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Nouveau : l’Inserm lance les communiqués-vidéos

Le service de presse de l’Inserm innove et lance une série de vidéos qui accompagne les principales publications scientifiques internationales de ses équipes. Lors de la diffusion de certains de ses communiqués de presse, l’Inserm propose désormais de courtes vidéos, qui illustrent les meilleurs résultats issus de ses laboratoires le jour même de leur parution. Dans un esprit communautaire et volontairement tourné vers le Web 2.0, ces vidéos sont accessibles sur les sites de partage. Qui mieux que le chercheur peut partager son enthousiasme et sa passion pour ses travaux ?

Si dans la plupart des cas, la présence localisée du méningocoque dans la gorge est sans aucune conséquence, elle peut accidentellement conduire à une méningite ou un choc sceptique. La gravité de ces deux dernières infections pousse les chercheurs du monde entier à mieux comprendre le mode de fonctionnement de cette bactérie, qui, dès lors qu’elle quitte son lieu de prédilection (la gorge) devient extrêmement dangereuse. L’équipe Avenir dirigée par Guillaume Duménil au sein de l’unité mixte de recherche Inserm 970, Université Paris Descartes « Paris centre de recherche cardiovasculaire » vient d’identifier comment cette bactérie se dissémine et quitte la gorge pour passer dans la circulation sanguine. Ces travaux ont été publiés le 11 février 2011 dans la revue Science.

Retrouvez l’ensemble des vidéos dans l’espace multimedia ou sur la chaine You Tube Inserm vidéo

Le sommeil permet de trier les informations importantes de celles qui ne le sont pas !

Le sommeil participe de manière très active au processus de fabrication des souvenirs. Mais comment notre cerveau distingue-t-il, parmi la multitude d’informations que nous traitons chaque jour, ce qui doit absolument être conservé en mémoire de ce qui peut être oublié ? Une étude publiée le 16 février 2011 dans la revue Journal of Neuroscience menée conjointement par Géraldine Rauchs (Unité Inserm U923, Caen), et ses collaborateurs Fabienne Collette et Pierre Maquet de l’université de Liège (Belgique), montre que le sommeil joue un rôle primordial dans la mémorisation à long terme des informations considérées comme importantes.

La mémoire comment ça marche ?

La mémoire est une fonction complexe qui nous offre la possibilité d’apprendre à skier, à jouer du piano mais également de se souvenir de nos vacances, notamment des détails, des émotions, des odeurs, etc. Nous sollicitons en permanence notre mémoire à court terme, qui permet d’utiliser des informations dans l’immédiat. Lorsque nous apprenons des informations plus importantes pour nous et qui seront utilisées ultérieurement, nous sollicitons notre mémoire à long terme. Pour stocker les souvenirs de manière durable en mémoire à long terme, ceux-ci vont devoir subir un processus lent et complexe dit de consolidation. Mais comment distinguer les informations à oublier de celles à conserver ?

L’activité de l’hippocampe au centre des souvenirs

Les chercheurs ont proposé à des personnes jeunes de faire travailler leur mémoire. Vingt-six volontaires (11 hommes et 15 femmes) âgés de 23 à 27 ans ont accepté de participer à cette étude. Les chercheurs leur ont présenté des mots. Certains devaient être retenus tandis que d’autres devaient être oubliés. Après avoir été confrontée à l’ensemble des mots, la moitié des sujets a pu dormir la nuit suivant cette phase d’apprentissage tandis que les autres ont été privés de sommeil. Ils ont ensuite été revus trois jours après pour tester leur mémoire sur l’ensemble des mots présentés.

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle, les chercheurs ont montré que l’activité du cerveau lors de la phase d’apprentissage des mots permettait de déterminer le devenir des souvenirs après une nuit de sommeil. Ainsi l’hippocampe, petite structure située en profondeur du lobe temporal du cerveau et jouant un rôle majeur dans la mémoire, est plus actif lorsqu’il s’agit de retenir un mot plutôt que lorsqu’il s’agit de l’oublier. C’est également le cas pour les mots effectivement mémorisés comparés à ceux qui ont été involontairement oubliés alors que les personnes devaient les retenir.

Une activité modulée par le sommeil

Le résultat le plus original de cette étude est que cette activation de l’hippocampe lors de l’apprentissage détermine également ce qui sera consolidé au cours du sommeil de ce qui ne le sera pas.

Ces résultats montrent que l’activation de cette petite région lors de la confrontation à des informations nouvelles est un signal important indiquant à notre cerveau parmi toutes les informations qu’il reçoit lesquelles doivent être consolidées au cours du sommeil. « Notre étude va dans le sens de certains travaux qui suggèrent que l’hippocampe marquerait des populations neuronales spécifiques au moment de l’apprentissage (comme avec des étiquettes). Ces populations étiquetées seraient ensuite réactivées au cours du sommeil, mécanisme à la base du processus de consolidation » conclut Géraldine Rauchs.

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Visualisation par imagerie cérébrale fonctionnelle des régions cérébrales plus activées pour les mots à retenir comparés aux mots à oublier (vert) et pour les mots à retenir qui ont été effectivement mémorisés comparés à ceux qui étaient à retenir mais ont été involontairement oubliés (rouge) chez les sujets ayant dormi après l’apprentissage, comparés aux sujets privés de sommeil. © Inserm, Université de Liège

Le méningocoque envoie des « éclaireurs » pour se disséminer

Si dans la plupart des cas, la présence localisée du méningocoque dans la gorge est sans aucune conséquence, elle peut accidentellement conduire à une méningite ou un choc sceptique. La gravité de ces deux dernières infections pousse les chercheurs du monde entier à mieux comprendre le mode de fonctionnement de cette bactérie, qui, dès lors qu’elle quitte son lieu de prédilection (la gorge) devient extrêmement dangereuse. L’équipe Avenir dirigée par Guillaume Duménil au sein de l’unité mixte de recherche Inserm 970, Université Paris Descartes « Paris centre de recherche cardiovasculaire » vient d’identifier comment cette bactérie se dissémine et quitte la gorge pour passer dans la circulation sanguine. Ces travaux sont publiés le 11 février 2011 dans la revue Science.

Le méningocoque est une bactérie spécifique à l’homme. Elle est souvent présente à l’état non-pathogène dans la gorge de porteurs sains (5% à 30% de la population).

Cette persistance dans l’organisme peut tout de même s’avérer dangereuse dans certains cas. Le lieu où se multiplie la bactérie, la gorge, représente une porte d’entrée pour qu’elle se dissémine via la circulation sanguine ou qu’elle pénètre dans le cerveau. Dans ces deux derniers cas, l’infection devient alors très grave et provoque un choc septique ou une méningite. Sans une prise en charge très rapide, le taux de mortalité lié à ces deux infections est très important.

