Menu

Le nouveau visage de nos adolescents

Une grande enquête, coordonnée par l’Unité Inserm 1178 « Santé mentale  et santé publique » et le pôle Universitaire de la Fondation Vallée, dresse un état des lieux des problématiques et enjeux actuels de l’adolescence. Ces données, recueillies au moyen d’auto-questionnaires, confrontent les perceptions de 15 235 jeunes scolarisés, âgés de 13 à 18 ans, concernant leur propre adolescence. L’étude aborde des sujets aussi divers que leur santé physique et mentale, leurs consommations, leurs loisirs, ou encore leur sexualité. Les résultats obtenus réaffirment le caractère complexe de ces adultes en devenir, avec une différence fille/garçon bien inscrite et un gradient selon l’âge. Ils devraient permettre d’améliorer les connaissances sur les comportements de ces derniers, et d’identifier de nouveaux indicateurs de difficultés, utiles à la mise en place d’actions de prévention.

Les chiffres clés :

  • Près de 50 % des adolescents a confiance en l’avenir ;
  • Pour 56 % des jeunes interrogés, l’adolescence n’est pas toujours une période facile ;
  • Une très grande majorité (74,5 % de filles et 57,6 % de garçons), privilégie l’isolement en cas de mal-être ;
  • 75 % des adolescents reconnaissent avoir besoin de limites.

Transition entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescence est une période de bouleversements psychologique et physiologique complexes, pouvant entrainer certaines difficultés, et mener à des conduites à risque. L’enquête « Portraits d’adolescents », coordonnée par l’Unité Inserm 1178 « Santé mentale  et santé publique » et le pôle Universitaire de la Fondation Vallée, permet une analyse des « profils » de ces 15 235 jeunes scolarisés à partir de la 4ème jusqu’à la fin du second cycle, grâce à des données recueillies par auto-questionnaires anonymes.

Des ados loin d’être caricaturaux
La génération des adolescents d’aujourd’hui est souvent présentée comme inconsciente, désenchantée, paresseuse et dépendante des objets plus que des liens. Cette étude montre toutefois que près de la moitié des adolescents (48,4 %) a confiance en l’avenir (surtout les garçons, 58,6 % contre 38,9 % de filles).
Graphique1

Une grande majorité se sent bien dans ses relations avec ses parents, et pense que ces derniers posent un regard positif sur eux. La plupart estime par ailleurs que les adultes en général sont trop inquiets pour les adolescents (72,8 %).

88 % de ces jeunes (90,3 % des filles versus 85,5 % des garçons) considèrent que leur propre valeur ne dépend pas du nombre d’objets qu’ils possèdent. La valeur qu’ils s’accordent est liée à l’image qu’ils donnent aux autres, à leurs résultats scolaires, mais aussi à leur créativité.

En terme de représentation des limites, les adolescents d’aujourd’hui sont loin d’être caricaturaux : si plus de la moitié pense que les adultes posent trop de limites, ils sont encore plus nombreux à reconnaitre en avoir besoin (74,9 %). Toutefois, plus des trois quarts d’entre eux pensent que trop de limites poussent, au contraire, à prendre des risques (77 %).

La prise de risques est, par ailleurs, généralement décrite comme essentielle dans les processus d’adolescence. Pour plus d’un tiers de ces jeunes (34,1 %) pour vivre bien, « il faut prendre des risques sans les calculer ». Ces données rendent compte de l’ambivalence bien connue des adolescents.

Les nouvelles formes du mal-être
Les adolescents ont conscience que la période qu’ils traversent n’est pas facile : ils se posent assez souvent ou très souvent des questions sur eux-mêmes (49,3 %), surtout les filles (61,7 % vs 35,7 % pour les garçons). La moitié s’en pose sur le monde qui les entoure, davantage de filles (57,8 %) que de garçons (49,6 %). Cette période de profonds remaniements identitaires accentue la vulnérabilité psychopathologique de ces jeunes, propice aux conduites à risque.

Les tentatives de suicide semblent être plus fréquentes qu’auparavant : 7,8 % des jeunes en ont déjà effectué une, 3,7 % plus d’une. La dépression touche 16,8 % des filles et 7 % des garçons. Par ailleurs, 38,9 % des jeunes ont déjà pensé que « la vie ne valait pas la peine d’être vécue ». Des chiffres alarmants, d’autant qu’une très grande majorité des adolescents (74,5 % de filles et 57,6 % de garçons), privilégie l’isolement comme « modalités de lutte » lorsqu’ils se sentent mal. Ce qui pose le problème du repérage de leur mal-être par les autres, les amis ne représentant que la troisième ressource, derrière l’écoute de la musique (surtout les filles) ou les jeux vidéo (surtout les garçons). On peut aussi s’inquiéter des chiffres de jeunes « subdépressifs », ou légèrement déprimés, 33,6 % de filles et 21,6 % de garçons, en grande augmentation par rapport aux dernières données disponibles.Graphique2

Si l’objectif de cette étude était de mieux comprendre la perception qu’ont les adolescents d’eux-mêmes, de nombreux résultats figurent dans ce rapport, concernant notamment :

Leur rapport aux réseaux sociaux :
88 % des adolescents sont sur les réseaux sociaux. Pour 76,9 %, ce choix est justifié par la présence d’amis sur ce même réseau.

Leur consommation de substances psychoactives :
Globalement, les filles consomment surtout du tabac (9,2 % d’entre elles se disent « accro », contre 7,8 % de garçons), les garçons, de l’alcool, avec des chiffres inquiétants « d’alcoolisation ponctuelle importante » dans le mois précédant l’enquête (37,6 %). La consommation régulière de cannabis touche 7,1 % des jeunes.

Leur sexualité :
10,7 % des garçons versus 4,2 % des filles disent avoir eux des rapports sexuels avant 13 ans, ce qui reste un chiffre préoccupant.

Leur scolarité :
Une très grande majorité d’entre eux la trouve fatigante, stressante et énervante, voire pénible. Seulement un tiers des jeunes la trouve agréable, bien qu’ils la considèrent comme essentielle.

Leurs loisirs :

Le sport, la musique, les amis, internet et les jeux sur ordinateurs (surtout les garçons) sont les loisirs les plus plébiscités par les adolescents.

Téléchargez l’enquête « Portraits d’adolescents » dans son intégralité

La qualité de l’air dans les maisons de retraite affecte la santé pulmonaire des résidents

D’après une nouvelle étude, la qualité de l’air intérieur dans les maisons de retraite a un effet important sur la santé pulmonaire des résidents âgés. L’étude, qui est publiée le 12 mars 2015 dans l’European Respiratory Journal est la première à détailler les effets négatifs d’une mauvaise qualité de l’air dans les maisons de retraite de plusieurs pays.vieillesse

© Fotolia


Des chercheurs du projet GERIE, financé par l’UE, ont collecté des données sur cinq polluants de l’air intérieur: les particules de diamètre de 10 microns (PM10), les particules ultra-fines (PM0.1), le formaldéhyde, le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3). Ces polluants viennent de plusieurs sources, dont le chauffage, les matériaux de construction, le mobilier, les produits nettoyants et de ménage, les désinfectants et les systèmes de refroidissement.

