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Un minimum d’effort pour un maximum d’effet

Dix jours après le décollage de l’astronaute Thomas Pesquet dans l’espace pour la mission Proxima, les questions restent nombreuses concernant l’adaptation de l’Homme à la gravité. L’équipe de recherche de l’Unité Inserm 1093 « Cognition, action et plasticité sensori-motrice » (Inserm/Université de Bourgogne) s’intéresse à la façon dont sont réalisés les mouvements dépendants de ce paramètre. Depuis 30 ans, on pensait que le cerveau à l’origine de la commande motrice compensait en permanence les effets de la gravité. Dans cette étude, les chercheurs révèlent qu’il se sert de la gravité pour minimiser les efforts que nos muscles doivent déployer. Ces résultats sont parus dans eLife.

De nombreuses activités humaines et animales nécessitent que les mouvements de nos membres s’opèrent de manière précise. (C’est le cas des danseurs professionnels qui ont une parfaite maitrise de leur corps.) Pour qu’un mouvement soit réussi, le cerveau doit générer des contractions musculaires en tenant compte des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter ce mouvement. L’un des plus importants est la gravité. Le cerveau développe une représentation interne de la gravité qu’il peut ainsi utiliser pour anticiper ses effets sur notre corps. Mais comment ça marche? Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que le cerveau compensait à chaque instant les effets de la gravité pour réaliser un mouvement. Mais les chercheurs de l’Inserm ont avancé une nouvelle hypothèse. Le cerveau utiliserait la représentation interne de la gravité pour en tirer avantage et économiser de l’énergie.

Pour percer ce mystère, l’équipe de recherche a demandé à des volontaires de réaliser des mouvements du bras en condition de gravité normale et en condition de microgravité. En gravité normale, 15 volontaires ont réalisé des mouvements du bras droit dans 17 directions différentes.

Chaque mouvement est composé de deux phases qui déterminent la durée totale du mouvement: une phase d’accélération (ex: lever le bras si la trajectoire initiale est « vers le haut ») et une phase de décélération (ex: pour stopper le bras dans sa course). C’est ce que l’on appelle l’organisation temporelle du mouvement.

Si le cerveau compensait les effets de la gravité en permanence, comme on le croyait, les durées des phases d’accélération et de décélération seraient constantes. En gravité normale, la phase d’accélération ou de décélération commandée par le cerveau s’est avérée plus ou moins grande selon l’orientation du mouvement. Cette observation corrobore l’hypothèse d’une adaptation de l’Homme pour tirer avantage de la gravité en modulant la durée de ces phases pour ne pas solliciter inutilement les muscles.

Pour confirmer et valider ces résultats, les chercheurs ont recréé l’apesanteur dans un avion. Les volontaires ont réitéré les mouvements du bras dans les 17 directions. Alors qu’au début de l’expérience, la façon de réaliser les mouvements est la même que sur Terre, peu à peu, les durées des phases d’accélération et décélération ont changé.

 

Volontaire effectuant des mouvements en condition de microgravité dans un avion suivant un arc parabolique © Jérémie Gaveau / Inserm

« Cette observation montre bien que notre cerveau capte les informations de l’environnement, se reprogramme et s’adapte à la nouvelle gravité » explique Jérémie Gaveau, premier auteur de ce travail. Une fois qu’il a compris, il intègre les nouveaux paramètres et envoie les commandes qui permettent de réaliser les mouvements en fournissant le moins d’efforts possible.

« La comparaison de ces résultats à ceux de simulations numériques révèle un comportement sophistiqué de l’individu. En effet, nos mouvements sont organisés pour tirer avantage des effets de la gravité, ceci afin de minimiser les efforts que nos muscles doivent déployer » conclut-il.

C’est un réel changement de paradigme. Cette avancée pourrait à terme être utilisée pour programmer correctement le « cerveau » des robots humanoïdes ou d’aide au mouvement pour les personnes handicapées.

Une molécule pour régénérer les cellules produisant de l’insuline chez les diabétiques

 

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Des chercheurs de l’Inserm sous la direction de Patrick Collombat au sein de l’Unité 1091 « Institut de biologie Valrose » (Inserm/CNRS/Université de Nice Sophia Antipolis) démontrent que le GABA, un neurotransmetteur utilisé parfois en complément alimentaire, pourrait induire la régénération des cellules produisant l’insuline. Cette découverte, réalisée chez la souris et partiellement validée chez l’homme, apporte un nouvel espoir aux patients atteints de diabète de type 1.

Ces travaux sont publiés dans la revue Cell.

Le diabète de type 1 est une maladie se caractérisant par la destruction sélective des cellules produisant l’insuline, une hormone permettant de diminuer le taux de sucre sanguin en cas d’apport sucré. On appelle ces cellules les cellules β pancréatiques. Trouver comment les restaurer est un enjeu majeur de la recherche notamment parce que les traitements actuels ne suffisent pas toujours à éviter de graves complications.

Les scientifiques avaient montré dans de précédents travaux qu’il était possible de recréer ces cellules β en modifiant génétiquement des cellules qui leur ressemblent : les cellules α productrices de glucagon. L’approche utilisée consistait en l’activation forcée d’un gène nommé Pax4 dans toutes les cellules alpha. Les résultats prouvaient aussi que ces cellules alpha étaient continuellement régénérées et converties en cellules bêta conduisant, à une augmentation massive du nombre de cellules bêta. Cependant, pour espérer un jour pouvoir transposer cette découverte à l’Homme, il fallait trouver un composé qui permette de recréer cette modification induite génétiquement. « Notre première avancée était importante, mais il n’était pas possible d’agir de cette manière sur le patrimoine génétique d’un être humain« . explique Patrick Collombat, directeur de recherche Inserm.

