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Un nouveau gène impliqué dans la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale (FSHD)

Une publication dans le cadre des recherches sur la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale (FSHD), une des dystrophies musculaires les plus fréquentes, vient de paraître dans PLOS Genetics. L’équipe de Françoise Helmbacher de l’Institut de biologie du développement de Marseille (CNRS/ Aix-Marseille Université), soutenue par l’AFM-Téléthon en collaboration avec des chercheurs de l’Inserm, a identifié le gène FAT1 comme un nouvel acteur dans le développement des muscles et particulièrement chez les malades atteints de FSHD.

Le gène FAT1 permet la synthèse de la protocadhérine FAT1 qui est une protéine impliquée dans divers processus morphogénétiques. Ce gène agit dans les cellules musculaires en développement. Chez la souris, son ablation entraîne des défauts des muscles de la face et de la région des épaules, ainsi qu’une fonte musculaire précoce au stade adulte. En plus des anomalies musculaires, la dérégulation du gène FAT1 entraîne des défauts vasculaires dans la rétine et des malformations de l’oreille interne. L’ensemble de ces défauts ressemble fortement aux symptômes rencontrés dans la FSHD chez l’homme.

Myotubes humains en culture

© Inserm/UPMC/CNRS/AIM

Les chercheurs ont donc exploré le lien entre la FSHD et ce gène FAT1 chez l’Homme. Ils ont retrouvé une baisse significative du niveau d’expression du gène dans les muscles FSHD au stade fœtal et des anomalies de ce gène sont retrouvées plus fréquemment chez les patients FSHD que chez les personnes non atteintes. Cette association concerne non seulement la forme classique (FSHD1), attribuée à une anomalie sur le chromosome 4 impliquant un fonctionnement excessif du gène DUX4, mais aussi les cas de FSHD non associés à DUX4. Les chercheurs ont montré que le gène DUX4 est également capable d’exercer un effet de répression du gène FAT1 dans des cellules musculaires.

Ainsi, sous l’apparente complexité de cette maladie, ces découvertes placent le gène FAT1 comme un dénominateur commun des différents mécanismes génétiques responsables de la FSHD, et en conséquence comme une nouvelle cible thérapeutique. L’ablation sélective du gène FAT1 chez la souris représente un moyen unique de mimer fidèlement les symptômes de la FSHD chez l’homme. Ce modèle animal va permettre de renforcer les connaissances sur la pathogénèse de cette maladie.

L’étude a été menée par l’équipe de Françoise Helmbacher de l’Institut de biologie du développement de Marseille (CNRS/ Aix-Marseille Université), en collaboration avec le laboratoire de Nicolas Levy (Inserm/ Aix-Marseille Université UMR 910, La Timone, Marseille, équipe Marc Bartoli), avec les participations de Julie Dumonceaux (Institut de Myologie, Paris), de Flavio Maina (IBDM), Frederique Magdinier (Inserm UMR 910), et Linda Geng (Fred Hutchinson Cancer Research Center, USA).

La dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD) est une dystrophie musculaire héréditaire causée, dans sa forme majoritaire (la FSHD1), par une anomalie génétique portée par le chromosome 4 (4q35). Les premiers symptômes de la maladie peuvent apparaître à un âge très variable et se manifestent généralement par une atteinte musculaire de la face, des muscles de la région des épaules, puis des bras. La fonte musculaire se poursuit ensuite au niveau de la ceinture abdominale et des membres inférieurs. La prévalence de la maladie est de 1 cas pour 20 000 habitants (source : Orphanet), soit 3 000 personnes environ en France, ce qui en fait une des dystrophies les plus fréquentes.

Pesticides : Effets sur la santé, une expertise collective de l’Inserm

Depuis les années 1980, les enquêtes épidémiologiques ont évoqué l’implication des pesticides dans plusieurs pathologies chez des personnes exposées professionnellement à ces substances, en particulier des pathologies cancéreuses, des maladies neurologiques et des troubles de la reproduction. Ces enquêtes ont également attiré l’attention sur les effets éventuels d’une exposition même à faible intensité lors de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance).

Dans ce contexte, la DGS a sollicité l’Inserm pour effectuer un bilan de la littérature scientifique permettant de fournir des arguments sur les risques sanitaires associés à l’exposition professionnelle aux pesticides, en particulier en secteur agricole et sur les effets d’une exposition précoce chez le fœtus et les jeunes enfants.

Pour répondre à cette demande, l’Inserm s’est appuyé sur un groupe pluridisciplinaire d’experts constitué d’épidémiologistes spécialistes en santé-environnement ou en santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire.

D’après les données de la littérature scientifique internationale publiées au cours des 30 dernières années et analysées par ces experts, 

il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte: la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non Hodgkinien, myélomes multiples).

Par ailleurs, les expositions aux pesticides intervenant au cours de la période prénatale et périnatale ainsi que la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant.

tracteur pesticides © Fotolia

Pesticides : définitions, usages et voies d’exposition

Du latin, Pestis (fléau) et Caedere (tuer), le terme pesticide regroupe de nombreuses substances très variées agissant sur des organismes vivants (insectes, vertébrés, vers, plantes, champignons, bactéries) pour les détruire, les contrôler ou les repousser.

Il existe une très grande hétérogénéité de pesticides (environ 1 000 substances actives ont déjà été mises sur le marché, entre hier et aujourd’hui, actuellement 309 substances phytopharmaceutiques sont autorisées en France). Ils divergent selon leurs cibles, leurs modes d’actions, leurs classe chimiques ou encore leur persistance dans l’environnement.

–  Cibles : on distingue les herbicides, les fongicides, les insecticides…

– Il existe près de 100 familles chimiques de pesticides : organophosphorés, organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes, triazines…

– Il existe près de 10 000 formulations commerciales composées de la matière active et d’adjuvants et qui se présentent sous différentes formes (liquides, solides : granulés, poudres,…..).

– La rémanence des pesticides dans l’environnement peut varier de quelques heures ou jours à plusieurs années. Ils sont transformés ou dégradés en nombreux métabolites. Certains, comme les organochlorés persistent pendant des années dans l’environnement et se retrouvent dans la chaine alimentaire.

Dans l’expertise, le terme pesticide représente l’ensemble des substances actives, indépendamment des définitions réglementaires.

Des pesticides pour quels usages ?

En France, peu de données quantitatives par type d’usages sont accessibles. La majeure partie des tonnages (90%) est utilisée pour les besoins de l’agriculture, mais d’autres secteurs professionnels sont concernés : entretiens des voiries, jardins et parcs ; secteur industriel (fabrication, traitement du bois,…) ; usage en santé humaine et vétérinaire, lutte anti-vectorielle (moustique), dératisations…Il faut ajouter à cette liste les usages domestiques (plantes, animaux, désinsectisation, jardinage, bois).

En France, les fongicides représentent près de la moitié des tonnages. 80% des tonnages de pesticides sont utilisés pour un traitement des céréales à paille, maïs, colza, vigne. Les plus vendus ont comme principe actif le soufre ou le glyphosate.

