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L’entrée à l’École élémentaire : le début des inégalités en mathématiques entre filles et garçons

Photographie montrant deux élèves (un garçon et une fille) d'école élémentaire réfléchissant à la résolution d'une multiplication.© Adobestock

Une étude publiée le 11 juin 2025 dans Nature et menée sur près de 3 millions d’enfants scolarisés en France entre 2018 et 2022, coordonnée par Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, et par le Dr Pauline Martinot, médecin et neuroscientifique dans le cadre d’une thèse financée par l’Inserm, impliquant des scientifiques du CNRS, révèle que filles et garçons ont les mêmes performances en mathématiques à l’entrée au CP, mais qu’un écart se creuse très rapidement après cette entrée dans la scolarité en faveur des garçons.

La rapidité de formation de cet écart suggère que ce n’est pas une lente imprégnation de stéréotypes au fil des années qui en est à l’origine, mais bien l’entrée à l’école élémentaire, qui marque le début d’un enseignement formel des mathématiques. Ce constat devrait aider à mettre en lumière de nouveaux leviers d’action : en identifiant précisément l’enseignement des mathématiques comme un point de bascule dans la construction des inégalités, on aide à spécifier les moyens d’agir pour les prévenir et ainsi réduire durablement les écarts entre filles et garçons dans cette discipline.

Publiée ce mois-ci dans la revue scientifique Nature, cette recherche française constitue une première mondiale par son ampleur et la richesse des données mobilisées.

L’École, un lieu clé où les écarts se creusent

Grâce à une comparaison fine entre les cohortes scolaires – y compris celles affectées par la fermeture des écoles pendant la crise Covid -, les scientifiques montrent que les
écarts entre filles et garçons se creusent dès les premiers mois d’entrée au CP. Cet effet est observé dans tous les départements de notre pays, tous les milieux, et tous les types d’écoles. Il est plus particulièrement prononcé chez les filles issues de familles favorisées.

L’étude montre que ce n’est pas l’âge de l’enfant (donc ni la maturation du système nerveux ni l’accumulation de stéréotypes de genre au fil du temps) qui détermine l’apparition des écarts, mais bien le moment où l’enfant entre dans l’environnement d’apprentissage structuré qu’est l’école élémentaire. L’âge a même un léger effet protecteur vis-à-vis du développement de ces écarts.

L’analyse montre également que les filles sont en avance dans le domaine du langage, mais que ce n’est pas pour cette raison qu’elles délaissent les mathématiques. En effet, même parmi des paires de garçons et filles qui avaient précisément les mêmes résultats partout, y compris en langage, à l’entrée au CP, les écarts apparaissent toujours après 4 mois d’école.
Les scientifiques ont également tiré parti des données acquises pendant la pandémie de Covid-19. Cette année-là, les enfants ont été moins exposés à l’école, et les écarts entre garçons et filles en mathématiques se sont réduits par rapport aux autres années.

Fait notable : les compétences en langage ne présentent pas ces disparités. Les filles sont en avance sur les garçons dans la plupart des tests de langage. Ces différences préexistent à l’entrée à l’école, se réduisent un peu en cours d’année de CP, mais demeurent bien établies en début de CE1 et ont un écart quasi identique selon le contexte socio-économique de la famille de l’enfant.

D’autres recherches suggèrent que l’avantage des filles pour le langage ou la socialisation est présent en maternelle et pourrait être d’origine biologique. Cela souligne, en miroir, la spécificité du rapport filles-garçons aux mathématiques, et la responsabilité collective à y répondre.

Une collaboration française et internationale

Cette étude est le fruit d’une collaboration internationale avec plusieurs instituts de recherche (Inserm, CNRS, CEA, INRIA, Institut des politiques publiques, Paris School of Economics, Université Paris Saclay, Université Paris Cité, Université Grenoble Alpes, Université Aix-Marseille, Université Harvard), menée sous l’impulsion initiale du Conseil scientifique de l’Éducation nationale, en lien avec des chercheurs en sciences cognitives, en mathématiques et intelligence artificielle, en éducation, en économie et en psychologie sociale et du développement.

Elle met en évidence le potentiel de la recherche scientifique appliquée pour éclairer les politiques éducatives et illustre comment la recherche française, en s’appuyant sur des évaluations nationales massives et rigoureuses, peut contribuer à mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage et à réduire les inégalités dès le plus jeune âge.

Les évaluations nationales, mises en place depuis sept ans par la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP), visent à évaluer les acquis et les besoins de chaque élève. Les évaluations sur lesquelles repose cette publication ont été menées chez tous les enfants de France en début de CP, en milieu de CP, et en début de CE1, sur 4 années consécutives (2018-2021). Dans les semaines qui suivent chaque évaluation, tous les enseignants reçoivent les résultats détaillés de chaque élève de leur classe, ce qui leur permet de suivre leurs progrès et éventuellement d’adapter leur enseignement. Chaque enseignant transmet également aux parents les évaluations de leur enfant. Ce n’est que dans un second temps que des statistiques nationales peuvent être extraites et exploitées, comme dans cet article, pour analyser les caractéristiques systémiques de l’éducation nationale française.

Arthrose : résultats d’une enquête sur la gestion des douleurs par les patients et perspectives pour la recherche

image décorativeL’arthrose est la première maladie rhumatismale avec environ 10 millions de personnes qui en souffrent en France (image d’illustration). © Adobe stock

Plus de 90 % des personnes qui souffrent de rhumatismes estiment que les douleurs ont un impact sur la qualité de leur sommeil et sur leur moral, selon une enquête menée par 17 associations de patients avec l’Inserm, la fondation Arthritis et la Société française de rhumatologie, dans le cadre de l’initiative Ensemble contre les rhumatismes. Pour mieux supporter les douleurs, plus de 80 % d’entre elles ont recours à une dizaine de médicaments, même si elles ne les jugent pas toujours efficaces. En parallèle, certaines approches non médicamenteuses telles que la kinésithérapie, l’éducation thérapeutique et la consultation chez le psychologue ou le psychiatre se révèlent utiles, selon la majorité de celles et ceux qui en font l’expérience.

L’Inserm s’engage pour faire avancer la recherche biomédicale et soulager les patients à travers le réseau ROAD to 2030, qui fédère une communauté scientifique engagée pour mieux comprendre et soigner les maladies ostéoarticulaires. De nombreux projets de recherche ont pour objectif de décrypter les mécanismes qui déclenchent et perpétuent ces maladies, soulager la douleur, et régénérer le squelette et le cartilage abîmés.

Cette communication présente les résultats de l’enquête sur la douleur menée dans le cadre de l’initiative Ensemble contre les rhumatismes, ainsi que des exemples de projets de recherche engagés pour mieux comprendre l’arthrose, première maladie rhumatismale avec environ 10 millions de personnes qui en souffrent en France, et pour soulager les patients.

Ce qu’il faut retenir de l’enquête

« Fatigue », « handicap », « souffrance », « insupportable »… Les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche de celles et ceux qui souffrent de rhumatismes montrent à quel point leur qualité de vie est sérieusement impactée par ces affections douloureuses des articulations, des os, des muscles et des tendons.

Le sommeil et le moral sont particulièrement affectés, selon plus de 90 % des personnes interrogées dans le cadre de la dernière enquête réalisée par les 17 associations de patients avec le soutien de l’Inserm, de la fondation Arthritis et la Société française de rhumatologie, dans le cadre de l’initiative Ensemble contre les rhumatismes (ECR).

L’enquête, réalisée entre le 8 avril et le 14 mai 2024, a fait l’objet de 2 100 réponses complètes de la part de personnes concernées par une dizaine de maladies rhumatismales. Les réponses brutes ont été analysées par l’association Tous chercheurs, dont l’objectif est de renforcer le dialogue entre le monde de la recherche et la société civile. L’Inserm en a tiré la présente synthèse.

  • Deux tiers des répondants qualifient ces douleurs de « permanentes »

Environ deux tiers des répondants (1 411 sur 2 100) qualifient ces douleurs de « permanentes » et seulement un tiers d’« intermittentes ». À la question « Quand ces douleurs vous gênent-elles le plus ? », plus de 60 % des personnes répondent qu’elles les gênent à la fois le jour et la nuit.

Plus de 80 % des répondants (1 783 sur 2 100) ont repéré des facteurs déclenchant leur douleur. Avec 17 % de citations, le stress est celui qui revient le plus souvent, suivi par les changements météo (15 %), la fatigue (14 %), l’immobilité (11 %), les déplacements et l’activité physique (10 %). Dans une moindre mesure, le bruit et le travail sont également évoqués (7 %), tout comme certains aliments (5 %) et les rapports sexuels (3 %).

Au cours des six derniers mois, plus de 90 % des répondants ont parlé de leurs douleurs à un professionnel de santé. Un peu plus du quart (25,5 %) citent leur médecin traitant, un cinquième (20,7 %) un spécialiste des maladies chroniques, et 15,5 % un kinésithérapeute.

  • Plus de 80 % des répondants prennent des médicaments

Pour tenter d’atténuer ces douleurs causées par les rhumatismes, plus de 80 % des répondants, soit 1 741 personnes sur 2 100, prennent des médicaments. Quelque 94 % d’entre eux ont déjà testé le paracétamol, et près des deux tiers (62 %) les anti-inflammatoires non stéroïdien (AINS). Une dizaine d’autres traitements sont également évoqués : la cortisone, citée par près de la moitié des personnes interrogées (47 %), le paracétamol codéiné (40 %), le tramadol (38 %), le paracétamol-tramadol (36 %), les corticoïdes (35 %), l’amitriptyline (25 %), la morphine (25 %), le duloxétine (22 %), le prégabaline (20 %), l’acide hyaluronique (14 %), la gabapentine (14 %) et la venlafaxine (13 %).

