurs mois pour les chronotypes tardifs (Personnes ayant tendance à être plus efficaces le soir). Dans le contexte de ce changement d’heure, les petits enfants et les personnes âgées ont plus de risque de ressentir des effets négatifs, mais c’est aussi le cas des adolescents, des travailleurs de nuit, et de tous ceux souffrant d’un trouble du sommeil et qui auront plus de difficultés pour s’adapter au nouvel horaire.

Par ailleurs, selon l’avis des spécialistes, comme le neurobiologiste et chercheur Inserm Claude Gronfier, Président de la Société Française de Chronobiologie, le passage à l’heure d’été serait plus compliqué à gérer pour l’organisme que le passage à l’heure d’hiver, compte tenu d’un côté de la perte d’une heure de sommeil, et de l’autre du fait que l’horloge biologique devra être avancée d’une heure.

En moyenne, nos organismes ont tendance à accumuler un retard de 10 minutes sur leur cycle de 24 heures. Avec le changement d’heure, on leur demanderait d’avancer leur rythme d’une heure, ce qui accentuerait les efforts faits par notre corps pour tenter de rattraper son retard. Ce changement serait particulièrement mal vécu par les chronotypes les plus tardifs, ceux enregistrant une moyenne de 30 minutes de retard sur leur cycle de 24 heures. Les effets du passage à l’heure d’été sur notre rythme circadien seraient accentués par le manque général de sommeil de la population française, estimé entre 30 et 90 minutes par jour selon les études (60 minutes selon le baromètre 2022 de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance).

Heure d’été VS heure d’hiver ?

La suppression du changement d’heure saisonnier ayant été votée en 2019, les États membres de l’UE doivent désormais choisir quelle heure définitive adoptée. La grande majorité de la communauté scientifique, recommande que le choix se porte sur le maintien de l’heure d’hiver.

Si on en venait à maintenir l’heure d’été toute l’année, le réveil en hiver et le coucher en été seraient en effet plus difficiles.

Au jour le plus court de l’année (le 21 décembre), le soleil se lèverait à Paris à 9 h 41 (au lieu de 8 h 41 à l’heure standard (ou « heure d’hiver »), et ce lever du soleil très tardif en cette saison hivernale aurait un impact néfaste sur la santé des Français, le réglage de notre horloge biologique se faisant aussi par l’exposition à la lumière.

A l’heure du réveil, notre corps a besoin d’une dose importante de lumière pour débuter une nouvelle journée et synchroniser l’horloge biologique. Il serait ainsi privé de cette lumière en hiver avec lever du jour plus tardif.

En revanche, si l’heure d’hiver était maintenue, le coucher du soleil aurait lieu en moyenne 4 h plus tard en été qu’en hiver, au lieu de 3 h avec le changement d’heure actuel, et induirait un coucher plus précoce et un sommeil plus long qui seraient bénéfiques à notre santé.

Les travaux sur l’importance de l’exposition à la lumière sur le cycle circadien sont menés au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. L’équipe de recherche a notamment observé que certaines expositions à la lumière à des moments très précis ont des effets bénéfiques sur la physiologie du sommeil1 et les fonctions non-visuelles de l’organisme telles que la sécrétion de la mélatonine (hormone contrôlée par l’horloge circadienne et impliquée dans la régulation du sommeil), le reflexe pupillaire, l’activité cérébrale, la température et le système cardiovasculaire, même à des exposition très courtes1,2 et des niveaux très faibles de lumière3.

 

  1. Rahman SA, Wright KP, Kronauer RE, Czeisler CA, Lockley SW, Gronfier C. Characterizing the temporal Dynamics of Melatonin and Cortisol Changes in Response to Nocturnal Light Exposure. Sci Rep 9, 19720 (2019) doi:10.1038/s41598-019-54806-7.
  2. Prayag A, Avouac P, Dumortier D, Gronfier C. Dynamics of non-visual responses in humans: as fast as lightning? Frontiers in Neuroscience, 2019, https://doi.org/10.3389/fnins.2019.00126
  3. Prayag A, Najjar R., Gronfier C. Melatonin suppression is exquisitely sensitive to light and primarily driven by melanopsin in humans. J Pineal Res 2019 Jan 29:e12562. doi: 10.1111/jpi.12562.