Ils ont évalué de manière objective les niveaux de concentration des polluants dans 50 maisons de retraite de sept pays (Belgique, Danemark, France, Grèce, Italie, Pologne et Suède). Un total de 600 résidents âgés de 65 ans (82 ans en moyenne) ont participé à l’étude.

Chaque participant a subi un certain nombre de tests cliniques, parmi lesquels des tests de la fonction pulmonaire et a rempli un questionnaire de santé. Les résultats montrent que l’exposition à des niveaux élevés de PM10 et de NO2 est associée de manière significative à l’essoufflement et la toux. De hauts niveaux de PM0.1 étaient associés à des sifflements dans la poitrine l’année précédant la mesure de la qualité de l’air, et de hautes concentrations de formaldéhyde sont liées à la bronchopneumopathie obstructive chronique (BPCO).

On retrouve ces associations avec des concentrations modérées de polluants de l’air intérieur inférieures à celles des directives internationales existantes.

Les résultats sont renforcés dans les foyers mal ventilés et chez les résidents de plus de 80 ans. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, de plus en plus d’individus vivent dans des maisons de retraite. Avec le vieillissement, l’organisme devient plus vulnérable aux risques liés à la pollution de l’air. L’activité physique réduite entraîne aussi une exposition accrue à la pollution de l’air intérieur.

La Dr Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm et auteure principale de l’étude, indique: « Nos résultats montrent l’effet indépendant de plusieurs polluants de l’air intérieur sur la santé pulmonaire des personnes âgées vivant en maison de retraite. Le problème est préoccupant puisque la capacité de l’organisme à traiter les polluants nuisibles de l’air diminue avec l’âge. Les maisons de retraite devraient accroître leurs efforts pour diminuer la pollution de l’air intérieur en limitant ses sources, et en améliorant la ventilation de leurs bâtiments. La santé respiratoire des résidents devrait également faire l’objet de vérifications régulières. »

Dan Smyth, président de l’European Lung Foundation, ajoute : « La majorité des maladies pulmonaires peuvent être évitées. Nous devons donc nous concentrer sur des stratégies ciblant les facteurs de risque liés à ces maladies. Ces résultats viennent s’ajouter aux preuves confirmant que la pollution de l’air intérieur est l’un de ces facteurs de risque. Nous devons sensibiliser l’opinion là-dessus, avec des campagnes telles que Healthy Lungs for Life (des poumons sains pour la vie), afin que le public, les patients, les professionnels des soins de santé et les décideurs politiques comprennent l’importance de respirer un air propre pour prévenir la survenue de maladies. »

Les auteurs estiment que des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d’évaluer davantage de maisons de retraite dans différents pays et de mener des études d’intervention pour déterminer quelles méthodes de prévention sont les plus efficaces.

Résultats préliminaires de l’essai clinique JIKI visant à tester l’efficacité du favipiravir pour réduire la mortalité chez les personnes infectées par le virus Ebola en Guinée.

Les données préliminaires de l’essai clinique JIKI, qui teste l’efficacité du favipiravir[1] pour réduire la mortalité liée à Ebola, donnent deux informations importantes :

• une absence d’efficacité chez les personnes qui arrivent aux centres de soin avec un niveau très élevé de réplication virale et qui ont déjà des atteintes viscérales graves,
• et des signes d’efficacité encourageants chez les personnes qui arrivent dans les centres de soins avec un niveau élevé ou moyen de réplication virale et qui n’ont pas encore développé de lésions viscérales trop sévères.

Avec cette catégorisation en deux groupes, on comprend beaucoup mieux la maladie à virus Ebola, et on peut recadrer la place des monothérapies antivirales dans l’arsenal thérapeutique contre la maladie.

L’essai, promu par l’Inserm et financé par la Commission Européenne dans le cadre du projet européen REACTION de l’Initiative Horizon 2020, est soutenu par deux ONG, Médecin Sans Frontière (MSF) et Alliance for International Medical Action (ALIMA), deux réseaux de laboratoires, Belgian First Aid & Support Team (B-FAST) et European Mobile Laboratory (EMLab), la Croix Rouge Française, et le Service de Santé des Armées.

Ces données préliminaires sont présentées mercredi 25 février en « late breaker » lors du congrès international CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections) à Seattle.

Essai clinique JIKI Inserm – Centre de traitement anti-ébola à Guékédou en Guinée © X Anglaret & D Sissoko /Inserm

Compte tenu de la forte mortalité due au virus Ebola malgré des soins de base symptomatiques de qualité, l’étude de thérapeutiques spécifiques innovantes est indispensable. Parmi les médicaments potentiellement utiles pour lutter contre le virus se trouve le favipiravir (T705), un antiviral déjà testé (et bien toléré) chez l’humain adulte contre le virus de la grippe. Celui-ci n’a (pas plus que les autres traitements envisageables) jamais été testé chez l’homme pour traiter Ebola, mais a démontré son efficacité in vitro et chez la souris.

Dans le cadre de la mission qui a été confiée à Aviesan d’organiser la recherche en situation d’urgence, l’essai clinique JIKI, essai de phase II, multicentrique et non comparatif, a débuté le 17 décembre 2014 en Guinée pour tester la capacité du favipiravir à réduire la mortalité chez les personnes infectées par le virus Ebola.
Promu par l’Inserm, co-financé par la commission européenne, l’essai JIKI est mené en partenariat avec MSF, ALIMA, la Croix Rouge française, EMLab, B-Fast, et le Service de Santé des Armées, et se déroule dans quatre centres de traitements Ebola à Guekedou (MSF), Nzérékoré (ALIMA), Macenta (Croix Rouge Française) et Conakry (centre de traitement des soignants).

Dans ces centres, les adultes et enfants de plus de un an présentant un test PCR Ebola positif et acceptant de participer (pour les mineurs : consentement parental), reçoivent un traitement par favipiravir pendant 10 jours en plus des soins de base. Le Favipiravir est fourni par FUJIFILM Corporation/Toyama Chemical Co., Ltd. Le favipiravir se présente sous la forme de comprimés de 200 mg (les comprimés peuvent être dissous dans une boisson) et est administré selon la posologie suivante[2] :
– Adultes : Jour 0 : 2400 mg à H0, 2400 mg à H8 et 1200 mg à H16, puis 1200 mg deux fois par jour pendant 9 jours ;
– Enfants : doses adaptées aux poids.