Les sources d’exposition :

Les pesticides sont présents partout dans l’environnement. On peut les trouver dans l’air (air extérieur et intérieur, poussières), l’eau (souterraines, de surface, littoral, …), le sol, et les denrées alimentaires (y compris certaines eaux de consommation).

En milieu professionnel, la voie cutanée représente la principale voie d’exposition (environ 80%). L’exposition par voie respiratoire existe lors de circonstances particulières d’application (fumigation, utilisation en milieu fermé). L’exposition peut se produire à différents moments : manutention, préparation, application, nettoyage, ré-entrées (tâches effectuées dans des zones traitées), mais les plus exposantes sont la préparation des bouillies ou mélanges et les tâches de ré-entrées. En population générale, la voie orale est souvent considérée comme la principale voie d’exposition à travers l’alimentation.

Pesticides et cancers

L’expertise collective a ciblé 8 localisations de cancer : 4 cancers hématopoïétiques, ainsi que les cancers de la prostate, du testicule, les tumeurs cérébrales et les mélanomes. La plupart de ces localisations avaient été identifiées dans des méta-analyses antérieures comme potentiellement associées à une exposition aux pesticides, généralement sans distinction sur les matières actives incriminées.

  • Cancer de la prostate

D’après les données de la littérature, une augmentation du risque existe chez les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et les populations rurales (entre 12 et 28% selon les populations). Quelques matières actives ont été spécifiquement documentées, en population générale : chlordécone ; en population professionnelle : carbofuran, coumaphos, fonofos, perméthrine. Toutes sont actuellement interdites d’usage. Pour certaines d’entre elles, un excès de risque est observé uniquement chez les agriculteurs ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate.

  • Cancers hématopoïétiques

D’après les données de la littérature, une augmentation de risque de lymphomes non hodgkinien et de myélomes multiples existe chez les professionnels exposés aux pesticides du secteur agricole et non agricole. Les pesticides organophosphorés et certains organochlorés (lindane, DDT) sont suspectés. Bien que les résultats soient moins convergents, un excès de risque de leucémies ne peut être écarté.

Concernant les autres localisations cancéreuses étudiées, l’analyse de l’ensemble des études reste difficile. Plusieurs raisons peuvent être évoquées : une incidence faible (cancer du testicule, tumeurs du cerveau et maladie de Hodgkin) ou l’existence d’un facteur de confusion important (comme par exemple, l’exposition aux ultras violets de la population agricole, facteur de risque reconnu pour le mélanome).

Pesticides et maladies neurodégénératives

L’expertise collective s’est intéressée a 3 maladies neurodégénératives, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique, ainsi qu’aux troubles cognitifs, qui pourraient prédire ou accompagner certaines pathologies neuro-dégénératives.

  •  Maladie de Parkinson

Une augmentation du risque de développer une maladie de Parkinson a été observée chez les personnes exposées professionnellement aux pesticides. Un lien a pu être mis en évidence notamment lors d’une exposition aux insecticides et herbicides. L’association avec les fongicides n’a, à ce jour, pas été mise en évidence mais le nombre d’études est nettement moins important.

Pour les autres maladies neurodégénératives, les résultats sont plus contrastés. Par exemple, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, les résultats des études de cohortes sont convergents pour révéler un excès de risque quand les études cas-témoins sont peu robustes. Quant à la sclérose latérale amyotrophique, trop peu d’études sont disponibles pour conclure.

Par ailleurs, plusieurs revues et une méta-analyse récente concluent à un effet délétère des expositions professionnelles aux pesticides notamment aux organophosphorés sur le fonctionnement cognitif. Cet effet serait plus clair en cas d’antécédents d’intoxication aigue.

 

Effets sur la grossesse et le développement de l’enfant

Il existe maintenant de nombreuses études épidémiologiques suggérant un lien entre l’exposition prénatale aux pesticides et le développement de l’enfant, à court et moyen terme.

  • Conséquences des expositions professionnelles en période prénatale

La littérature suggère une augmentation significative du risque de morts fœtales (fausses-couches) ainsi qu’une augmentation du risque de malformations congénitales lors d’une exposition professionnelle maternelle aux pesticides. D’autres études pointent une atteinte de la motricité fine et de l’acuité visuelle ou encore de la mémoire récente lors du développement de l’enfant. Enfin, une augmentation significative du risque de leucémie et de tumeurs cérébrales a été mise en évidence dans les méta- analyses récentes.

  •  Conséquences des expositions résidentielles en période prénatale (voisinage ou usage domestique)

Plusieurs études cas-témoins et de cohortes montrent une augmentation du risque de malformations congénitales chez les enfants des femmes vivant au voisinage d’une zone agricole ou liée aux usages domestiques de pesticides (malformations cardiaques, du tube neural, hypospadias).

Une diminution du poids de naissance, des atteintes neurodéveloppementales et une augmentation significative du risque de leucémie sont également rapportées.

Pesticides et fertilité

Le lien entre certains pesticides (notamment le dibromochloropropane), qui ne sont plus utilisés, et des atteintes de la fertilité masculine a été clairement établi mais de nombreuses incertitudes subsistent en ce qui concerne les pesticides actuellement employés.

Le lien entre pesticides et infertilité chez la femme est mal connu et mériterait d’être mieux étudié.

Mécanismes biologiques

La littérature ne permet pas actuellement d’identifier avec précision les mécanismes cellulaires et moléculaires mis en jeu dans les pathologies potentiellement associées à une exposition à certains pesticides. Toutefois, certains modes d’action des substances soutiennent les données épidémiologiques. Le stress oxydant semble par exemple jouer un rôle majeur, comme  dans la maladie de Parkinson. Des dommages à l’ADN ou des perturbations de certaines voies de signalisation pouvant conduire à une dérégulation de la prolifération ou de la mort cellulaire, ou des altérations du système immunitaire sont autant de mécanismes susceptibles de sous tendre les effets des pesticides sur la santé.

 La question des mélanges de pesticides 

Les populations sont exposées de façon permanente et à faible dose aux pesticides et à de nombreuses autres substances contaminant l’environnement. Ces mélanges de pesticides et autres substances pourraient donner lieu à des impacts sanitaires difficilement prévisibles actuellement, ce qui fait de la question des mélanges et des faibles doses un des enjeux importants de la recherche et de l’évaluation des dangers.

Les experts rappellent que «ne pas être en mesure de conclure ne veut pas dire obligatoirement qu’il n’y a pas de risque».

Si certaines substances sont mises en cause, c’est qu’elles ont été plus souvent  étudiées que d’autres (en particulier dans le contexte des États-Unis) ; de nombreuses substances actives n’ont pas fait l’objet d’études épidémiologiques.

Recommandations

Les recommandations soulignent la nécessité d’une meilleure connaissance des données d’exposition anciennes et actuelles de la population professionnelle exposée aux pesticides directement ou indirectement.

Les recommandations attirent également l’attention sur des périodes critiques d’exposition (périodes de développement) aussi bien en milieu professionnel qu’en population générale.

Des recherches pluri- et trans-disciplinaire doivent être soutenues pour permettre une caractérisation plus rapide des dangers potentiels des substances actives de pesticides.