Pourtant, l’efficacité de ces médicaments laisse souvent à désirer, selon les patients. Par exemple, 40 % de ceux qui ont testé le paracétamol jugent que ce n’est pas efficace contre 12 % seulement qui estiment l’inverse. Entre les deux, 38 % des patients jugent que cela dépend, et 11 % trouvaient le médicament efficace au début, mais plus maintenant. En outre, les effets indésirables des médicaments conduisent plus d’une personne sur deux à ne pas les prendre, même quand ils les jugent efficaces.

  • Kiné, psychothérapie et médecines alternatives : les stratégies non médicamenteuses pour supporter les douleurs

De nombreux patients mettent aussi en place d’autres stratégies pour supporter les douleurs. Environ les deux tiers des personnes interrogées (1 378 sur 2 100) ont suivi des séances de kinésithérapie, et parmi elles, les trois quarts les ont trouvées utiles (1 043 sur 1 378).

Seulement un tiers des personnes interrogées (723 sur 2100) ont consulté un psychiatre et un psychologue. Environ un quart de ces séances ont été dédiées aux thérapies cognitivo- comportementales (TCC). Dans l’ensemble, quelle que soit l’approche du thérapeute, près de 7 personnes sur 10 (504 sur 723) ont trouvé ces consultations utiles.

Moins d’une personne sur cinq a testé l’éducation thérapeutique du patient (ETP) pour apprendre à vivre avec une maladie chronique (402 sur 2100). Pour celles qui ont pu y avoir accès, une forte majorité (plus des deux tiers : 284 sur 402) l’a trouvée utile.

« Différentes approches, autres que médicamenteuses, peuvent être pratiquées par les personnes pour gérer les douleurs, même si certaines sont moins utilisées que d’autres (séances avec un “psy” ou atelier d’ETP versus séances de kinésithérapie). Ces approches sont souvent considérées comme utiles de la part des répondants. Les séances de “psy” et d’ateliers d’ETP gagneraient sûrement à être mieux connues : plus souvent proposées, et mieux acceptées de la part des patients », commente Francis Berenbaum, clinicien et chercheur dans une unité Inserm et en charge du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) à Paris.

En complément, près de 60 % des répondants ont fait appel à des thérapies complémentaires pour gérer les douleurs Les médecines psychocorporelles (hypnose, méditation, cohérence cardiaque, sophrologie…) ont été testées par près d’une personne sur cinq, et des approches non validées scientifiquement (telles que les thérapies énergétiques, les ventouses…) par une personne sur six.

Arthrose, rhumatismes, maladies ostéo-articulaires… De quoi parle-t-on ?

Sous le terme de « rhumatismes » se cachent plus de deux cents maladies susceptibles d’atteindre l’os, l’articulation, le muscle, le tendon ou le ligament. La plupart résultent d’un vieillissement naturel des tissus, mais certaines, plus rares, sont d’origine génétique ou immunitaire. Et, contrairement aux idées reçues, ces affections n’épargnent pas les plus jeunes : un enfant ou un adolescent peut aussi en souffrir.

On distingue classiquement deux grandes familles.

Les rhumatismes inflammatoires regroupent les différentes formes d’arthrite : les spondyloarthrites, qui touchent principalement la colonne vertébrale ; la polyarthrite rhumatoïde, qui concerne surtout les articulations des mains, poignets, pieds et genoux ; les connectivites (lupus, sclérodermie, myosites…), maladies auto-immunes visant de nombreux organes ; enfin les arthropathies microcristallines telles que la goutte ou la chondrocalcinose. Ces affections se manifestent par des gonflements articulaires, des poussées douloureuses – surtout nocturnes – accompagnées d’un enraidissement matinal et parfois associées à une fatigue marquée.

Les rhumatismes dits « mécaniques » (car accentuées par le mouvement) englobent l’arthrose, qui touche surtout le genou, la hanche, les mains, le rachis lombaire (lombalgies) et cervical (cervicalgies), et les atteintes des parties molles, telles que les tendinites et les bursites. Ils comprennent également les pathologies osseuses comme l’ostéoporose, responsable de fractures.

L’arthrose demeure la plus fréquente : on estime qu’en France près de dix millions de personnes en sont atteintes. Elle concerne avant tout les plus de 50 ans, même si la maladie peut apparaître plus tôt, notamment lorsqu’il existe des facteurs de risque tels que l’obésité ou le surpoids, des antécédents de traumatisme articulaire ou l’exercice d’une profession à risque.

L’Inserm s’engage pour faire avancer la recherche sur l’arthrose

Malgré la fréquence de l’arthrose et son retentissement sur la vie quotidienne des personnes qui en souffrent, il n’existe pas encore de traitement pour contrer son évolution. De nombreux médicaments ont été évalués au cours des cinq dernières décennies, mais jusqu’ici sans succès. Ces échecs s’expliquent en partie par le fait que les essais cliniques ont rassemblé sous la même étiquette « arthrose » des patients présentant des formes très diverses de la maladie, sans tenir compte de cette hétérogénéité. L’identification de sous-types (« phénotypes ») d’arthrose, définis par des caractéristiques cliniques et biologiques spécifiques, va permettre de former des groupes plus homogènes, au sein desquels il sera plus facile d’évaluer de nouvelles molécules pour aider à freiner la maladie, voire la prévenir. L’identification de marqueurs biologiques est toutefois encore balbutiante. Il est donc important que la recherche continue à décrire la physiopathologie des différentes présentations de la maladie.

L’Inserm est pleinement engagée sur ce sujet, à travers le réseau ROAD to 2030 qui fédère une communauté scientifique engagée pour mieux comprendre et soigner les maladies ostéoarticulaires. De nombreux projets de recherche ont bénéficié de financements importants de l’État via l’Agence nationale de recherche et les Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR).

  • Le réseau ROAD to 2030, pour fédérer une communauté scientifique autour des maladies ostéoarticulaires

En avril 2024, l’Inserm a lancé le réseau ROAD to 2030 pour rassembler les chercheuses et les chercheurs français qui approfondissent les connaissances sur les maladies ostéoarticulaires et cherchent des solutions pour soulager les patients. Il prend la suite du réseau NetwOArk (2020-2024), qui a déjà permis de fédérer une communauté scientifique autour de la recherche sur l’arthrose.

ROAD to 2030 a pour ambition de fédérer les équipes scientifiques et médicales autour de projets innovants, allant de la compréhension fondamentale des mécanismes inflammatoires et dégénératifs à la mise au point de nouvelles approches thérapeutiques, y compris non médicamenteuses. Par ailleurs, le réseau s’est ouvert aux associations de patients, en s’appuyant sur l’initiative Ensemble contre les rhumatismes.

« En associant des expertises variées (biologie, épidémiologie, sciences humaines et sociales, génie biomédical…) et en impliquant étroitement les associations de patients, ROAD to 2030 entend accélérer les découvertes dans la lutte contre les rhumatismes et améliorer concrètement la qualité de vie de celles et ceux qui en souffrent », explique Francis Berenbaum.

Le réseau ROAD to 2030 est coordonné par Francis Berenbaum, clinicien-chercheur au Centre de recherche Saint-Antoine (unité 938 Inserm) et en charge du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) ; Jérôme Guicheux, directeur de recherche Inserm à Nantes (unité 1229 Inserm) et Nathalie Grivel, chargée de mission à l’institut thématique Physiopathologie, métabolisme et nutrition de l’Inserm.

Des projets de recherche innovants

  • OLYMPIC2024 : identifier différentes catégories de patients grâce à l’étude des tissus qui tapissent l’intérieur des articulations

Le projet OLYMPIC2024 a pour objectif d’identifier différentes catégories de patients souffrant d’arthrose. Pour cela les chercheurs se focalisent sur l’étude du tissu synovial qui tapisse l’intérieur des articulations. Ce dernier peut non seulement présenter des changements significatifs très tôt dans le développement de l’arthrose (et ce avant même les altérations cartilagineuses et osseuses), mais également être le reflet, en fonction de sa composition, de profils cliniques différents de patients.

Réussir à stratifier avec précision les patients est une piste sérieuse pour concevoir des traitements efficaces. OLYMPIC2024 est un projet international coordonné en France par Marie-Astrid Boutet, au sein de l’équipe Régénération et physiopathologie des articulations dans l’unité Médecine régénérative et squelette (unité 1229 Inserm/Nantes Université/Oniris), à Nantes.

  • DYNAM-OA, des outils de bio-impression pour étudier les mécanismes biologiques et évaluer les stratégies thérapeutiques

La modélisation de maladies par bio-impression est un domaine de recherche très prometteur. Cette approche propose une alternative aux modèles animaux pour l’étude de mécanismes biologiques et permet le criblage de principes actifs sans précédent. Elle offre la perspective de nouvelles cibles et solutions thérapeutiques, en particulier pour des maladies encore incurables telles que l’arthrose. Cependant, les outils de bio-impression sont encore très limités, en particulier les biomatériaux imprimables dont la composition et les propriétés mécaniques ne peuvent être modulées. Ainsi, parvenir à reproduire in vitro l’architecture complexe et les fonctions biologiques de tissus malades reste un immense défi.