L’essai JIKI est suivi par un comité indépendant de surveillance, qui s’est réuni les 11 décembre 2014, 5 janvier, 14 janvier et 26 janvier 2015. Lors de cette dernière réunion, le comité a autorisé les investigateurs à publier les données intermédiaires, jugeant qu’elles contenaient des messages à partager rapidement avec la communauté internationale.
Ces messages, obtenus chez les 80 premiers participants (69 adolescents ou adultes, et 11 enfants) sont les suivants :

– 42% des participants sont arrivés dans les centres de soin avec un test PCR très positif (« cycle threshold », CT, <20) reflétant une charge virale très élevée . Parmi ces patients, 81% avaient une insuffisance rénale réfractaire et 93% d’entre eux sont décédés. Dans les trois mois précédant la mise en place de l’essai, la mortalité parmi les personnes se présentant avec les mêmes caractéristiques était de 85%[3] .La comparaison entre l’essai et les données précédant l’essai montre qu’il est très peu probable qu’on puisse prouver ultérieurement que la monothérapie par favipiravir réduise la mortalité dans cette population en stade avancé.

– 58% des participants sont arrivés dans les centres de soin avec un « cycle threshold », CT, >20,reflétant une charge virale très élevée[4]. Parmi ces patients, 42 % avaient une insuffisance rénale mais seuls 15% sont décédés. Dans les trois mois précédant la mise en place de l’essai, la mortalité parmi les personnes se présentant avec une CT >20 était de 30%. La comparaison entre l’essai et les données précédant l’essai laisse donc espérer que la monothérapie par favipiravir puisse réduire la mortalité dans cette population en stade moins avancé.

Pour les chercheurs, ces données préliminaires encouragent :
– à poursuivre l’essai en s’attachant à donner le traitement par favipiravir le plus tôt possible après le début des symptômes, de façon à traiter des malades chez lesquels la multiplication virale est contrôlable et qui n’ont pas encore développé de lésions viscérales trop sévères (notamment rénales) ;
– à explorer d’autres options thérapeutiques pour les patients qui se présentent dans les centres de traitement à un stade trop avancé de la maladie.

Pour Yves Levy, président directeur général de l’Inserm « Ces résultats d’un essai non comparatif doivent être confortés sur un plus grand nombre de malades. Ils ouvrent cependant d’autres voies thérapeutiques, par des associations de médicaments, surtout chez les malades plus avancés. Enfin ils montrent que la place de la recherche est entière pour répondre à une crise sanitaire. Il faut souligner la qualité de la collaboration Guinéenne et Française, le rôle pionnier de MSF dans cette recherche, la qualité du partenariat avec toutes les ONG concernées, et la réactivité de la Commission Européenne sans lesquels ces progrès n’auraient pas pu être obtenus. »

« MSF est heureux de voir que le Favipiravir semble avoir un effet positif chez certains patients souffrant du virus Ebola. Mais il semble aussi que les patients les plus vulnérables, ceux qui ont le plus de risques de décéder de la maladie, ne bénéficient pas du tout des effets du favipiravir. Ceci et le fait qu’il ne s’agit que de résultats préliminaires, font qu’il est bien trop tôt pour commencer à utiliser le favipiravir en dehors du cadre d’un essai clinique. La recherche sur le favipiravir, et sur d’autres traitements potentiels contre le virus Ebola, doit être poursuivie et MSF est prêt à jouer un rôle dans ces essais cliniques », dit le Dr Bertrand Draguez, directeur médical chez MSF. »

Pour Augustin Augier, secrétaire général de Alima : « Ces résultats encourageants vont permettre de renforcer le lien de confiance entre les populations touchées par la maladie ebola et le système de santé car enfin, même si c’est incomplet, une solution thérapeutique est disponible. C’est un pas important pour éteindre les dernières poches de l’épidémie. »

Le commissaire européen chargé de la recherche, des sciences et de l’innovation, M. Carlos Moedas, a déclaré: « Je suis ravi des résultats encourageants de l’un des projets soutenus par l’Union européenne pour affronter Ebola. Nous disposons des premiers éléments de preuve que le traitement « favipiravir » serait efficace contre la maladie à un stade précoce. Si ces résultats sont confirmés par l’étude clinique toujours en cours, ce serait le premier traitement à être déployé pour lutter contre cette maladie mortelle durant l’épidémie actuelle. Ces résultats montrent le succès de la réaction rapide de la Commission européenne à l’épidémie, en soutenant la recherche urgente de plusieurs traitements et vaccins potentiels contre Ebola via les fonds du programme de recherche européen Horizon 2020. Ceci est un incroyable exemple de ce que les meilleurs scientifiques peuvent réaliser avec le soutien de l’UE quand il y a tant en jeu. Cela montre que le financement par l’Union européenne peut conduire à des découvertes qui sauvent des vies et qui sont le résultat d’une coopération rapide, européenne, internationale et industrielle. »

‘Ce projet a reçu le soutien du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne’

____

[1] Le Favipiravir est fourni par FUJIFILM Corporation/Toyama Chemical Co., Ltd

[2] Le détail de cette posologie a fait l’objet d’une communication dans la revue The Lancet Infectious Diseases.

[3] Sur cet échantillon, un taux de mortalité de 93 % n’est pas significativement différent des 85% obtenus parmi les personnes qui s’étaient présentées avec les mêmes caractéristiques (p=0,39)

[4] Dans les laboratoires participants à l’essai, une CT <20 équivaut à une charge virale de plus de 108 copies de virus par ml de sang.

 

Retard de croissance intra-utérin (RCIU) : évaluation et impact du dépistage

Une étude observationnelle française réalisée par Jennifer Zeitlin et ses collaborateurs (Unité Inserm 1153, Équipe de recherche en épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (EPOPé)) sur plus de 14 000 femmes, montre que seulement 21% des enfants porteurs d’un retard de croissance intra-utérin (RCIU) avaient été suspectés pendant la grossesse, malgré les recommandations nationales qui invitent les femmes à réaliser une échographie au troisième trimestre de la grossesse. L’étude montre que près de la moitié des enfants présentant une suspicion de RCIU avait un poids normal à la naissance (faux positifs). De plus, la suspicion d’un RCIU pendant la grossesse était associée à une augmentation du risque de césarienne programmée avant travail et de déclenchement du travail, indépendamment de l’existence ou non d’un faible poids à la naissance. Les résultats de cette étude, publiée dans BJOG: An International Journal of Obstetrics and Gynaecology, soulignent la nécessité de mener une réflexion autour des raisons de la faible performance du dépistage du RCIU et questionnent aussi sur les effets iatrogènes potentiels  du dépistage chez les faux positifs.
bébé

© Fotolia

Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) est une pathologie obstétricale responsable d’une morbidité et d’une mortalité périnatale importantes. Il se manifeste par une altération de la croissance fœtale qui peut être dépistée pendant la grossesse, principalement par l’estimation du poids fœtal mesurée à l’échographie. En France, l’échographie du troisième trimestre recommandée chez toutes les femmes enceintes sert à surveiller la croissance fœtale et à identifier les fœtus avec un RCIU. Le dépistage anténatal du RCIU permet d’adapter la surveillance de la grossesse pour prévenir les risques de décès in utero et néonataux, ainsi que les risques de séquelles neurologiques pour l’enfant.