Guillaume Duménil et son équipe de recherche à l’Inserm se sont donc intéressés de près à cette bactérie, qui, lorsqu’elle passe dans la circulation sanguine devient dangereuse. « Certaines avancées acquises ces dernières années ont servi de point de départ à ce travail publié dans Science », explique le chercheur. « On sait par exemple que les méningocoques sont dotés de structures particulières : les pili. Ils leur permettent à la fois d’adhérer aux cellules de la gorge, de s’y multiplier et de former des agrégats. Nous étudions de près la protéine principale qui compose les pili : la piline » ajoute Guillaume Duménil.

Les chercheurs ont alors découvert que la protéine subissait différentes modifications au cours du temps. Parmi elles, l’une s’est avérée plus intéressante que les autres : l’ajout d’un phosphoglycérol. Ce groupement chimique une fois greffé à la piline donne le signal de dissémination.

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Cycle d’invasion de la bactérie responsable de la méningite © Inserm, G. Duménil

Des bactéries isolées de la colonie partent « en éclaireur »

A partir de ces premiers résultats, les chercheurs ont découvert la présence du gène qui permet le transfert du phosphoglycérol sur la piline : le gène pptB. Ce gène fonctionne à plein régime seulement lorsque la bactérie est au contact des cellules qui tapissent la paroi de la gorge. « L’emballement » du gène pptB, provoque l’ajout du phosphoglycérol à la piline. Celle-ci perd alors l’une de ses propriétés essentielles : sa capacité à former des agrégats. En conséquence, certaines bactéries se détachent de la colonie et se disséminent peu à peu. Cette stratégie va être utilisée par la bactérie à la fois pour coloniser d’autres endroits de la gorge et pour traverser les cellules qui la tapissent. « On pourrait presque comparer ce phénomène à la formation de métastases cancéreuses » souligne Guillaume Duménil.

C’est la première fois que des chercheurs identifient avec autant de précision la cascade d’évènements qui conduit la bactérie dans la circulation sanguine. C’est une première étape. « On sait dorénavant comment le méningocoque passe de la gorge au sang. Nous espérons pouvoir démontrer que ce processus est identique lorsque la bactérie passe du sang au cerveau et déclenche une méningite », conclut Guillaume Duménil.

Par ailleurs, si les chercheurs arrivent à trouver des molécules qui bloquent la dissémination, ils pourraient détenir là un outil à la fois préventif (blocage de la colonisation de la gorge et du passage vers la circulation sanguine) et thérapeutique (limitation de la colonisation des vaisseaux sanguins et de la transmission au cerveau).

Si la stratégie développée par le méningocoque assure sa multiplication dans la gorge et donc sa survie au cours de l’évolution, elle provoque aussi la mort de l’organisme, et donc sa propre mort. Encore une preuve que vivre en bonne intelligence avec son hôte n’est pas si facile.

Ces travaux font l’objet d’une protection par brevet, déposée par Inserm Transfert.

Une nouvelle piste pour un candidat-vaccin contre le virus du Sida

Des chercheurs français associant l’Université Paris Descartes, le CNRS et l’Inserm au sein de l’Institut Cochin, en collaboration avec la société Mymetics et avec le soutien de l’ANRS, ont développé un candidat-vaccin contre la transmission sexuelle du VIH chez des macaques femelles. Cinq singes, vaccinés par voies nasale et intramusculaire, ont été protégés contre l’infection du VIH par voie vaginale. Ce candidat-vaccin est le fruit de quinze années de recherche sur l’entrée du virus dans l’organisme et sur l’immunité locale au niveau des muqueuses. L’approche est nouvelle : elle consiste à induire la production d’anticorps spécifiques de la surface du virus au niveau des muqueuses génitales, mimant le phénomène observé dans une population de femmes naturellement immunisées contre le VIH et qui résistent à l’infection. Ces travaux sont publiés dans la revue Immunity du 10 février 2011.

Les pistes de recherche poursuivies ont pour objectif d’induire la production d’anticorps sanguins et/ou de cellules tueuses contre le VIH. L’originalité du candidat-vaccin développé par les chercheurs est d’induire la production d’anticorps au niveau des muqueuses, qui soient capables de prévenir très tôt l’infection par voie muqueuse, c’est-à-dire avant la multiplication du virus et sa dissémination dans le sang. Cinq macaques femelles (Macaca mulatta) ont été vaccinées par voies intramusculaire et nasale. Six mois plus tard, elles ont été exposées de façon répétée (13 fois) au VIH par inoculation vaginale. Les cinq animaux se révèlent protégés du développement de l’infection et restent séronégatifs, six mois après la dernière infection par le VIH.

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© Fotolia

« L’analyse comparative des anticorps induits par la vaccination dans le sang et au niveau des muqueuses montre que ce sont seulement les anticorps muqueux spécifiques de la surface du virus -aussi bien IgG que IgA- qui permettent de protéger les macaques de l’infection par voie muqueuse. Ce type d’anticorps a été décrit comme un corrélat de la protection chez des femmes résistant à l’infection malgré des rapports sexuels non protégés et qui seraient donc naturellement immunisées. Cela permet de penser que notre candidat-vaccin simule ce type de réponse naturelle », explique Morgane Bomsel.

Pour élaborer ce candidat-vaccin, les chercheurs ont étudié la protéine transmembranaire Gp41 de l’enveloppe du VIH. Il s’agit de la partie de l’enveloppe virale variant le moins parmi toutes les souches virales du sida. Gp41 contrôle, à la fois, l’entrée du virus dans les cellules de la muqueuse et l’infection d’une famille de lymphocyte T, les principales cellules cibles du VIH. Pour favoriser l’induction d’anticorps neutralisants lors de l’immunisation, les autres parties de l’enveloppe du VIH, non-neutralisantes ont été retirées du candidat-vaccin.

Le vecteur vaccinal de ce candidat-vaccin ou virosome est utilisé depuis plus de 10 ans dans plusieurs candidat-vaccins destinés à l’Homme. Grâce à sa surface lipidique mimant la surface du virus, ce virosome permet aux antigènes de Gp41 d’adopter une structure similaire à celle qu’ils ont in situ. Cela favorise l’induction d’anticorps neutralisants lors de la vaccination.

« En plus d’une réponse immune de type humorale (c’est-à-dire liée à la production d’anticorps) anti-VIH puissante au niveau des muqueuses, sans avoir besoin d’une réponse cellulaire cytotoxique, le vaccin fonctionne relativement bien in vitro contre les sous-types B et C du VIH, responsables de 95% des cas aux Etats-Unis, en Europe et en Inde. Ce succès est prometteur », indique Morgane Bomsel.

« Cependant, il reste beaucoup de travail à réaliser. Il existe plusieurs limites à ces résultats : le vaccin n’a été testé que sur des singes femelles. Il protège d’une infection vaginale non traumatique, ne reflétant pas nécessairement la réalité. Reste donc à étudier le vaccin chez des mâles et à voir son efficacité contre d’autres voies d’infection sexuelles (rectum, tractus oro-uro-génital). Enfin, il faut poursuivre cette étude, notamment quant à la durée de la réponse immunitaire protectrice », conclut Morgane Bomsel.