Le projet DYNAM-OA a pour objectif de développer une série d’outils de bio-impression innovants, et de les utiliser pour la conception d’un modèle d’articulation arthrosique in vitro. Il est coordonné par Vianney Delplace, chargé de recherche Inserm dans l’unité Médecine régénératrice et squelette (unité 1229 Inserm/Nantes Université/Oniris), à Nantes.

  • CholinOA : stimuler les mécanismes naturels de régulation de l’inflammation pour lutter contre l’arthrose

L’objectif de CholinOA est d’activer le système cholinergique, notre « frein naturel » à l’inflammation, afin de ralentir la progression de la maladie. Ce système, piloté notamment par le nerf vague, pourrait atténuer à la fois l’inflammation articulaire et la douleur. En combinant stimulation du nerf vague, modèles animaux et analyses d’échantillons issus de patients arthrosiques traités par stimulation vagale, CholinOA explore comment ce mécanisme de défense est impliqué dans l’arthrose et comment son amplification pourrait constituer une nouvelle stratégie thérapeutique.

À la croisée de la neuro-immunologie, de la biologie cellulaire et de la recherche clinique, ce projet ambitieux espère ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques pour améliorer la qualité de vie des patients atteints d’arthrose. Ce projet est coordonné par Jérémie Sellam (Inserm) au Centre de recherche Saint-Antoine à Paris.

  • Le projet GO-PAIN : l’intelligence artificielle au service de la recherche sur les douleurs liées à l’arthrose

Développé à l’initiative de chercheurs Inserm, de chercheurs internationaux (neurologues, neuroscientifiques, spécialistes des douleurs, rhumatologues, biologistes, physiothérapeutes, psychologues, radiologues) et de patients, le projet de recherche GO-PAIN a pour objectif de passer en revue la littérature scientifique sur les douleurs liées à l’arthrose avec l’aide d’une intelligence artificielle. L’ambition du projet est aussi de lancer une cohorte internationale recueillant un maximum d’informations sur les douleurs liées à l’arthrose afin de proposer des solutions adaptées aux patients qui en souffrent. À partir des résultats de l’analyse systématique de la littérature, les chercheurs identifieront les nouvelles pistes de recherche à poursuivre.

Le projet de recherche GO-PAIN est coordonné par Jérémie Sellam, professeur de rhumatologie à Sorbonne Université et secrétaire de la Société française de rhumatologie.

  • Comprendre le rôle de l’enzyme COMT dans la douleur associée à l’arthrose

Le projet COMT a pour objectif de comprendre le rôle que joue une enzyme, la catéchol-O-méthyltransférase (COMT), dans les douleurs liées à l’arthrose. En effet, si les variants de cette enzyme sont associés à des arthroses douloureuses, les mécanismes cellulaires et moléculaires qui expliquent cette association sont encore mal connus.

Le projet rassemble des chercheurs de l’Inserm et de plusieurs universités françaises. Il est coordonné par Catherine Baugé, de l’université de Caen Normandie.

  • Réduire la douleur et l’inflammation grâce à un médicament antidiabétique

Une équipe de scientifiques associant l’Inserm, Sorbonne Université et l’AP-HP étudie l’effet de l’administration à l’intérieur des articulations du liraglutide, un analogue du GLP-1. Cette, hormone, déjà utilisée dans le traitement du diabète et de l’obésité, pourrait être un traitement de fond de l’arthrose.

Après avoir démontré, lors d’études précliniques, les propriétés anti-arthrosiques de cette molécule, un essai clinique multicentrique dénommé Inflam Motion a été lancé. Au total, 129 patients souffrant d’arthrose du genou seront inclus, venant de 20 centres cliniques en Europe (dont la France) et en Amérique du Nord. Les résultats de cette étude sont attendus pour la fin de l’année 2026.

  • CARN : des ARN thérapeutiques pour régénérer le squelette

Les thérapies à base d’ARN, comme les microARN et les ARN messagers[5] (pour acide ribonucléique messager), ouvrent des perspectives prometteuses pour réparer les tissus abîmés par l’arthrose. Fabriqué à partir de l’ADN, ces molécules porteuses d’informations génétiques dirigent la production de toutes les protéines et peuvent donc être utilisées pour stimuler la croissance, la prolifération et la différenciation des cellules endommagées.

Le projet CARN propose d’utiliser les vésicules extracellulaires – de minuscules « bulles » naturellement émises par les cellules – comme véhicules biologiques pour transporter ces ARN thérapeutiques jusque dans les zones à réparer, notamment au niveau du squelette.

Produites par des cellules souches appelées cellules stromales mésenchymateuses, ces vésicules imitent les effets thérapeutiques de leurs cellules d’origine. Elles sont capables de circuler dans l’organisme, de transmettre des messages entre les cellules, et surtout, de livrer leur contenu – protéines, lipides et ARN – directement à l’intérieur des cellules ciblées. Leur atout majeur ? Elles peuvent traverser les barrières cellulaires sans provoquer d’inflammation excessive, contrairement à certaines nanoparticules synthétiques utilisées aujourd’hui (comme celles des vaccins à ARN contre la Covid-19).

CARN va encore plus loin en créant des vésicules hybrides : un mariage entre les propriétés naturelles des vésicules issues des cellules souches et la capacité des nanoparticules lipidiques à transporter de grandes quantités d’ARN. Grâce à cette technologie, il sera possible de cibler très précisément les cellules malades, tout en réduisant l’inflammation et en favorisant la régénération des tissus osseux.

Ce projet a été financé à hauteur de 3,6 millions d’euros par France 2030.

  • STROMAEV : vers une production à grande échelle de vésicules thérapeutiques issues de cellules souches pour traiter l’arthrose

Les vésicules extracellulaires (EVs), petites particules libérées naturellement par les cellules, attirent de plus en plus l’attention en médecine régénérative. Pourquoi ? Parce qu’elles reproduisent les effets bénéfiques des cellules dont elles sont issues, sans les risques liés à une greffe cellulaire. Ces « messagères biologiques » ont déjà montré leur efficacité dans de nombreux modèles de maladies, notamment dans l’arthrose, une pathologie chronique et dégénérative du cartilage pour laquelle il n’existe encore aucun traitement curatif.

Mais un obstacle freine leur usage clinique : comment produire ces EVs en quantité suffisante, de manière reproductible et conforme aux normes de fabrication de médicaments ?

C’est là qu’intervient le projet STROMAEV, qui propose une solution innovante et ambitieuse. L’objectif est de produire des EVs à partir de cellules stromales mésenchymateuses dérivées de cellules souches pluripotentes induites (iPS) rendues « universelles » pour ne pas être rejetées par l’organisme receveur offrant ainsi une meilleure stabilité et un approvisionnement illimité.

Grâce à différentes méthodes d’activation (physiques, chimiques ou moléculaires), ces cellules généreront des vésicules « augmentées », dont le potentiel thérapeutique sera testé dans des modèles expérimentaux d’arthrose. Le tout sera accompagné du développement d’un procédé de production conforme aux normes cliniques, avec des standards de qualité stricts, afin de garantir la reproductibilité et la sécurité du traitement.

Ce projet, financé à hauteur de 3,69 millions d’euros sur 4 ans par France 2030, mobilise un consortium d’experts en biothérapie, nanotechnologie, médecine régénérative et production pharmaceutique. Ensemble, ils ouvrent la voie à une nouvelle génération de médicaments biologiques, plus sûrs, plus efficaces, et accessibles à grande échelle.

Les cohortes qui font avancer la recherche

Deux cohortes existent en France sur l’arthrose : la cohorte DIGICOD (Centre de recherche Saint-Antoine) qui suit plus de 430 personnes atteintes d’arthrose des mains, et la cohorte KHOALA (CHU de Nancy) qui suit près de 900 personnes atteintes d’arthrose de genou ou de hanche. Elles ont déjà donné lieu à des dizaines de publications internationales faisant avancer les connaissances sur l’évolution de cette maladie. Plusieurs autres cohortes sont en cours de recrutement dans la France entière pour continuer à faire avancer la recherche sur les maladies ostéoarticulaires.

L’exposition à des températures élevées au début de la vie pourrait être à l’origine de troubles linguistiques et neurodéveloppementaux chez les jeunes enfants

baromètre© Adobe Stock

Dans un monde où la fréquence et l’intensité des vagues de chaleurs s’amplifient, il devient crucial de comprendre leur impact sur les générations futures. Des travaux d’une équipe de l’Inserm, du CNRS et de l’Université Grenoble Alpes, publiés dans Environmental Health montrent pour la première fois un lien entre exposition à des températures élevées pendant la grossesse et les premiers mois de vie et conséquences négatives sur le neurodéveloppement des jeunes enfants. Les données récoltées auprès de 12 000 couples mère-enfant de la cohorte Elfe identifient des périodes charnières au cours du second trimestre de la grossesse et de la petite enfance, pendant lesquelles des pics de température pourraient être associés à un retard de développement linguistique.

Coups de chaud et canicules ne sont pas sans risques pour la santé. Les températures extrêmes contribuent largement au fardeau sanitaire global, impactant significativement l’espérance de vie des populations, en particulier chez les personnes fragiles. Les femmes enceintes et les nourrissons, dont les processus de thermorégulation ne sont pas aussi efficaces, sont particulièrement sensibles au stress thermique. Facteurs probables de déclenchement de l’accouchement, les vagues de chaleur pendant la grossesse sont associées à un risque accru de mortinatalité, de prématurité, ou à un poids de naissance faible. Des évènements périnataux qui ont déjà été associés, dans la littérature scientifique, à des conséquences à long terme sur le développement de l’enfant, en particulier neurologique.