Peu d’études avaient évalué jusqu’alors la performance et l’impact du dépistage du RCIU en population générale. L’objectif des chercheurs a été d’estimer le pourcentage d’enfants pour lesquels un RCIU avait été suspecté en anténatal et de mesurer l’effet de cette suspicion sur les décisions médicales prises, en analysant un échantillon représentatif de naissances en France en 2010. Pour cela, ils ont estimé le nombre d’enfants nés avec un faible poids à la naissance (inférieur au 10ème percentile pour l’âge gestationnel) et, parmi eux, la proportion d’enfants ayant eu un RCIU suspecté en anténatal.

L’étude a montré que seulement 21% des enfants nés avec un faible poids de naissance avaient été suspectés pendant la grossesse. De plus, la moitié des enfants suspectés d’avoir un RCIU pendant la grossesse avait un poids normal à la naissance (≥ 10ème percentile). La suspicion anténatale d’un RCIU était associée à une augmentation de la probabilité d’avoir une césarienne programmée avant travail et un déclenchement du travail, indépendamment de l’existence ou non d’un faible poids à la naissance. Des résultats similaires ont été retrouvés dans le sous-groupe des femmes ne présentant aucune complication pendant la grossesse.

Pour Jennifer Zeitlin et son équipe :

« Les résultats de cette étude soulignent la nécessité de mener une réflexion autour des raisons de la faible performance du dépistage du RCIU en France. Ils questionnent également sur le risque de réaliser des interventions médicales non justifiées, dans le cas où une suspicion de RCIU pendant la grossesse n’a pas été confirmée à la naissance ».

Tous Chercheurs : expérimenter les sciences, pour mieux comprendre sa maladie

Depuis 2004, l’association Tous Chercheurs, présidée par la neurobiologiste Constance Hammond (Directrice de Recherche Inserm, Unité 901 « Institut de Neurobiologie de la Méditerranée (INMED) »), propose une expérience originale aux membres d’associations de malades.

Cette structure organise en moyenne sept stages pratiques de biologie par an, d’une durée de trois jours chacun, pour des personnes concernées par des maladies chroniques (maladies génétiques rares, maladies auto-immunes, maladies inflammatoires, cancers familiaux, …). Le détail de ce programme vient d’être publié dans la revue PloS Biology datée du 10 février.
IMG_2274

© Tous Chercheurs/M. Mathieu

Ces stages permettent aux participants d’acquérir, par la pratique, les bases de biologie nécessaires à la compréhension de leur maladie ; de comprendre certains des mécanismes connus (ou supposés) à l’origine de la maladie ; et de se sensibiliser aux spécificités et contraintes de la recherche.

Les groupes sont composés de 8 à 12 personnes, membres d’une même association de malades, ou d’associations concernées par des pathologies similaires.

Chaque session a lieu dans le laboratoire Tous Chercheurs, basé au sein de l’Institut de Neurobiologie de la Méditerranée (INMED, Inserm), sur le campus scientifique de Luminy (Université de la Méditerranée).

Chaque stage se décline en trois temps :

  • La première matinée consiste en une observation initiale, suivie d’un questionnement, qui aboutissent à formuler des hypothèses de travail. Cette 1ère matinée met directement le stagiaire dans la « peau d’un chercheur » et dans une démarche active d’apprentissage ;
  • L’après-midi du premier jour jusqu’à la fin de matinée du 3e jour : les stagiaires réalisent des expériences pratiques en lien avec leur pathologie ;
  • L’après-midi du dernier jour est consacré à la rencontre avec un chercheur ou médecin travaillant sur leur pathologie pour discuter des dernières avancées en termes de recherche ou de traitement sur leur pathologie.

En 10 ans, Tous Chercheurs a mis au point et animé 64 stages pratiques et formé ainsi environ 600 membres d’associations de malades.

Les perspectives dans les années à venir sont d’essaimer ces formations dans d’autres laboratoires Inserm. Pour l’instant, Tous Chercheurs coordonne ces formations au sein de la fédération francophone des écoles de l’ADN, incluant quatre autres centres de formation des patients (Angers, Evry-Généthon, Nîmes, Poitiers).

Parmi les associations accueillies (et pathologies associées), on note l’AFM (maladies neuromusculaires), VLM (mucoviscidose), APTEPF (cancer du côlon héréditaire), AFSR (syndrome de Rett), AFAF (ataxie de Friedreich), ASL (paraplégies spastiques), Wegener infos et autres vascularites, AFA (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), ANDAR (polyarthrite rhumatoïde), AFPCA (polychondrite atrophiante), AFDIAG (maladie cœliaque)

Quelques retours de stagiaires ayant participé à des sessions :

« Ces trois jours denses, passionnants et passionnés nous ont laissés « sur les rotules » ! Nous sommes rentrés heureux et ne demanderions qu’une chose : y retourner, réviser, approfondir et toujours dans le même but : mieux comprendre pour mieux se battre ! Merci pour ce que vous faites, merci pour les associations de maladies auto-immunes et merci pour les malades. »

Gilbert – Association Francophone contre la polychondrite chronique atrophiante

« Un stage de très haut niveau qui sait se mettre à la portée de tous et duquel on ressort le plein fait de connaissances, d’espoir et d’envie de vivre pour attendre les victoires de la recherche. »

Michel – Association Waldenström France

Cette action a été rendue possible grâce au soutien de nos financeurs, notamment :
AFM-Téléthon, Fondation Arthritis-Courtin, Région PACA, MENESR, Ville de Marseille, l’Inserm et Aix-Marseille Université.

Choc santé : L’Inserm lance sa collection de livres à destination du grand public

En partenariat avec les éditions du Muscadier, l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) crée une collection d’ouvrages visant à informer le public sur les questions de santé. En 128 pages, ces livres font la synthèse des résultats les plus récents des recherches menées par l’Institut. Ils s’adressent aussi bien aux patients et à leurs familles qu’aux soignants.

La collection

Chacun aspire à une bonne santé. Alimentation, activité physique, hygiène de vie en général sont devenues des préoccupations significatives pour une majeure partie d’entre nous. En matière de traitement et de prévention, les progrès scientifiques de ces dernières décennies ont ouvert des perspectives sans précédent. Toutefois, nous ne savons pas toujours où trouver l’information la plus pertinente d’autant que, dans ce domaine en particulier, on entend ou on lit souvent tout et son contraire.

Qui croire ? Comment s’y retrouver ?
La collection Choc santé a pour ambition de rendre accessibles au plus grand nombre les connaissances acquises par l’Inserm qui, depuis maintenant plus de 50 ans, organise la recherche publique dans le domaine de la santé. Le lecteur y trouvera non seulement les avancées médicales les plus récentes, mais également des conseils pratiques qui lui permettront d’améliorer sa santé et celle de ses proches.

