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MSDAVENIR et l’Inserm signent un accord-cadre

Cyril Schiever, Président du conseil d’administration de MSDAVENIR, le Professeur Yves Lévy, Président-directeur général de l’Inserm, et Pascale Augé, Présidente du directoire d’Inserm Transfert, ont signé aujourd’hui un accord-cadre stratégique pour soutenir la recherche médicale française. Cet événement s’est déroulé sous le Haut-Patronage et en présence de Marisol Touraine, Ministre des  Affaires sociales et de la Santé, et de Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

signature convention Inserm MSDAvenir©Philippe Chagnon – Essop

La convention-cadre entre l’Inserm et MSDAVENIR : une démarche de partenariat public-privé pour soutenir la recherche en santé
Elle permettra de soutenir des projets de recherche d’excellence couvrant :
– l’oncologie, la médecine personnalisée et la recherche translationnelle
– les grands programmes transversaux de l’Inserm : vieillissement, microbiote, variabilité génomique
des patients et contribution à l’histoire naturelle des maladies humaines

Cette convention-cadre marque la volonté de MSDAVENIR de s’engager significativement dans la recherche en santé en France. « Cet accord-cadre concrétise l’ambition fondatrice de MSDAVENIR : investir différemment dans notre pays pour faire progresser la connaissance scientifique et médicale. A travers cette approche collaborative avec l’Inserm, MSDAVENIR s’inscrit dans une dynamique « de recherche et d’innovation ouverte » impulsée et encouragée par les pouvoirs publics. Aujourd’hui, nous sommes particulièrement honorés du soutien qu’ont bien voulu nous accorder, par leur présence, la Ministre de la Santé et le Ministre de la Recherche» déclare Cyril Schiever, Président de MSDAVENIR.

« L’accord que nous signons aujourd’hui avec MSDAVENIR s’inscrit pleinement dans trois objectifs majeurs de l’Inserm : promouvoir l’attractivité scientifique et médicale de la France ; développer des partenariats publicprivé dans une logique d’innovation ouverte ; cibler les efforts sur les domaines d’excellence de la recherche fondamentale et translationnelle au service de la nouvelle médecine de précision » ajoute Yves Levy, Président-directeur général de l’Inserm. 

 «C’est un grand honneur pour l’Inserm de voir aujourd’hui l’aboutissement de cet accord-cadre en présence de Madame la Ministre des Affaires sociales et de la Santé, et de Monsieur le Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. » 

« La France est aujourd’hui en position de leader en matière d’innovation en santé. Partout, je vois un enthousiasme profond, le dynamisme des start-ups, une ambition partagée à innover pour améliorer le bienêtre des patients. La signature de cette convention-cadre va nous permettre d’amplifier encore ce mouvement » déclare Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé.

« Il faut renforcer les partenariats entre le monde académique et le monde pharmaceutique, c’est comme cela que notre recherche progressera, qu’elle sera mieux valorisée et qu’on gagnera en attractivité » déclare Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

Voir en détail le premier partenariat entre MSDAvenir et Marseille Immunopôle, pour renforcer le leadership de la recherche française en immuno-oncologie. 

 

A propos de MSDAVENIR – www.msdavenir.fr
MSDAVENIR est un fonds de soutien à la recherche dans les sciences du vivant, créé en mars 2015 et doté de 75 millions d’euros sur trois ans. À travers la conclusion de partenariats, ce fonds a pour mission de faire progresser la recherche tant sur des sujets scientifiques que dans des domaines sociétaux liés à la recherche, l’éducation ou la santé.
Contact : Stéphanie Martel – moc.kcrem@letram.einahpets


A propos de l’Inserm – www.inserm.fr
Créé en 1964, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et du ministère de la Santé. Ses chercheurs ont pour vocation l’étude de toutes les maladies, des plus fréquentes aux plus rares, à travers leurs travaux de recherches biologiques, médicales et en santé des populations.
Contact : Priscille Rivière – rf.mresni@esserp – 01 44 23 60 97

A propos d’Inserm Transfert – www.inserm-transfert.fr
Inserm Transfert SA est la filiale de droit privé de l’Inserm fondée en 2000 ; elle est en charge de la mission de valorisation de l’Institut. Elle gère l’intégralité du transfert des technologies et des connaissances issues des laboratoires de recherche de l’Inserm vers les industries de santé – de la déclaration d’invention, la maturation de projets innovants jusqu’à la conclusion de partenariats industriels.

Contact : Céline Cortot – rf.trefsnart-mresni@totroc.enilec – 01 55 03 01 68

Un médicament efficace contre la dystonie myoclonique, une maladie rare du système nerveux

Une équipe coordonnée par le Pr Emmanuel Flamand-Roze de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, a testé au centre d’investigation clinique de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Inserm /CNRS/UPMC) l’efficacité du zonisamide, un médicament utilisé aujourd’hui pour traiter certaines formes d’épilepsie, chez 23 patients atteints d’une maladie rare du système nerveux, la dystonie myoclonique. Les résultats prometteurs de cette étude, financée par l’AP-HP, font l’objet d’une publication dans la revue Neurology le 6 avril 2016.