Des études chez l’animal ont montré que les températures extrêmes impacteraient différents mécanismes neurobiologiques comme la prolifération, la différenciation et la migration des neurones, provoquant des perturbations neurodéveloppementales chez les rongeurs et les poissons, avec des conséquences cognitives délétères. Chez l’humain, aucune étude ne s’était encore intéressée aux effets de la température ambiante sur le neurodéveloppement.

Une équipe de recherche menée par Johanna Lepeule, directrice de recherche à l’Inserm, au sein de l’Institut pour l’avancée des biosciences (Inserm/CNRS/Université Grenoble Alpes), et Itai Kloog, professeur à l’université Ben-Gourion (Israël), a étudié pour la première fois l’impact des températures extrêmes sur le développement linguistique à l’âge de deux ans, un des premiers marqueurs d’apprentissage quantifiable.

Pour ce faire, les chercheuses et chercheurs ont utilisé les données de la cohorte nationale Elfe[1], combinées à des modèles d’exposition à la température dits « à fine échelle » : semaine par semaine, tout au long de la grossesse et des premiers mois de vie, ils et elles ont estimé, à 1 km près à la campagne et à 200 m près en ville, les températures éprouvées et leurs effets sur les capacités langagières des enfants à deux ans.

Grâce aux 12 000 couples mère-enfant qui ont été inclus dans ce travail, les scientifiques ont pu identifier des périodes au cours de la grossesse et de la petite enfance durant lesquelles le développement des enfants serait plus vulnérable aux vagues de chaleurs. Des températures extrêmes au début du deuxième trimestre de grossesse (14 à 19e semaine de grossesse), et durant les sept premiers mois de vie apparaissent ainsi associées à une diminution des capacités langagières de l’enfant allant jusqu’à 15 %. À l’inverse des températures froides pendant la période prénatale, incitant les femmes à rester en intérieur à des températures confortables, étaient associées à une amélioration des scores d’acquisitions de langage.

« Aujourd’hui, on sait qu’à court terme, la chaleur joue sur les capacités immédiates de concentration et diminue les performances cognitives. Si les effets de la chaleur sur le développement neuropsychologique de l’enfant observés dans nos travaux sont confirmés, il faudra s’attendre à découvrir des conséquences, pas seulement ponctuelles, mais sur toute la durée de la vie, explique Johanna Lepeule. Nos résultats sont un signal précurseur de l’impact d’un réchauffement global sur le développement cognitif humain à long terme. Nous travaillons actuellement pour comprendre dans quelle mesure les générations futures pourraient être impactées. En attendant, l’identification de ces fenêtres de vulnérabilité est un premier indicateur qui pourrait permettre de cibler des messages de prévention », conclut la chercheuse.

[1]Elfe est la première étude longitudinale française d’envergure nationale consacrée au suivi des enfants de la naissance à l’âge adulte. Plus de 18 000 enfants nés en France métropolitaine en 2011 ont été inclus dans l’étude (soit 1 enfant sur 50 parmi les naissances de 2011). L’étude Elfe mobilise environ 150 chercheurs appartenant à diverses disciplines scientifiques et est coordonnée par l’Inserm et l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Certains mélanges d’additifs alimentaires retrouvés dans notre alimentation seraient associés à un risque accru de diabète de type 2

© Mathilde Touvier

Des mélanges d’additifs alimentaires se retrouvent dans nos assiettes quotidiennement, particulièrement via les aliments ultra-transformés. Jusqu’à présent, les recherches et évaluations de sécurité de ces additifs ont été réalisées substance par substance en raison du manque de données sur l’effet d’une exposition multiple à des combinaisons d’additifs. Dans une nouvelle étude, des chercheurs et des chercheuses de l’Inserm, d’INRAE, de l’Université Sorbonne Paris Nord, de l’Université Paris Cité et du Cnam, regroupés au sein de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren-Cress), ont pu étudier les possibles liens entre l’exposition à des mélanges d’additifs alimentaires couramment consommés et la survenue de diabète de type 2. Ils ont analysé les données de santé de plus de 100 000 adultes participant à la cohorte française NutriNet-Santé. Deux mélanges d’additifs alimentaires sur les cinq testés étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2, notamment un mélange contenant différents émulsifiants comme des carraghénanes, des amidons modifiés et d’autres additifs (retrouvés dans les bouillons, desserts lactés, matières grasses, sauces…), et un autre contenant des édulcorants, colorants et acidifiants (caractéristiques des boissons édulcorées et des sodas). Les résultats sont publiés dans la revue Plos Medicine.

Largement utilisés par l’industrie agroalimentaire, les additifs alimentaires sont retrouvés principalement dans les produits ultra-transformés de nos supermarchés. La littérature renseigne désormais sur de potentiels effets néfastes de la consommation de plusieurs de ces substances, qui ont notamment été associées au développement de troubles métaboliques, à une inflammation chronique et un déséquilibre du microbiote intestinal. De récentes études issues de la cohorte NutriNet-Santé, ont par ailleurs révélé une association entre la consommation de certains de ces additifs et un risque accru de diabète de type 2, de cancers et de maladies cardiovasculaires.

Si l’effet individuel de chacune de ces substances a été étudié, aucune étude ne s’était jusqu’à présent intéressée à l’impact possible de leur consommation combinée. En effet, les aliments ultra-transformés contiennent souvent des mélanges d’additifs alimentaires, ayant chacun des propriétés spécifiques (conservateurs, exhausteurs de goût, colorants, agents de texture…).

Pour mesurer les conséquences de l’exposition à ces mélanges d’additifs, une équipe de recherche dirigée par Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, a analysé les données de santé de 108 643 adultes de la cohorte NutriNet-Santé sur une période moyenne de suivi de 7,7 ans.

Les participants ont renseigné en ligne tous les aliments et boissons consommés et leur marque (pour les produits industriels), sur au moins deux journées (jusqu’à 15 journées pour certains).

Afin d’obtenir une estimation fiable de l’exposition aux additifs et de se concentrer sur ceux ayant un potentiel impact significatif sur la santé, seuls les additifs consommés par au moins 5 % de la cohorte ont été inclus dans la modélisation des mélanges. La présence ou l’absence de chaque additif dans chaque aliment a été déterminée grâce au croisement de plusieurs bases de données, en prenant en compte la date de consommation (pour intégrer d’éventuelles reformulations au fil du temps), ainsi qu’à des dosages dans les aliments.

Cinq principaux mélanges d’additifs alimentaires ont été identifiés, représentant des groupes de substances fréquemment ingérées ensemble (en raison de leur présence conjointe dans les produits alimentaires transformés industriellement ou résultant de la co-ingestion d’aliments souvent consommés ensemble).

Les résultats indiquent que deux de ces mélanges étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2, indépendamment de la qualité nutritionnelle du régime alimentaire (apports en sucre, calories, fibres, graisses saturées, etc.) et des facteurs sociodémographiques et de mode de vie. Aucune association n’a été trouvée pour les trois autres mélanges.

Le premier mélange incriminé était principalement composé de plusieurs émulsifiants (amidons modifiés, pectine, gomme de guar, carraghénanes, polyphosphates, gomme xanthane), d’un conservateur (sorbate de potassium) et d’un colorant (curcumine). Ces additifs se retrouvent généralement dans divers aliments industriels ultra-transformés, comme les bouillons, desserts lactés, matières grasses et sauces.

L’autre mélange impliqué était principalement constitué d’additifs présents dans les boissons édulcorées et les sodas. Il comprenait des acidifiants et régulateurs d’acidité (acide citrique, citrates de sodium, acide phosphorique, acide malique), des colorants (caramel au sulfite d’ammonium, anthocyanes, extrait de paprika), des édulcorants (acésulfame-K, aspartame, sucralose), des émulsifiants (gomme arabique, pectine, gomme de guar) et un agent d’enrobage (cire de carnauba).

Dans cette étude, des interactions entre les additifs de ces mélanges ont été détectées suggérant que certains pouvaient interagir entre eux, soit en renforçant leurs effets (synergie), soit en les atténuant (antagonisme).

« Cette étude est la première à estimer l’exposition aux mélanges d’additifs alimentaires dans une large cohorte en population générale et à analyser leur lien avec l’incidence du diabète de type 2. Les résultats suggèrent que plusieurs additifs emblématiques présents dans de nombreux produits sont souvent consommés ensemble et que certains mélanges seraient associés à un risque plus élevé de cette pathologie. Ces substances pourraient ainsi représenter un facteur de risque modifiable, ouvrant la voie à des stratégies de prévention du diabète de type 2. », explique Marie Payen de la Garanderie, doctorante à l’Inserm et première autrice de ces travaux.

« D’autres études sont nécessaires afin d’élucider les mécanismes sous-jacents et approfondir la compréhension des synergies et des antagonismes potentiels entre ces additifs alimentaires. Cette étude observationnelle ne suffit pas, à elle seule, à établir de lien de causalité. Toutefois, nos résultats sont en phase avec des travaux expérimentaux in vitro récents suggérant de possibles effets cocktails[1]. Ils indiquent que l’évaluation des additifs alimentaires devrait prendre en compte leurs interactions et appuient les recommandations de santé publique qui conseillent de limiter les additifs non indispensables », explique Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm et coordinatrice de l’étude.