Dans ce nouveau travail, l’équipe de chercheurs vient de démontrer que cet effet pourrait être induit sans aucune modification génétique, grâce au GABA, un neurotransmetteur présent naturellement dans l’organisme mais aussi disponible sous forme de complément alimentaire.

Chez la souris d’abord : le GABA induit la régénération continue, mais contrôlée, des cellules alpha du pancréas et leur transformation en cellules produisant de l’insuline. Les cellules ainsi générées sont fonctionnelles et peuvent soigner plusieurs fois un diabète induit chimiquement chez la souris.

Chez l’Homme ensuite : sur des ilots de Langerhans (qui contiennent à la fois des cellules alpha et beta), les chercheurs ont observé qu’après 14 jours de culture en présence de GABA, le nombre de cellules alpha productrices de glucagon diminuait de 37% au profit d’une augmentation de 24% des cellules productrices d’insuline.

Enfin, en transplantant l’équivalent de 500 ilots de Langerhans humains chez la souris, les mêmes résultats ont été obtenus en supplémentant quotidiennement l’alimentation des souris en GABA pendant un mois. Ces résultats sont prometteurs quant à l’efficacité probable de cette solution pour l’Homme. Des essais thérapeutiques vont ainsi être prochainement initiés afin de déterminer si le GABA pourrait effectivement aider des patients atteints de diabète de type 1.

Ces travaux ont bénéficié du soutien financier de l’ERC et de la Juvenile Diabetes Research Foundation.

MAAD Digital : Un nouveau site web sur les addictions élaboré pour et par les jeunes !

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©Ignited Kingdom

La MILDECA et l’Inserm en collaboration avec l’association l’Arbre des connaissances, lancent www.maad-digital.fr, un site web d’information scientifique sur les addictions construit avec et pour les jeunes.
Grâce au concours de scientifiques reconnus, ce nouveau site propose de nombreux contenus dynamiques et fiables adaptés aux attentes des 13/19 ans. Les articles décryptent l’information scientifique sur les addictions à l’alcool, au tabac, et aux drogues illicites dans un langage et sur des supports adaptés aux usages multimédia des jeunes.

Un programme novateur unique en France

Pourquoi l’alcool peut-il rendre violent? Modifier les performances sexuelles ? Pourquoi le cerveau des adolescents est-il plus accro à la cigarette que celui des adultes ?
C’est pour répondre à ces questions (et bien d’autres) que l’Inserm et la MILDECA ont soutenu le programme MAAD Digital, novateur et unique en France.

Alors que nombre de fausses informations présentées comme des vérités scientifiques circulent sur internet et particulièrement sur les réseaux sociaux, ce programme a pour objectif de délivrer et centraliser des informations scientifiques pédagogiques et fiables sur les mécanismes d’addictions aux drogues.

Pour devenir des « passeurs de sciences »

Dans un esprit résolument moderne -la ligne éditoriale est co-construite avec les jeunes- MAAD Digital propose des contenus plurimédias accessibles sur tous les supports utilisés par les jeunes (ordinateur, tablette, smartphone). Ce site leur permet de devenir des «passeurs de sciences» et leur donne l’occasion d’aborder ces sujets entre eux, sans tabou, et sous l’angle de la connaissance.

Loin de la caricature du vieux savant fou qui colle souvent au personnage du chercheur, MAAD Digital puise dans l’univers des comics et des séries à succès pour valoriser la connaissance et affirmer le pouvoir de la méthode scientifique. Et puisqu’on n’a pas les mêmes attentes à 13 ans et à 19 ans, les articles présentent plusieurs niveaux de lecture. Les réseaux sociaux seront également largement utilisés pour relayer et valoriser les contenus du site.

Enfin, le site propose aux enseignants de s’appuyer sur les articles couvrant des unités pédagogiques (5e/4e/3e et lycée) pour bâtir leurs cours.

Pour tout savoir sur le site MAAD digital, consultez le dossier de presse complet.
Retrouvez aussi MAAD digital sur les réseaux sociaux : Twitter @MaadDigital et page Facebook

 

La collaboration entre l’Inserm et la MILDECA

La MILDECA et l’Inserm développent depuis plusieurs années un partenariat visant à stimuler et valoriser les connaissances scientifiques sur les phénomènes de consommations et de dépendance aux substances psychoactives licites et illicites. Cette nouvelle coopération s’inscrit dans la volonté partagée de promouvoir l’éducation scientifique par la recherche sur les dangers des drogues et des conduites addictive, en particulier face à l’alcool, au cannabis et au tabac.

Le site internet maad-digital.fr sera officiellement lancé à l’occasion de la Journée de médiation scientifique sur les drogues et les conduites addictives qui se tiendra le lundi 28 novembre 2016 à l’initiative de la MILDECA.

L’origine du syndrome des cheveux incoiffables identifiée

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(c) Fotolia

En 1973, le syndrome rare des cheveux incoiffables ou « pili trianguli et canaliculi », a été décrit par un dermatologue toulousain. Plus de 40 ans plus tard, Michel Simon, directeur de recherche Inserm et ses collaborateurs de l’Unité différenciation épidermique et autoimmunité rhumatoïde » (Inserm/CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier) en ont identifié la cause génétique. Ces résultats sont publiés dans la revue The American Journal of Human Genetics.

 

Le syndrome des cheveux incoiffables est une maladie rare des cheveux dont la prévalence est mal connue. Elle débute généralement pendant l’enfance entre 3 mois et 12 ans. Secs et désordonnés, les cheveux des enfants atteints deviennent progressivement blond argenté ou couleur paille. Les cheveux se dressent sur le cuir chevelu et poussent dans tous les sens. Il est impossible de les coiffer ou de les aplatir avec un peigne. En détail, l’analyse microscopique à balayage révèle une gouttière longitudinale sur toute leur longueur, avec une section triangulaire ou réniforme. Ce syndrome n’est toutefois pas invalidant et connaît une amélioration spontanée à la fin de l’enfance.