Healthy Brain Pills

(c) Fotolia

La dystonie myoclonique est une maladie rare qui reflète un mauvais contrôle des mouvements par le cerveau, entraînant des contractions anormales des muscles. Elle se traduit par deux types de symptômes : des secousses musculaires (myoclonies) et une posture anormale de certaines parties du corps (dystonie). Les secousses musculaires imprévisibles qui accompagnent chacun des mouvements du patient constituent le symptôme le plus handicapant. Elles prédominent habituellement au niveau des membres supérieurs et du cou. Les difficultés motrices, liées à cette maladie, peuvent être très gênantes dans les gestes de la vie quotidienne. Il est fréquent que ces troubles bien visibles entraînent une stigmatisation, une perte de l’estime de soi et un retrait social des patients. Il n’existe pour le moment aucun médicament efficace dans cette maladie. Il existe cependant un traitement neurochirurgical donnant de bons résultats mais il est invasif et réservé aux formes sévères de la maladie.

L’équipe scientifique, composée de médecins et de chercheurs, a conduit une étude randomisée, en double aveugle, contre placebo, pour tester l’efficacité du zonisamide chez 23 patients atteints de dystonie myoclonique. Le zonisamide est un médicament utilisé en Europe depuis une dizaine d’années pour traiter certaines formes d’épilepsie. Il est bien toléré chez la plupart des patients qui l’utilisent dans ce contexte.

Les résultats de cette étude montrent que le zonisamide réduit de façon très significative les myoclonies et le handicap s’y rapportant. La dystonie des patients est également améliorée par ce traitement.

« Il s’agit du premier essai démontrant l’efficacité d’un médicament dans cette maladie » explique le Pr Flamand-Roze.

«Le zonisamide pourra donc être proposé aux patients dans les formes légères et modérées de dystonie myolonique, et chez tous les patients qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas bénéficier d’un traitement neurochirugical».

Les gènes sauteurs : tous coupables ?

Les éléments transposables, aussi appelés « gènes sauteurs », sont des fragments d’ADN capables de se déplacer ou de se copier d’un endroit à un autre sur les chromosomes. Ils ont envahi le génome de la plupart des organismes vivants, des bactéries aux humains, en passant par les plantes. Lorsqu’ils sautent, ils provoquent des modifications complexes des gènes près desquels ou dans lesquels ils s’insèrent, ce qui peut modifier ou abolir leur fonction. Ce phénomène contribue à l’évolution et à l’adaptation des espèces.

Cependant, à plus court terme, les « gènes sauteurs » peuvent avoir des effets néfastes. Chez l’Homme, la seule famille actuellement active, les rétrotransposons de type LINE-1, est à l’origine de nouveaux cas de maladies génétiques, comme des hémophilies ou des dystrophies musculaires. C’est pourquoi leur activité est normalement strictement contrôlée. Cependant, dans près de la moitié des cancers épithéliaux, ils parviennent à échapper aux nombreux mécanismes de défense cellulaires qui protègent notre ADN, et ils sautent activement contribuant à l’émergence et à la progression des cancers. D’ailleurs de nombreuses études les utilisent comme biomarqueurs tumoraux à des fins diagnostiques ou pronostiques.

DNA Structure 

©fotolia

L’une des difficultés majeures soulevée par l’étude des « gènes sauteurs » est liée à leur nature extrêmement répétée. Notre ADN en contient des centaines de milliers de copies  presque identiques entre elles, et chaque individu possède des centaines de copies non répertoriées dans la carte de référence du génome humain. Aussi, jusqu’à présent, il était impossible de savoir si l’activation des « gènes sauteurs » résultait d’un dérèglement général conduisant à une mobilisation massive de toutes les copies, ou si, au contraire, seul un petit nombre d’entre elles parvenaient à échapper aux contrôles de protection. Grâce à une nouvelle approche, publiée dans la revue eLife, et intégrant séquençage à haut-débit, génomique, épigénomique et bioinformatique, l’équipe de Gaël Cristofari, chargé de recherche à l’Inserm, et ses collaborateurs de l’Unité 1081 « Institut de Recherche sur le Cancer et le Vieillissement de Nice (IRCAN) », sont parvenus à mesurer l’activité des « gènes sauteurs » dans des cellules normales ou cancéreuses à une résolution inégalée.

D’après leurs résultats, seul un petit nombre de copies seraient réellement coupables : celles situées dans des régions permissives de nos chromosomes.  Or ces régions seraient différentes selon les types cellulaires. Qui plus est, toutes ces copies actives ne sont pas présentes chez tous les individus !

« La notion importante ici, c’est que le petit groupe de LINE-1 qui échappe au contrôle est différent d’un type cellulaire à un autre: dans certains cancers, tel groupe est important, dans un autre type de cancer, ce sera un autre groupe de copies. Cette observation suggère qu’il y a derrière chaque groupe de LINE-1 un mécanisme et des signaux qui sont propres à un type d’organe ou de tissu particulier. » explique Gaël Cristofari.

Ces résultats permettent de mieux comprendre comment de nouvelles mutations peuvent apparaître, suggèrent l’existence de facteurs génétiques derrière ce phénomène, et apportent des données nouvelles pour utiliser de façon rationnelle les rétrotransposons LINE-1 comme biomarqueurs en cancérologie en se focalisant sur les copies actives dans un type cellulaire donné.

 

Ces travaux ont été rendus possibles grâce, notamment, au support financier de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, de la Fondation pour la Recherche Médicale, du Cancéropôle PACA, du Conseil Européen de la Recherche, de l’Agence Nationale de la Recherche (Labex Signalife), et du Groupement de Recherche sur les Eléments Transposable (CNRS, GDR 3546).