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Une exposition précoce au bisphénol A altèrerait l’émail des dents

Les dents seraient-elles les nouvelles victimes du Bisphénol A ? Oui, selon les conclusions des travaux de l’équipe de chercheurs dirigés par Ariane Berdal de l’Université Paris-Diderot et Sylvie Babajko, directrice de recherche Inserm au sein de l’Unité Inserm 872 « Centre des cordeliers ». Les chercheurs ont montré que les dents de rats traités avec de faibles doses journalières de BPA pouvaient être altérées. L’analyse de ces altérations montre de nombreuses caractéristiques communes avec une pathologie de l’émail des dents récemment décrite et affectant environ 18% des enfants de 6 à 8 ans.

Ces résultats sont publiés dans American Journal of Pathology

Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique qui entre dans la composition de plastiques et de résines. Il est utilisé par exemple dans la fabrication de récipients alimentaires tels que les bouteilles et biberons. On le retrouve également dans les films de protection à l’intérieur des canettes et des boîtes de conserves ou encore sur les tickets de caisse où il est utilisé comme révélateur. Des taux significatifs de BPA ont d’ailleurs été retrouvés dans le sang, les urines, le liquide amniotique et le placenta humains. De récentes études ont montré que ce composé industriel induit des effets néfastes sur la reproduction, le développement et le métabolisme d’animaux de laboratoire. Il est fortement suspecté d’avoir les mêmes conséquences sur l’homme.

Par mesure de précaution, la fabrication et la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A sont interdites depuis janvier 2011 en Europe. Cette interdiction s’étendra à tous les contenants alimentaires à partir de juillet 2015 en France.

Dans cette étude, la dent vient s’ajouter à la liste déjà longue des cibles du BPA.

Les chercheurs de l’Inserm ont montré que les incisives de rats traités avec de faibles doses journalières (5 microgrammes/kg/jour) de BPA pouvaient être altérées

.
Cet effet est observé dans une fenêtre de développement qui ne dépasse pas 30 jours post-natals chez le rat traduisant une fenêtre de sensibilité à l’exposition.

L’analyse de ces dents montre de nombreuses caractéristiques communes avec une pathologie de l’émail appelée MIH (Molar Incisor Hypomineralization) qui affecte sélectivement les premières molaires et incisives permanentes. Cette pathologie de l’émail est retrouvée chez environ 18% des enfants de 6 à 8 ans. Les enfants atteints par cette pathologie présentent des dents hypersensibles à la douleur et susceptibles aux caries. Il est intéressant de remarquer que la période de formation de ces dents (premières années de la vie) correspond à celle où l’individu est le plus susceptible au bisphenol A.

Des premières observations de chercheurs faisaient états de « taches blanches » sur les incisives des rats traités avec des perturbateurs endocriniens dont le bisphénol A (BPA). Les chercheurs ont décidé de définir les caractéristiques des incisives de rats traités avec du BPA à faible dose, et de les comparer à celles des dents humaines atteintes de MIH.

L’observation macroscopique des taches sur les deux séries de dents montre des similitudes, notamment un émail fragile et fracturé.

Au niveau microscopique, l’analyse de l’émail a montré une diminution significative du rapport Calcium/Phosphore  et Calcium/Carbone dans les dents atteintes. Ceci se traduit par une baisse de la quantité de minéral rendant les dents plus fragiles et susceptibles aux caries.

Enfin, l’analyse des protéines présentes dans la matrice des dents de rats a montré l’augmentation de la quantité d’énaméline une protéine clé de l’émail en formation, et l’accumulation d’albumine traduisant une hypominéralisation. L’analyse de l’expression des gènes clés de l’émail a permis de mettre en évidence deux gènes cibles du BPA : l’énaméline et la kallicréine 4.

Pour Sylvie Babajko, dernier auteur de cet article « Dans la mesure où le BPA aurait le même mécanisme d’action chez le rat et chez l’homme, il pourrait être un agent causal du MIH ». La dent pourrait donc être utilisée comme marqueur précoce d’exposition aux perturbateurs endocriniens agissant comme le BPA et aiderait ainsi à dépister des pathologies lourdes apparaissant plusieurs années après. »

dents enfants

© Fotolia

Santé en questions : la drépanocytose, les voies de la guérison

Bandeau santé en question

L’Inserm et Universcience vous invitent à la conférence Santé en questions le mercredi 19 juin à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris à 19h, en présence de Monsieur Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, et de Madame Claudie Haigneré, Présidente d’Universcience,

en duplex avec l’Université des Antilles et de la Guyane à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe* à 13h, et en présence du Professeur André Syrota Président-directeur général de l’Inserm.

Drépanocytose : les voies de la guérison

La drépanocytose, ou anémie falciforme, est une maladie génétique causée par la mutation d’un gène de l’hémoglobine. Il en résulte des douleurs très vives et des complications qui peuvent être mortelles ou responsables de  handicaps. Quels sont aujourd’hui les moyens de lutte contre cette maladie ? La thérapie génique est-elle un réel espoir ?

Autant de questions autour desquelles débattra le public avec les interventions de :

  • Pr Robert Girot, centre de la Drépanocytose Hôpital Tenon et Centre de Dépistage et d’Information pour la Drépanocytose (CIDD) à Paris
  • Pr Mariane de Montalembert, présidente du Réseau Ouest Francilien de Soins des Enfants Drépanocytaires (ROFSED) et pédiatre à l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris
  • Alice Thorinius-Rivière, présidente de l’association « Drépano Doubout » en Guadeloupe
  • Marc Romana, chercheur Inserm, biologiste moléculaire au CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe

Venez participer à ce moment d’échanges entre le public, la société civile et les scientifiques.

Un débat animé par Jean-Philippe Braly, journaliste pour le magazine « La Recherche ».

Entrée gratuite. Pour y assister :

  • à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris : pbasreraprf@havirefpvrapr.se
  • à l’Université de Pointe-à-Pitre, campus de Fouillole (amphithéâtre Guy Mérault) : entrée libre

*Sous le haut patronage du Ministère des Outre-mer

Cancers du rein, mélanomes de l’œil et mésothéliomes : un gène de prédisposition en commun

Une famille avec de nombreux cancers inexpliqués révèle que certaines prédispositions aux cancers du rein sont liées à des mutations du gène BAP1. Porté sur le chromosome 3, ce gène était déjà connu pour prédisposer à des cancers oculaires (mélanome uvéal) et de la plèvre (mésothéliome). Ces travaux réalisés par Marc-Henri Stern du laboratoire Génétique et Biologie des Cancers (Institut Curie/Inserm U830) en coordination avec le Pr Dominique Stoppa-Lyonnet (Institut Curie/Service de Génétique) sont publiés dans American Journal of Human Genetics en date du 6 juin 2013.

Tout est parti d’une famille présentant une histoire inhabituelle et inexpliquée, avec de multiples cas de cancers très divers chez des personnes jeunes. L’un de ses membres avait notamment développé successivement plusieurs atteintes du sein et du rein. Suivi de longue date par l’équipe du Service de Génétique de l’Institut Curie, aucune altération de gène classique de prédisposition à ces cancers n’avait été décelée. Le décryptage de son génome vient lever le mystère en révélant une mutation sur le gène BAP1 porté par le chromosome 3. 