Deux premiers titres chocs : Alzheimer et la dépression

La recherche médicale avance à grands pas et accomplit des progrès notables, souvent porteurs d’espoirs, dans de nombreux domaines. Synthèse des connaissances les plus récentes sur l’Alzheimer et sur la dépression, ces deux ouvrages permettront à chacun de mieux comprendre la maladie, et d’améliorer les conditions de vie des patients et de leurs proches.
PhotoCP web

Alzheimer : fatalité ou espoir ?

Le livre
Nous connaissons presque tous une personne touchée par la maladie d’Alzheimer. Pourtant, cette pathologie – dont les conséquences sont souvent dramatiques, tant pour le malade que pour son entourage – reste mal connue de la plupart d’entre nous. Quelles sont ses causes ? ses symptômes ? Comment la déceler, puis la suivre ? Quand le diagnostic est-il possible et souhaitable ? Quels sont les traitements disponibles ? Comment évolue-t-elle ? Est-elle inéluctable ou peut-on agir, au moins partiellement, sur sa survenue et sur sa progression ?

Les auteurs
Francis Eustache est directeur d’études à l’École pratique des hautes études et directeur de l’unité de
recherche 1077 « Neuropsychologie cognitive et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine » (Inserm-EPHE-Université de Caen Basse-Normandie). Il est l’un des plus grands spécialistes internationaux des questions liées à la mémoire. Gaëlle Chételat, Béatrice Desgranges et Vincent de La Sayette sont membres de l’unité de recherche 1077.

Dépression : s’enfermer ou s’en sortir ?


Le livre
« Faire une dépression », « être déprimé »… tout le monde a déjà utilisé ces termes pour décrire un mal-être ou un état d’âme passager. Pourtant, la dépression est une vraie maladie, qui touche plusieurs millions de personnes en France. Revêtant différentes formes selon les individus, cette affection suscite de nombreuses interrogations. Quels sont ses symptômes ? ses causes ? Peut-on la soigner ? Les traitements actuels sont-ils efficaces ? dangereux ? Comment accompagner une personne dépressive ?

L’auteur
Antoine Pelissolo est psychiatre et chef de service au CHU Henri-Mondor à Créteil, professeur de médecine à l’université Paris-Est, et président de l’Association française des troubles anxieux et de la dépression (AFTAD). Il mène des travaux de recherche clinique et thérapeutique sur ces pathologies dans le cadre de l’unité Inserm de l’Institut Mondor de recherche biomédicale, et au sein de la fondation FondaMental.

La survie des enfants grands prématurés en France s’améliore : premiers résultats de l’étude EPIPAGE 2

Depuis 2011, près de 7 000 enfants prématurés ont été inclus dans l’étude EPIPAGE 2. Cette étude pour objectif d’évaluer la survie des enfants prématurés nés entre la 22ème semaine et la 34ème semaine d’aménorrhée et leur devenir ultérieur. Comparée aux données de la cohorte EPIPAGE 1 en 1997, la proportion des enfants nés en 2011 à partir de la 25ème semaine d’aménorrhée, ayant survécu sans être atteint par une pathologie néonatale sévère, a nettement augmenté. Néanmoins, la survie est toujours rare pour les enfants nés avant 25 semaines. Ces résultats permettent de dresser le pronostic des enfants grands et très grands prématurés et de faire le bilan des changements survenus ces 15 dernières années. Ils fournissent des informations utiles aux équipes médicales dans la prise en charge des enfants et l’accompagnement des familles.

Cette étude réalisée par les chercheurs de l’équipe Inserm EPOPé -« Equipe de Recherche en Epidémiologie Obstétricale, Périnatale et Pédiatrique » du Centre de Recherche Epidémiologie et Statistique Sorbonne Paris Cité (CRESS, Unité 1153 Inserm/Université Paris Descartes)- est publiée dans la revue JAMA Pediatrics.

bébé

©Fotolia

L’étude EPIPAGE 2 (Etude épidémiologique sur les petits âges gestationnels) est une étude nationale pour mieux connaître le devenir des enfants prématurés au regard des évolutions survenues ces 15 dernières années. Elle est menée dans 25 régions de France. Entre le 28 mars 2011 et le 31 décembre 2011, près de 7000 enfants prématurés (mort-nés et naissances vivantes) ont été inclus dans EPIPAGE 2. Des informations en maternité et dans les services de néonatologie ont été collectées par les équipes médicales et de recherche des 25 régions participantes.

La durée moyenne normale d’une grossesse est de 40 semaines. On considère qu’un enfant naît prématurément avant 37 semaines d’aménorrhée (avant le début du 9ème mois de grossesse), la grande prématurité se situant entre 22 semaines (5 mois) et 31-32 semaines (7 mois).

Dans cette étude, trois groupes d’enfants prématurés ont été constitués :

– les enfants extrêmement prématurés (nés avant la fin du 6ème mois de grossesse, entre 22 et 26 semaines d’aménorrhée révolues)

– les enfants grands prématurés (nés avant la fin du 7ème mois de grossesse, entre 27 et 31 semaines d’aménorrhée révolues)

– les enfants modérément prématurés (nés au début du 8ème mois de grossesse, entre 32 et 34 semaines d’aménorrhée révolues)

Les résultats d’EPIPAGE 2 ont montré que 0.44% des naissances se produisaient avant 27 semaines en France, 0.84% entre 27 et 31 semaines et 1.8% à 32-34 semaines.

Après analyse, les données de 2011 montrent que plus les enfants sont prématurés, plus le taux de survie diminue. Ainsi, la survie atteint 99% à 32-34 semaines, 94% à 27-31 semaines, 60% à 25 semaines et moins de 1% avant 24 semaines.

Les enfants prématurés étant à haut risque de complications néonatales, cérébrales, respiratoires et digestives en particulier, les taux de survie sans pathologie néonatale grave sont plus faibles. Ils atteignent 97% à 32-34 semaines, 81% à 27-31 semaines, 30% à 25 semaines et 12% à 24 semaines.
Epipage

C’est à partir de la 25ème semaine que les chercheurs constatent une amélioration significative de la survie des enfants prématurés depuis ces 15 dernières années.

« Nous observons une importante augmentation du taux de survie chez les enfants de la cohorte EPIPAGE 2 nés en 2011. Comparée à 1997 (première étude EPIPAGE), la proportion des enfants ayant survécu sans morbidité sévère a augmenté de 14% pour les prématurés nés entre la 25ème et la 29ème semaine et de 6% pour les enfants nés entre 30 et 31 semaines d’aménorrhée«  explique Pierre-Yves Ancel, responsable de l’équipe Inserm d’Epidémiologie Obstétricale, Périnatale et Pédiatrique à l’origine de l’étude. Ces données suggèrent donc une amélioration de la prise en charge des enfants prématurés en 15 ans.