En tout état de cause, comme l’a récemment souligné le Pr Françoise Barré- Sinoussi, Prix Nobel de médecine, les modèles animaux montrent leur pertinence dans les recherches visant à développer des candidats-vaccins.

Ce travail a été rendu possible grâce au financement de l’Agence nationale de recherches contre le Sida et les hépatites virales (ANRS), SIDACTION – Ensemble contre le Sida et la fondation pour la recherche médicale (FRM) et réalisé en collaboration avec la société américaine Mymetics (Nyon, Suisse).

Cinq nouveaux facteurs de risque identifiés pour la maladie de Parkinson

Des chercheurs américains et européens, au sein d’un consortium international sur l’étude génomique de la maladie de Parkinson ont identifié 11 régions génomiques de susceptibilité à la maladie de Parkinson dont 5 nouvelles. Cette méta-analyse est publiée en ligne dans la revue The Lancet datée du 2 février 2011.

La maladie de Parkinson : origine non seulement environnementale mais aussi génétique

La maladie de Parkinson est la seconde maladie neurodégénérative la plus fréquente, caractérisée par une perte progressive des neurones dopaminergiques et une accumulation de corps de Lewy. Bien que l’origine de cette maladie ait été longtemps considérée comme purement environnementale, l’identification, durant ces 10 dernières années, d’au moins 13 loci et 9 gènes (Parkine, PINK1, DJ-1, ATP13A2, SNCA, UCHL1, LRRK2, GIGYF2 et Omi/HTRA2) impliqués dans des formes rares monogéniques(*) de la maladie de Parkinson, ont permis de montrer l’importance des facteurs génétiques dans la survenue de ce désordre complexe.

De manière intéressante, certains des gènes impliqués dans les formes monogéniques de la maladie de Parkinson, tels que SNCA et LRRK2, sont aussi des facteurs de risque dans des cas sporadiques, formes les plus communes de la maladie

Méta-analyse d’études d’associations à grande échelle : identification de nouveaux facteurs de risque pour la maladie de Parkinson

Depuis 2007, plusieurs études d’association à grande échelle menées chez des cas parkinsoniens et des témoins appariés, d’origines géographiques diverses, ont permis d’identifier au moins 6 régions chromosomiques contenant les gènes MAPT, SNCA, HLA-DRB5, BST1, GAK et LRRK2.

Parmi elles, cinq études d’association indépendantes ont été réalisés aux Etats-Unis et en Europe, portant sur un total de 5333 patients parkinsoniens et 12 019 témoins et couvrant quelque 7,7 millions de variants génétiques.

L’ensemble des nombreuses données issues de ces études à large échelle ont fait l’objet d’une analyse combinée (méta-analyse). Les régions génomiques les plus significativement associées à la maladie de Parkinson ont été par ailleurs retrouvées dans une population indépendante de 7053 patients parkinsoniens et 9564 témoins, ce qui valide les données de la méta-analyse.

Ces travaux, fruit d’une collaboration internationale entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Islande, ont été menés en France par Alexis Brice (Université Pierre et Marie Curie-Paris, CNRS UMR 7225, INSERM UMR_S975, Centre de Recherche de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, Paris, France), Maria Martinez (Unité mixte Inserm 1043, Toulouse). Ils ont abouti à l’identification de 5 nouvelles régions chromosomiques (ACMSD, STK39, MCCC1/LAMP3, SYT11 et CCDC62/HIP1R), en plus de la confirmation des 6 régions génomiques déjà connues.

Les variants des gènes MAPT et SNCA expliquent à eux seuls, près de 30% du risque de survenue de la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont également évalué dans la population générale la distribution et les effets cumulés des facteurs de susceptibilité associés aux 11 régions chromosomiques incriminées. Résultat : les 20% des individus qui portent le plus grand nombre de facteurs de susceptibilité ont 2,5 fois plus de risque de développer la maladie, comparés aux 20% d’individus porteurs d’un faible nombre de facteurs de susceptibilité.

Ces travaux précisent pour la première fois l’importance du rôle des facteurs de risque génétiques dans la survenue de la maladie de Parkinson dans la population générale.

L’identification de ces facteurs génétiques impliqués dans les formes les plus communes de la maladie de Parkinson va permettre non seulement des avancées importantes dans la compréhension de la physiopathologie de cette maladie neurodégénérative, mais aussi le développement d’outils diagnostiques et pronostiques.

Etude de la maladie de Parkinson.

Région cérébrale qui dégénère dans la maladie de Parkinson. Trois corps de Lewi (l’un situé au centre, très caractéristique) qui confirment le diagnostic de la maladie de Parkinson. © Inserm, E. Hirsch

Note
(*) Une maladie est dite monogénique quand sa genèse est provoquée par la mutation d’un seul gène. On estime aujourd’hui qu’il en existe près de 6 000.

Lancement de la première collaboration internationale sur la génétique de la maladie d’Alzheimer.

Un consortium mondial vise à découvrir et cartographier les gènes de la maladie
Un groupe de chercheurs de différents pays annonce aujourd’hui le lancement de l’International Genomics of Alzheimer’s Project (IGAP, Projet international de génomique de l’Alzheimer), une collaboration mise en place pour découvrir et cartographier l’ensemble des gènes de susceptibilité à la maladie d’Alzheimer. Les travaux de recherche menés dans le cadre de cette collaboration internationale auront lieu essentiellement au sein d’universités européennes et nord-américaines. Ils associeront les connaissances, le personnel et les ressources de quatre consortiums les plus en pointe dans la recherche sur la génétique de la maladie d’Alzheimer.

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© Fotolia

Ces quatre groupes sont :

L’European Alzheimer’s Disease Initiative (EADI, initiative européenne pour la maladie d’Alzheimer) en France, dirigée par Philippe Amouyel, docteur en médecine et chercheur, Directeur de l’Unité mixte de recherche Inserm-Institut Pasteur de Lille-Université de Lille 2 « Santé publique et épidémiologie moléculaire des maladies liées au vieillissement ».

L’Alzheimer’s Disease Genetics Consortium (ADGC, consortium de génétique pour la maladie d’Alzheimer) aux Etats-Unis, dirigé par Gerard Schellenberg, chercheur, à la faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie.

Le Genetic and Environmental Risk in Alzheimer’s Disease (GERAD, risque génétique et environnemental dans la maladie d’Alzheimer) au Royaume-Uni, dirigé par Julie Williams, chercheuse, à l’Université de Cardiff.

Le Cohorts for Heart and Aging Research in Genomic Epidemiology (CHARGE, cohortes pour le cœur et le vieillissement en épidémiologie génomique), dirigé par Sudha Seshadri, docteur en médecine, à l’Université de Boston.