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Les chercheurs, en collaboration avec une équipe de l’Institut de génétique humaine de l’Université de Bonn et des médecins dermatologues ou généticiens de 7 pays différents, ont découvert que la maladie est due à des mutations récessives d’un trio de gènes qui concourent à la formation du cheveu : le gène codant pour un de ses composants structuraux, la trichohyaline (TCHH) ; ou deux gènes à l’origine d’enzymes qui la prennent pour cible à tour de rôle : la peptidyl-arginine désiminase 3 (PAD3) et la transglutaminase 3 (TGase3).

Par ailleurs, les chercheurs ont également montré, chez la souris, que l’inactivation du gène Pad3 altère la forme du pelage et des moustaches des animaux, comme cela avait déjà été rapporté concernant des souris dépourvues de TGase3.

En conclusion, l’absence de TCHH ou le défaut de la cascade biochimique qui aboutit à la rigidification de la tige pilaire sont responsables des anomalies de la formation du cheveu caractéristiques du syndrome des cheveux incoiffables ou « pili trianguli et canaliculi ».

« Ces résultats, en plus de décrire l’origine moléculaire de la maladie et de permettre un meilleur diagnostic, apportent de nouvelles connaissances sur le cheveu et les mécanismes de sa formation » conclut Michel Simon, directeur de recherche à l’Inserm.

Pour en savoir plus

Bien qu’extrêmement rare, le syndrome est connu depuis longtemps. Il a acquis sa notoriété par le célèbre personnage littéraire « Struwwelpeter » (Pierre L’ébouriffé) créé en 1845 par l’auteur d’histoires pour enfants Heinrich Hoffmann. Le livre a été traduit par la suite en anglais par Mark Twain dans « Slovenly Peter ». Bien qu’il ne l’ait jamais dit, on peut même penser que le réalisateur Tim Burton s’en est inspiré pour son film Edward aux mains d’argent (Edward Scissorhands).

Un intestin humain fonctionnel reconstitué à partir de cellules souches

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Coupe transversale d’organoïde intestinal humain possédant un système nerveux entérique après transplantation chez la souris.*

(Copyright MaximeM.Mahe/CCMH)

Des chercheurs américains du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center et français de l’Inserm (Unité mixte de recherche 913 « Neuropathies du système nerveux entérique et pathologies digestives », Inserm/Université de Nantes) ont réussi à recréer un intestin humain fonctionnel grâce à l’utilisation de cellules souches pluripotentes humaines. Pour réaliser cette avancée d’importance, ils ont cultivé des tissus intestinaux humains avec des cellules nerveuses. Le détail de leurs travaux est publié en ligne le 21 novembre 2016 dans Nature Medicine.

 

L’intestin est un organe essentiel du corps humain. Il constitue la principale interface d’échanges avec le monde externe avec une surface équivalente à deux terrains de tennis. Au vu de son importance, il possède son propre système nerveux et est depuis quelques années communément appelé « le second cerveau ». Le système nerveux entérique contrôle de nombreuses fonctions incluant le mélange et la propulsion du bol alimentaire au long du tube digestif, la sécrétion d’hormones, la perméabilité épithéliale. Les perturbations de ce système sont à l’origine de nombreuses pathologies. Son mauvais fonctionnement gène en effet la contraction des muscles intestinaux. Ceci contribue à déclencher des douleurs abdominales, des diarrhées, des constipations et dans les cas graves, crée des obstructions fonctionnelles (occlusions intestinales) qui requièrent une intervention chirurgicale.

Il n’existait, jusqu’alors, aucun modèle biologique pour l’étudier chez l’homme. Les chercheurs ont donc développé une approche innovante d’ingénierie tissulaire associée à l’utilisation de cellules souches pour créer un intestin humain fonctionnel.

Premiers essais in vitro : trouver le bon dosage

Pour cela, l’équipe a ajouté successivement un cocktail de molécules destinées à diriger la différentiation des cellules souches pluripotentes humaines en tissu intestinal. Le processus était quasiment le même que celui utilisé en 2010 puis 2014 par le même laboratoire qui a réussi à mettre au point la toute première génération de tissus intestinaux humains. Mais, avec cette seule approche, les tissus intestinaux ne possédaient pas de système nerveux entérique, indispensable à l’absorption des nutriments et à l’évacuation des déchets au travers des voies digestives.

En parallèle, et afin de concevoir un système nerveux fonctionnel, les chercheurs ont donc créé des cellules nerveuses au stade embryonnaire appelées cellules de la crête neurale. Ces dernières ont été manipulées pour former des cellules, précurseurs des cellules nerveuses entériques. « La difficulté de cette étape était d’identifier comment et quand incorporer les cellules de la crête neurale dans l’intestin en développement précédemment créé in vitro » explique Maxime Mahé, chargé de recherche à l’Inserm, co-premier auteur de ce travail.

La co-culture du tissu intestinal et des cellules précurseurs du système nerveux entérique a permis de générer un tissu humain ressemblant à l’intestin fœtal en développement. Il en a résulté la première génération de « mini-intestins » (appelés organoïdes intestinaux) complexes et fonctionnels, entièrement issus de cellules souches pluripotentes humaines.

 

Des essais in vivo concluants

Le défi suivant a été de transplanter ces organoïdes fonctionnels dans un organisme vivant, dans ce cas, des souris de laboratoire dépourvues de système immunitaire. Cette étape a permis aux chercheurs d’observer le développement et le fonctionnement des tissus in vivo. Les données de l’étude montrent que les tissus fonctionnent et sont structurés d’une manière remarquablement similaire à celle d’un intestin humain. Ils se développent et assurent les fonctions intestinales, telles que le traitement des nutriments. Ils présentent enfin une motricité similaire au péristaltisme – c’est à dire des séries de contractions musculaires qui déplacent les aliments au travers des voies digestives.