“Rien dans la clinique ne nous orientait vers ce gène qui était connu pour prédisposer à des mésothéliomes et des mélanomes de l’œil” indique Marc-Henri Stern, chef de l’équipe Génétique et biologie des cancers du sein héréditaires (Institut Curie/Inserm U830) et coordinateur de l’étude.

Ce résultat a été confirmé par l’analyse des tumeurs rénales : dans des cellules malignes, seule la copie mutée, et donc non fonctionnelle, du gène BAP1 a été retrouvée. « Il arrive que certaines cellules perdent un chromosome. Si les cellules ont au départ deux bonnes copies du gène en question, cette perte n’est pas grave : la protéine peut toujours être fabriquée à partir de l’autre chromosome. Mais si les cellules ont une bonne et une mauvaise copies – ce qui est le cas lorsque l’on hérite d’une mutation transmise par l’un de ses parents –, il n’y a plus de bouée de secours. La perte du seul chromosome fonctionnel entraîne l’inactivation complète du gène dans la cellule : la protéine BAP1 ne peut alors être fabriquée ! » explique le chercheur. Or, la fonction la plus probable de la protéine BAP1 serait de faire partie d’un complexe qui modifie l’expression des gènes. Elle bloquerait, par un mécanisme inconnu à ce jour, la prolifération tumorale.

Les équipes de l’Institut Curie ne sont pas arrêtées là. Grâce à une collaboration avec l’équipe de Brigitte Bresac-de Paillerets (Institut de cancérologie Gustave Roussy) et le laboratoire de Nadem Soufir (hôpital Saint-Louis/Inserm/université Paris7 et de l’hôpital Bichat/AP-HP), elles ont constitué la série la plus importante de familles avec un syndrome BAP1, un syndrome extrêmement rare. Elle a révélé que 6 des 11 familles comportaient un nombre anormalement élevé de cancers du rein. L’analyse génétique réalisée sur les tumeurs de 4 des 9 personnes atteintes a confirmé l’inactivation du gène BAP1 dans les cellules malignes.

« Pour toutes ces familles, outre une surveillance ophtalmologique précoce, il est essentiel de mettre en place une surveillance rénale qui doit débuter dès l’âge de 25 ans. Ces cancers ont une meilleure chance de guérison s’ils sont détectés tôt » conclut Marc-Henri Stern.

Cancers du rein

En France, le cancer du rein représente environ 3 % de l’ensemble des cancers, avec 11 090 nouveaux cas en 2011, selon l’Institut National de Veille Sanitaire. De 2 à 3 % des cancers du rein sont liés à une prédisposition génétique, notamment  – pour trois quarts d’entre eux –   à une mutation du gène VHL, le gène associé au syndrome von Hippel Lindau.

Source : Les traitements du cancer du rein, INCa, mars 2013

Les promesses de l’optogénétique pour aider à mieux traiter les TOC

Grâce à un travail mené au Massachusetts Institute of Technology de Boston, Eric Burguière, chercheur à l’Inserm au sein du centre de recherche de l’ICM et ses collaborateurs ont réussi à réduire le comportement compulsif de souris à l’aide de l’optogénétique, une technique alliant stimulation lumineuse et génie génétique. En stimulant par la lumière des neurones bien spécifiques dans le cerveau, les chercheurs ont rétabli un comportement normal chez des souris présentant à l’origine des comportements répétitifs pathologiques comparables à ceux observés chez les patients atteints de TOC.

Ces résultats sont publiés dans la revue Science le 7 juin 2013

Les comportements répétitifs sont caractéristiques d’un certain nombre de maladies neuropsychiatriques, notamment dans le TOC où ils peuvent se développer de manière compulsive au point de devenir un véritable handicap pour la vie quotidienne (se laver les mains jusqu’à 30 fois par jour, vérifier à l’excès qu’une porte est bien verrouillée etc.). Le TOC touche 2-3% de la population et en France on estime que plus d’un million de personnes sont atteintes de ce trouble.

Le traitement habituel du TOC consiste à utiliser des traitements pharmacologiques (antidépresseurs, neuroleptiques) et/ou des psychothérapies comportementales. Toutefois malgré ces combinaisons thérapeutiques, des symptômes sévères persistent chez environ un tiers des patients. Il est donc nécessaire de mieux comprendre les mécanismes cérébraux qui sont à l’origine de ces comportements répétitifs pour mieux pouvoir les traiter.

De précédentes études en neuroimagerie ont permis d’identifier chez les personnes atteintes de TOC, des dysfonctionnements dans des circuits de neurones situés entre l’avant du cerveau (cortex orbitofrontal) et des structures cérébrales plus profondes (les ganglions de la base).

Dans cette nouvelle étude, Eric Burguière et ses collaborateurs (au laboratoire du Pr. Ann Graybiel au MIT) ont concentré leurs recherches sur ce circuit de neurones pour, à la fois examiner sa fonction en détail et développer une approche pour traiter les comportements compulsifs chez un modèle mutant de souris.

 Chez ces souris mutantes, les comportements compulsifs se traduisent  par des toilettages répétés tout au long de la journée pouvant déclencher des lésions cutanées.

 D’un point de vue physiologique, ces animaux n’expriment pas une protéine (du a l’absence du gène Sapap3) normalement présente dans les synapses des neurones du striatum, une structure faisant partie des ganglions de la base et associée à des fonctions telles que l’apprentissage de séquences, l’émergence d’habitudes, ou encore la prise de décision.

Grâce à ce modèle de souris, des premières observations ont permis aux chercheurs de montrer que l’émergence des compulsions chez les souris mutantes était due à un déficit d’inhibition comportementale. Les souris ne peuvent pas réprimer l’action de toilettage même lorsque cela n’est pas nécessaire. Ils ont ensuite pu montrer, grâce a des enregistrements de l’activité des neurones, que la défaillance de communication dans le cerveau entre le néocortex et le striatum conduit à une hyperactivité des neurones du striatum chez ces souris.

L’apport de la lumière

 Pour vérifier cette hypothèse, ils ont eu recours à l’optogénétique. Cette méthode consiste à modifier les neurones précédemment identifiés pour leur faire exprimer des protéines sensibles à la lumière, appelées opsines. Grâce à cette sensibilité accrue des cellules neuronales à la lumière, il devient possible de contrôler leur activité en les excitants ou au contraire en les inhibant via un simple faisceau lumineux.

Lorsque les chercheurs ont excité par stimulations lumineuses les neurones du cortex qui envoient des messages vers le striatum, les comportements compulsifs des souris ont été largement atténués. En revanche, en dehors de ces périodes de stimulation, les comportements compulsifs réapparaissaient.

« Nos découvertes montrent que la stimulation sélective du circuit peut rétablir un comportement normal chez des souris présentant à l’origine des comportements répétitifs pathologiques et qui ressemblent à des comportements observés chez certains patients atteints de TOC » précise Eric Burguière.

Cette étude est prometteuse d’un point de vue méthodologique car elle montre que l’approche avec la technique d’optogénétique pourra permettre d’identifier le rôle de circuiteries neuronales du cerveau qui, si elles sont dysfonctionnelles, peuvent provoquer des comportements pathologiques.