Dassault Systèmes et l’Inserm annoncent la signature d’un accord pour analyser la complexité des maladies et accélérer la recherche clinique

Avec la plateforme 3DEXPERIENCE et une collaboration stratégique, l’innovation scientifique de nouvelle génération va contribuer au développement de programmes de recherche dans les domaines du vieillissement, de la lutte contre le cancer, de la génomique et de la flore intestinale

plateforme 3Dexperience

Plateforme 3DEXPERIENCE (c) Dassault Systèmes

Dassault Systèmes, « The 3DEXPERIENCE Company », leader mondial des logiciels de création 3D, de maquettes numériques en 3D et de solutions de gestion du cycle de vie des produits (PLM — Product Lifecycle Management) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), seul organisme public de recherche français entièrement dédié à la santé humaine et le plus important en Europe, annoncent la signature d’un accord portant sur l’accélération des programmes de recherche clinique grâce au déploiement d’une plateforme collaborative virtuelle. Cet accord s’appuie sur l’expertise des deux partenaires pour offrir de nouvelles perspectives permettant de relever les défis scientifiques et médicaux du 21e siècle.

L’Inserm va s’appuyer sur la plateforme 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes pour mener ses programmes stratégiques de recherche biomédicale dans les domaines du vieillissement, de la lutte contre le cancer, de la génomique et de l’étude de la flore intestinale. Avec cette plateforme, l’Inserm va bénéficier d’un environnement virtuel intégré pour la recherche collaborative ouverte et la gestion unifiée des laboratoires, ainsi que de capacités de modélisation et de simulation biologiques et chimiques, grâce aux applications de BIOVIA, marque de Dassault Systèmes dédiée à l’excellence scientifique.

En retour, Dassault Systèmes va exploiter les données non structurées (Big Data) générées par les programmes de recherche de l’Inserm pour calibrer et valider des modèles scientifiques dans le but de les appliquer à des technologies futures dans le domaine de la recherche clinique. Ces modèles vont permettre à Dassault Systèmes de développer des solutions de nouvelle génération en vue d’accélérer le processus décisionnel et de démontrer l’efficacité et la sécurité des essais cliniques de façon plus précoce, grâce à des essais virtuels.

« Nous travaillons sur des technologies qui nous aident à observer et mieux comprendre les mécanismes de l’organisme vivant avant d’appliquer ces connaissances à des solutions thérapeutiques destinées à de nouvelles maladies mutantes qui touchent une population mondiale en constante augmentation », déclare le professeur Yves Lévy, Président-directeur général de l’Inserm.

« Nous menons des programmes scientifiques compétitifs à long terme dans le domaine de la santé humaine et de la médecine, et la plateforme 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes nous aidera à gérer la collaboration, les projets, les données, les ressources, la traçabilité et d’autres processus ».

« Par nature, Dassault Systèmes est une entreprise scientifique. Et par nature, l’Inserm explore les plus petits éléments de la vie telle que nous la connaissons, la science fondamentale. La recherche clinique est le catalyseur de découvertes qui ont révolutionné notre époque. L’’introduction d’outils tels que la modélisation et la simulation dans la science translationnelle, en association avec le traitement du Big Data, ouvre de nouveaux horizons pour la recherche », déclare Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes. « Cette fusion entre la recherche clinique de pointe et le monde virtuel constitue un tremplin vers l’avenir de la médecine de précision, et nous rapproche de l’harmonisation des produits, de la nature et de la vie. »

Pour plus d’informations sur Dassault Systèmes dans le secteur des sciences de la vie : https://www.3ds.com/fr/industries/sciences-de-la-vie/

Une étude démontre la possibilité de modifier le comportement du regard par stimulation magnétique transcrânienne

Une étude financée par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris[1], a été menée sous la direction de Monica Zilbovicius[2]  au sein de l’Unité Inserm 1000 sur une région particulière du cerveau, le sillon temporal supérieur (STS), influençant la perception et le comportement du regard. Ces travaux ont montré qu’une stimulation magnétique transcrânienne (non-invasive et indolore) du STS peut inhiber de manière sélective et transitoire le regard du sujet vers les yeux de son interlocuteur. Publiés dans la revue Cerebral Cortex, ils ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients autistes présentant justement des anomalies anatomiques et fonctionnelles au niveau du sillon temporal supérieur.

eye tracking

(c) Monica Zilbovicius / Inserm


Il est communément admis que le regard joue un rôle essentiel dans les interactions sociales. Très tôt, l’être humain regarde autrui dans les yeux, car c’est par les informations issues des yeux qu’il devine ses intentions et ses sentiments.
Au niveau cérébral, de nombreuses études soulignent l’importance d’une région particulière du cerveau, le sillon temporal supérieur (STS), dans la perception et le comportement du regard. Toutefois, à ce jour, aucune donnée expérimentale ne démontre une modification possible du regard par une modulation artificielle d’un réseau neuronal.

Des travaux menés au sein de l’Unité Inserm 1000, financés par l’AP-HP, ont permis de confirmer qu’une intervention ponctuelle au niveau du STS pouvait avoir un impact sur le comportement du regard. Les chercheurs ont utilisé la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) : cette méthode consiste à appliquer une impulsion magnétique sur le cerveau à travers le crâne de façon non-invasive et indolore, afin d’étudier les changements du regard induits par l’inhibition du STS par la TMS à l’aide de l’oculométrie (« eye-tracking »). Ils ont montré à 15 sujets témoins des films mettant en scène des acteurs et ont enregistré la façon dont ils regardaient ces films avant et après l’inhibition du STS. Les chercheurs ont ainsi constaté un éloignement significatif du regard des sujets témoins vis-à-vis des yeux des acteurs par rapport à la mesure de base (cf. images ci-dessus). Une inhibition du sillon temporal supérieur perturbe donc de manière sélective et transitoire le mouvement du regard du sujet vers les yeux d’un autre sujet.