Les chercheurs ont ensuite utilisé cette technologie pour étudier une maladie intestinale rare : la maladie de Hirschsprung – une affection dans laquelle le rectum et le côlon ne développent pas de système nerveux, entraînant constipation et occlusion intestinale. Une forme létale de la maladie de Hirschsprung est provoquée par une mutation du gène PHOX2B. Leurs tests in vitro et chez des souris leur ont permis de démontrer que le gène PHOX2B muté provoque des changements délétères importants dans les tissus intestinaux innervés.

« Nos travaux marquent une étape essentielle  dans la compréhension des maladies digestives chez l’Homme où peu de modèle sont présents. Cette nouvelle technologie offre une plateforme de « screening » pour de nouvelles thérapeutiques intestinales. Il s’agit encore des prémices de cette technologie mais une perspective de médecine régénérative et personnalisée est envisageable, notamment en vue de la transplantation d’un intestin spécifique à chaque patient» explique Maxime Mahé.

Cette découverte apporte deux grandes perspectives de recherche. La première sera de modéliser et étudier les troubles intestinaux dans un tissu humain tridimensionnel et fonctionnel, et ce, avec des cellules spécifiques d’un patient. La seconde perspective  consistera à tester les nouvelles thérapies sur cet intestin humain fonctionnel avant de proposer des essais cliniques chez l’homme.

 

* Dans cette image, nous visualisons l’épithélium intestinal en rouge (E-cadhérine), ouvert sur un lumen. Le tissu sous-jacent à l’épithélium est riche en vaisseaux sanguins (vert, CD31) et présente des neurones (jaune, TUBB3) également dérivés des cellules souche pluripotentes humaines. Le tissu observé est incroyablement similaire à un tissu normal humain.

Les mitochondries sont essentielles à la mémoire

visuel-marsicano-newsroomLes mitochondries développent notre mémoire en apportant de l’énergie aux cellules du cerveau

(c) Charlie Padgett

De nombreuses études ont montré que la prise de cannabis peut entrainer des pertes de mémoire à court et à long terme. Ces effets sur la mémoire seraient liés à la présence de récepteurs spécifiques sur plusieurs types cellulaires cérébraux (neurones mais aussi cellules gliales). Des chercheurs de l’Inserm sous la direction de Giovanni Marsicano (NeuroCentre Magendie, U1215) montrent que ces effets sur la mémoire sont liés à la présence de ces mêmes récepteurs sur les mitochondries, la centrale énergétique des cellules. C’est la première fois que l’implication directe des mitochondries dans les fonctions supérieures du cerveau, comme l’apprentissage et la mémoire, est montrée. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature.

 

Les mitochondries sont les centrales énergétiques des cellules animales. Elles sont présentes à l’intérieur des cellules pour produire l’énergie (sous forme d’ATP) nécessaire à tous les processus biochimiques. Pour ce faire, elles utilisent l’oxygène pour transformer les nutriments en ATP. Ces fonctions sont évidemment nécessaires à la survie de l’ensemble des cellules du corps, mais dans le cerveau l’impact des mitochondries va au de-là de la simple survie cellulaire. Si le cerveau ne représente que 2% du poids du corps, il consomme en effet, jusqu’à 25% de son énergie. Par conséquent, l’équilibre énergétique du cerveau est quelque chose de très important pour ses fonctions et, donc très régulé. On sait parfaitement que des altérations chroniques des fonctions mitochondriales (par ex. dans les maladies mitochondriales) produisent d’importants symptômes neurologiques et neuropsychiatriques.

Cependant, l’implication fonctionnelle directe des mitochondries dans les fonctions supérieures du cerveau, comme l’apprentissage et la mémoire, était jusqu’à présent inconnue.

En d’autres termes, nous servons-nous des mitochondries de notre cerveau quand nous apprenons ou quand nous nous souvenons de quelque chose ?

Cette étude, qui s’appuie sur la découverte du fait que le récepteur cannabinoïde CB1 est aussi présent sur les mitochondries du cerveau (appelées mtCB1) révèle que c’est bien le cas. À l’aide d’outils innovants, les chercheurs de l’Inserm ont montré que le composant actif du cannabis, le THC (delta9-tétrahydrocannabinol), provoque de l’amnésie chez les souris en activant les mtCB1 dans l’hippocampe.

« La diminution de mémoire induite par le cannabis chez la souris exige l’activation de ces récepteurs mtCB1 hippocampiques » explique Giovanni Marsicano. A l’inverse, « leur suppression génétique empêche cet effet induit par la molécule active du cannabis. Nous pensons donc que les mitochondries développent notre mémoire en apportant de l’énergie aux cellules du cerveau ».

Cette étude est importante non seulement parce qu’elle présente un nouveau mécanisme qui sous-tend les effets du cannabis sur la mémoire, mais aussi parce qu’elle révèle que l’activité mitochondriale fait partie intégrante des fonctions du cerveau.

Jean-Laurent Casanova, spécialiste de la génétique des maladies infectieuses, lauréat du Grand Prix Inserm 2016

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Jean-Laurent Casanova (c) Inserm/ Delapierre Patrick

La cérémonie annuelle des Prix Inserm distinguera, le 8 décembre prochain au Collège de France, huit chercheurs et ingénieurs dont les réalisations contribuent à l’excellence scientifique de l’institut. Le Grand Prix Inserm 2016 sera décerné à Jean-Laurent Casanova pour ses travaux sur la génétique humaine des maladies infectieuses, en présence de Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, et du professeur Yves Lévy, Président-directeur général de l’Inserm.