Pour le chercheur, cette étude est également intéressante du point de vue des perspectives cliniques. « J’ai effectivement choisi d’effectuer mon retour en France dans une équipe de l’Inserm[1] pour étudier en parallèle les effets physiologiques et comportementaux de stimulation cérébrale profonde chez des patients souffrant de TOCs, et chez des souris avec la technique d’optogénétique, et ce, afin de mieux comprendre l’effet de ces stimulations.

souris optognétique

©K. Deisseroth, Stanford University

L’optogénétique : une technique récente pleine de promesses

Née au milieu des années 2000, l’optogénétique est une technique qui combine les apports de l’optique et du génie génétique. Elle consiste à modifier génétiquement certaines cellules neuronales pour les rendre sensibles à la lumière. Le but ? Activer ou inhiber à distance une sous population neuronale précise grâce à un rayon de lumière ; et sans affecter les cellules voisines contrairement à la stimulation électrique. L’intérêt ? Étudier les relations causales entre l’activité de voies cérébrales ciblées et les comportements qu’elles contrôlent.


[1] (Equipe BEBG dirigée par le Dr. Luc Mallet à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière) grâce à une aide apportée par la fondation FondaMental.

Des médecins pas assez informés sur les effets indésirables des médicaments

Selon une étude internationale[1] conduite auprès de 255 médecins exerçant à Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse, les médecins généralistes ne reçoivent pas assez d’informations sur les effets indésirables des médicaments lors des présentations réalisées par les visiteurs médicaux de firmes pharmaceutiques. Ces mêmes médecins seraient prêts néanmoins à prescrire en partie les médicaments promus. Le Dr  Geneviève Durrieu (équipe Pharmaco-épidémiologie, évaluation de l’utilisation et du risque médicamenteux de l’Unité 1027 « Epidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps » – Inserm / Université Toulouse III – Paul Sabatier) a mené le volet français de cette étude dont les résultats sont publiés dans le Journal of General Internal Medicine. Dans cette étude internationale, la France fait-elle vraiment figure de bon élève ?

boites de médicaments

©Fotolia

 Les médicaments soumis à prescription médicale jouent un rôle majeur dans la prise en charge thérapeutique du patient. Cependant, ceux-ci peuvent aussi présenter des effets néfastes pour sa santé. Plusieurs études ont montré que les informations données par les visiteurs médicaux influencent fortement la prescription médicamenteuse, souvent sans réelle prise de conscience du médecin. Afin d’en savoir plus, des chercheurs internationaux ont mené une étude précise sur la qualité des informations fournies par les visiteurs médicaux lors de la promotion de médicaments auprès de médecins généralistes.

Sur 4 sites (Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse), les médecins ont été sélectionnés par tirage au sort. Parmi les 704 médecins contactés, 36% ont accepté de participer. Puis, des informations ont été recueillies sur 1692 promotions de médicaments lors de visites réalisées par les visiteurs médicaux entre mai 2009 et Juin 2010.

Après chaque visite, les médecins ont été invités à remplir un questionnaire sur la promotion des médicaments réalisée par le visiteur médical : informations fournies (bénéfices et risques) pour chaque médicament promu, don d’échantillons médicaux et invitations à des événements.

Un manque  général d’informations

 Dans cette étude, les chercheurs rapportent que les informations fournies par le visiteur médical concernent plus souvent les bénéfices que les risques des médicaments présentés.


Ce constat est partagé pour l’ensemble des sites étudiés (Montréal, Sacramento, Toulouse et Vancouver). Dans plus de la moitié des visites (59%) de promotion étudiées, aucun effet néfaste du médicament n’est par le visiteur médical. Ce chiffre monte à 66 % pour les promotions faites à Vancouver et Montréal.

Plus inquiétant, les résultats montrent que, les effets indésirables « graves » ne sont mentionnés que dans seulement 6% des présentations de médicaments.

La France bon élève, oui mais…

 La France se distingue des autres pays par une mention plus fréquente des risques évoqués par les visiteurs médicaux qui les citent dans 61 % des cas.


Sur l’ensemble des pays concernés par l’étude, ce chiffre tombe à 41%.

Ce chiffre est toutefois à prendre avec précaution car les informations dispensées portent plus souvent sur des effets indésirables fréquents et bénins (de type nausées ou diarrhées par exemple) alors que, comme dans les autres sites, 94% des présentations ne mentionnent aucun effet indésirable « grave ».

En revanche, les bénéfices thérapeutiques sont eux bien énoncés dans 80% des cas.

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Des médecins prêts à prescrire les médicaments promus

Dans cette étude, quel que soit le pays, 2/3 des médecins ont déclaré que la présentation les inciterait à prescrire le médicament promu ou ferait augmenter leur prescription de ce médicament, de façon « assez probable » ou « très probable ».

surconsommation de médicaments,sécurité sociale

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Quelle réglementation pour les visiteurs médicaux ?

En France et aux États-Unis, ce sont les autorités gouvernementales chargées de la règlementation du médicament qui sont compétentes pour réglementer et surveiller la visite médicale.
En France, une approche additionnelle a été introduite en 2005, avec l’adoption de la Charte de la Visite Médicale. Celle-ci précise les pratiques autorisées et interdites, ainsi que les informations à soumettre au médecin de façon obligatoire.
Au Canada, en revanche, les activités des visiteurs médicaux sont réglementées par l’association des compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx& D), avec des critères généraux quant à l’information fournie au médecin.


[1] L’étude a été dirigée par B. Mintzes de l’Université de Colombie Britannique de Vancouver, avec la collaboration des chercheurs de l’Université York Toronto, l’Université de Montréal, l’Université de Californie, Davis et de l’Université de Toulouse III – Paul Sabatier.

Rapport européen sur la santé périnatale

 La France dans une position moyenne, mais avec le taux de mortinatalité* le plus élevé d’Europe

* naissances d’enfants sans vie

Le nouveau rapport EURO-PERISTAT présente les données de la santé périnatale en 2010 pour 26 pays membres de l’Union Européenne, plus l’Islande, la Norvège et la Suisse. EURO-PERISTAT est financé par la Commission européenne (Programme de santé de l’UE, DG Santé et Consommateurs) et coordonné par l’Inserm. Ce rapport réunit les caractéristiques des femmes enceintes et des nouveau-nés, leur santé, et les pratiques médicales pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum en 2010. Il comprend également les données de deux autres projets européens en lien avec la santé périnatale sur la paralysie cérébrale (SCPE) et les anomalies congénitales (EUROCAT). Le rapport EURO-PERISTAT est disponible gratuitement sur internet dès aujourd’hui à l’adresse www.europeristat.com.
Le précédent rapport était fondé sur les naissances de 2003 ou 2004 (selon le pays).

Le rapport permet de situer la France par rapport aux autres pays européens et d’apprécier ses points forts et ses points faibles, en matière de système d’information (recueil des données concernant la mère et l’enfant) et d’indicateurs sur la santé et les pratiques médicales.