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients autistes. De nombreuses études en imagerie cérébrale ont en effet signalé la présence d’anomalies anatomiques et fonctionnelles au niveau du STS chez ce type de patients ne manifestant pas une préférence marquée pour les yeux d’autrui.

Pour le Pr Monica Zilbovicius, « sachant que la TMS peut être appliquée de façon à inhiber ou à exciter une certaine zone du cerveau, l’excitation du STS par TMS pourrait induire une augmentation du regard vers les yeux. C’est une piste que nous explorerons au cours de la prochaine étape de notre recherche ».

[1] Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC)

[2] Unité Inserm 1000, Service de radiologie pédiatrique, Hôpital Necker – Enfants malades, AP-HP

Cycle de conférences citoyennes «Santé en questions»: les prochaines rencontres

Afin de favoriser le dialogue entre science et société, l’Inserm et Universcience proposent depuis 2012, « Santé en questions », un cycle annuel de conférences citoyennes. L’objectif est d’informer sur les avancées de la recherche en sciences de la vie et de la santé, mais aussi de permettre au public de témoigner et d’échanger avec les intervenants. Ces conférences animées par une journaliste, se tiennent en duplex depuis la Cité des sciences et de l’industrie à Paris et un site partenaire en région. Les conférences filmées sont accessibles sur Internet, et font l’objet d’un livret envoyé aux politiques et diffusé avec le dernier numéro annuel du magazine La Recherche.

 

Sur Twitter : suivez le LT via le #ConfSanT et posez vos questions à @InsermLive @indesciences @ConfCitePalais

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Programme

« Allergies : le printemps est de retour ! »
Jeudi 14 avril 2016 de 19h00 à 20h30
Un duplex entre la Cité des sciences et de l’industrie à Paris
Et la Médiathèque du Bachut à Lyon

Les allergies respiratoires concernent plus de 20% de la population française en 2015 et arrivent à la quatrième position des maladies mondiales. Depuis dix ans, l’exposition aux allergènes s’intensifie, notamment sous l’effet du changement climatique. Comment agissent les substances allergènes ? Comment s’en prémunir ? Quelles pratiques mettre en place à la maison ?

 

Intervenants

Sur le site de Paris :
Jocelyne JUST, chef de service d’allergologie pédiatrique à l’Hôpital Trousseau, AP-HP, dont les travaux de recherche portent notamment sur les événements de la vie précoce et le développement des maladies allergiques et respiratoires. Son équipe s’intéresse également à l’impact de la pollution atmosphérique sur les maladies allergiques et respiratoires.

Jean-François NICOLAS, dermatologue, responsable de l’équipe Inserm « Immunologie de l’allergie cutanée et vaccination » au Centre international de recherche en infectiologie de Lyon. Ses recherches ont démontré que les maladies inflammatoires cutanées sont la conséquence de la défaillance de la tolérance immunitaire envers les allergènes.

Sophie RIGARD, chargée de mission au cabinet de Bernard Jomier, Adjoint à la Maire de Paris chargé de la santé, du handicap et aux relations avec l’AP-HP.

Sur le site de Lyon :
Guillaume FABUREL, professeur d’études urbaines à l’Université Lyon 2 / UMR Triangle, LabEx « Intelligences des mondes urbains », dont les travaux portent sur la ville durable, les dispositifs participatifs, les injustices environnementales et sur les nouvelles solidarités urbaines.

 

Les trois prochaines conférences
« Sport : quelles limites pour le corps ? » – Jeudi 22 septembre 2016 de 19h00 à 20h30
Un duplex entre la Cité des sciences et de l’industrie à Paris et le Musée des Confluences de Lyon
Le sport, c’est bon pour la santé. Mais les sportifs de haut-niveau jouent souvent avec les limites de leur corps. Comment la recherche peut les aider ? Définition des règles de progression, études de la motricité et de l’équilibre, compréhension des processus cérébraux de la performance sportive, rien n’est négligé, pour eux et pour nous tous.

« Vaccins : pourquoi font-ils peur ? » – Jeudi 13 octobre 2016 de 19h00 à 20h30
Un duplex entre la Cité des sciences et de l’industrie à Paris et le Pavillon des Sciences de Montbéliard
De plus en plus de Français sont réfractaires aux vaccins, sans doute par manque d’informations et méconnaissance des effets secondaires. Qu’en est-il réellement ? Quel est le mode d’action de ces médicaments pas comme les autres ? Quel est l’enjeu collectif de la vaccination ? Quel avenir pour le vaccin ?

« Prédire les maladies du cerveau : quelles précautions ?» – Jeudi 3 novembre de 19h à 20h30
Un duplex entre la Cité des sciences et de l’industrie à Paris et la Bibliothèque de l’Alcazar à Marseille
Le but de la médecine prédictive est de traiter les maladies avant qu’elles n’apparaissent. AVC, anorexie, maladies neurodégénératives font ainsi l’objet de recherches pour un diagnostic génétique. Mais comment vivre avec la connaissance de ce risque potentiel de maladie ? Quel risque de discrimination courons-nous en fonction de notre patrimoine génétique ?