Jean-Laurent Casanova, Grand Prix Inserm 

Au XIXème siècle, Louis Pasteur démontre que les microbes sont responsables des maladies infectieuses, révolutionnant ainsi la médecine. Pourtant, exposés au même microbe, seule une minorité d’enfants et adultes infectés développent une maladie grave. Face à cette énigme, Jean-Laurent Casanova, pédiatre et immunologiste, en soupçonne l’origine génétique. Il consacre alors ses recherches aux maladies infectieuses infantiles: tuberculose, infection pneumococcique invasive, encéphalite herpétique…

Dès les années 1990, et grâce à ses travaux, un changement de paradigme s’opère. Jean-Laurent Casanova apporte la preuve que les maladies infectieuses graves sont aussi des maladies génétiques qui rendent les enfants vulnérables à tel ou tel microbe. Pionnier dans ce domaine, il a contribué à l’identification de plusieurs centaines de mutations génétiques impliquées dans des déficits immunitaires prédisposant à une infection.

Ses découvertes permettent aujourd’hui de proposer aux enfants touchés et à leur famille un diagnostic moléculaire et génétique, ainsi que des mesures préventives voire des stratégies thérapeutiques.

Directeur du laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses, qu’il a fondé avec Laurent Abel, hébergé à la fois à l’Institut Imagine, à l’Hôpital Necker-Enfants Malades à Paris et à l’Université Rockefeller de New York, Jean-Laurent Casanova est consacré, à l’âge de 53 ans, Grand Prix Inserm pour l’ensemble de son travail.

Le diagnostic moléculaire et génétique, rendu possible par les recherches menées par Jean-Laurent Casanova, illustre la nécessité d’une mise en œuvre effective des mesures du Plan France Médecine Génomique 2025 de l’Alliance Aviesan.

 

Linda Fried, Prix International 

Le Prix International honore Linda Fried, gériatre et épidémiologiste à l’Université Columbia de New York, mondialement reconnue pour avoir identifié le syndrome de fragilité lié au vieillissement. Elle a également conçu un programme de tutorat intergénérationnel, ayant démontré son efficacité dans la prévention du déclin cognitif et de la démence.

 

Catherine Barthélémy, Prix d’Honneur

Le Prix d’Honneur récompense Catherine Barthélémy, professeure émérite de la faculté de médecine de Tours, et ancienne directrice de l’équipe « Autisme » au sein de l’Unité Inserm 930 « Imagerie et Cerveau », pour ses travaux sur les mécanismes cérébraux de l’autisme. Investie dans la lutte en faveur de la reconnaissance des enfants autistes, elle poursuit aujourd’hui ses recherches pour favoriser les progrès chez ces derniers.

 

Le Prix Opecst-Inserm est décerné à Martine Bungener, chercheuse, économiste et sociologue, présidente du Gram – Groupe de réflexion avec les associations de malades de l’Inserm, pour son travail au service du dialogue entre les malades, leurs proches et les chercheurs. Ses réalisations ont également contribué à la valorisation du rôle majeur des proches dans le parcours des patients.

Les Prix Recherche sont attribués à Rosa Cossart, directrice de recherche au sein de l’Unité 901 « Institut de Neurobiologie de la Méditerranée » (Inserm/Aix-Marseille Université) en reconnaissance de ses études sur les mécanismes de synchronisation des réseaux neuronaux, et à Xavier Jouven, chercheur, cardiologue et statisticien au sein de l’Unité 970 « Paris – Centre de recherche cardiovasculaire (Inserm/Université Paris-Descartes), qui a notamment mis au jour une nouvelle forme de rejet de greffe rénale, grâce à des modèles mathématiques.

Les Prix Innovation distinguent Benjamin Mathieu, ingénieur d’études au sein de l’Unité 1024 « Institut de biologie de l’École normale supérieure » (Inserm/CNRS/École normale supérieure Paris), dont les travaux ont abouti à la mise au point d’un microscope permettant de mesurer optiquement l’activité des neurones dans un animal vivant, et Céline Tomkiewicz-Raulet, ingénieure d’étude au sein de l’Unité 1124 « Toxicologie, pharmacologie et signalisation cellulaire » (Inserm/Université Paris-Descartes) en reconnaissance de ses recherches sur l’influence des polluants sur le cancer du sein.

Des macaques retrouvent le contrôle d’un membre paralysé

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(c) EPFL

Des primates non-humains ont retrouvé le contrôle d’un membre inférieur paralysé suite à une lésion de la moelle épinière. Cette avancée a été rendue possible grâce à une interface cerveau-moelle épinière (dite « neuroprothèse »). Ce système agit comme un pont sans fil entre le cerveau et les centres de la marche situés dans la moelle épinière, court-circuitant ainsi la lésion. Cette neuroprothèse a été développée par un consortium international mené par l’École Polytechnique de Lausanne (EPFL) au sein duquel l’Institut des maladies neurodégénératives (CNRS/Université de Bordeaux) sous la direction d’Erwan Bezard, directeur de recherche Inserm a mené la validation expérimentale chez l’animal. Les résultats sont publiés le 9 novembre 2016 dans la revue Nature. Un essai clinique a d’ores et déjà été initié à l’hôpital universitaire de Lausanne afin de tester les effets thérapeutiques de cette neuroprothèse chez des patients souffrant de lésions de la moelle épinière.

 

Le 23 juin 2015, un premier singe macaque porteur d’une lésion de la moelle épinière a pu retrouver le contrôle d’un membre inférieur paralysé, et donc remarcher, grâce à une neuroprothèse appelée « interface cerveau-machine » court-circuitant la lésion. Ce système est capable de restaurer la communication entre le cerveau (lieu de genèse des actions volontaires) et la région de la moelle épinière produisant les mouvements des membres inférieurs.