 

L’étude NutriNet-Santé est une étude de santé publique coordonnée par l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (CRESS-EREN, Inserm/INRAE/Cnam/Université Sorbonne Paris Nord/Université Paris Cité), qui, grâce à l’engagement et à la fidélité de plus de 180 000 « nutrinautes », fait avancer la recherche sur les liens entre la nutrition (alimentation, activité physique, état nutritionnel) et la santé. Lancée en 2009, l’étude a déjà donné lieu à plus de 300 publications scientifiques internationales. Un appel au recrutement de nouveaux nutrinautes est toujours en cours afin de continuer à faire avancer la recherche publique sur les relations entre la nutrition et la santé.

En consacrant quelques minutes par mois à répondre, via Internet, sur la plateforme sécurisée etude-nutrinet-sante.fr, aux différents questionnaires relatifs à l’alimentation, à l’activité physique et à la santé, les participants contribuent à faire progresser les connaissances, vers une alimentation plus saine et plus durable.

[1] Cynthia Recoules, Mathilde Touvier, Fabrice Pierre, Marc Audebert. Food Chem Toxicol. 2025 Feb:196:115198. doi: 10.1016/j.fct.2024.115198. Epub 2024 Dec 14. Evaluation of the toxic effects of food additives, alone or in mixture, in four human cell models.

Vers la définition d’un cadre d’utilisation des biomarqueurs sanguins de la maladie d’Alzheimer en pratique clinique

image décorative. Tablette avec stéthoscope© Alamy Stock Photo

Des équipes menées par Vincent Bouteloup, biostatisticien au CHU de Bordeaux et doctorant au Bordeaux Population Health (BPH, Inserm/Université de Bordeaux UMR1219), sous l’encadrement du Dr Carole Dufouil, directrice de recherche à l’Inserm et cheffe d’équipe au BPH, et du Pr Vincent Planche, neurologue responsable du Centre Mémoire Ressources Recherche (CMRR) du CHU de Bordeaux et chercheur à l’Institut des Maladies Neurodégénératives (IMN, CNRS/Université de Bordeaux UMR5293) ont réalisé une étude afin d’évaluer la valeur prédictive positive du biomarqueur sanguin ptau-217, c’est-à-dire la probabilité qu’un patient ayant un dosage anormal de ce biomarqueur présente effectivement des lésions de maladie d’Alzheimer dans son cerveau.

Ces travaux, dans lesquels les auteurs ont pu montrer que cette valeur prédictive positive était très dépendante du tableau clinique initial des sujets, ont été publiés le 4 avril 2025 dans le JAMA Neurology et présentés le même jour à la Conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson (AD/PD) à Vienne.

Les auteurs se sont appuyés sur une très grande cohorte française, MEMENTO, promue par le CHU de Bordeaux et coordonnée par le Dr Carole Dufouil et le Pr Geneviève Chêne (CHU de Bordeaux et BPH). La cohorte MEMENTO regroupe les données et les échantillons sanguins de 2 323 patients qui se plaignaient de troubles de la mémoire ou qui présentaient un trouble cognitif léger, ayant consulté dans l’un des 26 CMRR français et suivis pendant 5 ans. Dans l’étude publiée le 4 avril 2025, les auteurs ont pu se baser sur le dosage sanguin du biomarqueur appelé ptau-217, réalisé dans MEMENTO en collaboration avec le Dr Nicolas Villain et le Pr Kaj Blennow à l’Institut du Cerveau à Paris et à l’Université de Göteborg en Suède. MEMENTO a été financée via différents plans gouvernementaux pour la recherche sur les maladies neurodégénératives puis par la Direction Générale de la Recherche et de l’Innovation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Les auteurs ont également pu répliquer leurs résultats dans une deuxième cohorte française : BALTAZAR (promue par l’AP-HP).

Selon les recommandations internationales, le diagnostic de maladie d’Alzheimer devrait reposer sur des critères « clinico-biologiques » associant la présence de troubles cognitifs bien précis et la mise en évidence de biomarqueurs spécifiques des lésions cérébrales de cette pathologie. En pratique clinique actuelle, il est nécessaire de réaliser une ponction lombaire pour doser ces biomarqueurs dans le liquide céphalo-rachidien des patients pour lesquels un diagnostic de maladie d’Alzheimer est suspecté. Du fait du caractère invasif de cet examen, et de son accès restreint à certains centres mémoire très spécialisés, peu de patients ont finalement accès à un diagnostic clinico-biologique de maladie d’Alzheimer. Ainsi, le plus souvent, ce sont des diagnostics de maladie d’Alzheimer « cliniquement probable » qui sont posés, sans usage des biomarqueurs, ce qui peut être à l’origine d’erreurs ou de retards diagnostiques.

Ces cinq dernières années, l’amélioration des techniques de dosage a permis de mesurer ces biomarqueurs de maladie d’Alzheimer grâce à une prise de sang. Le niveau de précision, en constante amélioration, est tel qu’il pourrait être envisageable à l’avenir de se passer des ponctions lombaires. Cela permettrait ainsi d’étendre l’usage des biomarqueurs et donc le diagnostic clinico-biologique de la maladie à tous les patients et d’améliorer ainsi leur prise en charge. Jusqu’à présent, le cadre d’interprétation de ces biomarqueurs sanguins en pratique clinique restait encore mal défini.

Le biomarqueur ptau-217 est bien connu comme reflétant, dans le sang, les lésions de maladie d’Alzheimer présentes dans le cerveau des patients. Il peut toutefois être également positif chez des sujets n’ayant aucun symptôme ou bien souffrant de troubles cognitifs liés à une autre pathologie que la maladie d’Alzheimer. Dès lors, comment l’interpréter correctement ? Vincent Bouteloup et ses collaborateurs ont analysé quelle était la valeur prédictive positive de ces biomarqueurs et ont pu montrer qu’elle était très dépendante de la présentation clinique initiale des sujets.

Ptau-217 était par exemple faussement positif dans près de 50% des cas chez les sujets sans trouble cognitif et dans près de 30% des cas chez des patients avec des symptômes cognitifs non spécifiques de la maladie d’Alzheimer. La valeur prédictive positive était par contre très bonne chez des patients présentant des troubles de la mémoire, du langage ou des fonctions visuospatiales potentiellement compatibles avec le diagnostic de maladie d’Alzheimer.

Une conclusion essentielle de cette étude est que ces biomarqueurs sanguins ne doivent pas être utilisés systématiquement et sans tenir compte des symptômes des patients, au risque de générer un nombre élevé de diagnostics erronés de la maladie d’Alzheimer (faux positifs). En revanche, lorsqu’ils sont associés à une évaluation clinique et neuropsychologique rigoureuse, comme en consultation mémoire, ils pourraient remplacer la ponction lombaire, en proposant une alternative fiable, plus accessible et moins invasive.

Pour les auteurs de l’étude : « ces travaux montrent le dynamisme de la recherche sur la maladie d’Alzheimer en France, qui a toute sa place dans la compétition internationale grâce notamment au travail commun des CMRR créés lors du premier plan Alzheimer il y a bientôt 25 ans, grâce aux équipes de recherche en épidémiologie comme celles du centre BPH à Bordeaux, et grâce aux grandes cohortes nationales telles que MEMENTO et BALTAZAR et aux collaborations internationales qu’elles engendrent. »

Grand Paris : les déplacements jouent un rôle majeur dans l’exposition au bruit, surtout à cause du temps passé en voiture et dans le métro

image décorative. Voitures roulant sur le périphérique parisien. crédits AdobeStockLa voiture, le bus, le métro, le RER et le tram sont les modes de transport où les participants de l’étude ont le plus été exposés à la pollution sonore (image d’illustration). © AdobeStock

Dans une nouvelle étude réalisée auprès de 259 habitants de la métropole du Grand Paris équipés de sonomètres, des chercheurs de l’Inserm et de Sorbonne Université, regroupés au sein de l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique, se sont intéressés aux pollutions sonores auxquelles les populations sont exposées tout au long de la journée. Publiés le 21 mars 2025 dans la revue Journal Of Exposure Science And Environmental Epidemiology, leurs résultats suggèrent que les déplacements jouent un rôle majeur dans l’exposition au bruit des habitants, notamment à cause du temps passé dans des transports bruyants comme la voiture et le métro. En conséquence, les cartes de bruit officielles, qui renseignent les niveaux d’exposition sonore en façade des bâtiments, ne peuvent pas être utilisées seules pour prédire les impacts du bruit sur la santé des populations. Pendant les quatre jours où ils ont été suivis, les participants ont été exposés à une pollution sonore supérieure aux seuils recommandés par l’OMS près des deux tiers (64 %) du temps, sur l’ensemble de leurs activités. Les personnes socialement défavorisées sont particulièrement exposées.

Insomnies, maladies cardiaques… Les impacts délétères des pollutions sonores sur la santé ne sont plus à démontrer. Dans un rapport publié en 2019, l’association Bruitparif estime même qu’elles feraient perdre en moyenne jusqu’à 10,7 mois de vie en bonne santé à chaque Francilien.