Systèmes d’information

La France est le seul pays d’Europe, avec Chypre, à ne pas disposer de données systématiques pour toutes les naissances, sur l’âge gestationnel des nouveau-nés, ni sur leur poids. Dans les autres pays, ces informations proviennent de l’état civil, via les bulletins de naissance, ou via un registre médical portant sur la totalité des naissances. En France, les bulletins de naissance ne comportent pas ces informations, et il n’existe pas de registre médical des naissances exhaustif. « Ainsi nous ne pouvons pas surveiller la mortalité ou la morbidité dans des groupes de la population à risque, comme les enfants très prématurés » explique Jennifer Zeitlin, coordinatrice d’EURO-PERISTAT et chercheur à l’Inserm (Unité 953 Inserm « Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants »).

Quelques améliorations ont été apportées au système d’information très récemment : par exemple on dispose de données sur l’âge gestationnel et le poids de naissance de tous les enfants, par le Pmsi (Programme de médicalisation des systèmes d’information), mais la France demeure très en deçà de ses voisins en matière de données disponibles.

En revanche, la France dispose de données exhaustives et fiables sur les morts maternelles. Elle a également des données de bonne qualité, à partir des Enquêtes nationales périnatales, sur les indicateurs démographiques et sociaux des mères, la prise en charge médicale pendant la grossesse, l’accouchement et certains indicateurs de santé des nouveau-nés. Ces données sont disponibles de manière très irrégulière, mais les deux dernières Enquêtes nationales périnatales de 2003 et 2010, ont contribué de manière significative au rapport.

Indicateurs de santé

La France a le taux de mortinatalité (naissances d’enfants sans vie) le plus élevé d’Europe (9,2 pour 1000 naissances totales), comme cela était déjà le cas en 2003 ; ceci représente la principale différence qui distingue la France des autres pays dans ce rapport. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que 40 à 50 % des mort-nés en France seraient attribuables à des interruptions médicales de grossesse (IMG), comme le suggère un registre périnatal (REHOP) qui enregistre tous les mort-nés dans trois départements de la région Rhône-Alpes. La part des IMG dans l’ensemble des mort-nés est bien supérieure à celle qu’on observe dans les autres pays qui peuvent distinguer les IMG des autres mort-nés.

Notre particularité pourrait s’expliquer en grande partie par une politique très active de dépistage des anomalies congénitales et une pratique des IMG relativement tardive, alors que dans les autres pays où les IMG sont autorisées, elles sont plus souvent réalisées avant 22 semaines, c’est-à-dire avant la limite d’inclusion des naissances dans EURO-PERISTAT.

Pour comprendre son écart par rapport aux autres pays d’Europe, la France a besoin de pouvoir distinguer les mort-nés spontanés des IMG et aussi de connaître l’âge gestationnel des décès fœtaux. Les capacités d’analyse étaient très limitées en 2010, mais, selon les auteurs du rapport, la situation devrait s’améliorer à partir de 2013, car le Pmsi va pouvoir fournir des données sur ce sujet.graphe 1

Comme lors du rapport précédent EURO-PERISTAT (sur les naissances 2003 – 2004), sur les autres indicateurs de santé, la France est bien placée en Europe, mais ne se trouve jamais parmi les cinq pays ayant les meilleurs résultats :

La mortalité néonatale (décès dans les 27 premiers jours après la naissance) est en légère baisse : 2,3 pour 1000 naissances vivantes en France (2,6 en 2003), alors que les taux varient de 1,2 à 5,5 en Europe. La France se situe au 17ème rang, après par exemple l’Islande, la Finlande, la Suède, l’Estonie, le Danemark et la République tchèque. La mortalité a baissé par rapport à 2004, mais de manière moins importante que dans la plupart des autres pays.

La prématurité (naissances avant 37 semaines d’âge gestationnel) est en légère hausse en France par rapport à 2003 : elle passe de 6,3 à 6,6 % des naissances vivantes. Sur cet indicateur, la France est au 10ème rang, selon un classement par ordre croissant, après notamment l’Islande, l’Irlande, l’Estonie, la Finlande, la Suède et la Norvège. La prématurité augmente de manière régulière en France, comme dans d’autres pays ; toutefois il ne s’agit pas d’une tendance uniforme : dans 11 pays, le taux de prématurité a baissé ou est resté stable entre 2003 et 2010.

Les grossesses gémellaires présentent un risque élevé pour la santé des mères et des enfants ; elles représentent 17,4 pour 1000 femmes venant d’accoucher. La France se situe dans une position moyenne en Europe ; ce taux a augmenté depuis 2003 où il était de 15,8 pour 1000, alors qu’il a diminué dans d’autres pays qui avaient les taux les plus élevés. L’évolution en France pourrait provenir en partie de l’augmentation de l’âge maternel (voir plus loin).

Le ratio de mortalité maternelle calculé à partir des statistiques de routine sur les causes de décès est de 8,4 pour 100.000 naissances en France (pour la période 2006-2010) et fluctue de 0 à 25 pour 100.000 naissances en Europe. Ces variations sont à interpréter avec prudence car il y a peu de décès maternels chaque année et certains petits pays peuvent n’enregistrer aucun décès au cours d’une ou plusieurs années. En outre, dans la plupart des pays, les décès maternels sont très nettement sous-estimés (de 25 à 50 %) dans ces statistiques de routine. En revanche, des systèmes d’enregistrement renforcé des décès maternels existent en France, au Pays-Bas, en Slovénie et au Royaume-Uni, où les ratios sont généralement plus élevés, et la France se situe dans la moyenne avec un ratio de 9,1 pour 100.000 naissances.

Organisation des soins et pratiques médicales

Le taux de césariennes atteint 21 % en France et varie de 15 % à 52 % dans les différents pays de l’Union Européenne. La France se trouve parmi les pays à taux plutôt bas ; le taux a eu tendance à se stabiliser alors qu’il a augmenté dans beaucoup de pays européens et la position de la France dans l’ordre croissant des taux de césariennes est passée du 13ème au 6ème rang.

On assiste actuellement en France à une concentration des naissances dans de grandes maternités, comme dans d’autres pays européens ; la proportion de naissances dans des maternités de 3000 accouchements ou plus a augmenté par rapport à 2003 (19 % au lieu de 8 %) mais reste faible par rapport à ce qu’on observe par exemple en Ecosse (80 %), en Islande (71 %), en Irlande (69 %), en Angleterre (69 %), au Danemark (54 %) et en Suède (51 %).

Facteurs de risque périnatal

Deux caractéristiques maternelles sont préoccupantes car elles représentent des facteurs de risque pour la santé des mères et des enfants et ont tendance à devenir plus fréquentes en France, comme dans les autres pays européens.

– Le pourcentage de femmes de 35 ans et plus est de 19,2%, et situe la France dans une position moyenne par rapport aux autres pays, mais ce pourcentage a clairement augmenté par rapport à 2003, où il atteignait 15,9 %.

– Les femmes obèses (Indice de Masse Corporelle > 30) représentent 9,9 % des femmes ; ce qui représente un pourcentage faible par rapport aux autres pays ; cependant il faut noter que ce facteur de risque devient plus fréquent en France, puisqu’il était de 7,4 % en 2003.