Comment ?
Cette interface cerveau-machine enregistre l’activité cérébrale liée à l’intention de marche, la décode, et transmet cette information à la moelle épinière sous la lésion. Cette transmission est assurée par des électrodes qui stimulent les réseaux nerveux activant les muscles des jambes pendant la locomotion naturelle. Ainsi, seuls les mouvements souhaités par le singe sont produits.
Cette neuroprothèse a été conçue à l’EPFL (Lausanne, Suisse) et techniquement développée par un groupe international composé de Medtronic (USA), l’Université Brown (USA) et le Fraunhofer ICT-IMM (Mayence, Allemagne). Elle a ensuite été testée chez le primate en collaboration avec l’Inserm, le CNRS, l’Université de Bordeaux et le Centre Hospitalier Universitaire de Lausanne (Suisse).
“C’est la première fois qu’une neuroprothèse restaure la marche chez le primate » déclare Grégoire Courtine, professeur à l’EPFL, qui conduit le consortium.

“Les deux singes ont été capables de remarcher immédiatement après la mise en fonction de la neuroprothèse. Aucun entrainement n’a été nécessaire » indique Erwan Bézard, directeur de recherches Inserm et directeur de l’Institut des maladies neurodégénératives (CNRS/Université de Bordeaux), qui a supervisé les expériences sur le primate menées dans son centre. “ Il faut toutefois conserver à l’esprit les nombreux challenges qu’il reste à relever. Même si les essais cliniques débutent, cela prendra quelques années avant que de telles approches soient disponibles en clinique pour l’Homme ».

 

L’interface cerveau-moelle épinière court-circuite la lésion, en temps réel et sans fil

Dans le système nerveux intact, le signal électrique produisant la marche est généré au niveau des neurones cérébraux du cortex moteur. Ces signaux sont aussitôt envoyés à la région lombaire de la moelle épinière. A ce niveau, des réseaux complexes de neurones prennent le relais et contrôlent l’activation des muscles des jambes responsables de la marche. Des faisceaux de fibres nerveuses provenant du cerveau fournissent l’information requise à ces neurones quant à l’intention (ou non) de marcher, leur permettant alors de s’activer pour la réalisation du comportement. Une stimulation électrique délivrée précisément est donc capable de moduler ces réseaux et de produite l’activation désirée des muscles des jambes.

L’interface cerveau-moelle épinière court-circuite la lésion, en temps réel et sans fil. La neuroprothèse décode l’activité du cortex moteur pour « comprendre » le désir de marche ou de quelque mouvement que ce soit et transmet cette information au stimulateur. Ce dernier active les électrodes situées sous la lésion à la surface de la moelle épinière pour permettre l’activation contrôlée des muscles des jambes, en fonction du réel souhait de l’animal.

Le Pr. Jocelyne Bloch, neurochirurgienne, du centre hospitalier universitaire de Lausanne (CHUV) conduit maintenant l’essai clinique qui permettra d’évaluer, chez l’Homme, le potentiel thérapeutique de cette technologie qui permettrait à des patients avec des lésions incomplètes de la moelle épinière de remarcher.

 

L’interface est composée d’un implant cérébral, d’un système d’enregistrement, d’un ordinateur, d’un stimulateur implantable et d’un implant spinal.

L’implant cérébral est une puce comparable à celles déjà utilisées chez l’Homme pour des recherches sur les interfaces cerveau-ordinateur, et placée chirurgicalement sur le cortex moteur.
Développé à l’Université Brown en collaboration avec les Drs Borton et Nurmikko, le système d’enregistrement est connecté à l’implant cérébral pour enregistrer l‘activité électrique et relayer celle-ci en temps réel et sans fil à un ordinateur.
L’ordinateur décode l’activité électrique cérébrale, grâce à des algorithmes spécifiquement développés pour détecter le souhait du singe d’effectuer tel ou tel mouvement en temps réel. Cette « intention » de se mouvoir est transformée en protocole de stimulation de la moelle épinière qui est transmis, là encore sans fil, au stimulateur spinal implantable.
Le stimulateur spinal implantable est du type de ceux communément utilisés pour la stimulation cérébrale profonde (exemples : maladie de Parkinson, tremblement essentiel). Tim Denison et son équipe (Medtronic Inc.) ont développé un nouveau petit logiciel incorporé dans le stimulateur pour recevoir les informations en temps réel. Le stimulateur spinal implantable reçoit le protocole de stimulation sans fil et délivre les instructions de stimulation via l’implant spinal.
L’implant spinal est composé de 16 électrodes préalablement placées chirurgicalement à des endroits précis sur la partie dorsale de la moelle épinière lombaire. Cet implant spinal active de manière synergique les groupes de muscles de la jambe paralysée, permettant la production des mouvements de flexion et d’extension nécessaires à la marche.

Infographie

(c) EPFL

Quand ils jugent leur alimentation équilibrée, les français se conforment plus aux recommandations nutritionnelles

Cheerful friends chatting while lunch

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Le Programme national nutrition santé (PNSS), c’est un ensemble de recommandations nutritionnelles déclinées en messages opérationnels largement diffusés. Sont-elles pour autant bien comprises ? Explorant les données de la cohorte Constances, une équipe de recherche conjointe à l’Inra, l’Inserm et l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines a mis en évidence une bonne concordance entre le fait de juger son alimentation équilibrée et des habitudes alimentaires conformes aux recommandations du PNNS. Ces résultats sont publiés le 25/10/2016 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France.

Depuis 2001, pour aider la population à adopter une nutrition favorable à la santé, le Programme national nutrition santé (PNNS) met en avant un ensemble de recommandations nutritionnelles diffusées sous forme de conseils simples : consommer au moins cinq fruits et légumes par jour, limiter sa consommation de produits sucrés, pratiquer 30 minutes d’activité physique par jour….