L’accès à la conférence est libre et gratuit, nous vous conseillons cependant de vous inscrire à l’adresse : rf.ecneicsrevinu@secnerefnoc

Les conférences du cycle « Santé en questions » sont organisées en partenariat avec:

Bibliothèque de l’Alcazar, Bibliothèques Municipales de Marseille, Casden, Cerveau & Psycho, Indésciences, La Recherche, Mairie de Paris, Médiathèque du Bachut, Musée des Confluences, Pavillon des Sciences de Montbéliard, Pour la science, Pourquoi docteur, Sciences et Avenir, Ville de Lyon

Découverte d’un gène associé à la radiosensibilité et à des complications post-radiothérapie

Des chercheurs de l’institut de Radiobiologie Cellulaire et Moléculaire du CEA, en collaboration avec l’Inserm, l’Université Paris-Sud, et des partenaires internationaux, ont montré le lien entre l’expression du gène TRAIL – impliqué dans la mort cellulaire – et la radiosensibilité de certains lymphocytes T humains. Cette recherche a aussi montré une association entre trois formes génétiques de TRAIL et la radiosensibilité de ces lymphocytes T. Enfin, deux de ces formes génétiques de TRAIL ont été liées à de graves complications cutanées chez des femmes atteintes de cancer du sein et traitées par radiothérapie. Ces résultats, publiés sur le site Oncotarget 16 mars 2016, indiquent comment la détermination de la radiosensibilité de lymphocytes et l’étude des polymorphismes de gènes associées à cette radiosensibilité pourra permettre une personnalisation de la radiothérapie.

 

Les lymphocytes T4EM[1]ont des lymphocytes constituant une partie de la « mémoire » du système immunitaire d’un individu. En utilisant un test simple[2]de radiosensibilité de ces cellules chez 373 personnes, des chercheurs de l’institut de Radiobiologie Cellulaire et Moléculaire ont montré qu’en absence d’irradiation, le gène TRAIL[3], qui régule la mort cellulaire, était fortement exprimé dans les lymphocytes T4EM radiosensibles, et peu exprimé dans les lymphocytes T4EM radiorésistants.
Par des études fonctionnelles, ces chercheurs ont montré que le récepteur de la protéine TRAIL était activé après irradiation, et que l’interaction entre TRAIL et son récepteur provoquait la mort des lymphocytes T4EM. Ces résultats expliquent la corrélation entre le niveau d’expression de TRAIL dans les lymphocytes T4EM et leur radiosensibilité.

PhotoCP web © P.Stroppa / CEA

Photo d’une manipulation en cytométrie en flux. Cette technique a permis, de classer les lymphocytes T4EM.

© P.Stroppa / CEA

schéma (c) CEA

L’étude du lien génétique entre TRAIL et la radiosensibilité des lymphocytes T4EM a permis d’identifier trois polymorphismes nucléotidiques (Single Nucleotide Polymorhisms, ou SNP) de ce gène liés à la radiosensibilité de ces lymphocytes ce qui indique que cette radiosensibilité est génétiquement déterminée. Enfin, l’étude d’une cohorte de 113 patientes atteintes de cancer du sein et présentant des complications après un traitement par radiothérapie, a montré une association entre deux des SNP du gène TRAIL et la survenue de la radiodermite aigüe ou subaigüe après radiothérapie.
Cette étude pionnière montre comment la génétique, associée à des tests fonctionnels de radiosensibilité cellulaire, peut ouvrir une voie à la personnalisation de la dose délivrée lors du traitement d’un cancer par radiothérapie.

[1] Lymphocyte T4 effector-memory

[2]  Ce test consiste en la quantification, par une analyse par cytométrie en flux, de la mort des lymphocytes T4EM en fonction de la dose d’irradiation à laquelle ils ont été soumis.

[3] TNF-Related Apoptosis Inducing Ligand

Classement Reuters : Le CEA, le CNRS et l’Inserm dans le Top 10 mondial des organismes de recherche en termes d’innovation.

Le classement établi par Thomson- Reuters, porte sur « les 25 institutions publiques qui contribuent le plus à faire progresser la science et la technologie dans le monde » écrit Reuters.

Le CEA est leader de ce palmarès, le CNRS 5e et l’Inserm 10e organisme mondial.

 

Ce palmarès se fonde sur une l’intégration de données relevant de la propriété intellectuelle, du nombre de brevets et de publications indexés dans la base de données des plates-formes de Thomson Reuters au cours des 8 dernières années.

Les 25 premières organisations publiques listées sont classées en fonction de 10 critères dont le nombre total de publications recensées, le pourcentage de publications incluant un co-auteur au moins affilié à une entité privée, le volume de brevets enregistrés auprès du WIPO, le taux de « succès » des brevets (leur taux d’application), le pourcentage de dépôt de brevets couvrant à la fois les Etats-Unis, l’Europe et le Japon, ou le taux de citation de brevet (Patent citation Index).

A noter : la Fraunhofer (Allemagne) se classe 2e, l’agence des sciences et technologies du Japon 3e, et le Health & Human Services (HHS), la filiale des NIH et CDC américains en charge des aspects de propriété industrielle, se classe 4e de ce classement

Un classement similaire des universités a été publié l’année dernière par Reuters.

Selon Daniel Verwaerde, administrateur général du CEA, « ce résultat récompense les efforts du CEA pour valoriser le résultat de ses recherches et la reconnaissance internationale dont il bénéficie aujourd’hui. L’impact de nos brevets auprès du monde industriel et commercial est clairement démontré, ainsi que le professionnalisme des équipes en charge de la gestion de cette propriété intellectuelle. »

«  Ce classement inédit, international et professionnel, montre à quel point l’innovation et le transfert sont au cœur de la recherche française avec des performances qui démentent les idées toutes faites qui circulent en France », se félicite Alain Fuchs, président du CNRS.