Prix Nobel de médecine 2023

Portraits dessinés des deux lauréats du prix Nobel de médecine 2023 : Katalin Karikó (àgauche) et Drew Weissman (à droite)Ill. Niklas Elmehed © Nobel Prize Outreach 

Les lauréats du prix Nobel de physiologie ou de médecine 2023 ont été annoncés ce lundi 2 octobre 2023. Il s’agit de l’Américano-Hongroise Katalin Karikó et de l’Américain Drew Weissman. Ils sont récompensés pour leurs découvertes concernant les modifications des bases nucléiques, découvertes qui ont été essentielles au développement de vaccins à ARN messager efficaces contre la Covid-19. Leurs travaux ont par ailleurs fondamentalement modifié notre compréhension de la manière dont l’ARNm interagit avec notre système immunitaire.

 

A l’Inserm, la recherche sur les nombreuses perspectives d’applications de l’ARN messager se poursuit.

 

Retrouvez nos dossiers et actualités sur cette thématique en ligne :

Octobre rose : mieux comprendre le cancer du sein pour améliorer la prise en charge des patientes

Le mois d’octobre est consacré à sensibiliser au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche.

Si depuis quelques années la mortalité liée au cancer du sein diminue, l’incidence elle augmente. Le cancer du sein représente un tiers de l’ensemble des nouveaux cas de cancer chez la femme et la première cause de décès par cancer chez la femme.

A l’Inserm, de nombreuses équipe de recherche sont mobilisées pour mieux comprendre la maladie, améliorer son diagnostic et offrir aux patientes un meilleur parcours de soin. Trois publications récentes en témoignent.

Identification de biomarqueurs pour prévenir le risque de développer un cancer secondaire

Dans une étude récente publiée dans le British Journal of cancer, une équipe de recherche de l’Inserm a identifié dans le sang de patientes atteintes d’un cancer du sein un microARN spécifique qui pourrait servir de biomarqueur du risque de développer un cancer secondaire.

Plus précisément, la découverte des chercheurs et chercheuses suggère que ce microARN pourrait non seulement prédire le risque de métastase de la tumeur principale, mais serait également directement impliqué dans la pathogenèse d’éventuelles tumeurs secondaires.

Un biomarqueur pour prédire la réponse au traitement des patientes

Dans de récents travaux publiés dans la revue EMBO Mol Med, une équipe de recherche dirigée par la directrice de recherche Inserm Muriel Le Romancer a identifié, pour la première fois, un biomarqueur permettant de prédire la réponse des patientes atteintes d’un cancer du sein vis-à-vis du tamoxifène, qui constitue le traitement de référence pour ces cancers.

A terme, l’utilisation de ce biomarqueur pourrait permettre de valider, de manière très précoce, la réponse thérapeutique des patientes vis-à-vis du tamoxifène et ainsi d’adapter leur prise en charge si cela s’avère nécessaire.

Cancer du sein bilatéral : la première étude complète révèle que les tumeurs sont indépendantes l’une de l’autre

Dans Nature Medicine, une équipe de recherche décrit pour la première fois le cancer du sein bilatéral avec des technologies de séquençage avancées. Les scientifiques ont notamment découvert que le système immunitaire ne réagissait pas de la même manière si les tumeurs droites et gauches étaient de sous-groupes différents (luminal, triple négatif ou HER2). Ces travaux ouvrent des perspectives cliniques pour améliorer la prise en charge des patientes atteintes de cancer du sein bilatéral.

Lire le communiqué de presse complet 

Découvrez un autre de nos contenus récents : Découverte d’un système de réparation de l’ADN inédit, un nouvel espoir pour le traitement des cancers du sein et de l’ovaire

Pour aller plus loin : Consulter le magazine n°55 et son dossier  « Cancers : comprendre pour mieux traiter : https://www.inserm.fr/magazine/inserm-le-magazine-n55/ »

 

Santé et lumière du soleil

Lunettes de soleil avec soleil dans ciel bleuHerbert Goetsch © Unsplash photos

La période estivale est l’occasion pour l’Inserm de revenir sur les bienfaits mais aussi les dangers liés à la lumière du soleil, et sur les recherches qui s’intéressent à ce sujet.

La lumière influence nos fonctions cognitives et physiologiques

Pour fonctionner correctement, notre « horloge biologique » circadienne se base sur des signaux qu’elle reçoit de l’environnement et qu’elle interprète comme des indicateurs temporels lui permettant de se synchroniser à la journée de 24h. La lumière, en particulier la lumière naturelle du soleil mais aussi la lumière artificielle, constitue ainsi un stimulant puissant de l’horloge circadienne mais aussi de nos fonctions non-visuelles impliquées entre autres dans l’éveil, le sommeil, et la cognition. Elle permet ainsi d’optimiser très précisément la physiologie durant le jour et durant la nuit.