Ces recommandations sont-elles pour autant bien comprises par la population ?  Les Français pensent-ils que leur alimentation est bien équilibrée ? C’est le lien entre la perception de l’équilibre alimentaire et le respect des recommandations nutritionnelles qu’une équipe de chercheurs de l’Inra, de l’Inserm et de l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines a exploré à la faveur des données de la cohorte Constances (voir encadré).

Des recommandations inégalement suivies et une alimentation perçue comme plutôt équilibrée

Les recommandations du PNNS sont inégalement suivies : les participants à la cohorte sont ainsi 88 % à limiter le sucre, 60 % à préférer les graisses végétales et 57 % à limiter le sel ou à pratiquer quotidiennement 30 minutes d’activité physique. Par contre, seuls 8 % d’entre eux disent manger au moins cinq fruits et légumes par jour.

Les participants sont plutôt satisfaits de leur alimentation puisqu’ils se donnent une note moyenne de 5,7 sur une échelle de 1 à 8. Tous suivent au moins une recommandation du PNNS avec un score PNNS qui varie de 0,5 à 12,5 pour une valeur moyenne de 6,3.

Recommandations nutritionnelles et équilibre alimentaire : une bonne cohérence entre ce que les participants déclarent et ce qu’ils perçoivent

S’intéressant à la relation entre la perception de l’alimentation et les recommandations nutritionnelles du PNNS, les chercheurs ont mis en évidence que l’équilibre alimentaire perçu est associé au score PNNS. A score PNNS égal, femmes et hommes perçoivent leur alimentation de la même façon.

A l’inverse les participants les plus diplômés et les plus âgés la ressentent plus équilibrée. Les participants jugent aussi leur alimentation plus équilibrée quand ils consomment peu de plats préparés et fastfood et peu de produits de grignotage.

Ces travaux révèlent que, parmi les participants de la cohorte Constances, la perception de l’équilibre alimentaire est fortement associée au respect des recommandations nutritionnelles portées par le Programme national nutrition santé, ce qui est plutôt encourageant.

S’il est nécessaire de mettre en œuvre des campagnes d’information pour renforcer la connaissance des repères du PNNS, il est également important de faciliter l’adoption d’habitudes alimentaires conformes aux recommandations nutritionnelles à la faveur d’interventions et de politiques alimentaires plus globales, allant de la production à la distribution.

Au cœur de l’étude

Cette étude incluait 38 129 participants de la cohorte Constances. Constances est une cohorte épidémiologique française, lancée en 2012, qui rassemble aujourd’hui les données relatives à la santé de plus de 110 000 volontaires de 18 à 69 ans, tirés au sort parmi les affiliés au régime général de l’Assurance maladie. Les habitudes alimentaires des participants ont été évaluées au travers des fréquences de consommation portant sur 22 groupes d’aliments allant des fruits et légumes aux produits de la mer en passant par les matières grasses ou les boissons.
Le respect des recommandations nutritionnelles du PNNS a été mesuré sous forme d’un score PNNS sur 13 points : pour chaque composante des recommandations un point était attribué si les habitudes alimentaires déclarées les respectaient.
La perception de leur alimentation a été évaluée sur une échelle de 1 à 8 par la question « Pensez-vous que votre alimentation est équilibrée ? »

Création du premier accélérateur de recherche technologique de l’Inserm

batiment ART Ultrasons biomédicaux

L’ART « Ultrasons biomédicaux » doté de 1200 m2 dédiés à la recherche et à la dissémination de nouvelles technologies est implanté dans les locaux de l’ESPCI Paris, crédit : J. Chrétien

L’Inserm inaugure son 1er accélérateur de recherche technologique conformément à l’objectif affiché dans le plan stratégique 2016-2020 de l’établissement. Ce premier ART « Ultrasons biomédicaux » sera dédié à la recherche et l’utilisation des ultrasons pour la médecine notamment dans le domaine du diagnostic et traitement des cancers, des maladies cardiovasculaires et neurologiques. Cette nouvelle structure thématique regroupe au sein d’une même unité des compétences multiples pour développer une grande capacité d’innovation et la mettre à disposition d’autres laboratoires de l’Inserm ou d’hôpitaux. L’ART Ultrasons biomédicaux sera implanté au sein de l’ESPCI Paris, vivier de futurs ingénieurs et chercheurs de premier plan.

Aujourd’hui, la recherche doit devenir de plus en plus interdisciplinaire pour être compétitive et génératrice de réelles avancées. C’est toute la philosophie du premier Accélérateur de Recherche Technologique mis en place par l’Inserm dans le domaine des ultrasons biomédicaux. Pour atteindre cette ambition, des physiciens, des biologistes, des cliniciens mais aussi des ingénieurs capables de prendre en compte l’ensemble des contraintes technologiques pour transformer les preuves de concept en outils utilisables et transférables à d’autres chercheurs et médecins travailleront sur le même site.

Les innovations issues de l’ART Ultrasons biomédicaux seront effectivement pensées pour être transférées dans d’autres laboratoires Inserm ou dans les hôpitaux dans trois domaines majeurs de la recherche médicale : le cancer, les maladies cardiovasculaires et enfin les neurosciences.

Les chercheurs espèrent ainsi proposer à plus ou moins court terme :
– des instruments capables de traiter l’insuffisance cardiaque sans opération,
– des systèmes d’imagerie de l’activité du cerveau miniaturisés
– des interfaces cerveau-machine pour le traitement de pathologies neurologiques majeures telles que la dépression,
– des capteurs intelligents portables capables de mesurer et stocker une foule de paramètres fonctionnels
– des systèmes d’imagerie échographique pour délivrer à distance et de manière parfaitement contrôlée des médicaments à l’intérieur des tumeurs, voire de créer ces médicaments à distance uniquement dans la zone ciblée.