Pour Yves Lévy, P-DG de l’Inserm, « Ce classement illustre parfaitement la dynamique en marche en matière d’innovation au niveau des organismes nationaux et la place de l’Inserm, qui, avec sa filiale Inserm-Transfert, fait la preuve à nouveau de sa position de leader mondial dans le secteur de l’innovation en santé ».

En savoir plus : cliquez ici

Vers une meilleure compréhension des effets secondaires de la radiothérapie

Deux études, l’une théorique, l’autre biologique et clinique, menées par Nicolas Foray, radiobiologiste au sein de l’Unité mixte de recherche 1052  « Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon » (Inserm/CNRS/Centre Léon-Bérard/Université Lyon I), viennent d’être publiées dans les revues International Journal of Radiation Biology et International Journal of Radiation Oncology. Ces deux études permettent de mieux comprendre les effets secondaires indésirables de la radiothérapie. Elles proposent une nouvelle théorie de la réponse cellulaire aux radiations ionisantes. Cette théorie est basée sur la mise en évidence du passage d’une protéine appelée ATM du cytoplasme au noyau des cellules irradiées. Une fois dans le noyau, la protéine ATM déclenche la réparation des cassures de l’ADN : plus le retard de ce transit est grand, plus la radiosensibilité des cellules est élevée et plus les effets secondaires indésirables de la radiothérapie sont marqués.

PhotoCP web radiothérapie (c) Inserm, Institut Curie - Guénet, François

(c) Inserm/Institut Curie/ Guénet, François

Ces deux études ont été possibles grâce à la collection COPERNIC (initiée depuis 2003) de plus d’une centaine de lignées cellulaires issues de patients radiosensibles.

  • L’étude théorique résout une énigme de la radiobiologie vieille de 50 ans en donnant une interprétation biologique à une formule empirique. Cette formule relie la survie des cellules à la dose de radiation.
  • L’étude biologique et clinique valide l’étude théorique. Elle rassemble 67 co-auteurs, dont 50 radiothérapeutes français, représentant une trentaine de centres anti-cancer ou de centres hospitaliers. Elle permet de développer aujourd’hui des tests prédictifs de radiosensibilité des réactions secondaires  indésirables de la radiothérapie.

 

Quelle est l’innovation apportée par ces deux études ?

La protéine ATM a été découverte en 1995. Cette protéine est connue car ses mutations causent le syndrome associé à la plus forte radiosensibilité humaine, l’ataxie télangiectasie. Jusqu’à présent, la protéine ATM a toujours été considérée comme une protéine du noyau cellulaire et aucune étude n’avait sondé sa présence dans le cytoplasme. Le groupe de radiobiologie de l’Unité Inserm 1052 a analysé plus d’une centaine de lignées cellulaires issues de patients souffrant de réactions tissulaires indésirables après radiothérapie (dermites, rectites, etc …).  Ces analyses ont montré que la protéine ATM est plutôt située dans le cytoplasme des cellules et transite dans le noyau après irradiation.

 

Comment s’est déroulée l’étude théorique? Quelle est sa portée ?

Larry Bodgi et Nicolas Foray ont modélisé mathématiquement toutes les étapes qui mènent la protéine ATM du cytoplasme au noyau. Dans un premier temps, l’oxydation produite par l’irradiation entraîne un changement de forme de la protéine ATM. Ce changement facilite son passage dans le noyau. Une ATM active alors la reconnaissance des cassures double-brin de l’ADN (CDB), ce qui déclenche leur réparation. Résultat de cette modélisation, la formule mathématique finale reliant la survie cellulaire à la dose de radiation s’est avérée identique à celle du modèle empirique (dit linéaire-quadratique), proposé dans les années 70. Grâce à cette étude théorique, on peut désormais mieux comprendre pourquoi une cellule est radiosensible et quelles peuvent être les conséquences d’un défaut de reconnaissance ou de réparation des CDB après irradiation au niveau cellulaire. Il restait à le valider au niveau du patient à travers une étude biologique et clinique pour prédire les effets secondaires indésirables de la radiothérapie.

Comment s’est déroulée l’étude biologique et clinique? Quelle est sa portée ?

Sur les 380 000 cas de cancers par an, la moitié des patients est traitée par radiothérapie. De 5 à 20% de ces patients peuvent subir des réactions tissulaires indésirables qui vont de la simple rougeur aux brûlures radioinduites voire, dans des cas exceptionnels à la mort.  A partir de la collection COPERNIC, les cellules de chaque patient ont été amplifiées en laboratoire puis irradiées dans des conditions exactes d’une session de radiothérapie (une dose de 2 Gy[1]). Les chercheurs du groupe de radiobiologie de l’unité Inserm 1052 ont analysé la vitesse de réparation des CDB en utilisant 3 biomarqueurs d’immunofluorescence, (une technique permettant la visualisation de certaines protéines sur le site-même des cassures de l’ADN) appliqués dans de nombreuses conditions d’irradiation. En parallèle, les 50 radiothérapeutes co-auteurs de l’étude, ont fourni les données cliniques spécifiques de chaque patient avec notamment le grade[2] de sévérité des réactions tissulaires (grade 0, pas de réaction ; grade 5, décès du patient), reflétant sa radiosensibilité tissulaire. Une corrélation significative a été obtenue entre la vitesse du transit de la protéine ATM et le grade de sévérité des réactions tissulaires radioinduites. Une telle corrélation reste valable quel que soit le type de cancer traité ou le caractère précoce ou tardif de la réaction tissulaire indésirable après radiothérapie. A partir de cette corrélation, une classification de la radiosensibilité humaine en 3 groupes :

  • Groupe I : Transit rapide d’ATM : radiorésistance
  • Groupe II : Transit d’ATM retardé : radiosensibilité modérée.
  • Groupe III : Défaut massif de la reconnaissance ou de réparation des CDB : hyper radiosensibilité

Cette classification permet aujourd’hui d’anticiper les stratégies de soins des traitements radio-thérapeutiques car cette approche est aussi valable pour les tumeurs. Compte tenu de l’impact et des applications de ces travaux, des brevets ont été déposés en collaboration avec la start-up Neolys Diagnostics créée en 2014 avec le soutien d’Inserm transfert et de la SATT de Lyon. Neolys Diagnostics a pour but d’industrialiser les tests de radiosensibilité issus de ces 2 études afin de donner aux radiothérapeutes un nouvel outil pour mieux personnaliser le traitement radiothérapique anti-cancéreux.