« Ces travaux sont extrêmement importants, parce qu’ils font progresser notre capacité à détecter et traiter la maladie d’Alzheimer », déclare le Dr. Amouyel. « L’identification des gènes qui contribuent au risque de survenue d’une maladie Alzheimer et qui influencent la progression de cette maladie nous aidera à découvrir les causes de la maladie, à identifier des protéines et d’autres nouvelles cibles pour le développement de médicaments et à proposer des méthodes de dépistage génétique des personnes qui présentent le plus de risque de développer un Alzheimer, lorsque des mesures préventives seront disponibles », annonce le Dr. Schellenberg.

Chaque consortium travaille actuellement avec plusieurs milliers de participants – à la fois des personnes souffrant de maladie d’Alzheimer et des personnes non atteintes par la maladie – mais les scientifiques des quatre groupes ont abouti à la conclusion que ce n’est qu’ensemble qu’ils pourront réunir suffisamment de participants afin accélérer la découverte de l’ensemble des gènes impliqués dans la maladie. La création de l’IGAP permet donc de rassembler une base de données partagée par l’ensemble de ces chercheurs, qui inclut les données génétiques de plus de 40 000 personnes.

Les docteurs Amouyel, Schellenberg, Seshadri et Williams s’enthousiasment de cette collaboration qui regroupe, pour la première fois, les meilleures équipes de recherche en génomique du monde travaillant sur la maladie d’Alzheimer. Ils espèrent tous vivement que cette collaboration fera beaucoup progresser les connaissances sur la maladie d’Alzheimer. « Travailler ensemble à cette échelle nous fait gagner des années dans notre compréhension de cette terrible maladie et dans le développement de nouveaux traitements », confie le Dr. Williams.

La constitution de l’IGAP est soutenue par l’Alzheimer’s Association (www.alz.org) et la Fondation Plan Alzheimer (www.fondation-alzheimer.org). « Nous sommes heureux de financer ce projet, qui réunira des groupes de recherche bien établis et très estimés dans le monde entier, afin de permettre un partage et une analyse sans précédent des données génomique sur la maladie d’Alzheimer », affirment William Thies, chercheur, médecin chef et conseiller scientifique en chef de l’Alzheimer’s Association, et Philippe Lagayette, président de la Fondation Plan Alzheimer en France.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative, progressive et fatale, contre laquelle il n’existe à ce jour ni méthode de prévention ni traitement satisfaisants. Les médicaments disponibles ne réduisent que marginalement la gravité de la maladie, ce qui laisse à ce jour cette maladie sans solution durable. La maladie d’Alzheimer progresse, sur une période de plusieurs années, jusqu’à l’invalidité totale et au décès.

Dans le World Alzheimer Report 2010 (Rapport mondial sur la maladie d’Alzheimer de 2010, https://www.alz.co.uk/research/worldreport/), l’association Alzheimer’s Disease International estime que 35,6 millions de personnes dans le monde sont affectées par cette maladie et que ce chiffre atteindra 65,7 millions en 2030 et 115,4 millions en 2050. Selon ce rapport, le coût total de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées dans le monde est estimé à 450 milliards d’euros en 2010.

Dans le World Alzheimer Report 2010 (Rapport mondial sur la maladie d’Alzheimer de 2010, https://www.alz.co.uk/research/worldreport/), l’association Alzheimer’s Disease International estime que 35,6 millions de personnes dans le monde sont affectées par cette maladie et que ce chiffre atteindra 65,7 millions en 2030 et 115,4 millions en 2050. Selon ce rapport, le coût total de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées dans le monde est estimé à 450 milliards d’euros en 2010.

« La hausse fulgurante de la prévalence et du coût de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées constitue un risque économique et sanitaire mondial, insiste le Dr. Schellenberg. Cela motive encore davantage les collaborations innovantes, comme ce projet international sur le génome, qui cherche à accélérer les découvertes ».

« Notre première tâche sera de rassembler toutes les données existantes des différents groupes afin de pouvoir les analyser en commun, annonce le Dr. Amouyel. L‘étape suivante consistera à inclure de nouvelles analyses sur des sujets qui ne font pas encore partie de ces études, afin d’augmenter les effectifs mondiaux et à accroître ainsi notre capacité à détecter de nouveaux gènes. »

L’International Genomics of Alzheimer’s Project (IGAP)
L’objectif principal de l’IGAP est de comprendre les déterminants de la susceptibilité génétique à la maladie d’Alzheimer. Dans ce but, l’IGAP cherchera à identifier tous les gènes qui contribuent au risque de développer cette maladie. Les chercheurs de l’IGAP auront accès aux données génétiques combinées d’un très grand nombre de malades d’Alzheimer et pourront les comparer aux données génétiques d’un au moins aussi grand nombre de personnes âgées non affectées par la maladie d’Alzheimer. Au cours de la phase initiale du projet, plus de 20 000 malades d’Alzheimer et environ 20 000 sujets âgés en bonne santé seront ainsi comparés. Au fil des travaux, 10 000 malades d’Alzheimer et le même nombre de sujets âgés en bonne santé viendront s’ajouter à l’étude. Les sujets de ces études sont issus de différents sites de recherche sur la maladie d’Alzheimer en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. Les résultats des études de l’IGAP seront présentés lors de congrès scientifiques et dans des publications au fur et à mesure de leur développement.
Les experts de l’IGAP prévoient de présenter leurs premiers résultats lors de la conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer (International Conference on Alzheimer’s Disease (AAICAD)) de l’Alzheimer’s Association qui aura lieu pour la première fois à Paris du 16 au 21 juillet 2011, à la porte de Versailles.

L’EADI est soutenu par la Fondation Plan Alzheimer, l’Institut Pasteur de Lille et l’Inserm. L’ADGC est soutenu par le National Institute on Aging (institut national américain du vieillissement) et le National Institute of Health (NIH, ministère de la Santé américain). Le GERAD est soutenu par le Medical Research Council (conseil pour la recherche médicale britannique). Le CHARGE est soutenu par le NIH, Erasmus University et d’autres acteurs.

Une carence en oméga 3 pourrait expliquer certains comportements dépressifs

Les conséquences des déficits en acides gras essentiels du régime alimentaire maternel sur le cerveau de son enfant sont peu connues. Cependant on sait que l’insuffisance en acides gras omega 3 est impliquée dans de nombreuses pathologies. Des chercheurs de l’Inserm et de l’INRA associés à des chercheurs espagnols ont fait suivre à des souris un régime pauvre en acides gras Oméga 3. Ils ont découvert que des niveaux réduits d’oméga 3 diminuaient les fonctions des neurones impliqués dans le contrôle des comportements émotionnels.

Les détails de ce travail sont disponibles dans la version online de la revue Nature Neuroscience.