Un groupe de dix ingénieurs Inserm de haut niveau accompagnera en permanence les physiciens de l’équipe « Physique des Ondes pour la Médecine » (Inserm/CNRS/ESPCI Paris) dirigée par Mickael Tanter afin d’accélérer le développement de nouvelles technologies issues du laboratoire. Ces ingénieurs auront également pour missions de rendre ces technologies simples d’utilisation, compatibles avec les normes médicales, de former les nouveaux utilisateurs et d’améliorer en permanence la performance de ces outils.

« Aujourd’hui, pour faire des découvertes majeures en médecine, il devient indispensable de disposer de technologies innovantes et cela très peu de temps après leur invention. De nombreux partenariats interdisciplinaires existent déjà entre notre équipe « Physique des Ondes pour la Médecine », des hôpitaux et des centres de recherche. Notre laboratoire a d’ailleurs déjà été à l’origine de succès industriels importants tels que SuperSonic Imagine (Aixplorer ®) et Echosens (Fibroscan®), deux appareils désormais utilisés par les équipes médicales pour diminuer les biopsies du foie en cas de fibrose hépatique et du sein en cas de suspicion de tumeurs cancéreuses. De nombreuses autres inventions sont en cours de développement et nos collaborations seront facilitées et encore renforcées grâce au personnel ART dédié au déploiement des technologies chez les partenaires. L’ART Ultrasons Biomédicaux devrait jouer le rôle d’un véritable accélérateur de découvertes en médecine » se réjouit Mickael Tanter.

L’ART sera hébergé dans de nouveaux locaux de l’ESPCI Paris (Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles de la Ville de Paris) situés en plein cœur de Paris.

L’excès de poids des Français confirmé par la cohorte Constances

100000 constances

Près d’un Français sur deux de plus de 30 ans est concerné par un excès de poids. C’est ce que révèlent les premiers résultats de la cohorte Constances. Aujourd’hui portée par l’Inserm et la Caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts), Constances rassemble les données relatives à la santé de plus de 110 000 Français. Avec 200 000 personnes surveillées à terme, Constances fournira des indicateurs variés sur la santé de la population, tels que l’influence de divers facteurs sur la survenue de pathologies ou l’impact des actions de prévention.

Ces résultats sont publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de Santé publique France.

 

La cohorte Constances est un dispositif de recherche unique en France lancé en 2012 après une phase pilote en 2009. Aujourd’hui, Constances rassemble les données relatives à la santé de plus de 110 000 volontaires de 18 à 69 ans. Les volontaires, affiliés au régime général de l’Assurance Maladie, sont tirés au sort. Tous les 5 ans, ils sont invités à passer un examen de santé dans un des 22 centres d’examens de santé (CES) de l’Assurance Maladie répartis sur 20 départements et répondent à un questionnaire tous les ans. La mobilisation des Centres d’examens de santé dans la mise en œuvre de la cohorte Constances, intervient conjointement à leur mission historique auprès des personnes éloignées du système de santé,

« Les données de la cohorte permettent d’analyser l’état de santé de la population et de mieux comprendre ce qui se passe tout au long de la vie. Après plusieurs années de recrutement, nous avons pu analyser les données et fournir des premières estimations, en particulier sur la prévalence du surpoids et de l’obésité » explique Marie Zins, coordinatrice pour l’Inserm de la cohorte Constances.

Concernant la prévalence du surpoids et de l’obésité, les données de près de 29 000 participants, âgés de 30 à 69 ans en 2013, ont été étudiées. Près d’un Français sur deux serait en excès de poids et l’obésité globale, définie par un IMC > 30kg/m2, avoisinerait les 16% tandis que l’obésité abdominale, définie par un tour de taille ≥94 cm pour les hommes et ≥80 cm les femmes, s’avère bien plus fréquente (entre 41,6 et 48,5%).

Graphique constances

Prévalence du surpoids et de l’obésité en France 

© Inserm

Ces données confirment les tendances observées dans l’enquête ObÉpi (2012) qui recueille, tous les trois ans, des données sur la prévalence du surpoids et de l’obésité. Dans cette enquête, les participants sont interrogés par téléphone sur la mesure de leur tour de taille et leur poids. Dans Constances, contrairement à l’enquête ObÉpi, le protocole de mesure de l’IMC et du tour de taille est standardisé dans les Centres d’examens de santé (CES), où des professionnels de santé procèdent aux mesures.

Des précisions en fonction de l’âge et des revenus sont également présentées dans l’étude et les données permettent d’identifier les lieux/régions, parmi les départements analysés, où la prévalence de l’obésité est la plus forte. Il s’agit du Nord, pour lequel la  prévalence de l’obésité atteint 25,6%, et la Meurthe et Moselle (22,9%). Paris est le département le moins touché par l’obésité, avec une prévalence de 10,7%.

Carte Obésité-Nom villes

Prévalence de l’obésité globale en France

© BEH n°35-36, 2016, Santé publique France

Vers les 200 000 volontaires

La cohorte nationale française d’adultes bénéficie d’un financement dans le cadre des Investissements d’Avenir. Initialement mise en place par l’Inserm, la Cnamts, l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, la taille et le fonctionnement de la cohorte Constances sont équivalents à ceux d’autres grandes cohortes en cours de constitution en Europe. Des collaborations européennes permettent déjà des recherches à très grande échelle et des comparaisons internationales inédites.

L’objectif est d’inclure 200 000 personnes volontaires.

Vous êtes volontaires? Vous souhaitez participer ?

Conditions et précisions en écrivant à rf.secnatsnoc@tcatnoc et sur le site www.constances.fr

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