Une nouvelle étude coordonnée par l’Inserm et Sorbonne Université publiée le 21 mars 2025 dans la revue Journal Of Exposure Science And Environmental Epidemiology ouvre la voie à une meilleure compréhension de l’ampleur de ces nuisances sonores. En observant comment l’exposition au bruit des habitants du Grand Paris varie en fonction des déplacements et des activités, les chercheurs ont constaté que l’activité de transport joue un rôle majeur dans la pollution sonore subie au quotidien, qui dépasse régulièrement les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sonomètres et GPS

Ces résultats se fondent sur une cohorte de 259 habitants du Grand Paris recrutés entre 2018 et 2020. Pendant quatre jours, les participantes et les participants ont été équipés de sonomètres et de GPS pour mesurer l’intensité du bruit à laquelle ils étaient exposés chez eux, dans les transports, au travail et pendant leur temps libre.

Dans le détail, les participants de l’étude ont subi un peu moins du quart (22,9 %) de leur dose de bruit quotidienne chez eux. Le reste est réparti entre le travail (15,7 %), les loisirs (14,7 %), la marche (13,1 %), la voiture (10,7 %), les activités commerciales et de service (9,5 %), et enfin les transports souterrains comme le métro (9,5 %).

En tenant compte du temps imparti à chacune de ces activités, les chercheurs se sont rendu compte que les déplacements, tous modes confondus, jouent un rôle non négligeable dans l’exposition au bruit. Au total, les participants de l’étude y ont subi plus du tiers (37,2 %) de leur dose quotidienne de bruit, alors qu’ils y ont passé 2 heures et 14 minutes en moyenne, soit moins de 10 % de leur temps.

Les modes de transport motorisés (voiture, bus, métro, RER, tram) sont ceux où les participants de l’étude ont le plus été exposés à la pollution sonore. Ils y ont subi 21,4 % de leur dose de bruit quotidienne en à peine plus d’une heure (61 minutes) en moyenne. « L’étude montre que la pollution sonore plus intense dans les transports ferrés souterrains, et plus largement dans les transports motorisés, contribue de façon non négligeable à l’exposition quotidienne au bruit des résidents du Grand Paris », souligne Basile Chaix, dernier auteur de l’étude et directeur de recherche à l’Inserm.

En moyenne, sur l’ensemble des activités et des modes de transports étudiés, les participants de l’étude ont été exposés pendant près des deux tiers des jours suivis (64 %) à un volume sonore dépassant 55 décibels (db(A)) – soit le seuil à partir duquel des conséquences néfastes sur la santé peuvent apparaître, selon l’OMS. Ces effets incluent notamment des troubles du sommeil, des risques cardiovasculaires accrus, des difficultés de concentration ou encore des retards dans les apprentissages.

« Alors que la dernière carte stratégique du bruit de Bruitparif a montré que 80 % des habitants d’Île-de-France vivent dans des logements exposés à des niveaux de pollutions sonores qui excèdent fortement les recommandations de l’OMS, nos résultats suggèrent que ces seuils sont aussi souvent dépassés lors des activités et des déplacements quotidiens hors du domicile. En conséquence, les cartes de bruit officielles, qui indiquent le bruit mesuré en façade des bâtiments, ne peuvent pas être utilisées seules pour prédire les impacts du bruit sur la santé de la population », poursuit Basile Chaix.

Les populations socialement défavorisées en première ligne

Les populations socialement défavorisées sont en première ligne face aux pollutions sonores, selon un rapport de 2019 de l’Agence européenne pour l’environnement. Cette nouvelle étude confirme l’existence de cette inégalité dans la métropole du Grand Paris : les chercheurs ont observé que la dose globale de bruit subie au cours de la journée diminue régulièrement à mesure que le revenu du ménage augmente.

Pour atténuer les risques, les chercheurs suggèrent de poursuivre les efforts pour transformer les villes et adapter le comportement des personnes qui y vivent. « Ces résultats soulignent l’importance des politiques publiques visant à apaiser l’environnement urbain, comme le fait de réduire le transport motorisé, d’aménager la ville pour les piétons, et de faire en sorte que les services nécessaires à la vie quotidienne soient accessibles facilement à pied et comme la mise en place de “zones calmes” faiblement exposées au bruit au cœur des villes », conclut Basile Chaix.

Biais cognitifs dans le soin : comment l’IA générative pourrait aider à améliorer la prise en charge

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Les biais cognitifs humains peuvent particulièrement impacter la prise de décision lorsque celle-ci doit être rapide, en particulier lorsqu’elle présente un enjeu vital, comme lors de la prise en charge médicale aux urgences par exemple. Une équipe de recherche de l’Inserm et de l’université de Bordeaux a mis à l’épreuve une méthode avancée d’intelligence artificielle générative[1], entraînée avec les données des dossiers patients correspondants à 480 000 entrées aux urgences du CHU de Bordeaux. Ses résultats, présentés lors de la conférence Machine Learning for Health à Vancouver et publiés en parallèle dans la revue Proceedings of Machine Learning Research, montrent que l’IA testée est susceptible de reproduire et de mesurer les biais des soignants relatifs au genre des patients lors du triage. Ils constituent un cas d’usage de la façon dont les nouveaux algorithmes d’IA générative peuvent être mis à profit pour identifier et comprendre les biais cognitifs humains.

Dans les situations d’urgence de soin nécessitant une prise de décision rapide, les biais cognitifs humains, en particulier ceux dits « de jugement », peuvent avoir un impact critique sur la décision médicale et sur le pronostic du patient. Ces « raccourcis cognitifs » interviennent en effet lorsque les personnes doivent former une opinion ou prendre une décision à partir d’une information incomplète ou peu nuancée. La prise de décision peut ainsi être affectée de manière inconsciente par ces biais (liés par exemple au sexe/genre, à l’âge, à l’ethnie…), et conduire à sous-estimer ou à surestimer la sévérité de l’état d’une personne.

Alors, comment mieux identifier ces biais et diminuer leur impact ? Une réponse pourrait se trouver dans l’intelligence artificielle et en particulier dans les IA génératives dites « grands modèles de langage » (LLMs), c’est-à-dire capables d’imiter les prises de décision humaine grâce à leur maîtrise du langage humain (à l’image de ChatGPT par exemple). Ces modèles sont en effet capables d’appréhender efficacement le « texte libre »[2] qui constitue une grande partie des données cliniques relevées par les soignants, en particulier aux urgences hospitalières.

Une équipe dirigée par Emmanuel Lagarde[3], directeur de recherche Inserm, au sein du centre de recherche Bordeaux Population Health (Inserm/Université de Bordeaux), s’est ainsi intéressée au potentiel de ces LLMs pour détecter et quantifier les biais de genre en situation de prise de décision rapide. Le choix du contexte d’évaluation de cette méthode s’est porté sur le cas spécifique du triage[4] des patients aux urgences médicales. La justesse de ce dernier est en effet critique : la sous-estimation d’une urgence qui reporterait la prise en charge peut entraîner la dégradation du pronostic d’un patient. A contrario, surestimer la gravité de l’état de la personne peut entraîner une surutilisation de ressources qui peut être particulièrement préjudiciable en cas d’affluence forte.

Les scientifiques ont utilisé une approche innovante, consistant à entraîner l’IA à trier les patients à partir des textes contenus dans leur dossier, reproduisant ainsi les éventuels biais cognitifs du personnel infirmier en charge de ce triage. Cet apprentissage du modèle a porté sur les dossiers de plus de 480 000 entrées au service des urgences du CHU de Bordeaux entre janvier 2013 et décembre 2021.

Une fois entraîné, le modèle était capable d’attribuer un score de triage (évaluant la sévérité de l’état du patient ou de la patiente) à partir de la lecture d’un dossier, comme le ferait le soignant. Le dossier était ensuite maquillé, de façon à modifier le genre de la personne dans les textes cliniques, et un nouveau score était attribué par le modèle. C’est la différence entre ces deux notations, produites à partir du dossier original d’une part et du dossier maquillé d’autre part, qui a ensuite permis l’estimation du biais cognitif.

Les résultats ont montré un biais significatif de l’IA au détriment des femmes : à dossiers cliniques identiques, la sévérité de leur état avait tendance à être sous-évaluée par rapport à celle des hommes (environ 5 % étaient classées « moins critiques » tandis que 1,81 % étaient classées comme « plus critiques »). A contrario, la sévérité de l’état des hommes avait tendance à être légèrement surévaluée (« plus critiques » pour 3,7 % contre 2,9 % « moins critiques »). Ce biais était d’autant plus marqué que le personnel infirmier était inexpérimenté.

« Ces travaux montrent comment les grands modèles de langage peuvent aider à détecter et à anticiper les biais cognitifs humains, ici dans l’exemple d’un objectif de prise en charge plus équitable et plus efficace aux urgences médicales », précise Emmanuel Lagarde. « La méthode utilisée montre que, dans ce contexte, les modèles LLMs sont capables d’identifier et de reproduire les biais qui guident la prise de décision humaine dans les données cliniques relevées par le personnel soignant », ajoute Ariel Guerra-Adames, doctorant et premier auteur de ces travaux[5].

Les prochains travaux de l’équipe vont se concentrer maintenant sur l’évaluation des biais liés à d’autres caractéristiques des patients (âge, groupe ethnique). À terme, le système devrait également être affiné avec l’introduction de variables non verbales (expressions faciales, ton de la voix) qui n’apparaissent pas nécessairement dans les données écrites et peuvent être pourtant critiques dans la prise de décision.

 

[1] L’intelligence artificielle générative est un système d’IA capable de créer du contenu, qu’il s’agisse de textes, d’images, de sons, de vidéos ou d’autres formes de données.