Dans les pays industrialisés, les régimes alimentaires se sont appauvris en acides gras essentiels depuis le début du XXème siècle. Ainsi, le rapport entre les quantités d’acides gras polyinsaturés Oméga 6 et d’acides gras polyinsaturés Oméga 3 dans les rations alimentaires n’a cessé d’augmenter au cours du XXème siècle. Ces acides gras sont des lipides « essentiels » car l’organisme ne peut les synthétiser de novo. Ils doivent donc être apportés par le régime alimentaire.

Or, les lipides sont des éléments indispensables au fonctionnement du système nerveux et leur équilibre doit être préservé dans le cerveau.

Olivier Manzoni, Directeur de Recherche Inserm (Unité Inserm 862 « Neurocentre Magendie » Bordeaux et Unité 901 « Institut de Neurobiologie de la Méditerranée » Marseille) et Sophie Layé, Directeur de Recherche INRA (Unité INRA 1286 « Nutrition et Neurobiologie Intégrée », Bordeaux) et leurs collaborateurs ont émis l’hypothèse qu’une malnutrition chronique dès le développement intra-utérin, influence l’activité des neurones impliqués dans les comportements émotionnels (dépression, anxiété, …) à l’âge adulte.

Pour vérifier leurs hypothèses, les chercheurs ont fait suivre à des souris un régime reflétant ce déséquilibre entre acides gras Oméga 3 et Oméga 6. Ils ont découvert que le déficit des Omega 3 dans le cerveau perturbe la transmission nerveuse : mais pas n’importe laquelle ! En effet, les chercheurs ont observé que seuls les récepteurs cannabinoïdes, qui sont stratégiques pour la transmission nerveuse, voient leur fonction abolie. Ce dysfonctionnement neuronal s’accompagne de comportements dépressifs chez ces souris mal nourries.

Les endocannabinoïdes (endoCB) agissent sur la plasticité synaptique à long terme grâce à leur action rétrograde sur l’élément présynaptique
(DLT : dépression à long terme)

Le système cannabinoïde endogène, dit « endocannabinoïde » est très largement exprimé dans le système nerveux central où il participe à la transmission synaptique. Sur le plan physiologique et comportemental, le système endocannabinoïde est fondamental dans la douleur, l’apprentissage, la prise alimentaire et les comportements émotionnels.
Il existe 2 endocannabinoïdes principaux, qui sont des lipides signaux, constitués de longues chaînes d’acides gras. Ils sont produits en réponse à l’activité neuronale et activent des récepteurs spécifiques appelés récepteurs cannabinoïdes. Les principaux récepteurs cannabinoïdes exprimés dans le système nerveux central sont appelés CB1R.
Le système endocannabinoïde est un acteur majeur de la plasticité synaptique et il est connu que sa dérégulation est impliquée dans les troubles de l’humeur.

Chez les souris déficientes en oméga 3, les habituels effets produits par l’activation des récepteurs cannabinoïdes tant au niveau synaptique que comportemental, n’apparaissent plus. Ainsi, les récepteurs CB1R perdent leur activité au niveau synaptique et l’effet anxiogène du cannabis disparaît.

En conséquence, les chercheurs ont découvert que chez les souris soumises au régime alimentaire déficient en oméga 3, la plasticité synaptique dépendante des récepteurs cannabinoïdes CB1R, est perturbée dans au moins deux structures impliquées dans la récompense, la motivation et la régulation émotionnelle : le cortex préfrontal et le noyau accumbens. Ces parties du cerveau contiennent en effet un grand nombre de récepteurs cannabinoïdes CB1R et ont d’importantes connections fonctionnelles l’une avec l’autre.

« Nos résultats viennent corroborer aujourd’hui les études cliniques et épidémiologiques ayant mis en évidence des associations entre un déséquilibre Oméga3/Oméga6 et les troubles de l’humeur, expliquent Olivier Manzoni et Sophie Layé. Pour déterminer si les déficits en Oméga 3 sont responsables de ces désordres neuropsychiatriques, des études complémentaires sont bien sûr nécessaires ».

En conclusion, les auteurs estiment que leurs résultats apportent les premiers éléments biologiques permettant d’expliquer les corrélations observées entre régimes pauvres en Oméga 3, très répandus dans le monde industrialisé, et les troubles de l’humeur comme la dépression.

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© Illustration extraite de Médecine/Sciences © janvier 2004 (p.50)

Longévité et nutrition : comment C. elegans vit plus longtemps grâce à son régime alimentaire

Pour allonger la durée de vie de tous les organismes, depuis la levure jusqu’aux primates, les scientifiques emploient une méthode expérimentale universellement reconnue : le régime alimentaire (1). A Lyon, l’équipe de Marc Billaud et Florence Solari, du Centre de Recherche sur le Cancer de Lyon (CNRS/Inserm/université Lyon 1/centre Léon Bérard) vient de mettre en évidence les mécanismes qui permettent au ver C.elegans soumis à un régime strict de vivre 40% plus longtemps. Ces mêmes mécanismes pourraient également être impliqués dans la protection contre le cancer. Ce travail est publié dans le numéro de février de la revue Aging Cell.

Les études sur la longévité montrent que parmi les facteurs qui influencent l’espérance de vie d’un individu, 70% d’entre eux seraient liés à son environnement et son mode de vie. C’est le cas du régime alimentaire qui consiste à réduire l’apport en nourriture sans dénutrition. De plus, ce régime préviendrait le développement de cancers. Il existerait donc des mécanismes communs au contrôle de la longévité et au développement des tumeurs.

Depuis plusieurs années, Marc Billaud, Florence Solari et leurs collaborateurs étudient les mécanismes impliqués dans la modulation de la longévité et leurs liens avec le cancer. Les chercheurs utilisent pour cela l’organisme modèle Caenorhabditis elegans. Ce petit ver a permis par le passé de faire des découvertes pionnières dans la description des voies de signalisation impliquées dans la longévité, voies dont le rôle s’est avéré conservé chez les mammifères.

Dans cette étude, les chercheurs ont isolé, chez C.elegans, de nouveaux « gérontogènes » (2). Parmi eux : le gène slcf-1 dont l’inhibition produit des effets bénéfiques sur la longévité, effets qui sont similaires à ceux observés lorsque l’apport en nourriture est limité. Ils ont montré que la limitation de l’apport alimentaire chez C.elegans provoque l’inhibition de l’expression du transporteur SLCF-1 dans les cellules intestinales et déclenche une augmentation du niveau de pyruvate. Celle-ci altère le métabolisme mitochondrial et induit un stress oxydant.

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© Inserm/ F.Solari

Ce stress de faible intensité induit une réponse adaptative responsable de l’augmentation de la durée de vie.

Les mêmes effets sont retrouvés lorsque le gène slcf-1 est inactivé (pas de production du transporteur SLCF-1) et bien que l’apport en nourriture ne soit pas limité.