Le pourcentage des femmes qui fument pendant la grossesse varie de 5 % parmi les pays où les taux sont les plus bas, à 13 % au Danemark, 14 % en Espagne (Catalogne), 15 % en Irlande du Nord, 17 % en France et 19 % en Ecosse. Toutefois ces comparaisons sont délicates car l’exposition pendant la grossesse est estimée de manière relativement hétérogène au niveau européen. En France, les femmes sont assez nombreuses à s’arrêter de fumer pendant la grossesse, puisque 31 % fumaient avant la grossesse et seulement 17 % fumaient pendant. En 2003, la proportion des femmes qui fumaient pendant la grossesse était de 21 %.

Devenir de l’enfant à long terme

Les registres de paralysie cérébrale montrent qu’il est possible de surveiller la survenue de cette affection dans le temps et géographiquement en Europe (réseau SCPE). La paralysie cérébrale touchait toujours environ deux enfants pour 1000 à la fin des années 1990. Les progrès dans la prise en charge des enfants à la naissance se sont accompagnés d’une baisse de la mortalité néonatale, mais aussi entre 1980 et 1998 d’une baisse de la fréquence de certaines formes de paralysie cérébrale, notamment la forme avec paralysie spastique touchant les quatre membres. Cette baisse était observée chez des enfants nés avec un très petit poids de naissance comme chez les enfants nés avec un poids de naissance normal. Deux registres en France, le RHEOP et le RHE31, surveillent la fréquence des handicaps de l’enfant, et leurs résultats sur la paralysie cérébrale sont tout à fait proches de ceux des autres pays européens.

L’avenir

Pour les chercheurs à l’origine de ce nouvel état des lieux, il constitue un outil essentiel pour surveiller la santé et orienter des politiques de santé publique en France. Le projet EURO-PERISTAT prévoit la production d’un tel rapport tous les cinq ans.

« Une amélioration du système d’information périnatal français est en cours mais des progrès seraient encore nécessaires pour contribuer davantage à la mise en commun des statistiques européennes. »

 conclut Jennifer Zeitlin, coordinatrice du projet.

Analyse de l’empreinte métabolique chez des femmes enceintes résidant à proximité de zones de culture de céréales

crédit : ©Inserm

Une étude exploratoire publiée ce jour par Sylvaine Cordier et son équipe (Unité mixte Inserm, Université de Rennes 1, et Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique « Institut de recherche, santé, environnement et travail ») avec des chercheurs de l’Inra de Toulouse, suggère qu’une exposition environnementale à des mélanges complexes de pesticides, pourrait conduire à des perturbations métaboliques chez les femmes enceintes. Des modifications des concentrations urinaires de composés tels que des acides aminés ou d’autres acides organiques ont en effet été observées, suggérant un stress oxydant et une modification du métabolisme énergétique. Cette étude a été réalisée sur 83 femmes enceintes de la cohorte PELAGIE (Bretagne) réparties en trois groupes, en fonction du lieu de résidence des femmes dans des communes où les cultures de céréales sont plus ou moins présentes. Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS ONE.

L’utilisation de pesticides engendre des contaminations des différents compartiments de l’environnement (air, eau, sols, aliments) et par voie de conséquence la possibilité d’une exposition de la population générale, comme en atteste la présence de certains pesticides dans les fluides et tissus biologiques. Outre l’exposition par voie alimentaire, les expositions de la population générale peuvent résulter de l’utilisation de pesticides au domicile (utilisations d’insecticides ménagers, jardinage..) mais aussi à proximité du domicile. En effet, les pesticides utilisés par les professionnels diffusent dans l’atmosphère, pouvant être une source d’exposition des populations à une distance plus ou moins grande des zones traitées.

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crédit : ©Fotolia

Pendant la grossesse, le fœtus est particulièrement vulnérable aux facteurs environnementaux et de faibles doses de substances toxiques pourraient être responsables d’atteintes du développement et d’effets sanitaires trans-générationnels.

Si la toxicité de nombreux pesticides est déjà documentée dans des conditions d’expositions élevées, les effets de ces molécules à de faibles doses (environnementales) sont encore débattus. Par ailleurs, l’impact d’un cumul de ces expositions est actuellement mal connu. Outre l’étude de la présence de résidus de pesticides dans les fluides biologiques humains, une des approches possibles pour prendre en compte ces expositions multiples est d’étudier les modifications biologiques dans l’organisme exposé, afin de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l’exposition à des polluants. Ces modifications peuvent être identifiées grâce à une analyse globale des métabolites dans des fluides biologiques (empreinte métabolique). Les métabolites sont des petites molécules, issues du fonctionnement d’un organisme en vue de maintenir la croissance, l’équilibre et les fonctions des cellules. Ce sont par exemple des acides aminés, des acides organiques de petite taille (acide citrique, hippurique), des sucres, des acides gras simples, des hormones, des polyphénols, des vitamines, alcaloïdes, minéraux…

C’est cette approche exploratoire qui a été mise en place à partir d’un échantillon de 83 femmes enceintes en 2004 issu de la cohorte mères-enfants PELAGIE (Perturbateurs Endocriniens Etude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’Infertilité et l’Enfance) conduite depuis 2002 en Bretagne par l’Inserm. Trois groupes de femmes ont été constitués en fonction de la proportion de culture de céréales dans leur commune de résidence. La caractérisation des métabolites dans les urines de ces femmes, recueillies au cours du premier trimestre de la grossesse, s’est faite par une technique d’analyse spectroscopique (résonance magnétique nucléaire) associée à une méthode statistique permettant de discriminer les trois groupes. La technique permet ainsi d’identifier les métabolites dont le niveau d’expression est modifié entre les trois groupes.

Les premiers résultats de cette étude suggèrent des modifications des concentrations urinaires de certains métabolites chez les femmes enceintes résidant dans des communes où les cultures de céréales sont fortement présentes, en particulier certains métabolites pouvant être impliqués dans les mécanismes de stress oxydant et dans la modification du métabolisme énergétique.

Ces éléments conduisent les chercheurs à suggérer qu’une exposition environnementale à des mélanges complexes de pesticides, tels que ceux utilisés en 2004 sur les cultures de céréales, pourrait conduire à des perturbations métaboliques chez les femmes enceintes dont la signification clinique, pour la femme ou pour son enfant, reste à évaluer.

Il s’agit d’une première étude exploratoire conduite par l’Unité 1085 (IRSET) de l’Inserm à Rennes, l’Université de Rennes 1 et l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), en partenariat avec l’INRA de Toulouse (Toxalim), qui s’intègre dans un projet de recherche global associant à ces travaux épidémiologiques des études toxicologiques permettant de mieux comprendre les voies métaboliques modifiées lors de l’exposition multiple et complexe aux pesticides (projet METABOLE, www.irset.org). Ces éléments pourront être utiles à terme pour mieux comprendre les effets des pesticides sur la santé.