[2] En contexte médical, le texte libre désigne des informations consignées sous forme de texte non structuré, c’est-à-dire sans organisation rigide ou format prédéfini. Cela inclut les écrits rédigés directement par les professionnels de santé pour décrire des observations, diagnostics, traitements ou antécédents, souvent dans un langage naturel.

[3] En collaboration avec Cédric Gil-Jardiné du service des urgences du CHU de Bordeaux et Marta Avalos du centre Inria de l’université de Bordeaux

[4] Le triage aux urgences médicales consiste à classer les patients en fonction de la sévérité de leur état, afin d’optimiser l’ordre de prise en charge et ainsi de sauver un maximum de personnes. Il est réalisé par des personnels infirmiers dédiés qui, pour ce faire, collectent auprès de chaque malade différentes informations (raison de la visite, signes vitaux, historique médical…) et attribuent un score « d’urgence » selon une échelle validée.

[5] Ariel Guerra-Adames a reçu le prix de la meilleure communication dans le cadre de la présentation de ce travail pour la conférence Machine Learning for Health à Vancouver.

Les PFAS peuvent altérer la santé du placenta pendant la grossesse

Image décorative ventre de femme enceinte crédits AdobeStock © AdobeStock

Omniprésents dans notre quotidien, les per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sont associés à des conséquences néfastes sur la grossesse et le développement du fœtus, selon plusieurs publications récentes. Dans une nouvelle étude réalisée auprès de 367 femmes enceintes, des chercheuses et des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes (UGA), du CEA et du centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes (CHU), ont examiné l’impact de ces polluants sur le placenta. Publiés le 30 janvier 2025 dans la revue Environment International, leurs résultats suggèrent une association entre l’exposition à plusieurs PFAS et une altération de cet organe qui assure les échanges entre le sang de la mère et celui du fœtus[1].

La littérature scientifique regorge d’études qui associent les per- et polyfluoroalkylées, plus connus sous le nom de PFAS[2], à des effets indésirables pour la mère et l’enfant. Plusieurs travaux suggèrent que l’exposition à ces substances, devenues incontournables dans notre quotidien en raison de leurs propriétés antiadhésives et imperméables ainsi que de leur résistance aux fortes chaleurs, augmente le risque de donner naissance à des bébés de petit poids ou de souffrir de troubles hypertensifs pendant la grossesse.[3]

Une nouvelle étude coordonnée par l’Inserm et le CHU publiée le 30 janvier 2025 dans la revue Environment International ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes expliquant certains de ces effets. Ils pourraient provenir en partie d’une altération du placenta.

« Le placenta est un organe essentiel pendant la grossesse qui fait le lien entre la mère et le fœtus et permet, entre autres, les échanges de gaz et de nutriments », explique Claire Philippat, co-dernière autrice de l’étude et chercheuse à l’Inserm.  

Ces résultats ont été obtenus par un consortium de chercheurs de l’Inserm, du CNRS, du CEA, de l’UGA et du CHU de Grenoble. Ils se fondent sur une cohorte de 367 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2014 et 2017 dans la région grenobloise[4].

L’équipe s’est intéressée aux conséquences de l’exposition à treize per- et polyfluoroalkylées sur la santé du placenta. Les chercheurs ont constaté que trois d’entre eux[5] semblent affecter l’intégrité des villosités placentaires, structures qui assurent les échanges entre le sang maternel et le réseau vasculaire fœtal.

Concrètement, ces altérations suggèrent une moins bonne perfusion de l’organe et une diminution des échanges entre la mère et le fœtus, ce qui peut entraîner une baisse des apports en oxygène et en nutriments.

« Selon de précédentes études, les dérégulations dans les échanges fœto-maternels seraient associés aux retards de croissance intra-utérins et au développement de la prééclampsie », explique Nadia Alfaidy, directrice de recherche à l’Inserm et co-dernière autrice de cette étude. La prééclampsie se caractérise par une hypertension artérielle et une présence importante de protéines dans les urines.

Le poids du placenta semble aussi réduit chez les femmes présentant les concentrations les plus élevées de sept PFAS[6] . Or, plusieurs études suggèrent qu’une diminution du poids de cet organe peut indiquer que ses fonctions sont compromises, affectant le développement du fœtus[7].

Alors que de précédents travaux de recherche ont déjà tenté de déterminer comment les PFAS affectent le poids[8] et la vascularisation du placenta[9], « notre étude est la première à disposer de marqueurs histologiques spécifiques, qui rendent compte de la structure du placenta. Ces marqueurs permettent d’apporter des éléments sur les mécanismes par lesquels les PFAS pourraient affecter la santé placentaire », commente Claire Philippat.

À l’avenir, l’équipe scientifique souhaite reproduire cette étude à plus grande échelle pour confirmer ces résultats : « Nous espérons qu’une étude nationale verra le jour sous peu afin de mieux comprendre les conséquences de l’exposition aux PFAS sur la santé de la mère et de l’enfant », conclut la chercheuse.

 

[1] https://www.inserm.fr/c-est-quoi/allo-la-mere-cest-quoi-le-placenta/

[2] https://presse.inserm.fr/cest-dans-lair/un-point-sur-les-pfas/

[3] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0300483X20302043?via%3Dihub

[4] https://cohorte-sepages.fr

[5] Les PFHxA (acides perfluorohexanoïques), les PFHpA (acides perfluoroheptanoïques) et les PFTrDA (acides perfluorotridecanoiques)

[6] Les PFDA (acides perfluorodécanoïques), PFHpS (acides perfluoroheptanes sulfoniques), PFHxS (acides perfluorohexanes sulfoniques), PFNA (les acides perfluorononanoïques), PFOA (les acides perfluorooctanoïques), PFOS (perfluorooctane sulfonate), PFUnDA (acide perfluoro-n-undécanoïque)

[7] https://scholar.google.com/scholar_lookup?title=The%20placenta%20is%20the%20center%20of%20the%20chronic%20disease%20universe&publication_year=2015&author=K.L.%20Thornburg&author=N.%20Marshall

[8] https://academic.oup.com/aje/article-abstract/168/1/66/123645?redirectedFrom=fulltext&login=false

[9] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0143400424000699

Immunothérapie : combiner les données pour mieux prédire l’efficacité

Cancer du poumon, modélisation en 3D crédits Fotalia© Fotolia

Comment améliorer la prédiction de la réponse à l’immunothérapie dans le cancer du poumon non à petites cellules ? Des chercheurs de l’Institut Curie, de l’Inserm et de Mines Paris-PSL ont relevé ce défi en combinant différents types de données d’examens (génomiques, radiomiques, anatomopathologiques, cliniques) au sein d’algorithmes d’intelligence artificielle inédits. Une première, qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications.

Dans la grande majorité des cancers du poumon (plus précisément dans les cancers du poumon non à petites cellules[1]), l’immunothérapie est prescrite en première ligne pour 85 % des patients. Or, certains y répondent et d’autres non. Réussir à prédire l’efficacité de ce traitement représente donc un enjeu crucial afin de gagner du temps sur l’évolution de la maladie, éviter des effets secondaires inutiles et réduire les coûts. Des scientifiques de l’Institut Curie, de l’Inserm et de Mines Paris-PSL, se sont lancés dans un projet pionnier, financé par la Fondation Arc[2] et PR[AI]RIE[3], à la recherche de nouveaux biomarqueurs prédictifs.

Pionnier d’abord en termes d’organisation : 16 chercheurs de l’Institut Curie, de l’Inserm et de Mines Paris-PSL, aidés de nombreux collègues et issus de divers domaines (imagerie, intelligence artificielle, pathologie, radiomique, biologie de la tumeur…) ont collaboré de manière transdisciplinaire autour de mêmes jeux de données.

Pionnier ensuite en termes de résultats : cette équipe est parvenue à identifier la meilleure combinaison de données pour prédire la réponse à l’immunothérapie dans le cancer du poumon non à petites cellules.

La preuve de l’intérêt de la multimodalité

« En collaboration avec l’équipe du Pr Nicolas Girard, chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie, nous avons recueilli, pour 317 patients, des données transcriptomiques, c’est-à-dire d’expression du génome ; des données de radiomique, donc d’imagerie ; des données d’anatomopathologie de la tumeur ; et enfin des données cliniques », détaille le Dr Emmanuel Barillot, directeur de l’unité Oncologie computationnelle (U1331, Institut Curie, Inserm). « Nous avons ainsi découvert que les algorithmes qui combinent les données de trois ou quatre de ces modalités prédisent toujours mieux la réponse au traitement que ceux n’en utilisant qu’une ou deux. Cette preuve de l’intérêt de la multimodalité n’avait pas encore été rapportées pour le cancer du poumon non à petites cellules ».

Mieux encore, les scientifiques ont repéré les modalités les plus prédictives et les ont reliées à des mécanismes biologiques.

« Nous avons par exemple observé que le transcriptome fournit des informations de bonne qualité, notamment parce qu’il permet de quantifier les cellules dendritiques – dont l’action dans la réponse à l’immunothérapie est déjà connue », poursuit le chercheur.

 

L’espoir d’une application prochaine en clinique

Des découvertes qui auront un impact à court mais aussi à long terme.

« Nos prochaines recherches vont s’attacher à intégrer encore plus de données dans nos algorithmes pour vérifier la fiabilité des prédictions et l’améliorer encore », annonce Nicolas Captier, premier auteur de l’étude et doctorant dans l’équipe Biologie des systèmes du cancer de l’Institut Curie. « Et à terme, l’espoir est de pouvoir utiliser de tels algorithmes pour l’élaboration de la stratégie thérapeutique. »

La pratique exigera pour sa mise en place une étroite collaboration avec les médecins : un processus qui devrait être facilité par la capacité des chercheurs de l’Institut Curie à travailler de manière translationnelle avec les équipes de l’Ensemble hospitalier.