 

Soutiens financiers

Ces deux études s’inscrivent dans le cadre des Investissements d’Avenir (projet INDIRA, Radioprotection et Sûreté Nucléaire) dirigé par le Commissariat Général à l’Investissement. Les autres soutiens financiers sont : l’Association pour la recherche sur l’Ataxie Telangiectasie (APRAT), les appels d’offres AVIESAN-Plan Cancer (programmes Physicancer et Santé et Environnement), le Comité de radioprotection d’EDF, le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), le cancéropôle Rhône-Alpes Auvergne CLARA (programmes Oncostarter et Preuve du Concept) Toutes les expériences ont été effectués dans le Centre anti-cancer Léon-Bérard de Lyon.

[1] L’unité  de dose de radiation est le Gray (Gy).

[2] Des échelles internationales consensuelles permettent aujourd’hui de classer des réactions tissulaires quelle que soit la localisation et les organes concernés (Ex : échelles  CTCAE et RTOG)

1er cas de myélite aiguë chez une patiente infectée par le virus Zika

Un premier cas de myélite aiguë suite à l’infection par le virus Zika a été rapporté pour la première fois par une équipe de chercheurs de l’Unité Inserm 1127 « Institut du cerveau et de la moelle épinière » (Inserm/CNRS/Sorbonne Université) et de neurologues du CHU de Pointe-à-Pitre et de l’université des Antilles. Une jeune patiente a présenté en phase aiguë d’une infection par le virus Zika, un déficit moteur des 4 membres, associé à des douleurs très intenses et à une rétention aiguë d’urine. La présence de virus a été confirmée dans le liquide céphalorachidien, le sang et les urines.
Ce cas fait l’objet d’un Case report publié dans The Lancet le 3 mars 2016.

PhotoCP Zika

(c) Fotolia

En janvier 2016, une jeune fille de 15 ans a été admise au CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, avec une hémiplégie gauche. Le second jour de son hospitalisation, la jeune fille a présenté de la rétention urinaire. L’hémiplégie du côté gauche et la douleur ont empiré et les médecins ont noté la perte de sensations dans les jambes.

Les chercheurs ont détecté des hautes concentrations de virus Zika dans le sérum, l’urine et le liquide céphalorachidien le deuxième jour de son admission (9 jours après le début de symptôme). Les tests pour le zona, la varicelle, le virus herpès, la légionellose et la pneumonie à mycoplasme étaient négatifs.

La patiente a été traitée par de la methylprednisolone (1g) qui est un médicament anti-inflammatoire dès le premier jour puis quotidiennement pendant 5 jours. Le septième jour d’admission, sa condition neurologique s’est améliorée. A ce jour, la patiente est toujours hospitalisée mais ses jours ne sont pas en danger. Elle présente des signes de faiblesse modérée dans les deux jambes mais remarche sans aide.

Pour les chercheurs, « ce cas renforce l’hypothèse du caractère neurotropique du virus Zika. Il met en évidence l’existence de complications neurologiques en phase aiguë de l’infection, les syndromes de Guillain Barré étant des complications post-infectieuses. Il s’agit par ailleurs d’un unique cas. Des études futures seront nécessaires. »

Améliorer le diabète en séparant le sucre du sel : de la chirurgie à la diététique

Des chercheurs de l’Unité Mixte de Recherche 1190 «Recherche Translationnelle sur le Diabète» (Université de Lille – Inserm – CHRU de Lille) dirigée par le Pr Pattou, viennent d’expliquer le mécanisme physiologique par lequel la chirurgie de l’obésité dite «bypass» gastrique améliore le diabète de type 2. D’un point de vue plus général, leur découverte tend à démontrer que de simples mesures diététiques mimant l’effet de la chirurgie, comme la diminution de l’ingestion simultanée de sel et de sucre, pourraient contribuer à prévenir le diabète. Ces travaux sont publiés dans la revue Cell Metabolism.

Figures

(c) François Pattou/ Inserm

Fig.1 : Après un bypass gastrique, les nutriments ingérés n’entrent en contact avec la bile que dans la partie basse de l’intestin

Fig. 2 : Le glucose est absorbé uniquement lorsqu’il entre en contact de la bile et du sel qu’elle contient

Depuis sa recommandation par la Haute Autorité de Santé en 2009, la chirurgie bariatrique a été réalisée chez plus de 200 000 français atteints d’obésité sévère. Chez les patients présentant également un diabète de type 2, la dérivation de l’estomac, appelée bypass gastrique (voir Fig.1 pour schéma de l’intervention) entraîne aussi une diminution rapide du taux de sucre dans le sang (glycémie). Une fois opérés, de nombreux patients peuvent diminuer voire interrompre leurs médicaments antidiabétiques, avant même avoir perdu du poids. Les mécanismes de cet effet spectaculaire de la chirurgie sur le diabète restent mystérieux. Leur compréhension est cependant essentielle. Au-delà de la chirurgie, l’élucidation des liens unissant l’intestin, l’alimentation et l’équilibre glycémique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la prise en charge du diabète de type 2, une maladie qui frappe 5% des français et plus de 300 millions de personnes dans le monde. Ce sujet fait donc l’objet depuis une décennie d’intenses recherches dans le monde. Plusieurs mécanismes complexes ont déjà été suggérés, impliquant le rôle de signaux sanguins ou nerveux induits par la chirurgie et modulant la sécrétion d’insuline ou l’utilisation du sucre par les tissus cibles.