Ce travail a permis de révéler l’importance du métabolisme du pyruvate dans le contrôle de la durée de vie en conditions de restriction calorique. Il montre de plus qu’une protéine connue pour avoir des effets suppresseurs de tumeurs (la protéine PTEN) se trouve également impliquée dans la cascade d’évènements décrits ci-dessus.

« Il serait envisageable de tester dans des modèles animaux, en particulier chez les mammifères, si la simple addition de pyruvate à la nourriture mimerait la restriction calorique avec les effets bénéfiques sur l’état de santé et celui sur la diminution d’incidence des cancers », précisent les auteurs.

Notes
(1) Le régime alimentaire consiste à réduire l’apport en nourriture sans dénutrition
(2) Gène impliqué dans les processus de vieillissement

L’Inserm impliqué dans les 10 cohortes financées par les investissements d’avenir

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de rendre publique la liste des projets de cohorte retenus dans le cadre des investissements d’avenir. L’Inserm est impliqué dans les 10 projets retenus. A l’issue d’une sélection importante (10 projets retenus sur 44), l’Inserm sera porteur de projets de 4 grandes cohortes et associé aux 6 autres.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de rendre publique la liste des projets de cohorte retenus dans le cadre des investissements d’avenir. L’Inserm est impliqué dans les 10 projets retenus. A l’issue d’une sélection importante (10 projets retenus sur 44), l’Inserm sera porteur de projets de 4 grandes cohortes et associé aux 6 autres.

Ces résultats correspondent à la volonté de l’Inserm de développer la recherche translationnelle. André Syrota, Président Directeur Général de l’Inserm tient à souligner : « la très grande qualité de la sélection réalisée par des experts internationaux de haut rang ». Cette sélection confirme, pour André Syrota, « la volonté de l’Inserm de s’inscrire dans une recherche multidisciplinaire qui doit favoriser notamment la recherche épidémiologique et clinique. Du fait du niveau de sélection, d’autres projets, certainement de qualité, n’ont peut-être pas été retenus. »

Les études menées par les chercheurs de l’Inserm consisteront à suivre de larges populations pour mieux comprendre l’impact des facteurs environnementaux sur le cancer, l’état de santé des étudiants, les maladies psychiatriques ou encore certaines maladies rares.

Cohorte COBLance : 2000 patients atteints de cancer de la vessie

Le cancer de la vessie touche très majoritairement les hommes. Avec plus de 10 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2008 et plus 4 800 décès enregistrés il reste un des cancers les plus difficiles à traiter. La cohorte COBLance permettra de suivre pendant 9 ans 2000 patients atteints de cancer de la vessie chez lesquels des données épidémiologiques, économiques, urologiques, pathologiques et de biologie moléculaire seront recueillies. L’objectif majeur : identifier les molécules biologiques qui pourraient prédire l’évolution de la maladie.

Ce projet sera financé à hauteur de 2,059 millions d’euros.
Il sera porté par Simone Benhamou, directrice de recherche Inserm. Unité U946 « Variabilité génétique et maladies humaines »

E4N : suivre les enfants et petits enfants de plus de 100 000 femmes

La cohorte E4N a pour objectif l’étude de l’environnement familial et génétique de la descendance des femmes recrutées dans une première cohorte baptisée E3N (100 000 femmes suivies depuis 20 ans).

E4N évaluera l’impact sur l’état de santé à l’âge adulte de l’exposition à certains facteurs environnementaux au début de la vie.

Au niveau des femmes adultes, l’étude portera sur l’influence du traitement hormonal de la ménopause, l’influence des habitudes alimentaires et du style de vie sur le risque de développer des maladies dont les cancers.

Ce projet sera financé à hauteur de 7 948 200 €.
Il est porté par Françoise Clavel-Chapelon, directrice de recherche Inserm et responsable de l’équipe « nutrition, hormones, et sante des femmes » au sein de l’unité Inserm 1018.

CRCNA UMR 892Centre de Recherche en Cancérologie Nantes-Angers

© Inserm, P. Latron

HOPE-EPI : mieux connaitre et mieux traiter les cancers de l’enfant

En 2010, 17 000 données relatives aux cancers de l’enfant ont été recensées. Ce projet permettra, en mutualisant les efforts de collecte de données et de validation d’informations, d’identifier les risques environnementaux et les risques génétiques liés au cancer de l’enfant. La disparité des traitements sera identifiée ainsi que les effets secondaires à court et à long terme.

Ce projet sera financé à hauteur de 5 582 300 €.
Il est porté par Jacqueline Clavel, directrice de recherche Inserm, responsable de l’équipe « épidémiologie environnementale des cancers » au sein de l’unité Inserm 1018

RADICO : Fédérer les 250 000 personnes incluses dans les cohortes de patients atteints de maladies rares

On estime aujourd’hui qu’il existe 6000 maladies rares en France. Elles touchent 3 millions de personnes. Le projet RADICO est une fédération des cohortes de patients atteints de maladies rares dont les activités seront centralisées à l’hôpital Trousseau. Cette cohorte permettra la sélection de données pour les études épidémiologiques et permettra d’assurer l’émergence des programmes de recherche. Cette cohorte est fondamentale pour l’identification de gènes et de mécanismes à l’origine de nombreuses maladies humaines. Elle est également indispensable pour le développement d’essais thérapeutiques. Les découvertes issues de ce projet pourront également avoir d’autres retombées et contribuer à l’amélioration du traitement de maladies plus fréquentes.

Ce projet sera financé à hauteur de 10 072 118 €.
Il est porté par Serge Amselem, directeur de l’Unité inserm 933 « physiopathologie des maladies génétiques d’expression pédiatrique »

Ville européenne des Sciences

© Inserm, E. Begouen

30 000 jeunes adultes étudiés à la loupe : le projet I-Share

Mené en partenariat avec le PRES de Bordeaux, Cette cohorte est destinée à explorer les facteurs de risque des maladies chez 30 000 étudiants suivis au moins 10 ans. Peu d’informations sont disponibles sur l’état de santé des jeunes adultes, en dépit de risques spécifiques (troubles de l’humeur et suicide, conduites à risque et accidents, exposition à l’alcool et aux drogues).

Il est aussi important de comprendre comment les expositions de cette période d’âge influencent des maladies auxquelles ils seront confrontés dans leur futur. Le projet i-SHARE permettra d’explorer l’impact des facteurs de risque et des comportements sur des paramètres aussi variés que la morbidité immédiate ou à long terme, ou le succès et le devenir professionnel des étudiants.

Ce projet sera financé à hauteur de 8 911 664 €.
Il est porté par Christophe Tzourio, directeur de recherche Inserm. Unité 708 « Neuroépidémiologie »

30 000 patients atteints de sclérose en plaque : cohorte OFSEP

L’Inserm, l’université Claude Bernard Lyon 1 et les Hospices civils de Lyon piloteront conjointement cette cohorte comportant plus de 30 000 patients.