Les résultats chez les enfants les plus immatures ont en revanche peu évolué. Ils traduisent une grande incertitude sur le devenir de ces enfants et la prise en charge à proposer. Les résultats d’EPIPAGE 2 pourraient être l’occasion d’une réflexion sur la prise en charge des plus petits. Cette réévaluation devra prendre en compte la « morbidité » et les séquelles à long termes.

« Les données recueillies par l’étude EPIPAGE 2 sont précieuses pour définir les besoins de prise en charge spécifiques pendant l’enfance et mieux connaître les conséquences de la prématurité »,

concluent les chercheurs.

Pour en savoir plus

Site internet de l’étude Inserm EPIPAGE 2 : https://epipage2.inserm.fr/index.php/fr/

A ce jour, plus de 4 000 enfants sont suivis dans le cadre de l’étude. Les familles ont complété des questionnaires à 1 et 2 ans. A l’âge de 2 ans, des informations ont également été recueillies auprès du médecin en charge du suivi médical de chaque enfant.

La prochaine étape importante est le suivi à 5 ans. Cette étape vise à faire un bilan complet de la santé et du développement des enfants dans des centres prévus à cet effet.

Epipage_UK

© Inserm / Pierre Yves Ancel

 

Le groupe sanguin « O » associé à un risque moindre de développer un diabète de type 2

Existe-t-il une relation entre le groupe sanguin et le risque de diabète de type 2 ? C’est ce qu’ont étudié Guy Fagherazzi et ses collaborateurs de l’Unité mixte de recherche 1018 « Centre de recherche en épidémiologie et sante des populations » (Inserm/Université Paris-Sud) à Gustave Roussy. L’analyse, menée auprès de 82 104 femmes de la cohorte E3N suivies pendant 18 ans, suggère pour la première fois que le risque de diabète de type 2 serait plus faible pour les individus de groupe « O », que pour les groupes A, B et AB.
Ces résultats sont publiés dans le journal Diabetologia.

Groupe sanguin  ©fotolia

Le diabète touche plus de 382 millions de personnes dans le monde dont 90% sont atteintes du diabète de type 2. Environ 4,6% de la population française est affectée par cette pathologie, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les facteurs de risque connus sont l’obésité, l’inactivité physique, un apport calorique trop élevé, le tabagisme, l’hypertension ou l’hypercholestérolémie. Les chercheurs estiment qu’il est aujourd’hui capital d’identifier de nouveaux facteurs qui permettront de mieux comprendre cette maladie et ainsi de ralentir son développement.

Dans cette étude, 82 104 femmes françaises de la cohorte E3N ont été suivies pendant 18 ans, entre 1990 et 2008.

« Nous montrons, pour la première fois dans une si grande population, que les femmes ayant le groupe sanguin O – environ 43% des Français sont de ce groupe aujourd’hui –  ont un risque moindre de développer un diabète de type 2 » explique Guy Fagherazzi, épidémiologiste à l’Inserm.

En détail, les femmes avec d’autres groupes sanguins avaient un risque accru de développer un diabète, allant de 10% pour le groupe A, 17% pour le groupe AB et 21% pour le groupe B, par rapport au groupe O.

Lorsque le rhésus de la personne était pris en compte, les chercheurs notent que les femmes ayant un groupe sanguin O- (seuls 6% de la population en France) avaient un risque de diabète plus faible que les autres.

Comment peut-on expliquer ces résultats ?

Peu de mécanismes biologiques permettent aujourd’hui de relier le groupe sanguin et le risque de diabète de type 2, mais certaines hypothèses déjà identifiées permettraient d’expliquer en partie l’association observée :

  • Il semblerait que certains marqueurs endothéliaux et marqueurs d’inflammation soient présents en plus grande quantité chez les personnes qui ne sont pas du groupe O. Or ces marqueurs sont associés à un risque accru de diabète de type 2.
  • Le groupe sanguin ABO a déjà été identifié comme étant un des facteurs génétiquement déterminés qui module la composition du microbiote intestinal, qui à son tour joue un rôle dans le métabolisme du glucose, la balance énergétique ainsi que l’inflammation chronique.

« Malgré la robustesse de nos données, il est nécessaire de répliquer cette étude dans d’autres grandes populations, en particulier avec d’autres patrimoines génétiques, chez les hommes, même si les mécanismes proposés ne sont pas dépendants du sexe » souligne Guy Fagherazzi, premier auteur de l’étude.

Si ces observations sont confirmées, le groupe sanguin pourrait être une information pertinente à recueillir dans la pratique courante, dans les futures études portant sur le diabète de type 2 et dans le cadre du suivi de personnes à risque. Les chercheurs devront déterminer pourquoi les individus du groupe O ont un risque plus faible de développer un diabète de type 2.

Pour en savoir plus :

LES ETUDES E3N (www.e3n.fr) ET E4N (www.e4n.fr)

L’étude E3N, ou Etude Epidémiologique auprès de femmes de la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale), dirigée par Françoise Clavel-Chapelon, directrice de recherche à l’Inserm, est une étude de cohorte prospective portant sur environ 100 000 femmes volontaires françaises nées entre 1925 et 1950 et suivies depuis 1990.

Depuis 1990, les femmes remplissent et renvoient des auto-questionnaires tous les 2 à 3 ans. Elles sont interrogées sur leur mode de vie (alimentation, prise de traitements hormonaux…) d’une part, et sur l’évolution de leur état de santé d’autre part.

Les données sur les facteurs de risque ont fait l’objet de plusieurs études de validation. Le taux de « perdues de vue » est très faible du fait de la possibilité qu’offre la MGEN de suivre les non-répondantes. Mais c’est avant tout grâce à la fidélité et à la constance des participantes, et grâce à la collaboration des médecins traitants, que l’étude E3N peut fournir tous ces résultats.

L’étude E3N est soutenue par quatre partenaires fondateurs : l’Inserm, la Ligue contre le Cancer, l’Institut Gustave Roussy et la MGEN.

L’étude E4N vient d’être lancée et vise à prolonger l’étude E3N en suivant les membres de la famille des femmes E3N. A terme, E4N rassemblera trois générations : les femmes E3N et les pères de leurs enfants constituent la première génération, leurs enfants, la deuxième, et leurs petits-enfants formeront la troisième génération. Le suivi des trois générations permettra de recueillir des informations sur les facteurs comportementaux et environnementaux à différentes périodes de la vie. L’objectif principal de l’étude E4N est d’étudier la santé en relation avec l’environnement et le mode de vie moderne chez des sujets d’une même famille ayant un terrain génétique et un environnement communs.

 

Activité physique et prévention des chutes chez les personnes âgées – Une expertise collective de l’Inserm

Avec l’avancée en âge, chaque personne peut être atteinte par des déficiences sensorielles, motrices et cognitives, ainsi que par des pathologies chroniques. Au-delà de 85 ans, plus des trois quarts des Français déclarent des limitations dans leurs activités. Les chutes, événements fréquents chez les personnes âgées, participent aux risques de perte d’autonomie et d’entrée en institution, et s’avèrent très coûteuses en termes de qualité de vie et de prise en charge. Dans un contexte de vieillissement de la population, leur prévention et la préservation de l’indépendance dans les activités quotidiennes représentent donc des enjeux majeurs de santé publique.