Découverte d’une nouvelle méthode pour détecter la virulence des cancers

Une nouvelle façon d’appréhender le cancer et de prédire la dangerosité des tumeurs vient d’être présentée par une équipe de scientifiques de l’Institut Albert Bonniot de Grenoble regroupant des chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l’Université Joseph Fourier, en collaboration avec des médecins cliniciens et anatomopathologistes du CHU de Grenoble, et avec le soutien de l’Institut National du Cancer, la Ligue Nationale contre le Cancer et la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer. Les scientifiques ont montré que dans tous les cancers, il se produit une activation anormale de nombreux gènes propres à d’autres tissus. Ainsi, par exemple, dans les cancers du poumon, les cellules tumorales expriment des gènes spécifiques à la production de spermatozoïdes qui devraient être silencieux. D’après ces travaux, publiés le 22 mai 2013 dans Science Translational Medicine, en identifiant les gènes qui s’activent anormalement dans un cancer, on peut déterminer avec une grande précision l’agressivité de celui-ci. Ces travaux représentent un concept inédit qui permettra d’offrir aux malades un diagnostic précis et une prise en charge personnalisée. 

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© Inserm / Unité Inserm 335 – Radiographie du cancer du poumon

Toutes les cellules de notre organisme possèdent les mêmes gènes. Cependant, leur spécialisation les conduit à en activer certains et en réprimer d’autres. Or, dans une cellule cancéreuse, les mécanismes permettant à une cellule d’activer ou de mettre sous silence des gènes sont endommagés. Les scientifiques viennent de montrer que dans tous les cancers, on observe une sorte de « crise d’identité » des cellules cancéreuses : dans les organes ou tissus dans lesquels se développe une tumeur, des gènes spécifiques à d’autres tissus ou à d’autres étapes du développement de l’organisme s’expriment anormalement. Jusqu’à présent, cet aspect n’avait été que partiellement étudié.

En s’intéressant particulièrement à ces gènes qui se « réveillent » dans les tumeurs, les chercheurs ont montré que dans presque tous les cancers, plusieurs dizaines de gènes spécifiques de la lignée germinale et du placenta sont activés anormalement. Ceci représente une source très intéressante de bio-marqueurs potentiels pour caractériser les tumeurs.

Afin d’explorer les implications de ces activations aberrantes et leur signification, les scientifiques ont focalisé leurs efforts sur le cancer du poumon. Ils ont étudié les tumeurs de près de 300 patients touchés par ce cancer au CHU de Grenoble. Pendant dix ans, les médecins ont renseigné les dossiers des patients et ont conservé et annoté les tumeurs après résection chirurgicale. L’expression de l’ensemble des gènes humains a été analysée dans ces tumeurs et corrélée avec différents paramètres cliniques.

Parmi les gènes exprimés de manière aberrante dans les cancers du poumon, ils en ont découvert 26 dont l’activation est associée à des cancers particulièrement agressifs : lorsque ces gènes sont exprimés, c’est que le cancer est extrêmement virulent. Les chercheurs peuvent ainsi prévoir, au moment du diagnostic quels cancers sont à haut risque de provoquer une rechute de la maladie et de mener à une issue fatale, même dans les cas où la tumeur est traitée de façon adéquate à un stade précoce de son développement. Ces cancers à haut risque présentent des capacités de prolifération exacerbées et une facilité à se « cacher » des systèmes de défense de  l’organisme.

Ces travaux constituent une preuve de principe pour une nouvelle approche dans l’étude et le traitement du cancer : l’expression anormale dans un tissu ou organe de gènes spécifiques à d’autres tissus pourrait devenir un nouvel instrument pour établir un pronostic et personnaliser la prise en charge thérapeutique. D’un point de vue plus fondamental, il reste encore aux chercheurs à expliquer la relation entre l’expression anormale de ces gènes et la virulence du cancer. Une approche similaire à celle réalisée dans le cancer du poumon peut être étendue à quasiment tout type de cancers, ce qui ouvre des perspectives très larges quant à l’exploitation de ces découvertes.

Les congrès des Apprentis Chercheurs, spécialité « addictions », dans 5 villes de France

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Pendant toute l’année scolaire, 20 collégiens et lycéens ont été accueillis chaque mois dans 5 laboratoires de neurosciences spécialisés dans l’étude des addictions.
Objectif : modifier le regard des jeunes « Apprentis Chercheurs » sur la face cachée des drogues (alcool, tabac, cannabis, etc…) et des addictions et faciliter le contact entre les jeunes et le monde de la recherche.
A partir du 30 mai prochain, les Apprentis Chercheurs présenteront leurs recherches lors de 5 congrès organisés à Poitiers (30 mai), Amiens (4 juin), Paris (5 juin), Bordeaux (6 juin), Marseille (10 juin).
Le programme MAAD (Mécanismes des addictions à l’alcool et aux drogues), lancé par l’Inserm avec le soutien de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie), est fondé sur une approche de type « éducation scientifique » destinée à renforcer les connaissances des jeunes sur les produits au travers de l’initiation à la démarche scientifique.

Cinq laboratoires de recherches spécialisés dans la physiopathologie des addictions ont accueilli un mercredi par mois deux binômes constitués d’un collégien de 3ème et d’un lycéen de 1ère,[1]. Encadrés par un chercheur senior, les adolescents ont mené un programme de recherche, réalisé les expériences et interprété les données. Les 5 congrès organisés dans les différents centres de recherche concernés vont permettre à ces jeunes Apprentis Chercheurs de partager leurs résultats. L’audience sera composée de leurs camarades de classe, de leurs parents, de leurs enseignants etc. Ces congrès ouverts à tous sont gratuits.

 

A Paris, le congrès se tiendra le mercredi 5 juin 2013 à 18h30
Salle Polyvalente du SHU Sainte-Anne, 108 rue de la Santé, Paris
Danièle Jourdain Menninger, présidente de la MILDT ouvrira la manifestation

Les présentations des Apprentis Chercheurs seront suivies d’une conférence-débat animée par Laurence Lanfumey-Mongrédien, chercheuse à l’Inserm sur le thème : « Alcool chez le jeune : conséquences chez l’adulte ».

A Poitiers le jeudi 30 mai à 18h30
A Amiens le mardi 4 juin à 18h
A Bordeaux le jeudi 6 juin, 18h
A Marseille le lundi 10 juin, 18h

L’inscription est vivement conseillée en raison du nombre limité de places (pour s’inscrire : cliquer ICI)

La consommation par les jeunes de produits psycho-actifs (alcool, tabac, cannabis etc…) est une préoccupation constante des autorités de santé car il est désormais acquis que la consommation précoce, sur un cerveau en développement, est un facteur favorisant le risque de développer une dépendance à l’âge adulte.

Ce dispositif de sensibilisation à la toxicité des drogues se veut innovant dans le paysage des actions de prévention plus classiques (spots radio, vidéo clips, télé, journaux, mini-conférences au sein d’établissements scolaires). 


[1] Les 5 laboratoires participants sont : Amiens : Inserm ERI 24, Pr Mickaël Naassila ; Bordeaux : Inserm U862 Neurosciences Magendie, Pr. Véronique Deroche ; Marseille : UMR 7289 CNRS Laboratoire de Neurobiologie de la Cognition, Dr Christelle Baunez, Paris : Inserm UMR 894, Dr. Laurence Lanfumey-Mongrédien, Poitiers : Laboratoire de Neurosciences Expérimentales et Clinique Inserm U1084, Pr. Mohamed Jaber

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