Le projet OFSEP permettra d’enrichir cette cohorte déjà existante de données biologiques, d’imagerie, et de données socioéconomiques. Il vise aussi à développer, au sein de cette cohorte générique, des cohortes plus ciblées.

A terme, les chercheurs espèrent améliorer la prise en charge et le développement de nouvelles thérapies de la sclérose en plaques.

Ce projet sera financé à hauteur de 10 341 968 €.
Il est porté par Christian Confavreux. Unité Inserm 842 « Neuro-oncologie et neuro-inflammation »

demyelinisation-sep

Processus de démyélinisation dans la SEP  © Inserm, F. Koulikoff

CANTO : quelle toxicité des traitements du cancer du sein ?

Menée conjointement par l’Institut Gustave Roussy et l’Inserm, en forte coopération avec la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer, cette cohorte a pour objectif l’étude des toxicités chroniques des traitements anticancéreux chez 20 000 patientes atteintes d’un cancer du sein.

Malgré leur efficacité indiscutable, ces traitements présentent une toxicité chronique qui va toucher plus de 30000 patientes par an. La description de l’incidence, des caractéristiques cliniques et biologiques et des conséquences à long terme des toxicités chroniques seront recensées. L’impact psychologique du développement de ces toxicités chez les patientes sera analysé.

Ce projet sera financé à hauteur de 13 870 288 €.
Le projet CANTO est porté par Fabrice André directeur de l’unité de recherche U981 « Biomarqueurs prédicteurs et nouvelles stratégies moléculaires en thérapeutique anticancéreuse » et cancérologue à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR, Villejuif).

Psy-COH : Les maladies mentales un des grands défis de santé publique

Porté par la Fondation FondaMental dont l’Inserm est un des membres fondateur, le projet Psy-COH va suivre 10 ans une cohorte de 2000 patients jeunes, atteints de 3 maladies psychiatriques majeures : schizophrénie, psychose maniacodépressive (« trouble bipolaire »), ou le syndrome d’Asperger. La recherche portera sur les molécules dont la présence apporte des indications sur certaines caractéristiques, en particulier génétiques de la maladie sur les facteurs de risque, la stratégie diagnostique, et le coût de chacune de ces maladies (économie de la santé). Le projet Psy-CHO permettra d’améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies psychiatriques chroniques.

Ce projet sera financé à hauteur de 1 955 053 €.
Il est porté par Marion Leboyer. Unité Inserm 955 – Institut Mondor de Recherche biomédicale (IMRB)

CKD- Rein : Les maladies rénales enfin sur le devant de la scène

Pilotée par l’Université Paris-Sud, cette cohorte de patients porteurs d’une maladie chronique du rein est destinée à explorer les causes de l’apparition d’une insuffisance rénale, en étudiant en particulier les facteurs sociaux, environnementaux, comportementaux, génétiques et les biomarqueurs (caractéristiques biologiques spécifiques) prédictifs de l’évolution de la maladie, et d’observer la survenue des diverses complications des maladies rénales.

Ce projet sera financé à hauteur de 4 088 460 €.
Il est porté par Bénédicte Stengel, directrice de recherche Inserm au sein de l’équipe « épidémiologie de l’obésité, du diabète et de la maladie rénale chronique : approche vie entière, déterminants nutritionnels précoces » de l’unité Inserm 1018.

Lignée cellulaire HEK-293. rein

Lignée cellulaire HEK-293 (Human Embryonic Kidney), issue de tissu épithélial humain du rein, observé en microscopie confocale  © Inserm, O. Trassard

Cryostem : mieux comprendre la maladie du greffon contre l’hôte

Coordonné par Régis Peffault de Latour en partenariat avec la Société Française de Greffe de Moelle et de Thérapie Cellulaire (SFGM-TC), Cryostem a pour objectif de mieux caractériser la maladie du greffon contre l’hôte. Le projet a pour but de constituer une collection exhaustive de prélèvements biologiques (cellules, ADN, plasma) de patients greffés à partir de cellules souches hématopoïétiques, afin de mieux comprendre les facteurs génétiques et moléculaires de la maladie du greffon contre l’hôte responsable d’un taux encore inacceptable de morbidité et de mortalité après allogreffe. L’objectif à terme est de pouvoir diminuer les complications liées aux greffes de cellules souches hématopoïétiques dans les cancers du sang, et ainsi d’en augmenter le succès. La maladie du greffon contre l’hôte touche plus de 30 % des 1500 greffés par an en France.

Ce projet sera financé à hauteur de 3 430 000 €.

Il est porté par Régis Peffault de Latour, chercheur au sein de l’Unité Inserm 728 « Gvh et gvl : physiopathologie chez l’homme et chez l’animal, incidence et rôle thérapeutique »

Coups d’élan pour la Recherche française – La Fondation Bettencourt Schueller récompense 4 laboratoires prestigieux de l’Inserm

Madame Liliane Bettencourt, Présidente de la Fondation Bettencourt Schueller, a remis, mardi 25 janvier à l’Institut de France, en présence d’éminents représentants de la communauté scientifiques française, les Prix de la 11e édition des Coups d’élan pour la Recherche française.

Ces prix sont attribués chaque année à des laboratoires français de recherche renommés pour la qualité de leurs équipes et le caractère prometteur de leurs recherches afin de leur permettre d’optimiser leurs infrastructures (locaux, matériel) et de bénéficier d’une aide ponctuelle au fonctionnement.

Au total, à ce jour, 34 laboratoires (soit près de 1000 chercheurs) ont déjà bénéficié des Coups d’élan pour la Recherche française de la Fondation Bettencourt Schueller.

Institut de France

© S. Compoint

Cette année, la Fondation Bettencourt Schueller a décidé d’attribuer 1 000 000 € à 4 équipes de l’Inserm. Les lauréats sont :

Équipe dirigée par le Pr. François Goffinet, Unité Inserm 953 « Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants », Hôpital Cochin-Saint-Vincent de Paul, Paris
L’objectif des recherches du laboratoire de François Goffinet est d’accroître les connaissances nécessaires à une meilleure définition et une meilleure mise en application de pratiques et de politiques efficaces concernant la santé de la femme et de l’enfant dans la période qui entoure la grossesse et l’accouchement. Son équipe évalue les pratiques cliniques et les modes d’organisation des soins et met au point des indicateurs en santé périnatale dans le but de développer les connaissances permettant de définir de nouveaux protocoles de soins ou d’adapter des mesures réglementaires.
L’installation de l’unité dans un nouveau bâtiment de la maternité Port-Royal, soutenue par le Prix Coups d’élan, permettra de regrouper des services cliniques et des équipes de recherche, facilitant ainsi les interactions entre cliniciens et chercheurs dans le domaine de la santé périnatale et maternelle.