L’Inserm a été sollicité par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports pour réaliser une expertise collective permettant de disposer d’un bilan des connaissances scientifiques sur la contribution de la pratique d’une activité physique à la prévention des chutes chez les personnes âgées.

PhotoCP web© Fotolia

Les auteurs de l’expertise collective soulignent ainsi l’effet bénéfique d’une activité physique régulière, centrée sur le travail de l’équilibre, pour tous les sujets âgés à risque plus ou moins élevé de chute. Pour être adaptés à l’état de santé et au mode de vie des personnes, les programmes d’exercices physiques doivent être davantage encadrés et mieux associer les acteurs du monde médical, associatif et sportif.

Extraits :

Chutes accidentelles des personnes âgées : état des lieux et conséquences

La population des personnes âgées constitue un groupe très hétérogène d’un point de vue médical et fonctionnel. Après 65 ans, 15 à 20 % des personnes vivant à domicile seraient fragiles. Or la fragilité est associée à un risque majoré de mortalité et d’événements péjoratifs comme les chutes.

En France, en 2009, les chutes représentent 90% des accidents de la vie courante recensés dans les services d’urgence chez les plus de 75 ans. 20 à 33 % des personnes âgées de 65 ans ou plus rapportent avoir chuté au cours de l’année écoulée. Parmi les chuteurs, la moitié aurait fait au moins deux chutes dans l’année. Les chutes représentent par ailleurs la principale cause de traumatismes physiques chez les plus de 70 ans et sont aussi souvent responsables d’une perte de confiance en soi, pouvant conduire à une restriction des activités.

Les exercices physiques contribuent à réduire le taux de chutes et le risque de chuter

Les programmes d’exercices de prévention des chutes les plus efficaces sont ceux centrés sur le travail de l’équilibre. Globalement, ceux-ci entraînent une réduction significative du risque de chute de l’ordre de 25 %. Le renforcement musculaire et l’amélioration de l’endurance participent également au maintien des capacités fonctionnelles et ont des effets complémentaires au travail de l’équilibre sur la prévention de ces dernières. Pour les personnes âgées vivant à domicile, les programmes reposant sur plusieurs types d’exercices d’activité physique sont efficaces à la fois sur la réduction du taux de chutes, du risque de chuter et du risque de fractures. De façon générale, les bénéfices de l’exercice sont rapidement perdus après l’arrêt du programme, ce qui implique idéalement la poursuite de l’entraînement physique aussi longtemps que possible pour le maintien des effets sur le long terme.

L’activité physique : une solution au maintien de l’autonomie de la personne âgée

Les personnes âgées qui consacrent du temps à l’activité physique ont une meilleure perception de leur santé en général, de leur vitalité et de leur condition mentale et physique.


Recommandations

Les recommandations d’actions des auteurs de cette expertise collective comportent trois objectifs principaux :

  • Développer des programmes d’exercices physiques adaptés à l’état de santé du sujet âgé ;
  • Favoriser la mise en œuvre de programmes d’activités physiques ;
  • Informer sur les chutes, identifier et prendre en charge les personnes âgées à risque.


Les auteurs de cette expertise ont également formulé plusieurs recommandations de recherche :

  • Réaliser des études permettant de préciser les programmes optimums en termes d’efficacité et d’acceptabilité, notamment pour les personnes les plus âgées, les moins mobiles et les plus fragiles ;
  • Réaliser des évaluations coût-efficacité des programmes de prévention ;
  • Analyser l’incidence des chutes et leurs conséquences en France ;
  • Élucider les mécanismes fondamentaux qui sous-tendent les facteurs de risque de chute ;  
  • Appréhender les aspects psychologiques et comportementaux du risque de chute liés à la peur de tomber ;
  • Mieux définir les facilitateurs et les freins à l’engagement dans la pratique d’activité physique chez les personnes âgées.

Lire l’ensemble du dossier de presse

Lire la synthèse du rapport  » Activité physique et prévention des chutes chez les personnes âgées »

Démarrage de la saison 2014-2015 de GrippeNet.fr

Participation de la population à la surveillance en ligne de la grippe

Lancé il y a 3 ans par l’équipe du réseau Sentinelles (unité mixte de recherche 1136, Inserm – Université Pierre et Marie Curie) et l’Institut de Veille Sanitaire, le site GrippeNet.fr revient pour une quatrième année consécutive.


GrippeNet.fr complète les systèmes de surveillance traditionnels de la grippe alimentés par des informations collectées dans les cabinets de médecins libéraux et les hôpitaux. Ces données permettent d’entreprendre des travaux de recherche (au niveau national mais aussi européen) pour tenter de mieux comprendre la grippe (recherche de facteurs de risque, rôle de l’âge, recours aux soins de santé, impact de la vaccination, diffusion de la maladie à l’échelle européenne,…), mais aussi de suivre l’évolution de l’épidémie au sein de la population.

Le principe du site GrippeNet.fr  est de permettre à toute personne qui le souhaite en France métropolitaine, de participer à la surveillance de la grippe, de façon anonyme et volontaire, quels que soient son âge, sa nationalité et son état de santé.

GrippeNet 2014


Bilan de la dernière saison

Lors de la saison 2013-2014, GrippeNet.fr a permis de recueillir, durant 5 mois (du 13 novembre 2013 au 13 avril 2014), une grande quantité de données liées à la grippe. Si le nombre de participants est resté stable avec 6 000 internautes, la participation hebdomadaire a augmenté avec 4 000 questionnaires remplis en moyenne chaque semaine (contre 3 700 lors de la saison 2012-2013). Cette saison a mis en évidence une fidélisation accrue des participants à l’étude GrippeNet.fr.

Au cours de la saison 2013-2014, 24% des participants ont déclaré des symptômes compatibles avec un syndrome grippal (contre 29% lors de la saison 2012-2013), ce qui peut être mis en parallèle avec la courte durée de l’épidémie de grippe. Cette dernière ne s’est étendue que sur 5 semaines et figure parmi les plus petites épidémies recensées par le réseau Sentinelles. Seuls 42% des participants présentant un syndrome grippal ont consulté un professionnel de santé. (Plus d’informations disponibles sur le bilan de la saison 2013-2014).

La nouvelle saison 2014-2015

Focus sur les femmes enceintes, population à risque de complications liées à la grippe

La grippe peut avoir des conséquences importantes pour la mère et son enfant au cours de la grossesse. Depuis 2012, la vaccination contre la grippe est donc recommandée en France pour toutes les femmes enceintes. En pratique, il est cependant difficile d’évaluer si cette recommandation est bien suivie.