Les travaux sur l’importance de l’horloge circadienne et de l’exposition à la lumière sont menés par des chercheurs et chercheuses Inserm au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. L’équipe de recherche a notamment observé que l’horloge circadienne et la manière dont elle est impactée par la lumière ont des effets très puissants sur un grand nombre de processus physiologiques, telles que la sécrétion de la mélatonine, le réflexe pupillaire, l’activité cérébrale, la température corporelle, le système cardiovasculaire, et plus récemment la perception douloureuse au cours des 24 heures.

Lire notre communiqué de presse : « Comment la lumière influence-t-elle le fonctionnement du cerveau ? »

Lire le dossier Inserm : Les bonnes attitudes contre la carence en vitamine D

Une exposition prolongée aux rayons UV favorise le développement du mélanome

L’exposition aux rayons ultraviolets du soleil est la principale cause de cancer de la peau, connu aussi sous le nom de mélanome, un cancer de la peau très agressif avec un fort potentiel métastatique. Cette agressivité est en partie due à la plasticité des cellules cancéreuses au cours de la progression métastatique.

Plusieurs études récentes ont été publiées pour mieux comprendre les mécanismes impliqués dans cette maladie et identifier les facteurs de risque.

  • Des travaux publiés dans la revue Cancer Research se sont intéressés plus spécifiquement aux interactions entre les cellules de mélanome et le ganglion lymphatique, dont la fonction est de produire les cellules immunitaires. Les résultats de l’étude suggèrent que cibler certains des mécanismes de reprogrammation précoces du ganglion lymphatique par le mélanome, pourrait limiter la dissémination métastatique et le risque de rechute des patients.

 

  • Des chercheurs ont découvert une mutation génétique qui faciliterait la formation de métastases. Cette mutation entraine l’absence d’un facteur de croissance, ce qui impliquerait que les cellules auraient plus de facilité à se disséminer dans l’organisme. L’analyse approfondie de ce mécanisme pourrait permettre d’identifier des cibles thérapeutiques afin de prévenir le phénomène. Les travaux ont été publiés dans Nature genetics.

 

  • Dans une étude publiée dans la revue Journal of Investigative Dermatology, des scientifiques ont montré dans des modèles de souris obèses que les adipocytes (cellules graisseuses) orchestrent la progression tumorale en réduisant de façon importante l’expression d’un suppresseur de tumeur − la protéine p16 − dans les cellules de mélanome.

Lire l’actualité : Comment l’obésité augmente le risque de mélanome agressif ?  

Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, le 22 juin 2023

Coupe transversale d'un rein humain. Illustration 3dCoupe transversale d’un rein humain. Illustration 3d © AdobeStock

La Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe se déroulera cette année le 22 juin. Pour faire face à une pénurie d’organes importante à travers le monde, exacerbée notamment par la pandémie de Covid-19, les recherches portant sur la transplantation se sont multipliées ces dernières années et d’énormes avancées ont été accomplies, mobilisant plusieurs équipes de l’Inserm. Leur objectif premier est de continuer à garantir l’efficacité de ces chirurgies qui sauvent des vies.

Retour sur deux publications récentes qui portent sur des stratégies visant à prédire l’échec le succès ou l’échec des greffes de rein.

 

Prédire le rejet des greffes de rénales

Le rejet est la principale cause d’échec de greffe après transplantation rénale. Il constitue donc, compte-tenu de la pénurie mondiale d’organes, un problème majeur de santé publique.

 

  • Dans une récente étude publiée dans la revue Nature Medicine, une équipe de recherche d’Université Paris Cité, de l’Inserm et de l’AP-HP, dirigée par le Professeur Alexandre Loupy au Centre d’expertise de la transplantation multi-organes de Paris, a créé un assistant informatique automatisé qui permet de corriger 40 % des diagnostics erronés concernant le rejet d’allogreffe chez l’humain. Cette approche permet ainsi de mieux orienter la prise en charge des patients.

 

  • Dans une autre étude récente publiée également dans Nature Medicine, des chercheurs et chercheuses de l’Inserm, de l’Université de Strasbourg et des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg au sein de l’unité U1109 « Immunologie et Rhumatologie Moléculaire », et leurs partenaires du Laboratoire d’Excellence (LabEx) Transplantex, ont identifié un nouveau gène d’histocompatibilité -le gène MICA. En d’autres terme, il s’agit d’un gène qui permet de mieux expliquer et prédire le succès ou l’échec d’une greffe de rein.