Équipe dirigée par le Pr. Michel Haïssaguerre, Unité Inserm 1045, Laboratoire « Electrophysiologie et stimulation cardiaque », Hôpital Haut-Lévêque, Bordeaux
a fonction cardiaque est, dans l’esprit de tous, associée à la contraction du muscle cardiaque. Cette action mécanique n’est cependant possible qu’après l’activation électrique des cellules cardiaques, s’exprimant par l’électrocardiogramme. Près de la moitié des décès d’origine cardiaque sont des dysfonctionnements électriques se traduisant par des morts subites, très largement liées à une arythmie instantanément mortelle (fibrillation ventriculaire), correspondant à une « tornade » électrique. Michel Haïssaguerre a montré que ces tornades électriques sont initiées par les cellules de Purkinje, provenant d’une fraction infime de la masse cardiaque. Ces travaux ont eu un impact considérable dans la compréhension et le traitement des troubles du rythme cardiaque. Le défi majeur reste l’identification des sujets menacés.
Le Prix Coups d’élan permettra à cette équipe de s’installer dans le nouveau Centre de recherche cardio-thoracique situé à Bordeaux.

Équipe dirigée par le Pr. Guido Kroemer, Unité Inserm 872, laboratoire « Apoptose, Cancer et immunité », Centre de Recherche des Cordeliers, Paris
Guido Kroemer s’intéresse aux interactions entre médicament, cellule cancéreuse et système immunitaire, et plus particulièrement aux mécanismes de l’apoptose, processus de mort cellulaire programmée. Ces recherches ont permis de démontrer que la chimiothérapie anticancéreuse est particulièrement efficace lorsqu’elle induit une mort cellulaire immunogénique et déclenche une réponse immunitaire contre le cancer. L’objectif ultime de ce projet de recherche est d’isoler les signaux émis par les cellules tumorales succombant à une mort cellulaire immunogénique et de définir quels médicaments anticancéreux seraient capables de déclencher ce processus apoptotique.
Le Prix Coups d’élan va permettre de rénover des locaux du Centre de Recherche des Cordeliers (Paris) où s’installera le l’équipe de Guido Kroemer, ainsi que d’équiper son laboratoire de matériel pour la culture cellulaire.

Équipe dirigée par le Dr. Julien Marie, Unité Inserm 1052, Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, laboratoire « TGF-beta et échappement immunitaire », Centre Léon Bérard, Lyon
Parmi les cellules qui composent notre système immunitaire, les lymphocytes T présentent une activité spécifique et accrue contre les cellules cancéreuses et sont ainsi capables de les tuer efficacement in vitro. Cependant, au sein de l’organisme, cette activité antitumorale des lymphocytes T est moins efficace car elle est réprimée par l’action d’une protéine, le TGF-ß, produite par les cellules tumorales. Julien Marie s’intéresse au rôle joué par le TGF-ß dans le contrôle des lymphocytes T et cherche à élucider les mécanismes qui bloquent leur activation au moyen d’approches physiopathologiques nécessitant des investigations à l’échelle de l’organisme.
Le Prix Coups d’élan va permettre à ce laboratoire d’aménager, d’équiper et de mettre aux normes une animalerie pour souris dépourvues de germes pathogènes.

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Coups élan Bettencourt Schueller © S. Compoint

De gauche à droite : Dr. Julien Marie (Lauréat des Prix Coups d’élan 2010), Gabriel de Broglie (Chancelier de l’Institut de France), Pr. Hugues de Thé (Membre du Comité Scientifique de la Fondation Bettencourt Schueller), Pr. François Goffinet (Lauréat des Prix Coups d’élan 2010), Dr. Sebastian Amigorena (Membre du Comité Scientifique de la Fondation Bettencourt Schueller), Liliane Bettencourt (Présidente de la Fondation Bettencourt Schueller), Pr. Guido Kroemer (Lauréat des Prix Coups d’élan 2010), Pr. André Syrota (PDG de l’Inserm), Pr. Pierre Corvol (Président du Comité Scientifique de la Fondation Bettencourt Schueller).

Découverte d’une nouvelle stratégie bactérienne pour contrôler l’immunité

Des chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’INRA, de l’Inserm et du CNRS viennent d’identifier un mécanisme qui permet à la bactérie pathogène Listeria monocytogenes de reprogrammer à son avantage l’expression des gènes de la cellule qu’elle infecte. L. monocytogenes sécrète une protéine capable de pénétrer dans le noyau des cellules afin de prendre le contrôle de gènes du système immunitaire de l’hôte. Ces travaux ont été publiés sur le site de la revue Science le 20 janvier 2011.

Lors d’une infection, les bactéries pathogènes doivent déjouer les défenses immunitaires de l’hôte infecté pour s’établir de façon pérenne dans son organisme. On savait jusqu’ici que le contrôle du système immunitaire de l’hôte passait par la manipulation de signaux cellulaires responsables de l’activation des cellules de l’immunité. Une étude réalisée chez Listeria monocytogenes, la bactérie responsable de la listériose humaine, vient pour la première fois de montrer que les bactéries pathogènes peuvent agir directement dans le noyau de la cellule hôte, pour reprogrammer à leur avantage des gènes sous la dépendance des interférons, destinés à activer le système immunitaire (1). Cette étude a été conduite par Hélène Bierne au sein de l’unité des Interactions bactéries-cellules (Institut Pasteur, Unité Inserm 604, INRA USC2020) dirigée par Pascale Cossart, en collaboration avec d’autres équipes de l’Institut Pasteur, du CNRS (Gif-sur-Yvette, Université Paris Diderot – Paris 7 et Grenoble) et de l’IBMC (Porto).

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Morphologie de listeria monocytogènes, bactérie responsable de méningite cérébrospinale. © Inserm/Gounon, Pierre

Ces travaux s’inscrivent dans la lignée d’une étude réalisée par la même équipe en 2009. Celle-ci avait permis l’identification d’un complexe capable de verrouiller l’expression des gènes en compactant l’ADN (2).

Ici, les chercheurs ont identifié une petite protéine bactérienne, nommée LntA, capable de faire sauter ce verrou en se fixant directement sur le complexe, ce qui provoque l’ouverture de l’ADN compacté et donc l’accès aux gènes.

On ignore encore comment, et à quel moment, la bactérie décide de la production de ce facteur LntA, mais son expression est indispensable au bon déroulement de l’infection par Listeria, qui peut grâce à elle activer ou réprimer à sa guise l’immunité de l’hôte.

Ces travaux laissent entrevoir le rôle d’une régulation épigénétique – des changements dans l’expression des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence ADN – dans l’infection par L. monocytogenes. Cette découverte, si elle se vérifiait pour d’autres pathogènes, apporterait de précieuses informations permettant de mieux comprendre et, à terme, de mieux lutter, contre les maladies infectieuses et immunitaires.

Cette étude a reçu notamment le soutien financier de la Communauté européenne (programmes ERANET PathoGenomics et ERC).

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