En plus du suivi habituel de la population générale, une surveillance spécifique des femmes enceintes est cette année mise en place : le projet G-GrippeNet vise à estimer la fréquence de survenue d’une grippe chez cette population spécifique, ainsi que le nombre de femmes vaccinées contre la grippe pendant leur grossesse en France. Cette étude est la toute première utilisation de l’outil GrippeNet.fr visant à suivre plus particulièrement une population.

Une fois son compte personnel créé sur www.grippenet.fr, la future maman complètera le premier questionnaire d’inclusion, dans lequel elle répondra « oui » à la question « Etes-vous enceinte ? ». Chaque semaine, elle sera ensuite invitée à remplir un questionnaire de symptômes (identique à celui de GrippeNet.fr). Un autre sera également mis à sa disposition si elle souhaite déclarer un événement particulier survenu lors de sa grossesse ou informer de son accouchement. Les participantes recevront parallèlement une newsletter mensuelle abordant un sujet de santé lié à la grossesse.

Pour que les estimations de GrippeNet.fr soient les plus fiables possibles, une participation massive de la population est indispensable. Celle-ci permet d’étudier l’évolution de l’épidémie de grippe selon différentes catégories de population, notamment les hommes et les jeunes participants sous-représentés lors des saisons passées, et désormais les femmes enceintes. Chacun est invité à participer, quels que soient son état de santé (peu sensible aux infections hivernales ou souvent malade en hiver), son âge, son métier,….


Rappel du projet GrippeNet.fr

Ce système de surveillance a été lancé fin janvier 2012 par l’équipe du réseau Sentinelles (unité mixte de recherche Inserm – Université Pierre et Marie Curie) et l’Institut de veille sanitaire.

Le système GrippeNet.fr permet de recueillir directement auprès de la population métropolitaine des données épidémiologiques sur la grippe, grâce à Internet. Les données recueillies par GrippeNet.fr n’ont pas vocation à remplacer les informations validées par des professionnels de santé, mais apportent des informations complémentaires, notamment sur les personnes malades qui ne consultent pas de structure de santé.

Pour participer à GrippeNet.fr, quelques minutes suffisent. Lors de l’inscription sur le site, seule une adresse email est requise. Après avoir rempli un questionnaire, le participant est invité chaque semaine à remplir un bref questionnaire récapitulant les symptômes qu’il a eus ou non depuis sa dernière connexion (fièvre, toux…). Ces données anonymes sont immédiatement analysées et contribuent en temps réel à la surveillance de la grippe en France. La participation à ce programme ne se substitue évidemment pas à une visite chez son médecin généraliste.

GrippeNet.fr est un projet financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet HARMS-flu (approches multi-échelles pour la modélisation de la propagation de la grippe en France). GrippeNet.fr s’intègre dans une démarche européenne de surveillance du syndrome grippal en population, Influenzanet. Pour cette nouvelle saison, 8 autres pays européens sont dotés d’un système comparable à GrippeNet.fr, et près de 40 000 européens ont participé à cette surveillance durant la saison 2013-2014.



Les accidents de la vie courante mieux compris

Au cours de sa vie, chaque Français sera en moyenne victime d’un accident de la vie courante tous les 5 ans (chute, brûlure, noyade etc.). Mises bout à bout, ces statistiques représentent 11 millions de blessés chaque année. L’équipe Prévention et Prise en Charge des Traumatismes dirigée par Emmanuel Lagarde (Unité Inserm 897 « Institut de Santé Publique, d’Épidémiologie et de Développement »/Université de Bordeaux), en partenariat avec Calyxis, lance aujourd’hui l’observatoire MAVIE pour déterminer l’ampleur et les caractéristiques des accidents de la vie courante (AcVC) en France. Les chercheurs espèrent pouvoir identifier les facteurs associés à leur survenue et gravité grâce à la constitution d’un échantillon représentatif de 100 000 Français.

 

Les accidents de la vie courante, dits AcVC, représentent l’ensemble des traumatismes non intentionnels (hors accidents de la route et du travail). Ils regroupent notamment les accidents domestiques, sportifs, de loisirs et scolaires. Chaque année ces derniers engendrent 11 millions de blessés, dont 5 millions auront recours aux urgences. Ils sont également responsables de près de 20 000 décès, soit cinq fois plus que les accidentés de la route. Parmi ceux-ci, les chutes, les suffocations et les intoxications font le plus grand nombre de victimes.
Ces accidents sont cependant encore trop peu connus et étudiés.

Les accidents de la vie courante : des statistiques à mettre à jour
Le tableau ci-dessous présente les statistiques annuelles des accidents de la vie courante en France. Ces données sont issues d’études Inserm, du baromètre santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, ainsi que des études réalisées par l’Institut de veille sanitaire, telles que l’Enquête permanente sur les accidents de la vie courante (EPAC). Toutefois, une mise à jour de ces données s’avère indispensable.Sans titre

« En France, nous disposons d’informations sur la typologie de ces accidents, mais de peu de données quant aux variables les expliquant », souligne Emmanuel Lagarde, directeur de recherche Inserm.

Une étude de cohorte pour mieux comprendre ces accidents « invisibles »
L’observatoire MAVIE s’appuiera sur les éléments recueillis chez un grand nombre de personnes volontaires suivies pendant plusieurs années : ici, 100 000 participants.
Sa méthodologie repose donc sur un recueil exhaustif des informations déclarées, ou observées antérieurement à la survenue de l’accident, tels que l’environnement domestique, les habitudes et modes de vie et, enfin, la santé de la victime.
Ces données sont précieuses pour mieux comprendre la survenue des AcVC. Elles permettraient de proposer des programmes d’intervention prioritaires pour réduire le nombre de victimes.

Le but est de répondre à ces grandes questions :
– Quels sont ces accidents ?
– Quand, comment et où surviennent-ils ?
– Quels sont les facteurs associés à leur survenue et leur gravité ?
– Comment les prévenir ?
– Quel est le devenir des victimes ?

Comment être volontaire ?
100 000 personnes sont appelées à participer à l’observatoire MAVIE. L’inscription se fait par foyer, sur le site www.observatoire-mavie.com. Le questionnaire d’inscription comprend une description globale du foyer, des ha¬bitudes et modes de vie et en second lieu, une description de chacun des membres individuellement. Une relance trimestrielle permettra de réaliser un bilan des accidents éventuellement survenus au sein du foyer.

Pour en savoir plus :

Le dossier de presse ainsi que les visuels de la campagne de recrutement des volontaires (affiches, flyers, bannières) sont disponibles et téléchargeables ci-contre https://we.tl/XIBqtXWgdu.

A l’occasion du lancement de l’observatoire MAVIE, le recueil de témoignages de personnes victimes d’accidents de la vie courante sera exceptionnellement possible aux urgences du CHU de Bordeaux. N’hésitez pas à nous contacter.

PhotoCP web

© Affiche observatoire MAVIE

fermer