[1] Ces cancers représentent plus de 80 % des cancers du poumon et regroupent les adénocarcinomes (60 % des cas), les carcinomes épidermoïdes (30 % des cas) et les carcinomes à grandes cellules (plus rares).

[2] Fondation pour la recherche sur le cancer

[3] L’un des quatre instituts français d’intelligence artificielle qui rassemble l’Université PSL, comprenant l’Institut Curie, ainsi que l’Université Paris Cité, le CNRS, l’Inria, l’Institut Pasteur, et des acteurs industriels majeurs comme Google et Meta.

Premiers résultats de la grande enquête nationale « Contexte des sexualités en France 2023 »

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Les transformations de la société française au cours des dernières décennies, tant sur le plan social et juridique, qu’économique et technologique, ont eu une incidence sur les représentations et les pratiques dans le domaine de la sexualité et de la santé sexuelle. Afin de mieux comprendre ces évolutions, l’ANRS Maladie infectieuses émergentes a initié et financé la recherche « Contexte des sexualités en France » 2023 (CSF-2023) menée par des chercheuses de l’Inserm et de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec une équipe pluridisciplinaire. Il s’agit de la 4ème recherche portant sur ce sujet en France, la dernière datant de 2006.

Trois thématiques structurent cette recherche :

  • Etudier la diversification des représentations, des pratiques et des trajectoires sexuelles dans un contexte social profondément marqué par l’évolution des rapports entre les femmes et les hommes, par les changements dans les modes de vie, par le développement des espaces numériques, par les enjeux liés au consentement sexuel et l’évolution du cadre normatif dans ce domaine.
  • Analyser l’effet des conditions de vie sur les trajectoires sexuelles, en observant comment les situations familiales, économiques, professionnelles, administratives et résidentielles contribuent au développement de nouvelles pratiques, à façonner les capacités de négocier une sexualité choisie et des rapports sans risques, à accéder aux ressources en santé sexuelle et reproductive.
  • Analyser les relations positives et/ou négatives entre différentes dimensions de la sexualité et l’état de santé (santé mentale, maladies chroniques ou limitations fonctionnelles) à différents âges de la vie. La recherche interroge aussi les nouvelles modalités d’accès au système de santé, en matière d’éducation à la sexualité, de choix et d’accès aux outils de prévention et de recours aux traitements via les plateformes numériques.

Enfin, la recherche CSF-2023 est conçue pour fournir des indicateurs clés permettant d’évaluer la stratégie nationale de santé sexuelle à l’horizon 2030.

Télécharger le dossier de l’enquête Contexte des sexualités en France 2023

La recherche a été financée par l’ANRS-Maladies infectieuses émergentes. Elle bénéficie également des contributions de l’Inserm et l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, avec le concours de Santé publique France (SpFrance), de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA) et de la Direction Générale de la Santé (DGS).

Grandes causes de décès en France en 2022

Parmi la population qui réside en France, 673 190 personnes sont décédées en 2022 sur le territoire. Les cancers, première cause de décès, comptent pour un quart des décès (25,5%). © Adobe Stock

La Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques (DREES), le Centre d’épidémiologie des causes médicales de décès de l’Inserm (CépiDc-Inserm) et Santé Publique France analysent les causes médicales de décès des personnes résidentes et décédées en France en 2022. Deux études complémentaires, qui présentent ces résultats, sont publiées conjointement dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (Santé publique France) et dans un Études et Résultats (DREES). Elles s’appuient sur la statistique nationale des causes de décès produite par le CépiDc de l’Inserm à partir du recueil exhaustif et de l’analyse des volets médicaux des certificats de décès.

Parmi la population qui réside en France, 673 190 personnes sont décédées en 2022 sur le territoire, un effectif plus élevé qu’en 2020 et 2021, deux années pourtant fortement impactées par l’épidémie de Covid-19. Les personnes décédées en 2022 étaient en moyenne plus âgées qu’en 2021. Le taux de mortalité standardisé, qui tient compte du vieillissement de la population, est stable par rapport à 2021 tous âges confondus (886,6 décès pour 100 000 habitants) et plus élevé que celui auquel conduirait la prolongation des tendances à la baisse 2015-2019. Ce taux augmente fortement chez les personnes de 85 ans et plus.

Première cause de décès, les tumeurs, 2ème les maladies cardio-neurovasculaires

En 2022, les tumeurs, c’est-à-dire les cancers, première cause de décès, comptent pour un quart des décès (25,5%). Les décès dus aux tumeurs concernent des personnes en moyenne plus jeunes que ceux toutes causes confondues. La mortalité par tumeur poursuit sa tendance à la baisse mais se stabilise chez les femmes.

Les maladies cardio-neurovasculaires (comme, par exemple, l’infarctus du myocarde, l‘AVC et l’insuffisance cardiaque), deuxième cause de décès, comptent pour 20,8% des décès. Ces décès concernent des personnes généralement âgées. Il s’agit de la cause la plus fréquente chez les 85 ans et plus. Entre 2021 et 2022, la mortalité due aux maladies cardio-neurovasculaires qui tient compte du vieillissement de la population augmente légèrement chez les femmes, alors qu’elle reste stable chez les hommes. Comme en 2021, cette mortalité est plus élevée tous sexes et tous âges que ce que suggérait la prolongation des tendances d’avant la crise sanitaire.

Selon une première estimation encore provisoire des taux et du nombre de décès par cause, la mortalité selon chacune de ces deux causes baisserait légèrement en 2023.

Moins de décès dus au Covid-19, hausse des décès dus aux maladies respiratoires hors Covid-19 qui deviennent la 3ème cause de décès

En 2022, les décès dus à des maladies de l’appareil respiratoire (hors Covid-19) ont fortement progressé et représentent 6,7% des décès, soit la 3ème cause de décès ; la mortalité se rapproche de son niveau d’avant crise sanitaire. Ces décès concernent des personnes âgées : la moitié d’entre elles ont 86 ans ou plus. La hausse en 2022 pourrait s’expliquer en partie par les deux épidémies de grippe saisonnières 2021-22 et 2022-23 et à la circulation active d’autres virus respiratoires (notamment virus respiratoire syncytial). A l’inverse, le nombre de décès dus au Covid-19, lui, diminue de près d’un tiers par rapport à 2021 et devient la 5ème cause de décès.

Ce recul pourrait s’expliquer en grande partie par l’atteinte d’une immunité collective élevée au niveau national comme international (couverture vaccinale large, moindre virulence des variants). Ce recul se poursuivrait en 2023.

La mortalité due aux accidents augmente, notamment chez les plus âgés

En 2022, le nombre de décès dus à des causes externes[1] est de 44 800, soit 6,7 % des décès. Les causes externes sont la deuxième cause de mortalité chez les personnes de moins de 65 ans, après les tumeurs.

Pour la première année depuis 2020, la mortalité due aux causes externes, en particulier les accidents, est aussi significativement plus élevée que ce suggérait la prolongation des tendances d’avant-crise sanitaire.

En 2022, la mortalité due aux accidents augmente dans toutes les classes d’âge, notamment chez les plus de 85 ans. Cette hausse est portée par une augmentation des chutes et des accidents domestiques. Les décès dus à des accidents de transport augmentent aussi en 2022 sans cependant retrouver le niveau d’avant la crise sanitaire.

Des ruptures de tendances pour certaines causes qui se confirment en 2022

La hausse de la mortalité pour la majorité des autres grandes causes se poursuit en 2022, en rupture avec la tendance à la baisse qui était observée avant la crise sanitaire du Covid-19. C’est notamment le cas des maladies endocriniennes et des maladies de l’appareil digestif.

Des décès plus fréquemment à domicile et en Ephad

Enfin, la part des décès en établissement public de santé continue de diminuer, alors que celles en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et à domicile progressent en 2022.

Deux études complémentaires, pour mieux documenter les causes de décès en 2022 et leurs évolutions

L’article du BEH analyse les grandes causes de décès en 2022 et leurs évolutions en comparaison à la période 2015-2019 et à 2020 et 2021. La publication Études et Résultats détaille, quant à elle, la mortalité due aux accidents et aux suicides. Elle examine aussi les évolutions des lieux institutionnels de décès selon la cause. Enfin, elle présente une première estimation des causes de décès en 2023.

Consulter les publications et les données associées:

– Cadillac M, Fouillet A, Rivera C, Coudin E. « Les causes de décès en France en 2022 : recul du Covid-19 et hausse des maladies respiratoires », Études et Résultats, n°1312 https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/241008_ER_les-causes-de-deces-2022

– Fouillet A, Cadillac M, Rivera C, Coudin É. Grandes causes de mortalité en France en 2022 et tendances récentes. Bull Épidémiol Hebd. 2024;2024;(18):388-404. http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2024/18/2024_18_1.html

Grandes causes de décès en 2022 et tendances récentes page dédiée sur le site du CépiDc : https://www.cepidc.inserm.fr/donnees-et-publications/grandes-causes-de-deces-en-2022-et-tendances-recentes

[1] Les causes « externes » comprennent tous les accidents (dont les accidents du transport, les chutes accidentelles, les accidents domestiques, les intoxications accidentelles, les noyades…), ainsi que notamment les suicides, les homicides,… 

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