Aucun de ces travaux, réalisés le plus souvent chez le rongeur, ne permet cependant d’expliquer de façon satisfaisante l’ensemble des résultats observés chez l’homme. Sur le site du campus Hospitalier et Universitaire lillois, l’Unité Mixte de Recherche 1190 «Recherche Translationnelle sur le Diabète» dirigée par le Pr François Pattou (Université de Lille – Inserm – CHRU de Lille), une équipe du LABEX European Genomic Institute for Diabetes (Egid) avec les équipes médicales du CHRU de Lille se sont penchées sur la question. Grâce à la disponibilité de patients volontaires, ces chercheurs ont d’abord observé que le bypass gastrique limitait l’absorption des sucres ingérés, et par conséquent l’élévation de la glycémie après le repas. Pour expliquer ces résultats, ils ont ensuite étudié les conséquences de l’opération chez le miniporc, un mammifère omnivore, dont l’anatomie et la physiologie digestives sont très proches de celles de l’homme. Le 25 février, ils rapportent dans un article publié par la revue Cell Metabolism des résultats inattendus.

Les chercheurs lillois ont en effet mis en évidence un mécanisme tout simple : après un bypass gastrique, le sucre ingéré n’est plus absorbé que dans la partie basse de l’intestin, lorsqu’il entre en contact avec la bile. De plus, cet effet de la bile est annulé en présence de phlorizine, un inhibiteur de l’absorption du glucose, naturellement contenu dans l’écorce de pommier . Enfin, l’addition de sodium (sel) au repas, a suffi aux chercheurs pour restaurer l’absorption du sucre dans la partie haute de l’intestin, et accroître le taux de sucre postprandial chez les animaux opérés. Profitant du contexte anatomique particulier du bypass gastrique, les chercheurs soulignent ainsi l’influence essentielle du sodium sur l’absorption intestinale du glucose. Ils ont aussi démontré que c’est le sodium endogène, excrété dans la bile et les secrétions digestives, qui assure la majorité de l’absorption physiologique du glucose par l’intestin.

La diminution sélective de l’absorption du glucose par l’intestin, n’est sans doute pas pas la seule explication des résultats spectaculaires du bypass gastrique. Ainsi, la perte de poids et la diminution de l’appétence pour les aliments sucrés semblent aussi jouer un rôle important pour le maintien au long cours des résultats.

L’hypothèse des chercheurs lillois réconcilie cependant la théorie et la clinique, en expliquant plusieurs observations jusque là incomprises, comme la diminution immédiate du taux de sucre après un repas chez les patients diabétiques opérés, ou la meilleure efficacité des interventions réduisant le plus la longueur d’intestin fonctionnel. Plus généralement, ces résultats confirment aussi l’influence du contenu en sel des repas sur l’élévation de la glycémie, récemment illustrée chez des individus sains, par une étude israélienne (Zeevi et al. Cell 2015). Les chercheurs lillois concluent d’ailleurs leurs travaux en soulignant l’intérêt de prévenir ou traiter le diabète en modulant l’absorption intestinale du glucose par des mesures diététiques (par la diminution de l’ingestion simultanée de sel et de sucre) ou pharmacologiques (à l’aide de molécules inhibant sélectivement le transporteur sodium-glucose intestinal, dont les premières résultats chez l’homme semblent prometteurs).

Ces travaux ont été possible grâce au soutien financier de : Fondation de l’Avenir (ET2-665) ; Fondation Francophone pour le Recherche sur le Diabète ; European Genomic Institute for Diabetes (ANR-10-LABX-46) ; Conseil Régional Nord-Pas de Calais-Picardie et Commission Européenne (ERDF CARDIO-DIABETES 12003944).

La Fédération de Recherche «Egid» FR 3508 European Genomic Institute for Diabetes
La mission principale de la Fédération de Recherche Egid (Université de Lille – CNRS – CHRU de Lille – Institut Pasteur de Lille), Institut européen de génomique sur le diabète, qui a obtenu un Labex dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir, est d’identifier les facteurs de risque du diabète et de l’obésité et de mieux comprendre les mécanismes d’apparition de leurs complications afin de prévenir plus efficacement leur survenue et de mieux traiter les patients. Cette Fédération de Recherche Egid est constituée de trois équipes fondatrices:

  • l’UMR 1011 « Récepteurs nucléaires, maladies cardiovasculaires et diabète» dirigée par le Pr Bart Staels (Université de Lille, Institut Pasteur de Lille, Inserm),
  • l’UMR 1190 « Recherche translationnelle sur le diabète » dirigée par le Pr François Pattou (Université de Lille, Inserm, CHRU de Lille),
  • et l’UMR 8199 « Génomique intégrative et modélisation des maladies métaboliques» dirigée par le Pr Philippe Froguel (Université de Lille, CNRS, Institut Pasteur de Lille, CHRU de Lille

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