11-23 mai : Journées nationales de rhumatologie

Arthrose de la main © Fotalia

Particulièrement douloureuses, invalidantes et touchant différentes tranches d’âge—pas uniquement les personnes âgées —, les maladies des articulations (arthrites, arthroses) ne bénéficient pas encore de traitements curatifs. Heureusement, la recherche dans ce domaine est très active. A l’approche des journées nationales de rhumatologie qui auront lieu du 10 au 23 mai prochain à Grenoble, l’Inserm vous propose de découvrir trois dernières avancées de la recherche réalisées au sein de l’institut sur ces maladies spécifiques.

Des maladies qui touchent les femmes plus que les hommes

Les trois quarts des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde sont des femmes. Une des explications à ce biais sexuel tient au fait que le chromosome X, dont la femme possède deux copies (contre une seule chez l’homme), contient de nombreux gènes impliqués dans les fonctions immunologiques.

Une étude menée par l‘Inserm[i] s’est intéressée plus spécifiquement à l’étiologie de la polyarthrite rhumatoïde chez les rares hommes concernés. Les scientifiques ont étudié les chromosomes sexuels présents dans les cellules sanguines de patients atteints de cette maladie.

Lire l’article complet

Du Botox ® pour soulager l’arthrose du pouce

Lors d’un essai qui a porté sur 60 patients, publié en juin 2022, le groupe de recherche de Christelle Nguyen a évalué une approche prometteuse : l’injection intra-articulaire de toxine botulique de type A (Botox®). Cette stratégie s’est avérée 62 % plus efficace contre la douleur que le placebo (injection intra-articulaire de sérum salé). Le tout, sans effet indésirable sévère. Malheureusement, cette efficacité ne s’est pas maintenue au-delà de 3 mois. D’où l’idée de réaliser une injection de la même dose de Botox® tous les 3 mois.

Lire le communiqué de presse 

Arthrose : des cellules souches encapsulées pour protéger l’articulation

En cas d’arthrose, préserver le cartilage grâce à l’injection locale de cellules souches est une option explorée par les chercheurs depuis plusieurs années. Une équipe Inserm propose d’utiliser des cellules souches particulières, dites « mésenchymateuses », encapsulées dans un microgel, pour augmenter leur durée de vie après administration et les empêcher de migrer ailleurs. À terme, cette approche pourrait permettre de proposer aux patients une injection thérapeutique unique avec un effet durable.

Lire l’article complet 

[i] *unité 1097 Inserm/ Aix-Marseille Université, Arthrites Autoimmunes, Marseille.

Rendez-vous à ne pas manquer :

Mardi 23 mai 2023 à 20h30, rendez-vous sur la chaîne YouTube de l’Inserm pour un nouveau numéro de « 30 minutes Santé » qui sera consacré à l’arthrose.

Lire le grand angle du Magazine de l’Inserm consacré aux articulations :

Articulations : Des rouages vitaux à mieux protéger – dossier Grand angle du magazine de l’Inserm n° 56 (mars 2023)

Emission à réécouter sur France Culture, un partenariat entre la Science CQFD et le Magazine de l’Inserm : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-science-cqfd

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Temps d’écran des enfants : enquête sur la situation française

Une enquête parue dans le BEH décrit le temps d’écran, total et par type d’écran, des enfants suivis à 2 ans, 3 ans et demi et 5 ans et demi.

Le temps passé par les enfants devant les écrans a augmenté ces dernières années en France, comme en témoignent diverses enquêtes transversales répétées. Cependant, il n’existe à l’échelle nationale aucune donnée longitudinale, en particulier pour les moins de 3 ans. À partir des données de la cohorte Elfe, une nouvelle enquête parue dans le BEH décrit le temps d’écran, total et par type d’écran, des enfants suivis à 2 ans, 3 ans et demi et 5 ans et demi.

Ce travail montre qu’il y a également des disparités selon la région d’habitation de la famille, son histoire et son origine migratoires, le niveau d’études de la mère et le sexe de l’enfant. Après pondération des données, le temps d’écran quotidien était en moyenne de 56 min à 3 ans et demi et 1h34 à 5 ans et demi. Dans l’ensemble, les temps d’écran étaient plus élevés chez les familles ayant des origines immigrées, ou un niveau d’études de la mère faible. Des disparités régionales étaient aussi observées.

Enfin, si aucune différence entre garçons et filles n’était observée à 2 ans, les garçons utilisaient les écrans 10 minutes de plus que les filles à 5 ans et demi. Cette étude décrit pour la première fois à l’échelle nationale et de façon longitudinale le temps passé par les jeunes enfants devant les écrans. Elle permettra de mieux cibler les familles et les contextes où ce temps excède les recommandations.

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